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Commanderie de Fieffes
Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Doullens, Commune: Fieffes-Montrelet - 80

Fieffes
Domus Hospitalis Fieffes

Les chevaliers de l’Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem étaient établis dans le Ponthieu vers le milieu du XIIe siècle ; car nous trouvons Jean, comte de Ponthieu, qui confirmait en 1154, avec le consentement de Ide, sa mère, et de Guy, son frère, tout ce que l’Ordre de l’Hôpital possédait dans son comté, et qu’il tenait de son fief ou de celui de ses prédécesseurs (1).

C’est vers cette époque qu’on doit faire remonter la fondation de la maison de Fieffes (2). Enguerrand de Fieffes donna pour cela la plus grande partie de la terre et seigneurie de ce village. Il nous reste une charte de Thibaut, évêque d’Amiens, de l’année 1174, confirmative de cette donation ; laquelle comprenait une portion du territoire de Fieffes, deux cents maisons dans le village, in villa Fiefiis ducentos mansos, avec l’exemption pour les hommes de l’Hôpital qui y demeuraient, de toutes tailles et corvées, et le droit de faire moudre leurs grains au moulin d’Enguerrand sans rien payer (3).
1. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 10. Cartulaire de Fieffes, folio 1.
2. Fieffes (Somme), arrondissement Doullens, canton Domart.
3. Archives nationales S 5059, Supplément n° 8. Cartulaire de Fief?es folio 1 v°.


En 1197, Guillaume, comte de Ponthieu, voulant témoigner aux Hospitaliers toute l’affection qu’il leur portait, les prit sous sa garde et protection, eux et leurs biens (2).
2. Archives nationales S 5059, Supplément n° 10. Cartulaire de Fieffes folio 1.
La bonne harmonie ne régna pas toujours entre les chevaliers de l’Hôpital et les seigneurs de Fieffes. En 1265, l’un de ces derniers, Enguerrand, refusa de laisser moudre en son moulin les grains de l’Hôpital pour les besoins de la maison de Candas.
Il avait tenté aussi plusieurs fois de troubler les Hospitaliers dans leur juridiction, dont il voulait restreindre l’étendue. Sur la plainte de ces derniers, le Roi était intervenu et avait rendu une ordonnance qui les maintenait dans les anciennes limites de leur seigneurie, en dispensant néanmoins le seigneur Enguerrand de l’obligation de moudre gratuitement les grains qui devaient servir à l’Hôpital de Candas (3).
3. Archives nationales S 5533, Cartulaire de Fieffes folio 20.
La maison des seigneurs de Fieffes se trouvait dans la terre de l’Hôpital, et devait être soumise aux mêmes coutumes que les autres maisons ; ce qui fut cause souvent de difficultés et de contestations.
En 1336, Enguerrand, seigneur de Fieffes, s’était permis un jour, en revenant d’une fête d’un village voisin, de ramener chez lui du monde et d’y faire danser le soir sans la permission du Commandeur ou de ses officiers de justice. Il reçut pour ce fait une assignation de comparaître devant le bailli d’Amiens. Cette pièce rappelle dans son exposé : « que les religieux de St-Jean-de-Jérusalem sont à Fieffes dans les limites de leur seigneurie, en droit de toute justice sur tous leurs subjects et tenanciers ; que dans ces limites, il y a plusieurs maisons, et entre autres, celle du sieur Enguerrand de Fieffes, chevalier, que celui-ci tient desdits religieux comme les aultres hommes de ladite ville ; Que nonobstant il a pleu audit Messire Enguerrand de Fieffes, pour sa volonté indeue et contre raison après ce que on eust été jouer et traire au jay du nyt, en ung lieu ou place qu’on dit le Marcais, a ramené en ladite ville de Fieffes, en la maison dudit chevalier, tenue desdits religieux et en leur justice et seigneurie, comme dit est, plusieurs gens qui audict Marcais estoient assemblez, lesquels audit lieu il feyst dansser, caroller, pipper, tourner, et commanda à cesser, et donna une paire de gants à une nommée Honnerelle de Vaulx, comme à la plus belle et la mieux danssant : laquelle chose ledit Messire Enguerrand a faict ou faict faire sans le congé ou licence des religieux, etc. »

Toutefois, la condamnation infligée à Enguerrand se borna à un blâme, et il fut obligé d’aller près du Commandeur s’excuser, en promettant de ne plus recommencer.
Un article des coutumes de Fieffes et des autres lieux dépendant de la commanderie, obligeait le Commandeur à faire danser les habitants de Fieffes, de Candas, de Villers-l’Hôpital, de Noeux, d’Yvrench et de Maison-Ponthieu, la veille, la nuit et le jour de la fête du patron de ces villages.

A Fieffes comme dans les autres localités que nous venons de nommer, la terre appartenant à la commanderie était délimitée par des croix ou bornes. Dans ces limites, le Commandeur avait la haute, moyenne et basse justice, avec tous les droits et privilèges qui en résultaient.
Comme les hommes de la commanderie de Beauvoir, ceux de Fieffes étaient exempts de payer le droit de chaussée pour leurs chevaux et leurs voitures, lorsqu’ils allaient dans les villes d’Abbeville et de Saint-Riquier.
Nous transcrivons ici l’état de la maison de Fieffes, tel qu’il nous est donné en 1373 par le Livre- Vert :
« A la maison de Fiefe, appartient xxx et v journeux de terre, desquels en y a Lx qui sont de nulle valeur ; ainsi reste VIIIxx journeux, le journel II sols VI deniers, valent XX livres parisis.
Item en la ville de Fiefes, de cens en argent, XLIIII livres.
Item le four de ladicte ville, VI livres.
Item à Dommart en Pontieu, de cens, V solz ; IIII chappons, VI gelines ; le chapon, à XVI deniers ; la geline, à IX deniers, valent IX sols X deniers.
Item les dismes de ladite maison bailliées à ferme pour IX muis et III septiers de grain, moitié blé, moitié avoine ; le septier de l’un et de l’autre prisié à V solz, valent XXVII livres xv sols.
Item les dames de Moreaucourt donnent par an audit Hospital, IIII septiers de blé, V d’avoine et I d’orge, à la mesure de Dommart, et les fault aller quérir à leur maison de Buvignies, et valent environ XL sols.
Item il appartient à ladite maison de Fieffes deux villes, c’est assavoir : Montrellet (1) et Frevillier (2), esquelles n’a point de maison d’Ospital. Après y a cens d’argent à Montrellet, XX livres.
Item le four de la ville de Montrellet vault XL sols.
Item II chapons et I géline, III sols V deniers.
Item à Frévillier, cens, four et dismes, XXIII livres X sols.
Et n’a en ladite maison de Fieffes ni bos ni prez.
Somme : XXII xx VI livres III sols III deniers. »

La maison de Fieffes était située sur la place du village, touchant à l’église. Elle avait été détruite pendant les guerres du XV siècle ; mais elle avait été rebâtie ensuite plus belle et plus grande qu’elle ne l’était auparavant. C’était, au siècle dernier, un château avec cour d’honneur, basse-cour et bâtiments de ferme. Les terres qui en dépendaient, consistaient en 300 journées environ, aux territoires de Fieffes, Montrelet, Bonneville et Fienvillers.

Montrelet
Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Domart, Commune: Fieffes-Montrelet - 80

Montrelet
Domus Hospitalis Montrelet

La commanderie avait une partie de la seigneurie, dont relevait un fief, nommé le fief de Rollepot, sis au dit lieu, et appartenant, en 1563, à François de Fontaines, seigneur aussi en partie de Montrelet. Elle possédait encore la terre et seigneurie de Fienvillers qu’au commencement du XIIIe siècle, un noble personnage, Geoffroy de Doullens, de Dorlens, avait concédée aux frères de l’Hôpital dans certaines limites et sous diverses conditions. Par ses lettres qui sont datées du mois de septembre 1204, il leur avait donné la ville de Fienvillers, villam que vocatur Finviler, avec le consentement de sa famille et des seigneurs dont cette terre relevait, d’abord de Robert de Mezerolles, puis de Hugues de Candavaine, seigneur dominant.

Fienvillers
Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Bernaville - 80

Fienvillers
Domus Hospitalis Fienvillers

Comptait alors 200 mesures de terre, dont le donateur se réservait de cultiver la moitié à son profit, aussi longtemps que l’Hôpital n’aurait point bâti de maison sur l’autre moitié. Outre cela, Geoffroy avait accordé aux frères de l’Hôpital, une demi charrue de terre et quatre journaux de bois, avec la justice et la prévôté de Fienvillers. C’était le prévôt qui livrait l’habitation à chaque hôte. Il recevait de lui pour cela deux deniers. De plus il lui était dû tous les ans, de chaque charrue de terre de vingt- quatre journaux, 24 poules ; d’une demi charrue, 12 poules ; du quart, 6 poules ; d’un journal, une poule, et de chaque maison avec un fond de 80 pieds carrés, cinq sols. Geoffroy s’était engagé, en outre, à donner aux hôtes de l’Hôpital, cent arpents de terre, s’ils voulaient lui payer vingt et un deniers de cens annuel avec le terrage et un relief de douze deniers.
Les hommes de Fienvillers qui avaient des chevaux, devaient à Geoffroy, chaque année, trois corvées. Ceux qui, sans chevaux, cultivaient seulement un journal de terre, ne devaient qu’une corvée à bras.

Geoffroy s’était interdit le droit d’élever aucune forteresse et d’avoir des hôtes sur les territoires de Fienviler (1), de Longueville et de la Hosche ; et comme il était lui-même à Fienvillers l’hôte de l’Hôpital, au cens de douze deniers, il pouvait réclamer en cas de besoin aux Hospitaliers, aide et protection pour sa personne et ses biens, si ce n’est qu’en temps de guerre.
1. Fienviler : Département : Somme, Arrondissement : Amiens - 80

Il y avait encore dans l’acte de concession de la terre de Fienvillers, d’autres dispositions relatives à des droits seigneuriaux, droits de fournage, de mouture, etc., ainsi qu’à des délits dans les bois, et dont l’amende variait selon l’espèce d’arbres qu’on aurait maltraités ou abattus ; pour un chêne, 7 sols 6 deniers ; et pour tout autre arbre, 2 sols 6 deniers seulement (1).

La terre et seigneurie de Fienvillers était, comme celle de Montrelet, réunie à cause de sa proximité de Fieffes, au chef-lieu de la commanderie.
Le patronage et la collation des cures de Fieffes et de Fienvillers appartenaient au Commandeur, avec une grande partie des dimes de ces paroisses, et le droit de prendre « ès jours de Noel, Gandeleurs et Pasques, tous les nataux deubz ledit jour et offerts par les paroissiens de l’église de Fieffes, à la charge de entretenir à ses despens la chapelle que on dit le cœur de l’esglise dudit lieu de Fieffes, tant hors que dedens, mesmement de luminaire et sans aucun droit par l’évesque diocésain de visitation dudit cœur de l’esglise et de la maison dudict commandeur. »
1. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 8, folio 13. Cette charte a été reproduite entièrement par M. Cocheris dans ses Documents inédits sur la Picardie, tome 2, page 143.

A Bonneville qui, au XVe siècle, était un secours de Fieffes, les habitants donnaient à la commanderie une gerbe de blé par chaque maison, pour avoir une messe dans leur chapelle les dimanches et fêtes solennelles, sauf toutefois aux jours de Pâques, de Noël et de la fête de saint Pierre, où ils devaient venir l’entendre dans l’église paroissiale de Fieffes.

Le revenu de la maison de Fieffes qui était, en 1373, de 146 livres 3 sols 4 deniers, s’élevait en 1787 à 4,800 livres.
Les membres de la commanderie de Fieffes étaient :
La maison de Candas.
La maison de Villers-l’Hôpital.
La maison d’Yvrench avec Maison-Ponthieu.

Ces maisons formaient, dès l’origine, ce qu’on nommait la baillie ou la commanderie de Fieffes.
Au XIVe siècle, les Hospitaliers y réunirent les biens qui leur venaient des Templiers, c’est-à-dire :
La maison de Sériel.
La maison de Belle-Eglise.
La maison de Senlis.
La maison de La Viéville.
La maison de Festonval.
Ils y ajoutèrent encore une petite commanderie qui leur appartenait, nommée Bois-Saint-Jean, près d’Hesdin.

Candas
Département : Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Bernaville - 80

Candas
Domus Hospitalis Candas

On lit dans le Livre-Vert : « à Candas, a une maison de l’Ospital ancien, sanz chappelle, appartenant à ladicte baillie de Fieffes ; laquelle maison avecques les terres, foins, autelages, tonlieu et cens, valent de revenu en cette présente année (1373), IXxx livres LVII solz VI deniers. »
Cet établissement parait s’être formé dans la première moitié du XIIIe siècle, grâce aux bienfaits et libéralités des seigneurs de Candas.

Nous avons trouvé une charte d’Enguerrand, seigneur de Candas, de l’année 1224, par laquelle il confirmait d’abord une donation que Richard de Candas, son frère, avait faite aux frères de l’Hôpital, de vingt journaux de terre, puis une vente faite à leur profit par le même Richard, de quatre-vingts autres journaux, pour le prix de 320 livres (1).
1. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 11, folio 2.

En 1246, Ode la Prévôté, Preposita, dame de Candas, étant devenue veuve, reconnut devant le curé de Talmas, ainsi qu’il résulte des lettres émanées cette année-là, de R., archidiacre d’Amiens, qu’elle avait donné à l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, le tiers de la justice de Candas, à la charge de payer 10 livres parisis à ses créanciers, de la nourrir durant sa vie, et de lui donner, en outre, chaque année, 20 sols pour son entretien et son habillement (2).
2. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 8, folio 7.

Le Commandeur avait toute justice, haute, moyenne et basse, non seulement dans son domaine, mais encore dans tout le village de Candas. « Près de la cense de l’Ospital de Candas, est le villaige où sont de XXVIII à XXX habitans, subjects tous de la religion en toute justice. » (Visite prieurale de 1495).

Toutefois les dimes de la paroisse se partageaient par tiers entre l’Hôpital, le curé de Candas et les chanoines de l’église Saint-Nicolas d’Amiens.

La maison de l’Hôpital était située vis-à-vis l’église, tenant à la rue Saint-Antoine. Il en dépendait environ 200 journaux de terre, situés en plusieurs parties au territoire de Candas.
Le revenu de la maison était en 1787 de 6,000 livres.

Villers-l’Hôpital
Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Arras, Canton : Auxi-le-Château - 62

Villers-l’Hôpital
Domus Hospitalis Villers-l’Hôpital

C’est dans la seconde moitié du Xe siècle que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem se trouvèrent en possession de la terre et seigneurie de Villers, appelée depuis Villers-l’Hôpital.
Des lettres de Thiébaut ou Thibaut, évêque d’Amiens, de l’année 1172, nous font connaître que, devant lui, a comparu Godefroy, vicomte de Conchy, lequel a approuvé et confirmé la donation qu’Eustache de Conchy, son père, avait faite aux frères de l’Hôpital, de cinq cents mesures de terre à Villers, ainsi que celle faite aux mêmes frères par Gerard de Bonières, d’une charrue de terre au Mont-Herbaut, apud Montem Herbot, avec le droit de moudre leurs grains au moulin de Wavans (1).
1. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 7, folio 9.

En 1197, les frères de l’Hôpital et le prieur de Conchy réglaient entre eux leurs droits au sujet du patronage, des dîmes et des oblations, dans les églises et chapelles de Villers et de Forestel (2).
2. Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Arras, Canton: Auxi-le-Château - 62

Mathieu de Rollepot faisait donation, en 1233, aux Hospitaliers, de toute la dime qu’il avait à Villers.

Des difficultés s’étant élevées, en 1272, entre le comte d’Artois et les frères de l’Hôpital, au sujet de la justice de Villers, des arbitres furent nommés ; et il fut reconnu que l’Hôpital avait seul en ce lieu tous les droits de haute et basse justice.

A la commanderie, appartenait encore le patronage et la collation de la cure de Villers. Elle en partageait les dîmes avec le prieur de Conchy, et percevait entièrement celles de Boffles (3) et de Noeux (4), qu’un sieur Andrieu du Gardin lui avait données en 1235.
3. Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Arras, Canton: Auxi-le-Château - 62
4. Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Arras, Canton: Auxi-le-Château, Nœux-lès-Auxi - 62


« A Villiers-l’Ospital a une maison de l’Ospital ancien et curé frère de l’Ospital appartenant à la baillie de Fieffes et une ville, nommée la ville de Nues (Noeux), dépendant d’icelle. »
(Livre-Vert).

La maison de Villers était située sur la place du village, tenant au presbytère. Au lieu de cinq cents mesures de terre qu’elle possédait dès les premiers temps, il ne lui en restait plus au XVe siècle, que deux cents journaux, dont une partie était située sur le territoire de Noeux.
Le revenu de cette terre, avec les droits seigneuriaux était, en 1373, de 80 livres. Il s’élevait en 1787 à 3,200 livres.

Yvrench et Maison-Ponthieu
Département: Somme, Arrondissement: Abbeville, Canton: Crécy-en-Ponthieu - 80

Maison-Ponthieu
Domus Hospitalis Maison-Ponthieu

La ville d’Yvrench, villa de Wivrinch, relevait du comté de Ponthieu, et avait été donnée à la fin du XIIe siècle, à l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, par Gauthier de Belloy, de Beeloi, et Enguerran, son fils. Mais celui-ci, après la mort de son père, voulut en contester la libre jouissance aux Hospitaliers qui allèrent se plaindre à Guillaume, comte de Ponthieu. Le comte, reconnaissant la justice de leur réclamation par des lettres émanées de Thibaut, évêque d’Amiens, du mois de septembre 1195, renouvela la confirmation de tous leurs droits et possessions, avec promesse de les y maintenir et de les défendre au besoin contre le seigneur de Belloy et tous les hommes du comte de Crécy, de Cressi (1), d’Hiermont, de Huiermont (2), et de Noyelle, de Noiele (3), qui voudraient bâtir et construire des maisons dans la terre de l’Hôpital à Yvrench.
1. Département: Somme, Arrondissement: Abbeville, Canton: Rue - 80
2. Département: Somme, Arrondissement: Abbeville, Canton: Doullens - 80
3. Département: Somme, Arrondissement: Abbeville, Canton: Rue, Commune: Noyelles-en-Chaussée - 80


Cette protection accordée par le comte de Ponthieu, était le résultat en quelque sorte d’un marché ; car les frères de l’Hôpital ne l’avaient obtenue qu’en s’engageant à payer au comte, tous les ans, deux marcs d’argent, ou, s’ils aimaient mieux, quatre livres parisis.
Cette rente devait être servie exactement, à tel point qu’en retard de paiement, la protection du comte de Ponthieu cessait le lendemain du jour de l’échéance.

A la fin de ses lettres, l’évêque d’Amiens mentionne qu’Enguerran de Belloy s’était ensuite présenté devant lui, et avait reconnu libre et exempt de toute juridiction étrangère, le village d’Yvrench, propriété de l’Hôpital, ainsi qu’une terre de 24 arpents que son père avait accordée aux Hospitaliers. Il déclarait, en outre, qu’il voulait devenir lui-même l’hôte de l’Hôpital, en lui donnant sa maison pour être tenue par lui au cens de douze deniers par an (4).
4. Archives nationales S 5060, Suppléments n° 3.

Il y avait un autre village, Maison- Ponthieu (5) qui, comme Yvrench, était de la juridiction des frères de l’Hôpital. Ceux-ci y possédaient déjà, en 1199, une charrue de terre. Par des lettres qui portent cette date, Garcias de Lisa, maître de l’Hôpital en deçà des mers et en France, nous fait connaître qu’une terre, située dans sa ville de Maison, dans celle d’Yvrench et aux environs, apud villam nostram que dicitur Maisuns apud Ivrens villam nostram et circa territoria illa, avait été achetée par Guillaume du Chatel, de Castello, bourgeois de Saint-Riquier, et avait été donnée aux Hospitaliers, sous la condition qu’ils la cultiveraient à leurs dépens, et en remettraient le tiers des récoltes au donateur, à sa femme et à leur fils pendant leur vie et jusqu’au décès du survivant d’eux.
5. Département: Somme, Arrondissement: Abbeville, Canton: Crécy-en-Ponthieu - 80

Peu de chartes contiennent, au nombre de leurs témoins, autant de dignitaires de l’Ordre, c’étaient : frère Guillaume de Villiers, de Villeriis, prieur de l’Angleterre, prior Anglie ; frère Jacques, prieur de la Normandie, prior Normanie ; frère Simon, remplaçant le prieur de France, et frère Eudes, qui était commandeur du Ponthieu (1).
1. Archives nationales S 5060, Suppléments.

En 1224, Gauthier de Saint-Riquier renonçait, devant l’official d’Amiens, à toute espèce de droits qu’il pouvait avoir sur les terres de l’Hôpital appartenant à la maison de Wivrens, de Maisuns-en-Ponthieu et de Noelle (2).
2. Archives nationales S 5059, Suppléments.

Une charte de Gauthier de Belloy, du 27 juillet 1224, nous indique où la maison d’Yvrench se trouvait située. Par cet acte, Gauthier déclare avoir donné aux frères de l’Hôpital, huit journaux de terre touchant à leur manoir, derrière leur maison, située sur le chemin de Saint-Riquier à Auxi-le-Chateau, super viam que ducit de Sancto Richario ad Ausiacum (3).
3. Archives nationales S 5059, Suppléments.

Le commandeur de Fieffes était, au siècle dernier, principal seigneur d’Yvrench et de Maison-Ponthieu, avec la haute, moyenne et basse justice. Il était, en outre, patron et collateur de la cure de Maison. Les oblations et offrandes faites à cette église, se partageaient entre le commandeur et le prieur de Conchy, à l’exception toutefois de celles qui consistaient en armes de chevalerie, boucliers, épées, lances ou cuirasses qui devaient appartenir au Commandeur seul.

La maison d’Yvrench fut détruite pendant les guerres du XVe siècle, et ne fut point reconstruite. Les terres qui en dépendaient, étaient de 150 journaux environ, situées sur les territoires d’Yvrench et de Maison.
Elles furent réunies, après la destruction de la maison, au domaine de la commanderie.
Son revenu, en 1373, était, avec les droits seigneuriaux, de 118 livres. Il s’élevait en 1787 à 4,000 livres.

Seriel
Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Acheux-en-Amiénois, Commune: Puchevillers - 80

Seriel
Domus Hospitalis Seriel

Il y avait là, au XIIe siècle, une maison de Templiers qui avait été établie au milieu des bois et sur des terrains qu’on leur avait donnés à défricher. Le plus ancien titre qui nous reste sur cet établissement, est une charte de Thibaut, évêque d’Amiens, qui paraît avoir été rédigée vers 1175, et par laquelle ce prélat fait savoir que
Werric de Rencheval (1), a reconnu devant lui, avoir donné son bois, nommé Seriaux, pour être essarté et cultivé, sous la réserve toutefois de son terrage et de l’approbation de Wautier Lefrard et de Robert de Puchevillers, ses seigneurs et maîtres (2).
1. Raincheval : Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Acheux-en-Amiénois - 80
2. Archives antimoniales S 5059, Suppléments n° 8 folio 17 v°, S 5061, Suppléments.

Les seigneurs de Raincheval et de Puchevillers contribuèrent beaucoup, par leurs bienfaits, à augmenter les biens et revenus du Temple de Sériel.

En 1204, Adam de Puchevillers faisait don aux Templiers d’un terrage qu’il tenait de Bauduin de Campdaveine, dit de Belval, et qui se trouvait au milieu des terres de la maison de Sériel (4).
4. Archives antimoniales S 5059, Suppléments n° 8, folio 17 r°.

Allelme de Puchevillers leur cédait, en 1209, les deux tiers d’une dime et d’un terrage sur 80 journaux de terre, près de Sériel ; et sa femme Eve promettait et jurait sur l’autel de Saint-Georges, dans la chapelle de Sériel, in capella de Seriel, qu’elle n’y réclamerait jamais rien (5).
5. Archives antimoniales S 5060, Suppléments n° 8, folio 17 r°.

En 1238, les Templiers achetaient d’Ansel de Raincheval, la propriété avec une partie du terrage et de la seigneurie, de 22 journaux de terre, situés dans la paroisse de Raincheval, tenant à la terre du Valvion, ad terram de Valle Guidonis (6), et à la terre de Sériel, près du bois du Plaissie, au prix de sept fois vingt livres parisis, plus quarante sols (7).
6. Le Valvion, Département: Somme, Arrondissement: Amiens, canton: Doullens - 80
7. Archives antimoniales S 5059, Suppléments n° 8, folio 18 v°.


Mais la même année, Ansel reprenait cette terre pour une autre, appelée la terre du Val-l’Evêque, terra Vallis Episcopi, qu’il donnait en échange aux frères du Temple (8).
Ceux-ci acquéraient encore, en 1240, d’Adam, seigneur de Puchevillers, dix-neuf journaux de terre au terroir de Puchenviler, au-dessus du Val-Gamelon, supra vallem Gamelon, pour le prix de 91 livres parisis (9).
8. Archives antimoniales S 5060, Suppléments n° 52.
9. Archives antimoniales S 5060, Suppléments n° 1.


Un autre seigneur, Bauduin de Puchevillers leur donnait, en 1253, le terrage de sept journaux de terre au terroir de la Vicogne, in ter-ritorio de Visconia (1), touchant au chemin de Rubempré à Beauquesne, juxta viam per quam itur de Ramberti prato apud Bellam Quercum, et tenant à la terre de Bonaire, avec le cens de six deniers et de deux chapons dont cette terre était chargée (2).
1. La Vicogne. Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Domart-sur-la-Luce - 80
2. Archives antimoniales S 5059, Suppléments n° 8, folio 20.


Le domaine de Sériel se composait d’une maison, d’une chapelle et de 500 journaux de terre. La maison se trouvait au milieu des terres, à peu de distance du chemin de Beauquesne à Corbie.
Le commandeur de Fieffes était seigneur de Sériel, avec la haute, moyenne et basse justice du lieu. Il y recevait divers cens, ainsi qu’à Beauquesne, Puchevillers, Talmas, Raincheval, Pas et Doullens.
Le revenu de la terre et seigneurie de Sériel était, en 1373, de 99 livres. Il était en 1787 de 3,700 livres.

Belle-Eglise
Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Acheux-en-Vimeu, Commune: Arquèves - 80

Belle-Eglise
Domus Hospitalis Belle-Eglise

C’était une ancienne commanderie du Temple, sur laquelle il nous reste plusieurs documents, dont quelques-uns remontent au XIIe siècle. Ces derniers sont relatifs à des donations faites en 1196, devant Thibaut, évêque d’Amiens, par les seigneurs de Daours (4), en faveur des frères du Temple de Belle-Eglise, de Bella Ecclesia.
4. Daours. Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton: Corbie- 80

La première comprend 35 journaux de terre sur Vilete, concédés par noble homme Bauduin de Daours, de Dors, lequel approuve et confirme, en outre, la vente faite aux Templiers, par
Guy le prévôt, de sa terre de Vallis Reul ; et une autre vente par Jean de Gouve, de Gova, de douze arpents également sur Vilete.
La seconde donation comprend, comme la première, 35 journaux de terre à Villers (5), accordés par Jean de Dours, avec la confirmation par celui-ci de la vente de Jean de Gouve (6).
5. Villers peut être Léalvillers, près Belle-Église, qu’on a dit par abréviation Villers et aussi Villette ou Vilete.
6. Archives antimoniales S 5060, Suppléments.


Le terrage de Belle-Eglise qui appartenait, au XIII siècle, à Roger et à Jean de Dours, fut cédé par ce dernier aux Templiers, pour le prix de 1,000 livres parisis, comme on le voit par des lettres de Gaudefroy, évêque d’Amiens, du mois de novembre 1233. Roger, qui avait droit à la moitié de ce terrage, consentit à l’exécution de cette cession, sous la condition que Jean, son frère, lui constituerait une rente viagère de 35 livres sur les moulins de Daours (1).
1. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 43.

Le même Jean de Daours qui possédait le fief de Louvencourt (2), touchant au terroir de Belle-Eglise, confirma, par ses lettres du mois de février 1235, la vente de vingt journaux de terre relevant de son fief, que Jean de Thiebeval avait faite à la maison du Temple de Belle-Eglise, pour le prix de 400 livres parisis (3).
2. Louvencourt. Département: Somme, Arrondissement: Doullens, Canton: Acheux - 80
3. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 45.


Mais le plus grand bienfaiteur de la maison de Belle-Eglise fut, au XIIIe siècle, un sieur Robert Wambert de Corbie, qui, par ses lettres de l’official d’Amiens de l’année 1279, lui donna tous ses biens, savoir : sa maison de Corbie, domum suam de Corbeia, dans la rue de l’Abbaye, tous les prés et tous les cens qu’il avait au dit lieu ; son manoir, managium, à la Viéville (4), apud Veterem villam ; celui qu’il possédait à Bray (5), avec les maisons et les terres qui en dépendaient, ainsi que tous les meubles et objets mobiliers qu’il avait hors Corbie, et qui lui provenaient des successions de ses père et mère.
4. La Viéville. Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Albert - 80
5. Bray-sur-Somme. Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Albert - 80


Cette donation fut approuvée, et les biens qui en faisaient l’objet furent amortis par les seigneurs de qui ils relevaient. C’étaient : Guy de Chatillon comte de Saint-Pol, Henri et Adam de Toutencourt, Jean de Moutonvillers, Gilles de Bussy, Bauduin de Beauvoir, Jean de Heilly, Henri de Demencourt, Ostes de Bourgacourt, etc. Etaient présents dans l’acte de donation : Henri de Villepreux, de villa Petrosa, commandeur des maisons du Temple dans le Ponthieu, et frère Pierre, commandeur de Belle-Eglise, preceptor de Bella ecclesia (6).
6. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 20.

A Belle-Eglise, le Commandeur avait toute justice et seigneurie. La maison et la chapelle étaient situées au milieu de 450 journaux de terre qui en dépendaient, et que le chemin de Doullens à Albert traversait dans toute leur longueur.

Le domaine de Belle-Eglise qui ne rapportait, en 1373, que 80 livres, était encore d’un moindre produit après les guerres du XVe siècle, puisqu’il ne dépassait pas 56 livres. Il était en 1787 de 3,400 livres.

Laviéville
Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Albert - 80

Laviéville
Domus Hospitalis Laviéville

Membre de l’ancienne commanderie du Temple de Belle-Eglise. Ce domaine, au moment où Robert Wambert en fit donation, comme nous l’avons dit, aux frères du Temple, comprenait une maison sur la place, vis-à-vis l’église, avec 255 journaux de terre en diverses parties. Wambert étant mort la même année qu’il fit sa donation, c’est-à-dire en 1279, son fils Jacques et Eustachie, sa fille, la confirmèrent dans toute sa forme et teneur, à la seule condition que les Templiers laisseraient Jacques, pendant sa vie, en possession des maisons, cens et terres de Bray, de Breio (1).
1. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 22, 23, 24.

Quelques années après (en 1284), le dit sieur Jacques, par des lettres émanées de l’official d’Amiens, vendit eux Templiers, pour le prix de 78 livres parisis, trente-deux journaux de terre au terroir de Viesville, qui lui provenaient de l’héritage d’Agnès, sa sœur (2) ; et en 1288, des lettres du doyen d’Encre adressées à l’official d’Amiens, contenaient la cession faite au Temple par Thibaut d’Aumencourt et Marie, sa femme, pour 300 livres parisis, de cinquante-sept journaux et demi de terre, au terroir de la Viéville, aux lieux dits entre la Voie de la Borne, de meta, et la terre d’Eloi de Bézieux, près de la terre d’Otton de Bourgacourt, au Grand-Champ, au Champ de Sailly, de Salliceto, au Val-Braket, entre MiHencourt et Henencourt (3).
2. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 31.
3. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 36.


Au XIVe siècle, on retrancha du domaine de la Viéville une partie de ses terres qu’on réunit à la maison du Temple de Senlis. Ce qui restait à la Viéville montait à peine à 200 journaux. Il y avait, en outre, des cens à Corbie, à Blangy et à Marconne.

Le commandeur de Fieffes était seigneur et haut-justicier de la Viéville. L’église et le cimetière reposaient sur la terre de la commanderie.
Le revenu de cette terre était, en 1373, de 40 livres. Il s’élevait en 1787 à 1,700 livres.

Senlis-le-Sec
Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Albert, Commune: Senlis-le-Sec -80

Senlis-le-Sec
Domus Hospitalis Senlis-le-Sec

Autre dépendance de la maison de Belle-Eglise. Dans les premiers temps, les Templiers n’avaient à Senlis qu’une grange pour renfermer le produit de leurs dîmes. Ils avaient acheté en mars 1228, d’Eloi, seigneur de Mailly, de Mailliaco, la dime qu’il possédait à Senlis sur les deux tiers de 1,743 journaux de terre, avec un champ où était bâtie la grange du doyen d’Encre, pour le prix de 95 livres parisis (1).
1. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 8, folio 27.
Cette dime et cette terre étaient tenues d’Agnès, fille du seigneur de Bailleul, et veuve de Robert de Boves, qui en avait approuvé la vente au mois de novembre de la même année (2).
2. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 8, folio 37.


En 1267, nouvelle acquisition par les Templiers de Belle-Eglise, d’un sieur Jean de Latre, de Pierre et Bauduin, ses frères, d’une maison tenue de Pierre, seigneur de Sailly, située à Senlis, près de la grange du Temple. Par ses lettres du mois de mars de la même année, Pierre de Sailly accorda aux Templiers toute seigneurie et justice haute et basse pour la maison qu’ils venaient d’acquérir (3).
3. Archives nationales S 5059, Suppléments n° 8, folio 26.

La maison de Senlis se trouvait près du cimetière du village. Elle n’existait plus au XVIIe siècle. La dime qui rapportait, en 1373, 27 livres, se partageait alors entre le Commandeur, à raison de deux tiers ; le curé de Senlis et les religieux de Lihons pour l’autre tiers.


Le Festonval
Département: Somme, Arrondissement: Doulens, Canton: Acheux, Commune : Harponville - 80

Le Festonval
Domus Hospitalis Le Festonval

L’origine de cette maison, qui était aussi une dépendance de l’ancienne commanderie de Belle-Eglise, remonte aux premières années du XIIIe siècle. Des lettres de Thibaut, évêque d’Amiens, de l’année 1202, nous apprennent que devant lui s’était présenté Eustache de Baizieux, de Baisiu (5), lequel, du consentement de ses frère, sœur et neveux, avait déclaré donner aux frères de la chevalerie du Temple, la maison et le manoir, domum et managium, qu’il possédait à Festonval, apud Festonval, avec trois journaux de jardin et cinquante arpents de terre, y compris le terrage au terroir de Saucheul ou Saucheux, in territorio de Savehoel ; le tout mouvant du fief de Gérard de Curlu, de Cuerliu (6), qui avait abandonné tous ses droits seigneuriaux en faveur des Templiers.
5. Baizieux. Département: Somme, Arrondissement: Amiens, Canton : Corbie 80
6. Curlu. Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Combles - 80



Eustache reconnaissait, qu’à raison de cette donation, il avait reçu de ces derniers une somme de 80 livres (7).
7. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 11.

Plusieurs années après, nous voyons un chevalier, du nom d’Enguerrand de Demuin, de Doumuin 8, céder par ses lettres du mois de novembre 1238, aux frères de la chevalerie du Temple de Belle-Eglise, de Bella Ecclesia, 34 journaux environ de terre, dépendant du fief d’Adam de Toutencourt, de Totencort, situés au terroir de Fetonval, près de la maison du Temple, et le Cailloie, au prix de 60 sols parisis par chaque journal (9).
8. Demuin. Département: Somme, Arrondissement: Montdidier, Canton: Morenil - 80
9. Archives nationales S 5061, Suppléments n° 10.


Le Commandeur avait toute justice et seigneurie dans son domaine de Festonval. Ce domaine avait beaucoup souffert des guerres du XVe siècle. Jehan de Fay qui était, en 1164, commandeur de la baillie de Fieffes, afferma alors à un nomme Jean le Censier, la terre et seigneurie de Festonval consistant en un manoir et 64 journaux de terre, « dont la plupart desdites terres de très long et ancien temps ont esté et sont à riez sans labour et comme de nulle valeur, parce qu’elles sont en grans montagnes et laris et chargés de genouvriers. »

Le fermage était fixé à quatre livres, mais le preneur devait, pendant les 29 ans de son bail, reconstruire la maison et les autres bâtiments « en remplacement de celle qui avait esté bruslée par le feu et les guerres. » Il ne paraît pas que cette reconstruction n’ait jamais eu lieu ; car la visite prieurale de 1195, comme celles faites depuis, ne constatent l’existence d’aucun bâtiment à Festonval, dont les terres furent réunies au domaine de la commanderie.

Bois-Saint-Jean
Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Montreuil, Canton: Le Parcq, Commune: Wamin - 62

Bois-Saint-Jean
Domus Hospitalis Bois-Saint-Jean

On verra que la maison de Bois-Saint-Jean, (aujourd’hui Saint-Jean, ferme sur la commune de Wamin) était d’une certaine importance ; et qu’à son origine, elle avait à sa tête un Commandeur. C’était une fondation de l’Hôpital ancien, et non un établissement du Temple, comme le Livre-Vert le marque par erreur.

M. Herbaville dit, en parlant de Wamin, que sur le territoire de cette commune, au sud du village, il y a une ferme, appelée la Ferme Saint-Jean, qui est une ancienne maison de l’Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, dont la création remonterait, suivant lui, vers l’an 1254 (3).
3. Herbaville, Mémorial historique du département du Pas-de-Calais, I, 2, page 350.

Mais longtemps avant cette époque, la maison de Saint-Jean ou de Bois-Saint-Jean existait. Pour la fonder, Philippe, comte de Flandre et de Vermandois avait donné, ainsi que le constatent ses lettres datées d’Hesdin, de l’année 1182, aux frères de l’Hôpital, deux charrues de terre, libres de toutes charges, dans la forêt de Grigny, in foresta de Gringni (1), appelée aujourd’hui Forêt d’Hesdin, à la condition que sur cette terre les Hospitaliers y bâtiraient une église, où tous les frères de l’Ordre, en résidence dans les diocèses de Thérouanne, d’Arras, de Tournay, de Cambrai et de Noyon, viendraient chaque année tenir un chapitre; et que cette église serait la première de toutes celles que l’Hôpital avait dans ces diocèses (2).
1. Grigny. Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Montreuil, Canton: Le Parcq - 62
2. Archives nationales S 5059, Supplément n° 10.


Un seigneur, du nom de Bernard de Bailleul, de Baillolio (3), par une charte non datée, mais qui paraît avoir été rédigée vers la fin du XIIe siècle, confirma à la maison de l’Hôpital tout ce qui lui avait été donné, et qu’elle possédait dans la forêt de Grigny, in foresta de Gregni
3. Bailleul-aux-Cornailles. Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Arras, Canton: Aubigny - 62
4. Archives nationales S 5059, Supplément n° 10, folio 6.


En 1209, dans une transaction qui eut lieu alors par suite d’arbitrage, entre Gauthier, curé de Marconne (5) et les frères de l’Hôpital, au sujet d’une prairie qu’ils revendiquaient chacun de leur côté, nous voyons figurer un frère de l’Ordre, du nom d’Eudes Segnore, se qualifiant de commandeur de l’Hôpital de Saint-Jean-au-Bois, magister Hospitalis Sancti Johanis in nemore, autrement dit de Bois-Saint-Jean (6).
5. Marconne. Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Montreuil, Canton: Hesdin - 62
6. Archives nationales S 5059, Supplément n° 10, folio 3.


Un autre conflit s’étant élevé en 1211 entre les mêmes personnages, relativement à certaines dîmes que le curé prétendait avoir seul à Marconne, apud Marchonam, et à Maisnil (7), Gilles, doyen d’Hesdin, arbitre choisi par les parties, décida qu’à l’avenir l’Hôpital devait y avoir sa part (8).
7. Maisnil. Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Arras, Canton: Saint-Pol-sur-Ternoise - 62
8. Archives nationales S 5059, Supplément n° 10, folio 4.


La maison de Bois-Saint-Jean était voisine de l’abbaye d’Auchy-aux-Moines, dont les religieux eurent toujours pour elle la plus grande bienveillance.
En 1297, l’abbé d’Auchy donna à cens perpétuel, et moyennant une redevance annuelle de quinze livres et demi, aux frères de l’Hôpital, 95 journaux de terre, appelés : le Sart-d’Arras, Sartus de Atrebato, tenant au bois du comte d’Artois, et d’un autre côté à celui de leur maison, nommée Bois-Saint-Jean, Boscus Sancti Johanis, avec cinq autres journaux, qu’on appelait le Pré-le-Moine, plus la dime et le terrage de ces terres, et encore celui de 60 journaux dans la paroisse de Wamin (1).
1. Archives nationales S 5059, Supplément n° 7, folio 16.

Le domaine de Bois-Saint-Jean se composait d’une maison, d’une chapelle dédiée à saint Jean, que desservaient au siècle dernier les religieux de l’abbaye d’Auchy, et d’environ 400 journaux de terre et de bois en une masse, compris entre Bois-Saint-Jean, la forêt d’Hesdin et Wamin.
Il en dépendait encore d’autres terres à Blangy ; la terre des Croisés, sur le chemin d’Hesdin à Sainte-Austreberte ; 30 journaux de terre au lieu-dit les Combles, etc.

Le Commandeur avait toute justice et seigneurie dans son fief de Bois-Saint-Jean. Le revenu de cette terre était, en 1373, de 69 livres 7 sols. Il s’élevait en 1757 à 2,300 livres, et en 1787 à 3,000 livres.

Hesdin
Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Montreuil, Canton: Hesdin-la-Forêt - 62

Hesdin
Domus Hospitalis Hesdin

Nous avons vu que les commanderies de Fieffes et de Beauvoir avaient chacune une maison à Abbeville, qu’on appelait Maison du Refuge. L’ancienne commanderie de Bois-Saint-Jean avait aussi la sienne, sur le marché ou la place d’Hesdin. Lorsque Bois-Saint-Jean devint un membre de la baillie de Fieffes, on crut inutile de conserver la maison d’Hesdin.
Elle fut aliénée ou donnée à rente perpétuelle, comme on le voit par un acte du mois d’octobre 1335, par lequel un nommé Jean Postel prit à cens la maison des frères de Saint-Jean-de-Jérusalem, « que on appelle aus Ouignes, sise à Hédin, » aboutant d’un bout sur le marquiet de le dicte ville, et d’autre les le rue des Carons (3). »
3. Archives nationales S 5601, Supplément n° 61.

Le revenu général de la commanderie de Fieffes était, d’après le Livre-Vert, en 1373, de 995 livres 5 sols 9 derniers, faisant, 1244 francs 44 sols parisis.
Cette somme était entièrement absorbée par les charges. La principale était la responsion, qui montait à 500 florins de Florence, valant le florin 44 sols ; puis venaient la nourriture et l’entretien de six frères à 12 deniers par jour, ce qui portait 108 livres par an. Une somme de 48 livres était allouée, chaque année, pour les robes et manteaux des frères.
Ce revenu s’élevait, en 1493, à 1142 livres 15 sols ; en 1583, à 3,000 livres ; en 1753, à 17,236 livres ; en 1779, à 26,300 livres ; enfin en 1787, à 32,000 livres.

Noms des Commandeurs de Fieffes
1199. Frère Eudes, commandeur du Ponthieu.
1313. Frère Jehan de Villers.
1318. Frère Rigault de Villiers.
1338. Frère Jehan de Parfontrieu, chevalier.
1342. Frère Nicole Le Saunier.
1344. Le chevalier Pierre de Hartoge.
1364. Le chevalier Philippe Dyvort.
1367. Frère Guillaume Potart.
1372. Le chevalier Pierre de Courcy.
1391. Le chevalier Aubert de Vauvillers.
1397. Le chevalier Jehan de la Fontaine.
1422. Frère Gauthier le Cras, prieur de l’église conventuelle de Rhodes.
1456. Le chevalier Jehan de Fouquesolles.
1460. Le chevalier Jehan du Fay ou de Fay.
1465. Le chevalier Jehan de Chailly.
1482. Le chevalier Régnault de Bouflers.
1495. Le chevalier Pierre de Bouteville, sénéchal de Rhodes.
1511. Le chevalier Jehan de Launoy.
1522. Le chevalier Nicolas de Bellay.
1529. Le chevalier Roland de Rouy.
1559. Le chevalier Jehan de Piédefer.
1571. Le chevalier François de Salviati.
1594. Le chevalier Pierre de Bertaucourt.
1606. Le chevalier François de Pronville-Arponlieu.
1664. Le chevalier Jacques de Ricarville.
1680. Le chevalier Roch de Reuilly.
1699. Le chevalier Charles Sévin de Baudeville.
1705. Le chevalier Jean-Baptiste de Briconnet.
1729. Le chevalier Bailli de la Salle.
1740. Le chevalier Armand Foucaut de Saint-Germain-Beaupré.
1752. Le chevalier Pierre-Louis de Brévedent de Sabure.
1764. Le chevalier Paul de Vion de Gaillon.
1772. Le chevalier Louis Dauvet des Maretz.
1779. Le chevalier Rogres de Champignelles (Jacques-Arnould).
Anciens Commandeurs de Bois-Saint-Jean
1209. Odo Segnore magister Hospitalis Sancti Johanis in nemore.
1357. Frère Guerard Dupuich.
Anciens Commandeurs de Belle-Église
1279. Frère Pierre.
1356. Frère Clément du Caisnoy.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

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