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Commanderie de Chazelles (Loire)

Histoire de Chazelles-sur-Lyon
Département: Loire, Arrondissement: Montbrison, Canton: Chazelles-sur-Lyon — 42

Commanderie de Chazelles-sur-Lyon
Commanderie de Chazelles-sur-Lyon

L’histoire de Chazelles, à l’époque féodale, et même aux siècles derniers, se confond avec celle de la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Fondée vers 1148, par Guy II, comte de Forez (1), la commanderie ou hôpital de Chazelles dépendait du grand prieuré d’Auvergne. Rattachée parfois aux commanderies de Verrières et de Montbrison, ou même directement au grand Prieuré, elle eut toujours son administration distincte.
Elle comprenait Chazelles, et les membres de la Roussilière, la Murette, le Saulzy et la Lardière, la Roche, Saint-Bonnet-les-Places et Bouchalas.

Les avantages concédés par les comtes de Forez aux sujets des Hospitaliers du comté de Forez créaient, au profit des hommes qui résidaient sur les terres des commanderies, une situation privilégiée; telle l’exemption des tailles et autres subsides, et surtout du service militaire consentie, en février 1229 (n. st), par Guy IV, comte de Forez (2). De son côté, l’Ordre religieux et militaire de Saint-Jean de Jérusalem, sentinelle vigilante à Malte, n’étant pas requis pour le service des seigneurs suzerains et du roi, ne convoquait pas ses vassaux pour les guerres ou les luttes intérieures auxquelles il restait étranger.

Nommés par le chapitre général, exactement surveillés dans leur gestion par les chevaliers visiteurs (3), les commandeurs ou précepteurs administraient avec équité leur commanderie, défendaient les prérogatives, droits et possessions de l’ordre, et les biens et les droits de leurs sujets. Seigneurs de Chazelles, ils entretenaient avec soin les remparts du château, lieu de refuge pour les habitants du bourg et des campagnes. C’est ainsi qu’au XVe siècle, lors de la ligue du Bien Public, cette forteresse repoussa victorieusement les assauts des troupes de François Sforza commandées par Galéas, et quand ses murailles auraient dû céder à l’artillerie ennemie tardivement approvisionnée, la trêve du 14 octobre 1465 arrêta les hostilités (4). Mais l’alerte avait été vive: les habitants de Chazelles, pour parer aux dangers futurs, entreprirent de clore leur ville. Le 5 août 1497 (5), ils obtinrent du commandeur Guy de Blanchefort l’autorisation de démolir la tour ronde (maxima turris) de Saint-Romain, assituatam infra mandamentum predicti loci inter villam de Chazelles et la Foreysière, et d’employer les pierres et gallice « le marreyn » in reparationem et fortifficationem burgi de Chazelles.

L’enceinte protégea alors tout le bourg; la commanderie formait, au sud-est, le point le plus sérieusement fortifié, et servait de réduit dans les cas extrêmes. Cette enceinte de murailles était flanquée de tours de distance en distance; plusieurs portes donnaient accès dans la ville: la principale était à l’ouest, à l’entrée de la rue de Lyon, à l’endroit encore nommé « le fond de ville. »

Pendant la Ligue, c’est dans les murs de Chazelles que, le 18 août 1589, le marquis d’Urfé et Jacques de Miolans, seigneur de Chevrières, signèrent l’accord où furent décidées la capitulation du château de Montrond et la trêve qui devait suivre.

Au XVIIe siècle, quand les troubles qui avaient si longtemps désolé nos provinces eurent pris fin, les remparts de Chazelles, devenus inutiles, s’ouvrirent de toutes parts. En vain, en 1683, le visiteur, le chevalier de Talaru, s’émut et ordonna de faire « boucher les portes, les fenêtres, les jours que quantité de particuliers ont fait faire de leur propre authorité dans le gros des murs de la ville »; son ordre resta inexécuté et ne fut pas renouvelé: le commandeur, Louis de la Rivoire, résidait alors à Vanosc, en Vivarais; le juge de Chazelles, Pierre Piégay, était avocat au présidial de Lyon. L’industrie se développait, renversant les murailles; elle envahissait même les bâtiments de la commanderie, si bien que le chevalier de Talaru défend de « louer à l’advenir aucun appartement du château à aucung ouvrier en chappeaux attendu qu’ils gâtent et dépérissent entièrement lesdits appartements », et ordonne « d’en faire sortir ceux qui y sont présentement dès aussy tôt que leur louage sera fini » (6).

Alexandre de Talaru, commandeur de Chazelles après L., de la Rivoire, et surtout ensuite le commandeur de Montgontier, firent d’importantes réparations au château, mais aux dépens de l’intérêt archéologique: les vieilles cheminées, aux manteaux de pierre armoriés, furent supprimées, les grandes salles divisées, les fossés de la ville comblés en 1725.

Plan de la Commanderie de Chazelles-sur-Lyon

Chazelles-sur-Lyon
Plan Chazelles-sur-Lyon

A — Chapelle sur laquelle est une tribune dépendant du château.
B — Sacristie sur laquelle est une fenière dépend, du château.
C — Ecurie et fenière sur lesquelles est un grenier.
D — Ancienne prison sur laquelle est un grenier.
E — Buyanderie, voyez au plan n° 2.
F — Petit réduit pratiqué dans la buyanderie.
G — Cabinet d’office, voyez le dessus plan n° 2
H — Autre cabinet dans lequel est une suspente.
J — Souillarde dans la tour, voyez au plan n° 2.
K — Grande cuisine, voyez au plan n° 2.
L — Petite écurie.
M — Cabinet servant de fruitier.
N — Salle à manger, voyez au plan n° 2.
O — Montée d’escalier.
P — Petits réduits ou cabinets d’aisance.
Q — Salon, voyez au plan n° 2.
R — Antichambre, voyez au plan n° 2.
S — Chambre dans laquelle est une suspente et une alcôve, voyez au plan n° 2.
T — Cabinet d’écriture.
U — Réduit d’agriculture.
V — Petite voute voyez au plan n° 2.
X — Chambre neuve dans laquelle est une montée d’escalier voyez au plan n° 2, pour le dessus.
Z — Appartement de la concierge, voyez au plan n° 2.

PLAN N° 2.
A — Tribune sur la chapelle marquée à la lettre A au plan n° 1.
B — Grenier régnant sur les écuries fenière et sacristie, voyez BC au plan n° 1.
C — Ancienne cuisine ou grenier sur l’ancienne prison marquée D au plan n° 1.
cc — Montée d’escalier allant aux greniers.
D — Cabinets servants de buchers sur E les lettres EF du plan 1.
F — Chambre au-dessus de la lettre G au plan 1.
G — Chambre au-dessus de la lettre H au plan 1.
H — Premier étage de la tour.
J — Chambre Sur la cuisine, voyez K, au plan n° 1.
K — Deux petites chambres régnant sur partie de la cuisine K et partie sur la salle à manger N, du plan 1.
L — Chambre sur la salle à manger.
M — Chambre sur le salon Q dans laquelle est une alcôve, un petit cabinet d’aisances, et une suspente.
N — Chambre au-dessus de l’antichambre marquée R et sur partie de celle marquée à la lettre S au plan n° 1.
O — Chambre où est un secrétaire, façon de bibliothèque.
P — Chambre sur celle marquée X au plan 1.
Q — Montée d’escaliers venant de la chambre marquée X au plan 1.
R — Premier étage de la tour.
S — Premier étage de l’appartement de la concierge.

PLAN N° 3.
A — Chambre ou grenier sur l’ancienne cuisine marquée C au plan n° 2.
B — Grenier sur les buchers DE et corridor du plan n° 2.
C — Chambre ou grenier sur la chambre F.
D — Chambre sur celle marquée G.
E — Second étage de la tour.
F — Grand grenier régnant au-dessus des chambres du plan n° 2 depuis celle marquée J jusqu’à celles NO.
G — Grenier au-dessus des lettres PQ.
H — Second étage de la tour.
J — Second étage ou grenier de l’appartement de la concierge.
XLIII — Chazelles-sur-Lyon — Plan de la Commanderie en 1798. — Archives de M. Meunier, notaire à Chazelle.
Image Bnf Chazelles-sur-Lyon

Visite prieurale de la Commanderie
Comme toutes les maisons de l’Ordre, le château de Chazelles était une construction massive, à l’allure de forteresse. « Le chasteau de la commanderie, dit le visiteur de 1615 (7), est fait en forme quarrée, une basse cour au milieu et ung puys ou cisterne; ledit chasteau ayant une grosse tour quarrée, d’ung costé (>D, plan 1 de la commanderie), et un à vis (escalier) de pierre, faict en forme de tour exagonne (O, plan 1), et par le dehors deux tours rondes (J, U, plan 1).

Dans la cour, il y a deux portes, l’une entrant dans la dite ville (Z, plan 1) (8) et l’autre dehors, où il y souloit avoir un pont levis; et proche de la porte qui entre en ladite ville, il y a trois prisons qui ne sont voultées, le tout couvert de bois et tuilles creux. Et à l’entrée du chasteau du costé du jardin, y a une autre prison voultée, au dessoubz d’une des tours rondes (U, plan 1) (9). »

Le visiteur indique ensuite les principales distributions intérieures, un peu différentes de celles du plan de 1798, en notant le délabrement du château, planchers rompus, fenêtres sans vitres etc. Au rez-dechaussée, dans le bâtiment de l’est, sous la tour carrée ou donjon (D, plan 1) une cave voûtée; à côté (C) une écurie et une « fenière. » Dans le corps de logis du sud, en entrant par la tour hexagonale (O, plan 1), à droite, était la cuisine (Q) avec dépendances (S, R); à gauche, une grande salle de 7 m sur 4 (N, R) avec vaste cheminée à manteau de pierre et un garde manger dans la tour (J).

Au premier étage, auquel l’escalier de cette tour donnait accès, la chambre dite du Commandeur, au dessus de la cuisine (M, plan 2) et une vaste garde robe (N, O), puis dans la tour, la chambre du trésor ou des archives (R) (10). « En retournant dans l’avis à gauche, une belle salle haulte (J, K, L) de mesme grandeur que la basse, ayant sa cheminée le manteau de pierre, carrelée, son plancher hault de bois, quatre croizées... » et à côté dans la tour (H, plan 2) « une petite chambre et sa cheminée au manteau de pierre. »

De la grande salle, on entrait par un degré de pierre (CC) dans la chambre du donjon « de quatre mètres de toute quarrure (C, plan 2), ayant sa cheminée le manteau de pierre avec les armes de la Religion et de certains commandeurs, deux demy croizées garnies de leurs grilles de fer... » Au-dessus de cette chambre, dans le donjon, étaient trois étages, avec leur chambre à cheminée, inhabitables et, par-dessus, « des greniers couverts de bois et tuilles creux. »

De cette chambre de la tour, on entrait « dans une belle grande salle » (B, plan 2), de 5 m sur 4, au-dessus de l’écurie, appelée Chambre de la Reine; sur le manteau de pierre de la cheminée, les armoiries des commandeurs de Blanchefort et de Claveyson (11), « toute quarellée, son plancher hault de bois avec solliveau, deux croizées et demy du costé de la cour, et deux demy croizées de l’aultre costé avec leurs grilles de fer. Et au bout de ladite salle, au derrière de la cheminée, y a une tribune voultée avec une fenestre regardant sur le grand autel de ladite esglise (12). » Au-dessus des appartements s’étendaient de vastes greniers où étaient recueillis les grains de la commanderie, redevances importantes qui étaient largement distribuées, durant l’hiver, aux malheureux (13).

Le château était entouré de fossés qui furent comblés de 1725 à 1733. Un ravelin (demi-lune) défendait la porte de l’ouest. Les fenêtres étaient protégées par des barreaux et des grilles de fer.

L’auditoire de la châtellenie, et les halles « y attenantes », joignaient d’un côté le parvis de l’église, de l’autre la tour ou conciergerie (Z, plan 1) à l’entrée du château (plan de Chazelles). Le poteau de justice, aux armes du commandeur de Talaru Chalmazel, était sur la place devant l’église.

La cure, dépendante de la commanderie, était au-devant de l’église.

Le jardin, au sud, aujourd’hui place de la Poterne, comprenait quatre métérées; deux granges s’élevaient le long des fossés, à l’ouest. Vendu à la Révolution, le château ne fut démoli, en partie, que vers 1883. La grande tour carrée ou donjon (D, plan 1) et le bâtiment contigu (C) furent abattus pour mettre en communication, avec la place de la Poterne, la cour nord du château devenue place publique. Le puits a été conservé; une plaque de fonte en ferme l’orifice.

Des anciens bâtiments, il subsiste la tour hexagonale de l’escalier et les deux tours rondes encadrant un lourd bâtiment sans style. Les « croisons de pierre » (meneaux) qui divisaient les fenêtres ouvrant sur la cour, les grilles de fer qui protégeaient les ouvertures extérieures ont disparu; à l’intérieur des appartements remaniés, nul reste intéressant.

Les Biens.
— Nombreuses sont les donations qui, au cours des siècles, vinrent accroître le patrimoine de la commanderie (14).
En 1615, les biens dépendant de Chazelles, chef de la commanderie, étaient:
— Le domaine de Montfurond, dans la paroisse de Chazelles.
— Un pré, dit Périer rond, aux Margats.
— Une terre, dite Pré-Nud, sous le château, joignant le chemin de Saint-Symphorien à Saint-Galmier.
— Le pré du Tour, joignant le chemin de Chazelles à Meys et le chemin des Monts à Saint-Symphorien.
— Le pré Bonnet, au Piney.
— Le pré de l’Hospital, à la Chize.
— Les prés des Gouttes, à la Charvelière.
— Un bois taillis, au lieu de Viara.
— L’étang de Gencenay, « où souloit anciennement avoir un moulin sans qu’y aye (1615) apparence d’aulcuns vestiges. »
Tous ces biens nobles, francs, et exempts de dîmes, tailles, cens, rentes et autres charges et impositions quelconques.

Dîmes et rentes
— La Commanderie possédait la grande dîme de Chazelles « de tous bleds et charnages à raison du douzième. » Cette dîmerie se limitait, en 1615, « à celle du seigneur de la Liègue, de soir et de bise, et à celle de Viricelle, appartenant à la dame de Chevrières, à celle de Greizieu et de Charentène au sieur de la Veue de matin, à la rivière de la Gimon de vent, la rivière de Coise de vent et quasi matin. » Elle valait 120 setiers de seigle.

— Appartenaient encore par moitié au commandeur et au sieur de la Liègue, les deux petites dîmes de la Vaure et de Tralonges, sur la paroisse de Bellegarde, valant pour le commandeur 14 à 15 setiers de seigle.

— La dîme de Tralonges joignait la dîme de Valbenoîte de bise et les dîmes du sieur de la Liègue d’autres parts ; celle de la Vaure joignait la dîme de Tralonges de bise, le grand chemin de Bellegarde à Montbrison entre deux, et les dîmes du sieur de la Liègue, d’autres parts.

— Enfin une dîme, appelée de la Besace ou de Benulieu, « qui se prend de là la rivière de Coise sur divers lieux de la paroisse de Saint-Denis-sur-Coise, de 4 setiers de seigle, et une de 5 setiers sur la paroisse de Maringes », appartenaient à la Commanderie, ainsi que la rente, dite de la Caravane, de 65 bichets blé (en 1733), 6 d’orge, 200 ras d’avoine, 10 gélines, 1 lapin, 3 ânées 1/2 de vin et 20 livres argent. Son nom venait de ce qu’elle se prenait dans 33 paroisses, Chazelles, Grézieu-le-Marché, Viricelle, Meys, Virignieu, Maringes, Bellegarde, Saint-Cyr, Pomeys, Saint-Symphorien, Duerne, la Chapelle, Saint-Martin-en-Haut, Saint-André-la-Coste, Chaussan, Saint-Didier et l’Aubépin, la Rajasse, Saint-Etienne de Coise, Châtelus, Saint-Christô, Grammont, Chevrières, Aveyzieu, Saint-Denis, Saint-Galmier, Chamboeuf, Rivas, Montrond, Saint-André-le-Puy, Marclop, Saint-Clément-les-Places et Cusieu

Au XVIe siècle, la perception de certains droits, et surtout du droit de milod (de père à fils), contestés par les habitants, donna lieu à un procès que termina une importante transaction du 25 Mars 1518, entre Antoine de Claveyson, commandeur de Chazelles, représenté par Guillaume de l’Estang, commandeur de Saint-Jean à Montbrison, et Claude Laurencin, baron de Riverie, d’une part, et les habitants de Chazelles d’autre part; en voici les points principaux:
1° « Et premièrement que bonne paix et vraye concorde soit et demeure.... »
2° « Que ledit procès dorme perpétuellement sans autres poursuites.... »
3° « Que au moyen de cette dite transaction, des reconnaissances tant de nouvel seigneur que de père à fils, demandées de la partie dudit seigneur commandeur, les dits habitants du dit mandement de Chazelles en seront et demeureront quittes et exempts et leurs successeurs pour l’advenir, moyennant ce toutefois qu’au lieu des dits reconnaissances, iceux habitants tous ensemble seront tenus payer à un chacun seigneur commandeur nouveau de la dite commanderie pour son nouvel avènement dix écus pour une fois. »
4° « Item, touchant les journées comme charrois, manouvres aussi demandées par le dit seigneur à sa volonté, iceux manants et leurs successeurs ne seront tenus en faire et bailler au dit seigneur que deux l’année d’une chacune maison, l’une en hiver, l’autre en été; c’est à savoir ceux qui auront bœufs à bœufs, ceux qui n’auront bœufs à bras à la manière accoutumée et aux affaires du dit seigneur et non à autres et dans son mandement... »
5° « Item, quant au lit demandé par le commandeur ou sa valeur pour un chacun chastallier ou chastallière déceddans illecques (15), iceux chastalliers ainsi décédant ou leurs héritiers au moyen dudit accord seront et demeureront quittes et exempts desdits lits et de la valeur d’iceux, en payant tant seulement audit seigneur quand le cas eschera pour un chacun desdits chastalliers ou chastallières ainsi décédants, c’est à savoir les plus apparents 8 sols tournois, les moyens 4 sols, et les plus pauvres 2 sols. »
6° « Item.... iceux habitants et un chacun d’eux en droit soi seront tenus répondre audit seigneur les devoirs a la manière susdite, ensemble tous cens, servis et autres droits et devoirs seigneuriaux à lui deubs et accoutumés et contenus en ses terriers.... »

Cette transaction fut passée le 25 mars 1518, à Chazelles, par devant les notaires Roddon et Barthélemy des Farges, en présence de « frère Jean d’Izerant chevalier, commandeur de Laumusse et de Verrières, frère Ponthus Laurencin, aussy dudit ordre, commandeur de Metz et curé de Chazelles, frère Mathieu Granjon, dudit ordre, curé de Saint-Jean de Montbrison, Pierre Levet marchand de Saint-Galmier...., Mres Estienne Roddon, Mathieu Boyer et Mathieu Bergeron prêtres de Chazelles. » Elle fut approuvée le 3 juin 1519 par le chapitre de l’Ordre (16). En 1719, les habitants de Chazelles refusèrent de payer au commandeur, Pierre de Jumilhac, le don de nouvel avènement; mais un arrêt du grand conseil, du 11 février 1722, les condamna, aux termes de la transaction de 1518, à payer les dix écus à chaque nouveau commandeur (17).

Les cens, rentes féodales et foncières, dépendant du chef de la Commanderie, valaient, en 1615, annuellement:
— Argent, 38 livres 9 sous 10 deniers.
— Froment ou seigle, 15 setiers, 10 bichets.
— Avoine, 585 ras.
— Avoine comble mesure, 87 ras 1/2.
— Avoine, grande mesure, 50 ras 3/4.
— Conils et gélines, 154.
— Pour ces rentes et directes, le commandeur avait le droit de lods sur les ventes au sixième et de milods au douzième.

Les rentes étaient portables dans le château de la commanderie; les emphytéotes étaient tenus aux réparations à cor et à cry des remparts du château et à deux corvées chacun, l’une en été, l’autre en hiver, « estant nourris par le commandeur » (18).

Le commandeur avait droit de leyde aux quatre foires de l’année et au marché du mardi, chaque semaine, à raison d’un double par tête de mouton, et un sol pour chaque bœuf, vache et porc vendus. Il avait aussi droit de langues sur tout le bétail tué durant l’année à la boucherie de Chazelles. Le 30 janvier 1730, le commandeur de Montgontier fut, par jugement rendu à Montbrison, maintenu dans le droit de prendre les pieds et langues des bœufs et vaches et les lombes ou deux pieds des porcs tués par les bouchers dans la ville de Chazelles.

Le commandeur devait chaque année, au temps du carême, une aumône de 480 bichets de blé (2/3 de seigle et 1/3 d’orge) pour les pauvres de Chazelles.

Les biens de la commanderie de Chazelles, chef et membres, étaient affermés à un fermier général, chargé de payer outre sa ferme la portion congrue du curé de Chazelles et l’aumône du carême pour les pauvres de Chazelles.

En 1615, le revenu brut des biens s’élevait à 3600 livres. Les charges (le 5me au Roi, levée des dîmes, imposition due chaque année au trésor de Malte, 727 livres), octave du chevalier Lambert, pension au chevalier de Chamont, etc.) étaient de 1141 livres 9 sous 2 deniers; les revenus nets de la commanderie étaient en 1615, de 2458 livres; en 1655, 3174 livres; en 1683, 3400 livres; en 1701, 5172 livres; en 1771, 5000 livres.

Justice
— Le commandeur avait droit de toute justice dans l’étendue de la commanderie, sauf l’exécution de la peine capitale. Une composition de mars 1268 (n. st.) entre Raynaud, comte de Forez et Robert de Montrognon (Monte Rugoso), grand prieur d’Auvergne, fixe les droits respectifs du commandeur et des comtes de Forez. Elle porte:
1° Qu’entre le château de Saint-Galmier et celui de Saint-Symphorien, entre les châteaux de Meys, de Bellegarde et de Châtelus, la maison de Chazelles et les hommes et les choses contenues dans ces limites sont de la bonne garde du comte.

2° Que dans les mêmes limites, le précepteur (commandeur) de Chazelles a toute justice, sauf l’exécution de la peine capitale.

3° Qu’en cas de condamnation capitale, le condamné sera rendu, dépouillé de ses vêtements, par les officiers du précepteur au châtelain comtal de Saint-Galmier à la font de Buyat (19) et le jugement exécuté sine redemptione pecunie, hors du territoire de l’Hôpital.

4° Si le précepteur, avec l’assistance de deux ou trois chevaliers du voisinage, condamne un malfaiteur, le comte ne pourra ni révoquer la sentence (judicium revocare), ni inculper le précepteur, pourvu que celui-ci jure qu’il a agi de bonne foi.

5° En cas d’évasion d’un prisonnier des prisons de l’Hôpital, le précepteur n’en sera pas responsable envers le comte, et les geôliers pourront se justifier par serment. Si les geôliers eux-mêmes s’enfuient et ne peuvent être retrouvés, le précepteur n’est pas non plus responsable.

6° Si dans les quatre jours de la réquisition faite par le précepteur au châtelain et au prévôt de Saint-Galmier de recevoir et faire exécuter un condamné à la peine capitale, il n’est pas fait droit à cette réquisition, le précepteur pourra à son gré délivrer le malfaiteur, ou le punir comme il lui paraîtra juste.

7° Le comte ne peut avoir de fourches patibulaires ou autre signe de justice dans la paroisse de Chazelles et Saint-Romain-le-Vieux, ni ailleurs dans les limites susdites.

8° Il ne pourra réparer, ni laisser réparer par un autre la tour de Saint-Romain-le-Vieux, videlicet illa que non est in ecclesia (quia ipsa de ecclesia ad dictum hospitale pertinet), et, si elle tombe en ruine, le sol en appartiendra à l’Hôpital.

9° Le comte, ni prévôt, ni bailli, sur la terre de l’Hôpital dans les limites susdites, ne pourra se faire héberger par l’Hôpital, ni exiger sur les terres de celui-ci, dans les mêmes limites, aucune taille, complainte, chevauchée, corvée et usages, son droit se réduisant à la justice corporelle.

10° Si l’église de Lyon revendique la garde ou la justice dans un ou plusieurs des lieux sus-indiqués, le comte doit prendre en main la cause de l’Hôpital; par contre, il doit, comme bon gardiateur, défendre les biens, droits et privilèges de l’Hôpital contre toute personne séculière ou ecclésiastique; il ne peut transférer à autrui ce droit de garde qui reste attaché à la qualité de comte de Forez. De son côté, le précepteur ne peut appeler un autre gardiateur, à moins de négligence du comte, ou si l’église de Lyon l’évinçait de son droit de garde (20).

En vertu de cet accord, le 13 mars 1300 (1301 n. st.), frère Jean Issard, précepteur de Chazelles, se plaignit au juge de Forez d’entreprises faites sur sa justice par les châtelains et prévôts de Saint-Galmier et de Bellegarde: une mesure de vin donnée par lui à Jean Salvatge a été saisie par les officiers du comte; le châtelain de Bellegarde a pris dans la maison de la Gabeteyra et emmené à Bellegarde un malfaiteur; les officiers du comte ont coupé l’oreille à un malfaiteur sur la terre de la maison de Chazelles; à un autre malfaiteur, ils ont pareillement coupé l’oreille sur un chemin à Gencenay, paroisse de Chazelles. Le châtelain de Saint-Galmier prétend exiger une amende d’une rixe survenue à Paparel; il retient un pal de fer (quendam palinx ferreum) qu’un homme de l’hôpital a pris à un étranger sur la paroisse de Chazelles, le tout au mépris de la composition de 1268. Pierre Clair (Clari judex in comitatu Forensi) mande auxdits châtelains et prévôts que, si les lieux mentionnés dans la plainte sont réellement situés dans les limites assignées à la justice du précepteur par la composition de 1268, ils aient à remettre celui-ci en possession de son droit et à lui faire toutes les réparations nécessaires (21).

Un siècle et demi plus tard, en 1458, on trouve, dans les comptes du prévôt de Saint-Galmier, la mention de la remise des condamnés aux officiers du comte de Forez: « 20 sols tournois payés (par le prévôt de Saint-Galmier) pour la despence de maistre Pierre, exéquteur de la haulte justice, que fut envoyé quérir pour le valet d’Anthoine Triguet, à Lyon, pour fere excequcion de la sorcière qui estoit morte en prison à Chaselles, appellée la Marguerite... »

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les commandeurs s’attribuaient, dans le chef de leur commanderie, la haute justice, sans aucune clause restrictive.

En 1665, une ordonnance de Jean Nau, commissaire de la cour des Grands Jours, porte que les sentences capitales, prononcées par les officiers de Chazelles, seront exécutées aux frais du commandeur (22).

En 1736, un voleur qui avait fracturé le tronc des reliques à Chazelles et le coffre-fort de la marguillerie de Saint-Galmier, fut exécuté, à Chazelles, devant l’église, par sentence du prévôt (23).

La justice de Chazelles était limitée, en 1683, « par l’embouchure de la Goutte du Fay au ruisseau de la Brévenne faisant angle et par le fonds des prés et terre d’Alexandre Mure (24), au lieu appelé la Veyrardière, paroisse de Greizieu-le-Marché (en 1754 paroisse de Souvigny), où autrefois il y avait maison et bâtiment jouxte la rivière de la Brévenne entre bize et soir, et ladite goutte du Fay entre bize et matin, lequel fonds dudit Mure est aussy de la directe dudit Chazelles, par l’endroit qui divise de mesme la justice dudit Chazelles d’avec celle dudit Greizieu par une limite appelée pierre croizée (25), où il y a un rocher où il y a une croix empreinte et gravée, estant sur le grand chemin de Viricelle audit Greizieu, faisant foy à une autre limite de mesme gravée dans un rocher qui est à un tertre ou mollard sur le grand chemin vieux tendant dudit Chazelles audit Greizieu, et un peu au-dessus de la maison appelée chez Choronnière, autrement Simonnet; et de là tend au ruisseau de la Gimon, lequel fait séparation de la justice dudit Chazelles d’avec celle de Clérembert et de Chastellus, jusques au mollin Garitton (26), auquel endroit la justice dudit Chazelles passe ledit ruisseau et tend jusques à la rivière de Coize (27) laquelle rivière fait séparation et limite d’avec la justice de Chevrières tout du long jusques à l’extrémité d’icelle et à l’endroit où se joint le ruisseau de Merlansson (28) en ladite rivière de Coize, lequel ruisseau de Merlansson fait séparation d’avec celle de Saint-Galmier et remonte jusques au chemin tendant de Chazelles à Bellegarde passant par le Racle à un mas de bois d’hou estant audit chemin, renfermant dans la justice dudit Chazelles le domaine de Côte Chaude au sieur Pupier procureur du roi; et de là tend au ruisseau d’Anzieu et de là remonte le long dudit ruisseau jusques à la justice de Viricelle, renfermant dans la justice dudit Chazelles un tenement de flaches au sieur Arnautizon, que fut du sieur Margat, à l’endroit appelé maintenant la croix des Margats et jadis d’Anzieu, et de là remonte le long de ce ruisseau jusques au chemin tendant dudit Chazelles à Meys, croizant ledit ruisseau à l’endroit et au-dessous d’un domaine appelé chez Molin ou Mure, et de là remonte par ledit chemin et par celui dudit Greizieu à Viricelle jusques à ladite première croix empreinte sur le rocher appelé pierre croizée dont on avoit devant parlé » (29).

La justice était exercée à Chazelles et dans les membres de la commanderie par des officiers, juge, châtelain, prévôt, procureur, greffier, sergent, nommés par le commandeur. Les magistrats de Chazelles étaient souvent pourvus des mêmes offices dans les membres les plus rapprochés. Le châtelain tenait une fois par an les assises sur la place pour publier ses « ordonnances politiques » et recevoir des habitants le serment de fidélité. La teneur de ces ordonnances est la même que dans les autres mandements; en 1661, Claude Pupier défend les blasphèmes, enjoint d’assister aux offices les dimanches et fêtes, d’acquitter les droits et devoirs seigneuriaux et faire guet et garde à réquisition; de ne porter ni « tirer de l’arquebuse et autres bastons à feu », chasser ou faire chasser à quelque gibier soit avec chiens, lacets, filets etc., « sans deue permission », sous des amendes variant de 5 à 10 livres et autres peines.

En 1615, le juge avait cinq livres de gages par an; le châtelain, un sétier de seigle; le procureur, huit bichets.

En 1683, le juge et le greffier n’ont aucun gage, le châtelain a toujours un sétier de seigle et le procureur seize bichets.

Voici les noms de quelques officiers de Chazelles
Juges.
— En 1453, Antoine Perrin, licencié ès lois.
— En 1615, Antoine Jacquemeton, docteur ès droits.
— De 1626 à 1663, Claude Piégay, docteur ès droits.
— De 1663 à 1684, Pierre Piégay, docteur ès droits, son fils.
— En 1698, Antoine Chazel, avocat au siège présidial à Lyon.
— En 1725, 1752, Pierre Comarmond, sieur de la Charantène.
— En 1754, lieutenant de juge, Jean Pupier.

Châtelains
— En 1519, Matthieu Pupier.
— En 1590, 1615, André Pupier.
— En 1655, Balthazar Pupier 1661, 1694, Claude Pupier.
— En 1965, Nicolas Blein, notaire d’Haute-Rivoire.
— En 1725 et 1733, Pierre Comarmond, juge.
— En 1754, Jean Pupier, notaire.
— En 1773, Faure de Montgirard.

Procureurs
— En 1615, Benoît Jacquemeton.
— En 1655, Jean Bruel.
— En 1683, Jean Buer.
— En 1725, Benoît Payre.
— En 1754, Jacques Rimaud, habitant Saint-Symphorien.

Chazelles, par Léopold Niepce

1. Chef.   Chazelles
Département: Loire, Arrondissement: Montbrison, Canton: Chazelles-sur-Lyon — 42

Commanderie de Chazelles-sur-Lyon
Commanderie de Chazelles-sur-Lyon

Chazelles, en ladite ville, pays de Forez, baillage de Montbrison, parlement de Paris, diocèse de Lyon, à 7 heures de Lyon et à 4 de Montbrison.
« Revenu 3400 livres »
Membres et annexes: Saint-Bonnet-les-Places. Saint-Martin-Lestra. Chamousset. Bouchalas. Sauzy. La Roussilère. La Roche. La Murette.
Ordre des Hospitaliers

2. Membre.   Bouchalas
Département: Ardèche, Arrondissement: Privas, Canton: Chomérac, Commune: Baix - 07

Hôpital de Bouchalas
Hôpital de Bouchalas

Hôpital de Bouchalas, sur la paroissse de La Minlerie (Ardèche), près de Baix, à 3 lieues du chef.
Ordre des Hospitaliers

3. Membre.   Saint-Bonnet
Département: Rhône, Arrondissement: Villefranche-sur-Saône, Canton: L’Arbresle, Commune: Saint-Clément-les-Places - 69

Hôpital de Saint-Bonnet
Hôpital de Saint-Bonnet

Saint-Bonnet, à côté de Saint-Clément-les-Places sur la carte de Cassini, en Lyonnais, à une lieue de Bouchalas (Rhône), à un quart de lieue de La Bourdelière, sur la commune de Saint-Laurent-de-Chamousset, à 3 lieues du chef.
« Revenu 2600 livres »
Ordre des Hospitaliers

4. Membre.   Roches (La)
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Pomeys, Commune: Brussieu - 69

Hôpital les Roches
Hôpital les Roches

La Roche, à une lieue de la Bourdelière à un quart de Courzieu et tout près de Brussieu sur la carte de Cassini, à 4 lieues du chef et autant de Lyon.
Ordre des Hospitaliers

5. Membre.   Souzy (Le)
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Mormant, Commune: Rontalon — 69

Hôpital Le Souzy
Hôpital Le Souzy

Le Souzy, avec l’annexe de La Lardière en Lyonnais, à 4 lieues du chef et autant de Lyon.
« Revenu 50 livres »
Ordre des Hospitaliers

Annexe.   Lardière (La)
Département: Rhône, Arrondissement: Villefranche-sur-Saône, Canton: Vaugneray, Commune: Saint-Martin-en-Haut - 69

Hôpital de Lardière
Hôpital de Lardière

La Lardière, annexe de Hôpital de Souzy.
Ordre des Hospitaliers

6. Membre.   La Roussillière
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Saint-Maurice-sur-Dargoire - 69

Hôpital La Roussillière
Hôpital La Roussillière

La Roussillière près de Dargoire, en Lyonnais, en dessous de Saint-Maurice, à 1 lieue de Saint-Andéol-le-Château, Saint-Martin-La-Plaine et à 4 lieues du chef.
« Revenu 210 livres »
Ordre des Hospitaliers

Annexe.   Murette (La)
Département: Loire, Arrondissement: Saint-étienne, Canton: Le Pilat, Commune: Le Bessat - 42

Hôpital La Murette
Hôpital La Murette

La Murette, en Forez, près Saint-Chamond.
« Revenu 200 livres »
« Charges de la commanderie 1060 livres »
Etat de la commanderie en 1745.
Chazelles. Saint-Bonnet-les-Places. Saint-Martin-Lestra. Chamousset. Bouchalas. Sauzy. La Roussilière. La Roche. La Murette.
Ordre des Hospitaliers
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne — Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors — Bâle — Genève — 1883.

Commanderie de Chazelles

La Roche
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Pomeys, Commune: Brussieu - 69

Hôpital les Roches
Hôpital les Roches

La Roche, à quatre lieues de Lyon et de Chazelles, à un quart de lieue de Brussieu, consistait en un château et une vieille tour carrée déjà inhabitables en 1615, et quelques bâtiments de service en ruine.
A cette époque, un portail de pierre à plein cintre donnait accès à ces ruines, où l’on distinguait les restes d’une chapelle ; dans un angle de la cour, une tour ronde servait de pigeonnier. La grande tour carrée, sans portes ni fenêtres, avait encore ses planchers et son toit « à quatre pendants » couvert de tuiles creuses ; un escalier à vis, placé dans une petite tour ronde contiguë conduisait aux divers étages de la tour. En dehors de l’enceinte, plusieurs maisons en ruine.

Le domaine de la Roche comprenait : une terre autour du château, joignant la Brévenne de soir et bise et le chemin du pont de la Giraudière à la Rondonnière de levant ; une terre en la paroisse de Brussieu, au lieu du Chambon, limitée par la Brévenne au matin, le chemin de Brussieu à la Roche de bise et matin, le chemin de Sainte-Foy-l’Argentière à Sain-Bel de vent ; un bois de 46 bicherées à la goutte de Pont Marlet.
Le commandeur possédait des rentes, cens et directes sur les villages ou hameaux de la Moronnière, Sottison, Bernardière, Jaquemetières, Lautrière et Pasquallières de la paroisse de Courzieu, et à La Giraudière, Cruzille, Lardellier et Chyrofore, paroisse de Brussieu. Le revenu annuel de la Roche était de 190 livres.
Le commandeur avait toute justice à la Roche et sur les villages ci-dessus : sa juridiction était limitée par les justices de Courzieu, de la baronnie d’Izeron, du chamarier de Savigny et du prieur de Brussieu.
Le 11 août 1635, le droit de haute justice du commandeur fut reconnu contre Barthélemy Tourvéon, doyen de Courzieu (7). Il avait encore toute justice aux Hostelleries sur le grand chemin, au bourg de Courzieu et particulièrement sur le logis de la Croix Blanche, entre le grand chemin de Lyon à Feurs, de matin, et le chemin allant de Courzieu au château de la Roche, de vent (8).
7. Archives du Rhône, Malte, Chazelles, charte 6, n° 5.
8. Visite de 1615.


Saint-Bonnet-les-Places
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Pomeys, Commune: Saint-Clément-les-Places - 69

Hôpital de Saint-Bonnet
Hôpital de Saint-Bonnet

Saint-Bonnet-les-Places, à trois lieues de Chazelles, un quart de lieue de la Bourdellière, consistait « en une chapelle dédiée sous le nom de Saint-Bonnet, avec un autel en pierre et au-dessus l’image de Notre Dame »
En 1615, cette chapelle était « en mauvais estat, n’ayant ny porte ni fenestres » ; le visiteur donne ordre de la réparer. Le curé de Saint-Laurent de Chamousset y célébrait la messe sept fois dans l’année.
Le commandeur y avait un domaine de 300 métérées de terres labourables et de 20 journaux de pré, « et un étang ruyné, le tout se tenant et traversé proche du domaine par le grand chemin de Lyon à Feurs »

Le commandeur avait la dîme de Saint-Bonnet, au douzième, quérable aux champs, valant 7 à 8 sétiers par an, le sétier faisant deux charges ; cette dîme joignait la dîmerie du seigneur de Chamousset de bise et matin, celle de Thorenche et du prieur de Montrottier de vent et soir ; une autre dîme au douzième, au lieu de Montchorier, paroisse de Saint-Laurent de Chamousset, valant 80 bichets de seigle, mesure de Chamousset, « qui est presque semblable à celle de Lyon, les 5 bichets faisant la charge », limitée par la dîmerie du seigneur de Chamousset de levant et bise, celle de Brussieu aussi de levant, celle du curé de Saint-Laurent de soir et vent.
La rente et la justice dans l’étendue de la dîmerie de Montchorier appartenaient au roi.
En 1683, les officiers de Saint-Bonnet étaient : juge, Antoine Chazel, docteur ès droit ; châtelain, Nicolas Blein, notaire royal d’Haute-Rivoire ; lieutenant du juge, Jean Gord ; procureur fiscal, Claude Buer, tous, du reste, absents.

Bouchalas
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Canton: Pomeys, Commune: Saint-Clément-les-Places - 69

Hôpital de Bouchalas
Hôpital de Bouchalas

Bouchalas en Forez, à une lieue de Saint-Bonnet, paroisse de Saint-Martin-l’Estra, ne comprenait que quelques masures sans chapelle ; cette annexe consistait en dîme, cens, rentes, au territoire de l’Hôpital, joignant les chemins de Bouchalas à Saint-Martin, de soir, et de Bouchalas à Haute-Rivoire, de matin.
La dîme, au treizième, se percevait dans la seigneurie de Bouchalas et partie de la juridiction de Saint-Martin appartenant au roi ; elle limitait celles du prieur de Thorenche de vent et matin, du prieur de Montrottier de bise, de la Liègue de soir, du curé de Saint-Martin de vent et autre dîme du prieur de Montrottier en la paroisse d’Haute-Rivoire de vent et matin.
Le revenu annuel de Saint-Bonnet et de Bouchalas était de 900 livres (1).
1. — D’après Battenay (Inventaire, 376) cette dîme aurait été donnée, le 8 juillet 1154, par Edouard de Beaujeu à Issoard de Monte Rogoso, précepteur de Chazelles.
« Cet acte, observe V. Durand, paraît faux :
1° — Il est intitulé au nom de Guillaume de Riparia, bailli de Mâcon, or, il n’existait pas de bailliage de Mâcon en 1154.
2° — Ce G. de Riparia était bailli de Mâcon en 1288 et 1289.
3° — Un des témoins est Guillaume, frère du donateur : deux sires de Beaujeu ayant, il est vrai, chacun un frère appelé Guillaume, ont porté le nom d’Edouard ; mais ils tenaient cette seigneurie, le premier de 1331 à 1352, le second de 1374 à 1400.
4° — Vers 1270, il y a eu un grand prieur d’Auvergne appelé Robert de Monte Rugoso, à la fin du XIIIe siècle un commandeur de Chazelles appelé Jean Ysard, mais il ne semble pas que le commandeur Yssard de Monte Rogoso paraisse nulle part ailleurs. Mêmes doutes aussi pour les chartes des 7 juillet 1301 et 7 juillet 1320 (Battenay, 440 et 450), où Guiburge d’Oing, veuve de Guigue de Saint-Symphorien, seigneur de Grézieu, aurait donné à la maison de Chazelles la dîme de Bellegarde et le quart de celle de Montrottier dans la paroisse d’Haute-Rivoire : ces pièces sont intitulées au nom d’Aymon de Serravalle official qui ne paraît qu’en 1327-1329 ; en 1301, l’official est André Bauduini, en 1303 et 1320, Pierre d’Eschalon, etc. »
(Note de V. Durand, sur l’inventaire de Battenay, Archives de la Diana).
Dans la visite de 1683, le chevalier de Talaru, dit qu’il a vu, dans les archives du prieuré à Lyon, l’acte de la donation de cette dîme, faite par un seigneur de Beaujeu en 1204, à condition que le commandeur entretiendrait un prêtre qui célébrerait la messe chaque jour dans l’église de Chazelles pour l’âme du donateur ; qu’il a vu encore par un acte de 1320, « que les dîmes des paroisses de Bellegarde, Haute-Rivoire, Saint-Marcel proche de Joux, et Greysieu ont été données par une veuve d’un seigneur de Greysieu, à la commanderie de Chazelles, à la condition qu’une messe serait célébrée chaque jour dans la chapelle de nouveau construite dans l’église de Chazelles, où elle veut être enterrée », et que le curé de Chazelles percevra chaque année deux sétiers de seigle sur la dîme de Bellegarde pour l’exécution de cette fondation. Le visiteur ordonne de rechercher pourquoi on n’a pas satisfait à cette fondation et, « s’il n’y a des raisons fortes de se décharger de ces services... », de faire exécuter ponctuellement lesdites deux fondations. Le commandeur de Chazelles répond en 1701, après enquête, que « de temps immémorial luy et ses prédécesseurs n’ont jamais exécuté ladite fondation ; qu’il paye annuellement au curé de Saint-Martin-l’Estra 110 livres pour les dîmes que l’on prétend avoir été données pour cette fondation ; que pour esteindre un grand procès entre lui et le seigneur evesque de Viviers, prieur de Torenche, il lui donne par an 40 boisseaux de seigle, le tout absorbant les deux messes de la prétendue fondation... »
(Archives Rhône, Malte, H. 150, 153).


En 1323, le 27 juillet, Arthaud de Saint-Romain, précepteur de Chazelle, se plaignit à Jean, comte de Forez, que le châtelain de Virignieu, Guy de Tarare, s’opposait à l’exercice de sa justice simple, comme bans, clameurs, petites amendes etc., dans la maison de Bouchalas. Matthieu de Boisvair, délégué par le comte, déclara que le comte a toute justice dans la terre et sur les hommes de la maison de Bouchalas, à cause de son château de Virignieu ; que le précepteur y a la connaissance des affaires réelles, mixtes et personnelles, et a le droit d’y tenir des juges et des assises (1).
2. Archives du Rhône, Chazelles, ch. 6, n° 4 dans la transaction de 1368 (analyse de V. Durand).
— Inventaire Luillier, app. n° 141.


En 1368, nouvelle contestation sur le fait de la justice de Saint-Bonnet entre Renaud, curateur de Jean II, comte de Forez et Guy de la Tour, grand prieur d’Auvergne, tenant en sa main les préceptoreries de Chazelles et Saint-Bonnet-les-Places.

Les 17 et 30 mai, Giraud de Sainte-Colombe, délégué du comte, et frère Bigot de Solages, délégué du prieur, convinrent que dans les mas de Culhérères, de David, de la Moleyri, de Jacquet Riveyri, de P. Clément, le comte et le prieur auront les mêmes droits de justice qu’à Bochalas, tels qu’ils sont définis par l’accord de 1323; que dans les lieux, mas et curtils de Algeriis, de Chasaleto, du Croset, du Chasaux, des Verdilhiers, de la Serrasina, du Gagneurs, du Forners et dans deux feux du mas du Piney au soir du chemin, le prieur aura la justice haute, moyenne et basse sur toutes personnes, excepté celles étant en la directe du comte, lequel conserve ressort, baronnie et supériorité, ainsi que l’exécution des sentences capitales portées par le juge de Saint-Bonnet ou de Bouchalas, auquel cas les condamnés seront livrés au châtelain de Virignieu au lieu dit le Treyvo Goliart, pour être exécutés hors de la terre de l’Hôpital et des lieux susdits. Les parties se réservent d’ailleurs, dans lesdits lieux, tous autres droits, à la forme de la composition intervenue entre leurs prédécesseurs pour le lieu de Chazelles, en mars 1268 ; que les choses mouvant de la censive, fief ou arrière fief du comte, dans lesdits lieux, restent soumises exclusivement à sa justice ; que les officiers du comte à Virignieu pourront, selon l’usage établi, faire passer les condamnés à mort, à la mutilation des membres ou au bannissement par les lieux susdits, « eundo ad trivium vocatum de Barbarey, et ab inde transeundo prope S. Clementem, et eundo versus « patibulum sive furcas dicti castri Virigniaci que sunt ultra dictum locum del Piney », en s’abstenant d’ailleurs de toute entreprise sur les droits du prieur et de la maison de Chazelles (3).
3. Originale Archives Rhône, Malte, Chazelles, ch. 6, n° 4 (analyse de V. Durand).

Au cours des siècles, les droits du commandeur s’étendirent. En 1615, il avait toute justice tant à Saint-Bonnet qu’à Bouchalas, dans les mêmes limites que la dîme, et au ténement de Champignieul, paroisse de Haute-Rivoire. Ses officiers pouvaient connaître de tous les cas et juger définitivement jusqu’à condamnation à mort et exécution de la sentence.

En 1615, les officiers de Saint-Bonnet et Bouchalas étaient : juge, Anthoine Jacquemeton ; châtelain, Pierre Jacquemeton ; procureur d’office, Jean Ronzy, notaire royal ; greffier, Pierre Damon, notaire.
En 1754, châtelain, Pupier lieutenant de juge ; procureur, Berger ; greffier, Dallier le jeune.
Saulzy ou La Souzy
Département: Rhône, Arrondissement: Lyon, Arrondissement: Mornant, Commune: Rontalon - 69

Hôpital Le Souzy
Hôpital Le Souzy

III. — Le Saulzy en Lyonnais (1), paroisse de Rontalon, « à quatre lieues de Chazelles, proche du château de Rochefort d’une lieue, avec sa dépendance de la Lardière en la paroisse de Saint-Martin-en-Haut, proche du château de Vauldragon. L’annexe du Saulzy consiste en certaines vieilles masures où il y a apparence d’y avoir eu autrefois une chappelle desdiée soubs le titre de Saint-Jean-Baptiste, et y avoir eu aussy autrefois une maison, grange, estable, le tout estant en forme quarrée, une basse cour au milieu, ayant esté desmoly il y a environ cinquante ans, et que mesme la cloche de lad. chapelle fut apportée à cause des troubles en la paroisse de Rontalon et est encore de présent au clocher d’icelle (2).
1. Le Saulzy n’est pas marqué sur la carte de l’Etat-major ; mais il y a non loin de Rontalon, près du Pinay, un hameau qui porte le nom de Saulzy ou Soulzy : c’est, d’après les limites indiquées, l’emplacement de l’annexe du Saulzy. La Lardière figure sur la carte.
2. Cette cloche n’existe plus à l’église de Rontalon, qui en possède une de 1490.


« Consiste aussi en une petite dixme appelée de l’hôpital du Saulzy proche et à l’entour de ladite chappelle, quérable à la 13e ou 14e gerbe de tous grains, excepté le chanvre et le lin.

« L’annexe de la Lardière consiste en toute juridiction et rentes feudales et foncières. Les terres labourables au Saulzy comprennent 10 bicherées, les 6 bichets faisant la charge ; ces terres se sèment par tiers ; estant le pays maigre et stérile, il est nécessaire de les laisser incultes deux années. Les limites du domaine sont la rivière de Lombaron de couchant, le chemin tendant des maisons des Rochetz au Saulzy de vent, la rivière d’Artillez (3) de bise.
3. Arguillier (carte de l’Etat-Major).

« Il y a rentes, censes, directes feudales et foncières sur Rontalon, Thurins, Saint-Martin-en-Haut et Rochefort ; lesdites rentes sont portables au lieu du Saulzy; néanlmoings, pour n’y avoir aulcune maison et pour la commodité des fermiers, on les porte en une maison au village de Tyrimantel distant desdites masures de la portée d’un mosquet » (4).
4. Visite de 1615.

Le droit de justice sur l’annexe du Saulzy appartenait au commandeur de Chazelles. Mais le Saulzy étant entouré de tous côtés par la seigneurie de Rochefort au chapitre de Lyon, l’exercice de ce droit et ce droit lui-même donnèrent lieu, à la fin du XIIIe siècle, à des contestations entre le commandeur et son puissant voisin.
En 1303 (1302, v. st.), un accord entre Aymon de Quarto, précenteur, Hugues de Saint-Symphorien et Anthelme Rigaud, chanoines de Lyon, obéanciers et seigneurs de Rochefort d’une part, et Arthaud de Saint-Romain, commandeur de Chazelles et les chevaliers et damoiseaux vavasseurs de Rochefort, d’autre part, régla les droits des parties (5).
5. Accord de 1302 (texte en latin).

1° — La répression des crimes entraînant peine corporelle ou capitale ou mutilation des membres, commis sur les terres de l’hôpital (commanderie) ou des seigneurs dans les limites du château et mandement de Rochefort par des malfaiteurs qui ne sont pas hommes de l’hôpital ou des seigneurs, appartiendra aux obéanciers, seigneurs de Rochefort.

2° — Si la peine corporelle peut être convertie en une amende, la moitié de cette amende appartiendra aux obéanciers, l’autre moitié au commandeur ou aux seigneurs, suivant leurs droits respectifs.

3° — Hors les cas ci-dessus énoncés, le commandeur ou les seigneurs auront tous les bans, clameurs, petites amendes, des délits commis par leurs hommes sur leurs terres.

4° — Si quelqu’étranger a encouru, sur les terres de l’Hôpital ou des autres seigneurs, l’amende pour effusion de sang, la moitié de cette amende reviendra aux obéanciers, l’autre moitié au commandeur ou autres seigneurs suivant leurs droits respectifs.

5° — Si quelqu’un commet sur les terres de l’Hôpital ou des seigneurs dans les limites du château de Rochefort, un crime ou délit entraînant peine de mort ou corporelle, le commandeur et les seigneurs ou leurs prévôts et serviteurs pourront l’arrêter et le détenir, à charge de le remettre aux officiers des obéanciers à leur réquisition.

6° — Si les hommes de l’Hôpital ou des seigneurs ont commis quelque crime sur leurs terres, la répression en appartiendra au commandeur ou aux seigneurs suivant leurs droits respectifs ; si le crime entraîne peine corporelle ou capitale, le condamné sera remis, pour l’exécution de la sentence hors des terres de l’Hôpital ou des seigneurs, aux obéanciers, ou leurs châtelain ou prévôt sans que ceux-ci puissent modifier la sentence.

7° — Si le crime ou délit a été commis, par un homme de l’Hôpital ou des seigneurs hors de leurs terres, mais dans le mandement de Rochefort, la répression appartiendra aux obéanciers. Et, si la peine corporelle est convertie en amende ou rachetée en argent, le produit de l’amende ou de la composition sera partagé entre les obéanciers et le commandeur ou les seigneurs.

8° — Si quelqu’homme ou femme de l’Hôpital ou des seigneurs adulterati fuerint, cursus eorum ad obedientiarios pertinet ; s’ils, rachètent la peine, le prix sera partagé entre les obéanciers, et le commandeur ou les seigneurs.

9° — Si quelque homme de l’Hôpital ou des seigneurs est accusé d’avoir commis un crime ou délit en dehors de leurs terres, mais dans le mandement de Rochefort, les obéanciers ne peuvent l’arrêter qu’en flagrant délit ; sinon, ils devront le réclamer au commandeur ou aux seigneurs qui, sur l’énoncé sommaire des faits, devront le leur remettre pour le punir.

10° — Les hommes de l’Hôpital et des seigneurs seront tenus de travailler à la construction, réparation et clôture du vieux château et bourg de Rochefort trois jours chaque année, de la fête de Saint-Michel au carnaval, et non en autre temps, sauf le cas de nécessité pressante et alors avec les hommes des obéanciers. Les hommes de l’Hôpital et des seigneurs, résidant hors de la ville et limites de Rochefort, ne seront pas tenus de payer le vingtain du château et bourg de Rochefort, d’y faire guet et garde, de suivre les obéanciers, leur châtelain ou prévôt à cor et à cri, excepté pour la défense de la juridiction du château et mandement de Rochefort ; ils seront tenus cependant de se rendre aux maisons fortes de leur seigneur, commandeur ou nobles, comme les autres hommes de l’Hôpital et des seigneurs.
Si un malfaiteur saisi par les gens du commandeur et des seigneurs s’évade de la prison, les obéanciers ni leurs officiers ne pourront appeler de mala custodia, si le geôlier jure qu’il n’y pas eu fraude ou vol de sa part et qu’il n’y ait évidence ou preuve du contraire.

11° — Si un jugement rendu par le commandeur, les seigneurs ou juge de leurs seigneuries paraît mal rendu, les obéanciers ne pourront en appeler, si le commandeur ou les seigneurs jurent que la sentence a été prononcée légalement et de bonne foi ; s’ils refusent de jurer, l’affaire de malo judicio vient aux obéanciers.

12° — Les obéanciers ou leurs officiers et serviteurs, pourront mettre mesures de blé ou de vin dans tout le mandement, sauf dans les maisons d’habitation du commandeur ou des seigneurs.

Tout gage ou bien des hommes du mandement de Rochefort, destiné à être vendu aux enchères, devra être apporté un dimanche sous l’orme de la place de Rochefort ; s’il n’y trouve acquéreur, il pourra être exposé et vendu partout ailleurs. Le commandeur et les seigneurs pourront faire conduire leurs prises et gages à Rochefort, en paix et en guerre, et les ramener en se soumettant alors à la cour et juridiction des obéanciers qui seront tenus de les aider et défendre.

Tout nouveau châtelain, juge ou prévôt des obéanciers devra, lors de son installation, jurer d’observer cette composition, sinon il ne sera point reconnu par le commandeur et les seigneurs qui prêteront aussi le même serment.

Tout doute sur l’interprétation de cet accord dans l’avenir sera déféré à deux amis communs à élire par les parties qui décideront à l’amiable, sans procès.

Cette composition fut signée le dimanche de la Passion (24 mars) 1303 par les obéanciers, le commandeur et Hugues de Chavannes, chevalier; et les jours suivants par les autres seigneurs vavasseurs de Rochefort.

Le 22 janvier 1367 (v. st.), Florimond de Chalon, damoiseau, châtelain, et Hugues Billet, prévôt, de Rochefort, au nom des obéanciers, et Bigot de Solages, commandeur de Verrières, au nom de Guy de la Tour, précepteur de Chazelles, jurèrent de nouveau d’observer cet accord, qui fut encore renouvelé, après de longs procès, le 5 décembre 1404, entre Antoine du Verney, précepteur de Chazelles et du Saulzy, et Gilet d’Albon, obéancier. La clause de la constitution d’arbitres, édictée en 1303, restant inexécutée, les parties règlent les formes à observer, le cas échéant, et la partie négligente payera dix marcs d’argent. Mais peu à peu, malgré les réclamations du chapitre, le commandeur de Chazelles s’attribua la haute justice sur les terres du Saulzy, et, en 1615, le chevalier visiteur reconnaît formellement que le commandeur y a toute justice, et que ses officiers peuvent « condampner définitivement jusqu’à la mort et exécution et mutilation des membres » (6).
6. Visite de 1615, Archives du Rhône.

Le commandeur avait aussi toute justice « sur deux maisons appelées les Vioules ou le Violet en la paroisse de Thurins, et sur la Lardière joignant à la rivière de Coaizy ou de Pontensiney, laquelle rivière sépare le Lionnois et le Forestz. »
En 1615, le chapitre de Lyon lui contestait la juridiction « des maisons de Tyrimanteau au-dessus du grand chemin. »

Les officiers du Saulzy étaient en 1615 ; juge, Anthoine Jacquemeton, docteur ès droits, juge de Chazelles ; châtelain, Jean Challamel ; procureur d’office, Jean Challamel le jeune ; greffier, Pierre du Gas, notaire royal. « Ils n’orat aulcun gaige et tiennent les assises sur te lieu tous les mardis de chaque semaine pardevant le châtelain, et sont contraints de faire servir de prison quelques maisons des habitants du Puymantel » ; de même en 1733, où sont : juge, Pierre Comarmond ; châtelain, Pierre Meaudre ; procureur, Aymé Chantre.

Commandeurs de Chazelles (2)
1213. Arnulphe, commandeur de la maison de Montbrison, l’était peut-être aussi de Chazelles.
1229-1230. Guy, magister
1249. Eustorge Revelli, précepteur de Saint-Bonnet-les-Places.
1253-1264. Bernard de Chambon (de Chambone, de Campo Bono)
1266-1267. Robert de Montrognon (de Monte Rugoso), grand prieur et précepteur de Chazelles.
1267-1282. Girard, Giraud, Gérald de Naves.
1283, (mars). Etienne Bonin, (Malte, Chazelles, charte 2, n° 6.
— Titre peut-être de 1282, année où Pâques fut le 29 mars)
1283-1287. Drogon, Drolgo de la Tour.
1288. Bertrand de Grézieu.
1293. Guillaume Garel.
1293-1300. Jean Issard, Isoard.
1301 (juillet). Guiot de Saint Germain (Malte, Chazelles, ch. 5, n° 1.
— Titre suspect d’après V. Durand.)
1302 à 1339. Arthaud de Saint-Romain.
— En février 1317, on trouve Bertand Rotons ou Lotons, précepteur de Chazelles. (Malte, Chazelles, ch. 6, n° 2).
1339-1345. Girard ou Gérard de Montaigu.
1354-1366. Etienne de Lobacieu, de Lobassey, de Lobateyo, de Lobarceyo, de lo Bastio
1367. Bigot de Solages ; en 1351, B. de Solages est dit prévôt de Chazelles; en janvier 1367 (v. st.), il est commandeur de Verrières.
1368. Guy de la Tour, grand prieur d’Auvergne et commandeur de Chazelles.
1372. Bigot de Solages.
1379-1380. Robert de Châteauneuf ; grand prieur d’Auvergne le 18 octobre 1380, conserva peut-être en sa main la commanderie de Chazelles.
1380 (22 février). Bigot de Solages : peut-être n’était-il que vice-précepteur, titre qu’il portait en 1376.
1389-1392. Robert de Châteauneuf. En 1389, frère Pierre Salubrin est son procureur.
1402-1416. Antoine du Vernetou Verney. Le 4 juin 1406, il fonde une prébende en l’église de Chazelles.
1423-1425. Michel de Vanzé.
1427. Etienne de Chavorsy, commandeur de Bouchalas.
1430-1445. Louis de Saint-Priest.
1446-1466. Mondon de Balzac. En 1494, 1498, frère François de Balzac est curé de Chazelles.
1491-1512. Guy de Blanchefort. Elu grand maître de l’Ordre en 1512, mort en 1513.
— En 1508, Jean de Château-Arnaud, commandeur de la Murette.
1515-1522. Antoine de Claveison, encore mentionné commandeur de Chazelles en 1526 et 1528.
1523. Jacques Mitte de Chevrières, mort en 1523, à Viterbe.
1526... de Cremeaux.
1527-1529. Emery de Reaux ou des Ruyaux.
1534-1558. Gilbert du Bost.
— En 1567, frère Annet du Bost est curé de Chazelles.
1572. Nicolas de Blancheleyne.
1576. François de Mauvoisin.
1579. de Cremeaux.
1588-1610. Pons de la Porte, grand maître de l’ordre.
1615-1642. François de Cremeaux, aussi commandeur de Villedieu et de Fontenette et grand prieur d’Auvergne.
1644-1684. Louis de la Rivoire, mort le 5 avril 1684.
1685-1710. Alexandre de Talaru Chalmazel, inhumé le 28 octobre 1710.
1712 (1er mai) à 1718. Gilbert de Fougières des Cluzeaux.
1718 (1er mai). Pierre de la Chapelle de Jumilhac, grand bailli de Lyon.
1719-1720. De Thiange, grand prieur d’Auvergne en 1754.
1720. Pierre de la Chapelle de Jumilhac, mort à Malte, le 14 mai 1720.
1723-1746. Jean-Baptiste-Louis de Bocsozel de Montgontier.
— En 1739, on trouve de Caissac et en 1741, du Saillant, commandeurs.
— De 1723 à 1739, de Caissac était receveur.
1747-1760. Joseph Fassion de Sainte-Jay, pourvu pour dix ans sur la renonciation de Joseph Guy de Bosredon, après le décès de J.-B. de Montgontier.
1764-1782. Nicolas-François de Prunier de Lemps, mort le 17 août 1782.
1782-1789. Gaspard de la Richardie de Besse.
2. Cette liste dressée d’après le fonds de Malte aux archives du Rhône, l’inventaire de Battenay, les notes de V. Durand, la notice de M. Aulagnier, etc., est loin d’être complète. Chaque nom est entre les dates extrêmes où nous l’avons rencontré. Nous commençons en 1213 ; car le commandeur Isoard de Montrognon, en 1154 (La Mure-Chantelauze, tome I, page 157), paraît peu sûr.

CHAPITRE VII
I — La Tour de Saint-Romain — Reculion (1)

« Le lieu qui s’appelle aujourd’hui la Tour s’appelait autrefois la Tour Saint-Romain, nom qu’il tirait d’une tour fortifiée et d’une église dédiée à Saint Romain qui s’élevait à côté. Cette église, qui était paroissiale et autour de laquelle se groupait sans doute un village, porte dans les anciens titres le nom de Saint-Romain-le-Vieux, Sanctus Romanus vetulus, Sanctus Romanus vetus.
Pourquoi le Vieux ? Deux explications se présentent. Ou cet édifice était réellement très ancien, plus ancien que d’autres églises du pays placées sous le même vocable ; ou, peut-être, le mot vieux est-il un dérivé de vicus, retraduit par vetus à une époque où l’on en avait oublié la La tour Saint-Romain est encore rappelée au XVIe siècle au terrier Beauvoir 1546-1547 (Archives du Rhône, H. 2438) (folios 210, 223, 226, etc.).
« Entre un chemin tendant de Chazelles à la Tour Saint-Romain et un aultre de la dicte Tour à Saint-Symphorien... »
Signification primitive (2). Saint-Romain-le-Vieux ne serait donc autre chose que Saint-Romain-le-Bourg. Quelque soit l’explication que l’on adopte, elle assigne à ce lieu une origine fort reculée.
1. Cette notice sur Saint-Romain est de M. V. Durand qui se proposait de la lire le jour de l’excursion et ne le put. Nous n’avons rien à y ajouter. Saint-Romain est souvent mentionné en 1383 au terrier Montanha (Archives du Rhône, H. 2310, f° 27, 35 v°, etc.) iter de Sancto Romano apud S. Symphorianum.
— Observons qu’il y avait même deux tours à Saint-Romain, celle qui appartenait au comte de Forez, et celle de l’église de
Saint-Romain dépendant de la commanderie de Chazelles (accord de 1268).
Au même terrier on lit : iter de turribus apud Paparellum.
— De turribus apud Maringes (f° 44 v°)
— In turribus juxta iter quo itur de Chazaleto apud S. Baldomerum.
2. La formation secondaire de noms de lieu latins par voie de fausse traduction d’un dérivé français du nom latin primitif est un fait assez connu pour qu’il soit inutile d’en citer des exemples. Pour l’altération de Vicus en Vieux, comparez Vieux d’Isenave Vicus d’Isenava (Ain) et Saint-Jean-le-Vieux, Vicus subtus Varey, dans le même département.
— Vieil Saint-Rémy, Vicus, dans celui des Ardennes (Note de V. Durand).


« Quel était le nom primitif de la Tour Saint-Romain ? Que sait-on de cet ancien centre de population et de la manière dont il a disparu ? J’ai proposé de l’assimiler au lieu de Reculion mentionné dans le célèbre traité de 1173, portant règlement de frontières entre l’église de Lyon et le comté de Forez (3).
3. Bulletin de la Diana, tome VI, page 303

« Le château de Reculion et son ressort militaire ou mandement y sont attribués au comte et mis en regard du château et mandement de Saint-Symphorien attribués à l’église.
« Et comme le même acte met à la part du comte, au nord les châteaux et mandements de Donzy et de Meys avec Maringes, au sud ceux, de Châtelus et de Fontanès, on ne voit pas dans la zone frontière faisant face à Saint-Symphorien de place pour un autre château et mandement ailleurs qu’à la Tour, où l’on sait qu’en effet le comte possédait une forteresse. C’est donc là qu’il convient de placer Reculion.

« La position était bien choisie et très stratégique, car elle occupait le noeud de deux routes importantes, toutes deux ayant probablement succédé à des voies antiques, l’une tendant de Feurs au Pont-Français sur la Coise et de là à Vienne ; l’autre (je devrais dire peut-être les autres, car il semble y avoir eu plusieurs tracés convergeant tous à ou près Chazelles), conduisant de Lyon à Montbrison et primitivement à Aquoe Segetoe.

« Quel rôle a joué la Tour dans l’histoire militaire du pays? On l’ignore. Ce n’est que près d’un siècle après le traité de 1173 que ce lieu est mentionné de nouveau dans une transaction du 7 mars 1268 entre le comte de Forez et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem au sujet des droits de justice, appartenant à la commanderie de Chazelles. Il est à croire que la forteresse de la Tour portait ombrage aux Hospitaliers ou qu’ils avaient souffert quelque injure des hommes d’armes qui en composaient la garnison, car le comte s’engage à n’y faire aucune oeuvre nouvelle, aucune réparation, pas même pour l’entretien des toitures, que de l’agrément et pour l’utilité des Hospitaliers. Il fut convenu de plus que si elle tombait en ruine, ils deviendraient propriétaires du sol (4).
4. Bibliothèque de Saint-Etienne, Livre des compositions du Comté de Forez, f° 12.

Les conséquences de pareilles clauses ne devaient pas tarder à se produire. Dès 1282, des habitants de Chazelles sont condamnés à l’amende pour avoir enlevé des pierres de taille de la tour ronde de Saint-Romain-le-Vieux (5). Elle paraît néanmoins avoir subsisté, de plus en plus ruinée sans doute, jusqu’en 1498, année où le commandeur de Chazelles permit aux habitants de la démolir, pour en employer, ce semble, les matériaux à la réparation des murailles de leur ville (6). Quelques faibles vestiges s’en voyaient peut-être encore au siècle dernier à en juger par un plan de ce quartier conservé dans le fonds de la commanderie de Chazelles aux archives du Rhône.
5. Archives du Rhône, fonds de Malte, Chazelles, chapitre 6, n° 3. Ordonnance d’Hysmidon Raoul, juge de Forez, pour le commandeur de Chazelles, octobre 1282.
6. Archives du Rhône, même fonds, Chazelles, chapitre 6, n° 10.


« Quant à l’église de Saint-Romain qui, placée d’abord sous la dépendance de l’Ile-Barbe (6), passa, semble-t-il, plus tard sous celle des Hospitaliers de Chazelles (7), elle disparut de bonne heure, sans que je sois en état de dire à quelle époque précise et dans quelles circonstances, soit qu’elle ait péri de vétusté, soit qu’elle ait été ruinée par un fait de guerre, soit même qu’elle ait été volontairement démolie. Depuis la fin du XIIIe siècle, elle cesse de figurer sur les pouillés du diocèse. »

Nous avons dit, en parlant de Chazelles, que des fouilles avaient mis au jour à Saint-Romain un cimetière au côté nord de la route. Le défoncement ne paraît pas être descendu à plus de 0m 80. Peut-être n’a-t-on découvert que la couche superficielle de lits de corps superposés, les inhumations anciennes ayant été respectées par ceux qui ont pratiqué les plus récentes. Des fouilles profondes pourraient alors amener des constatations intéressantes.
7. Bulle de Lucius III, 1184, dans le Laboureur, Masures de l’Ile-Barbe, tome I, page 117.
8. Charte déjà citée du 7 mars 1268. Il y est dit que la tour de Saint-Romain-le-Vieux appartient aux Hospitaliers.


Aucun objet ne paraît avoir été trouvé. On a placé dans un mur la vasque informe d’un ancien bénitier. Des fondations subsistent dans la cour de la ferme, mais on ne peut en tirer aucune indication.

XLIV. — La Tour Saint-Romain et Territoire environant
Anciens lieux dits; — anciens chemins.
(Carte dressée par Vincent Durand). BNF

2. — Belle Croix
Sur une éminence où le gneiss perce la terre végétale, est situé le logis de Belle Croix, qui présente un exemple assez curieux de demeure fortifiée. Ces défenses, cependant, ne sont pas très anciennes.
Elevées, vers la fin du XVIIe siècle, par le possesseur d’alors, Dallier, prévôt des maréchaux à Lyon (1), elles ne semblent avoir eu d’autre but que de donner à cette demeure l’aspect usurpé d’un fief.

Le chevalier A. de Talaru Chalmazel, visitant la commanderie de Chazelles en 1683, vit dans ces fortifications un empiètement sur les prérogatives de l’ordre, d’après la coutume féodale qui ne permettait pas au vassal d’élever des défenses nobles dans la juridiction du seigneur haut justicier. Il ordonna au commandeur de Chazelles « de s’informer en vertu de quoy le sieur Dallier, prévost des mareschaux de Lionnois, a faict bastir des tours et apposer des girouëttes dans son domaine de Bellecroix, qui est dans la totalle justice et de la directe de la commanderie ; et au cas qu’il ne justifie de tiltres suffisans pour cela, le faire contraindre en justice et l’obliger à les mettre à bas »
1. Ses armoiries étaient : aux I et 4 d’azur à une croix ancrée d’or ; aux 2 et 3 de gueules au lion d’argent (Steyert, Armoriai). — On trouve, en 1582, Jean Dallier, marchand à Saint-Symphorien-le-Château.
— En 1615, un Dallier, greffier de Saint-Bonnet-les-Places, dépendance de la commanderie de Chazelles
— En 1652, noble Pierre Dallier, avocat au Parlement, à Lyon.


Nous ne savons si le sieur Dallier fut mis en demeure de faire abattre ses tours, mais il n’obéit pas.
Le visiteur de 1701, Henri de Méallet de Fargues renouvela l’injonction de 1683, et ne fut pas, non plus, écouté.
En 1733, le chevalier visiteur, Jacques de Montjouvent, condamna encore les girouettes de Belle Croix, qui avait passé à la famille Buer ; une procédure fut engagée contre Antoine Buer (1).
1. Archives du Rhône, H, 150, 153, 158.
— Inventaire de Battenay, n° 634.


Le temps ou la main de l’homme ont fait disparaître les girouettes, mais les tours ont subsisté telles que nous les voyons aujourd’hui.
Belle Croix forme un quadrilatère de 20 à 30 mètres de côté, angle de tours rondes au s.-o. et au s.-e., une autre tour faisant saillie sur la courtine adjacente. Entre ces deux tours, et en saillie sur le portail, est une espèce d’eschiffe en maçonnerie, percée à l’extérieur d’une fenêtre à plein cintre, c’était la chapelle. Elle est dans un état complet de délabrement et seuls les chevrons du plancher subsistent.

Les tours d’entrée sont recouvertes de tuiles vernies. Dans celle de gauche est l’ancien escalier de bois, à vis, qui monte à la chapelle et desservait probablement aussi le corps de logis au midi : les marches en sont formées de plateaux massifs de chêne.

XLV. — Belle Croix. BNF

L’intérieur du quadrilatère est une vaste cour bordée de bâtiments de ferme.
A l’est, un auvent protège l’entrée de l’habitation, la galerie et l’escalier qui y donne accès.

En élevant à Belle Croix, dans les limites de la commanderie, ces fortifications de parade, le sieur Dallier n’était pas le premier qui eût éveillé l’ombrageuse susceptibilité des visiteurs. Déjà, le 29 septembre 1598, Pierre Jacquemeton, fermier général de la commanderie, avait demandé au commandeur Pons de la Porte l’autorisation de construire à la Ponchonnière près de Bouchalas, « deux petites tours pour servir d’aysances à une maison qu’il a fait bastir, et deux guarittes et marchicoulis sur la porte, avec licence de faire faire des fossés à l’entour pour les remplir d’eau, sy bon luy semble, et ce sous une cense de deux chapons. »

Le commandeur avait consenti et le roi Henri IV, par lettres données à Lyon en décembre 1600, avait confirmé cette autorisation.
Mais quand Jacquemeton, en 1615, présenta ces permissions au visiteur, Louis de Chantelot La Chese, celui-ci répondit « qu’il n’exhiboit aucune licence ny approbation tant du grand maistre de Malte que du chappitre général et provincial de l’Ordre ; qu’il avoit trouvé en procédant à sa visite en la maison dudit Jacquemeton, une grosse tour quarrée bastie à neuf, où il y a la cave basse, voultée et quatre estages au-dessus, une girouette au-dessus avec ses meurtrières, barbecannes, guarites ou queues de lampe, canonières et autres deffences nobles en forme de forteresse sans y avoir pourtant aulcung pont-levis ny fossés » ; il renvoie le fermier général, « pour estre décidé, par-devant le Rd. grand prieur d’Auvergne, et MM. du prochain chappitre provincial à Saint-Georges à Lyon. »

L’affaire revint en 1683 ; le visiteur, observant « qu’il n’est pas permis à un simple emphytéote de construire des tours rière la justice d’un seigneur hault justicier tel qu’est le commandeur de Chazelles à Bouchalas ny mesme au commandeur de luy en donner la permission », ordonne au commandeur « de faire razer lesdites fortifications, ou obliger le sieur de la Ponchonnière à faire homologuer la permission qu’il dit avoir des anciens commandeurs. » C’est à ce dernier parti que s’arrêta, sans nul doute, le sieur de la Ponchonnière.

Après lui, c’est encore le sieur Pupier, procureur du roi en l’élection de Montbrison, qui fait créneler les murs de clôture de son domaine de la Bertholomière et y fait élever deux tours couvertes « à la française », avec des girouettes, ce qui lui attire des commandeurs, sur l’injonction des visiteurs de 1683 et 1701, un procès pour faire abattre les créneaux et girouettes, procès qui durait encore en 1733.

C’est enfin le sieur Chappuis, jadis lieutenant criminel de Montbrison, auquel le visiteur de 1683 demande « quelle permission il a de faire bâtir et élever deux grosses tours rondes et appuyer son bâtiment sur les murailles de la ville, et aussi de faire construire un moulin à vent dans un de ses fonds proche la ville de Chazelles en allant à Lyon... », avec menace, toujours, de citation en justice pour faire abattre tours et moulin. Il est vrai qu’en 1701 les tours semblent acceptées, et, quant au moulin, le visiteur n’insiste pas, observant avec philosophie que le fonds sur lequel il est établi paye les servis imposés sur la terre, et « qu’au surplus, il ne peut porter préjudice au commandeur puisqu’il n’y a pas de moulin banal en la commanderie. » Ainsi le texte même des revendications devenait moins sévère, et, peu à peu, ces prohibitions, derniers vestiges de coutumes féodales jadis justifiées mais devenues sans objet, tombaient d’elles-mêmes et n’avaient plus de sanction.
Sources : Bulletin de la Diana. Juillet. Décembre 1901. Montbrison 1876 BNF

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