Loudun
Département: Vienne, Arrondissement: Châtellerault, Commune: Loudun - 86
Domus Hospitalis Loudun
Comme complément aux défenses de son donjon, Philippe-Auguste fit de la ville même un ouvrage militaire posé comme une première barrière entre la plaine et le château.
Pour cela il fit entourer Loudun dune complète ceinture de douves et de remparts garnis de distance en distance déperons, de tours et autres saillants de surveillance (1).
1. Ce fut à cette occasion que plusieurs Loudunais furent expropriés de leurs maisons, dont lemplacement fut occupé par les remparts.
Cette enceinte fut, à lorigine, percée de quatre portes seulement au nord la Porte Saint-Nicolas, qui commandait larrivée de Saumur et de Fontevraud ; au couchant, la Porte du Martray à larrivée de Doué, Montreuil et Angers, la seule qui nous soit restée (2) au levant, la Porte
Saint-Jean, au débouché des routes de Châtellerault et de Chinon, et enfin, commandant larrivée de Thouars et Poitiers, la Porte Notre-Dame, « que le commun, dit Le Proust, appelle de Mirebeau, combien que lintention de ceux qui bastirent ce portail fust lui donner le nom de Notre-Dame. Aussi y avoient-ils mis son image laquelle y a esté veüe de nostre temps » (1612) (3).
2. Pour les détails de formes et de mesures de cette porte, voir Arnault Poirier, Monuments de larrondissement de Loudun, in Mémoires de la Société des Antiquaires de Ouest, année 1847, pages 89 à 94.
3. Fr. Le Proust, De la ville et château de Loudun, page 9.
Cette porte fut détruite en 1824 et remplacée par des piliers aujourdhui disparus.
La Porte Saint-Jehan, dont lemplacement porte aujourdhui le nom de Porte de Chinon (4), la plus défendue et qui constituait un véritable fortin, fut de tout temps confiée à la garde des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou Chevaliers de Malte, dont la Commanderie existe encore
près de leur ancienne église romane de Saint-Jean.
4. « La volonté de ceux qui lont fait construire fust la nommer de Sainct-Jehan. » Fr. Le Proust, De la ville et château de Loudun, page 28.
Lenceinte DE LA VILLE (Voir Plan général, plan IX : plan IX
Les Douves
Autour des bâtiments nouveaux, des douves de protection furent creusées, ce qui nécessita un pont-levis au seuil de la porte dentrée et explique du même coup le double retour dangle des murs de la cour(planche IX, n° 35 : plan IX
Lexistence de ces douves, prouvée à M. Moreau par les fouilles, est encore confirmée par une pièce notariée du 26 avril 1429. Cest une « Vente par Guillaume Le Bouteiller à Philibert de Laigne (5) dun vergier ou courtil, fermé à murs joignant aux doues du dongeon lequel est la Tour Quarrée et aux murs de la clouaison (6) du dict chastel et au chemin tendant de lostet de Messire Pierre du Poeryer au logis Jehan Cochellet »
5. Frère Philibert de Laigne était encore en 1450 Commandeur des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Loudun.
6. Enceinte.
Cest, à nen pas douter, dans ces douves particulières du palais, probablement près du pont dentrée et du côté des Cordeliers, que le jeune Charles IX, dès son arrivée à Loudun, se divertit au tir de larbalète.
Sources : Mémoires de la Société des antiquaires de lOuest. Tome VIII, 3e série. Poitiers 1915. BNF
Retour
Anecdotes