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Gap-Francès

Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert - 48

Domus Hospitalis Gap-Français
Domus Hospitalis Gap-Français

Via Zerveleria
La voie de Serviès, en quittant le causse de Mende, passait-elle par Chapieu et suivait-elle la route qui conduisait de ce château à Vareilles par le Boy, pour se poursuivre jusqu'à la Croix de Maître Vidal, nous ne saurions l'affirmer.
Du pic de la Réglisse la voie Serveleria se dirigeait vers les sommets de Crucinas et de Finiels, passait à droite du Mas de Secours, à gauche du roc de l'Aigle et de Peyre plantade et descendait sur Villefort par Costeilades. C'est le chemin que suivent encore, en été, les paysans du Lozère.
Le pic Finiels était également le point de départ d'un autre embranchement. Celui-ci descendait sur le mas de Finiels, obliquait sur Prat Soteyran, Montgros, le Cros, Salariais, l'Hôpital, passait au Gap-Français, Camargues, Bellecoste, descendait à Concoules, ou s'infléchissait, à la tête de Bœuf, vers le bois des Armes, suivait le ravin de Pailhères et arrivait à Villefort (1).
Quoiqu'il en soit, la voie Serveleria, en quittant le Causse de Mende, pouvait descendre sur Langlade et se poursuivre jusqu'à la Fage par Varazous, Saint-Etienne et Bassy.
1. L'an 1772. Jean Serviéres, de Montgros, reconnait tenir de Raymond d'Eaux, commandeur de Gap-Français « un petit jardin, appelé le Capduc, contenant 78 cannes, confrontant du levant le saint Velay, du couchant et de bise les terres communes du dit Commandeur, et du midi le chemin du Gap Français à Finiels » (Registre Dubost, folio 233).
— A la page 234, même reconnaissance.
— Page 239 « plus un petit pré appelé autrefois hort des Pradels, confrontant de bise le dit Velay, du couchant le Chareyrial et du midi le chemin public du Gap Français à Finiels » A la même page, le susdit chemin est appelé chemin ferrat et à la page 245 on lui donne jusqu'à quatre fois le nom de chemin ferrat. Ibid.
— A la page 244 ou l'appelle le Graud chemin du Gap-Français à la Brousse.


Limites de la baronnie du Tournel
Les deux limites les plus faciles à déterminer sont celles de l'est et de l'ouest, puisqu'elles étaient formées par deux drayes :
1° — la Draye Soteirane.
2° — La Draye de l'Aigoual qui, passant par le Bac, se poursuivait jusqu'au Puech de l'Aumède « de Putao de las Olmedas usque in Boibo et ex alia parte sicuti flumen Tarni claudit usque in finem et ulterius » (1)
1. Acte de fondation de la Commanderie de Gap-Français, 15 août 1166. Baronnie du Tournel, page 195.

Limite orientale
Ce mot ulterius indique clairement que la limite orientale de la Baronnie n'était pas uniquement formée par la rivière du Tarn, mais qu'elle s'étendait encore plus loin. En effet, du côté du sud, elle s'étendait du Pont-du-Tarn vers l'Aubaret jusqu'à la crête de la berge qu'on appelait le Sube (2) et du côté du nord, elle s'étendait de la source du Tarn, ou de la Pierre Plantée jusques au col de Bourbon. Or, de la Sube au Pont-du-Tarn c'est la Draye Soteirane qui formait la limite extrême de la baronnie du Tournel, puisque, en cet endroit, elle séparait le diocèse de Mende de celui d'Uzès (3).
2. — L'an 1772, et le 26 juillet, J. Pantel, de Felgeyrolles, reconnait tenir du Commandeur, pour sa portion, le mas et terroir de Chaloup, situé dans la paroisse de Frutgères, confronte du levant terres des habitants de l'Aubaret et de la Vialasse, allant jusqu'au Pont du Tarn, du couchant terres champestres des habitants de Felgeyrolles, du midi terres communes des habitants d'Usfruits et de Masméjean, le Serre de l'Escrin entre deux, diocèse d'Uzès, et le terroir du Rossignol appartenant au dit reqt., et de bise, rivière du Tarn, depuis le Pont-du-Tarn jusqu'à l'endroit appelé Guaviel » (Registre Dubost, fololio 130).
3. — « Le 26 juillet 1772, la demoiselle Isabeau Pinet, veuve de J. Boisset, de Felgeyrolles, reconnait tenir de M. Raymond d'Eaux, Commandeur du Gap-Français, tout le terroir de Chaloup, et se réserve la liberté et faculté, commune et indivise avec les autres habitants de Felgeyrolles, de faire paitre ses bestiaux propres, gros et menus, dans les territoires et herbages du Gap-Français, dans les pâturages allant du terroir d'Angeliès au Serre Méjean, montant au terroir de la Sube et comme monte à la vue des fenêtres de la maison de la Commanderie exclusivement et jusqu'au chemin par lequel on va de Gap-Français à la Berche et jusqu'à la rivière du Tarn. » Ce chemin n'était autre, en cet endroit, que la draye Soteirane. (Registre Dubost, folio 123).


D'autre part, la limite de la Pierre Plantée au col de Bourbon était formée « cum via de Mazelats qua itur ad dictum domum de Vado-Francisco asque a las Ponchas », c'est-à-dire par le chemin qui, passant, entre les deux forêts des Muzélats, allait de la voie Soteirane jusqu'au Gap-Français, voire même jusques aux Ponches, ce qui veut dire à la crête, ou au sommet du massif Cassini. Or, ce dernier chemin devait n'être qu'un prolongement de la draye Soteirane dont nous nous établirons plus tard le tracé.

Limite méridionale
La limite méridionale du terroir de Chaloup était la même que celle de la Baronnie du Tournel, depuis la Sube ou les terres de l'Aubaret, jusqu'à Guaviel. Du Guaviel jusqu'au Pont en pierres de Frutgères elle était formée par la rivière du Tarn. Du Pont de Frutgères à Champlong et à Finiels, cette limite était formée par un sentier qu'on appelait le Chemin de l'Église (1) et qui passait à l'est du Mazel, du mas de Pécheyral, de Champlong et de Finiels, partageant en deux le mont du Faltre.
1. L'an 1772, et le 26 juillet, J. Pantel, de Felgeyrolles, reconnait tenir du Commandeur, pour sa portion, le mas et terroir de Chaloup, situé dans la paroisse de Frutgères, confronte du levant terres des habitants de l'Aubaret et de la Vialasse, allant jusqu'au Pont du Tarn, du couchant terres champestres des habitants de Felgeyrolles, du midi terres communes des habitants d'Usfruits et de Masméjean, le Serre de l'Escrin entre deux, diocèse d'Uzès, et le terroir du Rossignol appartenant au dit reqt., et de bise, rivière du Tarn, depuis le Pont du-Tarn jusqu'à l'endroit appelé Guaviel ». (Reg. Dubost, fol. 130).

Identification de certains lieux, Rectifications topographiques
Acte du 15 août 1166 (1)
1° — M. Philippe ne peut identifier le Puech de l'Olmède et le Boisbac.
D'après ce que nous avons dit plus haut, en traçant les limites extrêmes de la baronnie du Tournel, il sera facile de déterminer la position approximative de ces deux lieux, qui formaient la limite ouest de la susdite seigneurie.

2° — M. Philippe place la vallée Aseneria dans le Valdonnez. Nous sommes de son avis, si dans l'esprit du donateur cette vallée est désignée comme formant une partie de la limite septentrionale de la baronnie du Tournel mais s'il prétend que cette vallée forme la limite nord-ouest du terrain cédé aux Hospitaliers, nous ne pouvons l'admettre. En effet, cette dernière limite ne dépassait pas la vallée, (voire même le ruisseau) d'Orcières, qu'elle ne confrontait même que durant la longueur d'un kilomètre, au sud de Servies. Dans ce dernier cas, ce n'est pas vallée Aseneria qu'on aurait dû copier ou traduire, mais vallée Orseria.

3° — M. l'archiviste place le Gap Français sur la Vérié. C'est une erreur. Le Gap ou Gas-Français se trouve situé sur la branche principale du Tarn, à deux ou trois kilomètres en amont du Pont-du-Tarn, et nullement en face du bois du Commandeur (qui est à un kilomètre en aval du même pont), mais au nord du bois de la Méjarie et au pied de celui de Camargue qu'on appelait jadis Chambelève. (1)
1. — L'an 1772 le 16 juillet, Antoine Guin de l'Hôpital reconnait au commandeur une pièce de terre labourable appelée Chambelèee, proche du lieu du Gap-Francès, confrontant du levant Jean Servière, du couchant Jean Rouvière, du Cros, du midi qu'est le pied avec le chemin pour aller de Belle-Coste à Salariais et de bise qu'est le chef avec le bois du dit seigneur commandeur. (Registre Dubost, folio 5).

Al-Salarial, ou Saleyrial, en patois Serrejols, page 197.
Ce village, qui comptait jadis une douzaine d'habitations, n'en compte plus aujourd'hui que cinq. Il se trouve situé au nord de Guaviel, à deux kilomètres à l'ouest de l'Hôpital, sur l'ancienne voie romaine et sur la route de Finiels à Villefort.

« L'an 1772 et le 19 juillet, Jean Guin fils, de Saleyrial, reconnaît tenir de M Raymond-d'Eaux, commandeur, un pré, devois, champ et issartel appelé la Combe et la Sagne, le tout réuni, confrontant du levant les terres hermes du dit seigneur, le chemin de Saleyrial au Bleymard (voie romaine) au milieu, du couchant Jean Richard et le valat de la Régine , de bise en pointe le dit Richard, charayrial au milieu et du midi, le chemin de Saleyrial au Cros (route de Villefort).... (Registre Dubost, fol. 38).

Le même vassal reconnaît encore, « un champ et devois appelé les Coustato Soubeiran et Soteyranne et Champ du débat, qui était anciennement en 7 articles, confrontant du levant le chemin de Saleyrial à Guaviel, du couchant le valat de la Régine, du midi le passage des baillers et de bise chemin de Saleyrial au Cros. » (Registre Dubost, folio 38).

Guaviel
Ce lieu se trouve à 3 kilomètres en aval du Pont-du-Tarn, au fond du bois du Commandeur (rive droite) et en face du bois d'Angeliès, (rive droite). La tradition locale rapporte que Guaviel comptait jadis plusieurs habitations. Le registre des reconnaissances ne mentionne, en ce lieu, que l'existence d'un vieux moulin.
« L'an 1772 et le 10 juillet, Jean Guin, de l'Hôpital, reconnaît au Commandeur sa part et portion d'un vieux moulin à présent ruiné, situé sur la rivière du Tarn, à l'endroit appelé Guaviel, indivis entre le dit reconnaissant Jean Jourdan et autres, pour lequel moulin il paye la censive annuelle de 4 deniers argent, à chaque fête de Saint-« Michel » (Registre Dubost, folio 47).

Lauran ou Chaloup
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Le Pont-de-Montvert, Commune: Frutgères - 48
Nous croyons que ce mas n'était autre que celui de Chaloup situé au-delà du bois du commandeur, sur la rive gauche du Tarn et à l'est du village de Felgeyrolles (Frutgères).
« L'an 1772 et le 26 juillet, Dame Isabeau Pinet, veuve de Jean Boisset, de Felgeyroiles, reconnaît à M de Raymond d'Eaux, comme l'ont fait ses prédécesseurs, en 1444, 1503, 1550, 1663, 1715, 1744 etc. le tout provenant du nouveau bail passé par le commandeur du Gap-Francès, le 3e des nones de mai 1288, tout le terroir de Chaloup, paroisse de Frutgères, qui confronte du levant les terres hermes de Laubaret et de la Vialasse, allant jusqu'au Pont-du-Tarn, du couchant terres champestres et communes des habitants de Felgeyrolles, du marin les terres champestres et communes des habitants d'Usfruits et de Masméjean, le serre et le rocher de la Caumette de Leyran entre deux, diocèse d'Uzès, et le terroir du Rossignol et de bise la rivière du Tarn, depuis le dit Pont-du-Tarn jusqu'à l'endroit de Gasviel, dans lequel mas et terroir de Chaloup la dite reconnaissance et les autres habitants de Felgeyrolles peuvent faire dépaître leurs bestiaux propres et ceux qu'ils tiennent à châtaigne, avec lesquels ils font cabane et non point avec les autres troupeaux étrangers » (Registre Dubost, folios 121 et 122).

Le rocher et le Serre ou mamelon de la Caunette-Leyran se trouvent un peu en amont (sud-est) de Guaviel, sur la rive gauche du Tarn. Or, le mas de Chaloup, aujourd'hui détruit, se trouvait tout auprès et il appartenait à la Commanderie de Gap-Français.

Saterrissa
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Le Pont-de-Montvert, Commune: Finiels - 48
Ce mot doit être mal écrit ou mal traduit.
L'original doit porter Soteiran, car il ne peut désigner que le hameau de Prat-Soteiran, près Finiels, commune du Pont-de-Montvert. Ce village se trouve situé sur les bords d'un ruisseau appelé le Guaveyrol.
Il ne compte de nos jours qu'un seul habitant.
« L'an 1772 et le 1e août, Pierre Felgeyrolle, de Champlong, reconnaît au Commandeur... plus un pré et champ appelé la Pesse du Gas-Souteyran, confrontant du levant au pied la rivière du Guaveyrol, du couchant J. Paulet, de bise aussi, du midi Jean Martin, contenant « 779 cannes » (Registre Dubost, folio 254).
En 1772, ce village comptait trois habitants, chefs de famille. Dans les documents sur le Tournel ce hameau est indiqué tantôt sous le nom de Pratorium, tantôt sous celui de Saterrissa (1).
1. — Nous avons trouvé que dans le terroir du Viala, il y avait un champ appelé la Terrisse. « L'an 1772 et le 4 août, Jean Peyronenche reconnait au Commandeur, plus un champ appelé la Terrisse, confrontant du levant Pierre Mazoyer, du couchant terres indivises des habitants du Viala, qu'on appelle le Laudas et de bise. J. Boissier » (Registre Dubost, folio 765).
— Il faut noter que la Terrisse est un mot différent de Saterrisse. (Vieux cadastre de Fraissinet-de Lozère, page 290).


Crucinas
Ce village ou mazet était situé au haut de la montagne contre laquelle se trouve adossé le hameau d'Orcières, dans une petite conque qu'arrose le ruisseau de Crucinas.
Ce mas, dont on a cependant conservé le souvenir dans le pays, a aujourd'hui disparu et il ne reste que le terroir du même nom.
Les terres de Crucinas étaient entourées de distance en distance et d'un horizon à l'autre de pierres plantées qui servaient de bornes. Ces pierres d'un mètre cinquante de hauteur pour la plupart, portaient gravée au front et très visible une belle croix de Malte. Nous en avons encore trouvé cinq dans ce genre, sur le faite du mont Lozère.
Plantée à cinq kilomètres à l'ouest du territoire de Crucinas, la croix de Maître Vidal était sans doute une pierre dans le même genre. Aujourd'hui cette croix historique a disparu et quelques pierres fichées dans le gazon, en forme de carré, désignent le lieu de son emplacement.

Montgros
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert - 48

Domus Hospitalis Montgros
Domus Hospitalis Montgros

Ce village qui appartient à la commune du Pont-de-Montvert, se trouve sur la route ou Strata Serceleria de Finiels à l'Hôpital. Il est situé à 3 kilomètres (est) du Prat Soteiran et confronte avec ses terres et avec celles de Champlong, du Lozère et du Cros. Il est adossé à la montagne de Montgros (exposition du midi) et il ne compte aujourd'hui que trois maisons habitées.
« L'an 1712 et le 31 juillet, François Velay, de Montgros, reconnaît tenir de la directe seigneurie de M Raymond dEaux, commandeur... d'après d'autres reconnaissances faites en 1503, 1550, 1663, 1715 et 1744, confrontant du levant terres du lieu du Cros, du couchant et du midi terres des habitants de Prat-Soteyran et de Champlong, et de bise le terroir de Malevieille :
1° — Une maison d'habitation, basse-cour, aire, jardin, granges, écuries, confrontant de bise-chef le chemin de Gap-Francès à la Brousse » (Registre Dubost, folio 243).

Le Cros
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert - 48

Domus Hospitalis Le Cros
Domus Hospitalis Le Cros

Ce hameau est situé à 3 kilomètres à l'est de Montgros et à 1 kilomètre du col de la montagne du Faltre, dans un recoin charmant. Tout près coule un petit ruisseau qui court arroser vers le sud les prairies de Villeneuve et se jette dans le Tarn.
A sa source s'étale un bosquet de hêtres gigantesques. C'est à cet endroit (ouest) que commence à se dérouler la vaste plaine de l'Hôpital, laquelle se poursuit à l'est jusqu'à la Berche au-delà de Belle-Coste.
Le Cros ne compte aujourd'hui que deux habitations séparées d'une centaine de mètres. Non loin se trouvent les vallées du Fau, de la Régine, de la Gorge, le Puech Abrouzy, le champ de Peyrelade, le terroir de Montlongouol, Virelongue, le clap du Tourrel etc., tout autant de lieux et sites pittoresques. Les villages de Prat-Soteiran, de Montgros, du Cros et de Salariais ont conservé leur droit de chauffage sur les bois du Commandeur.

Bella Costa ou Belle-Coste
Ce village se trouve situé au-delà des deux branches de la source du Tarn. Il n'était pas compris dans la donation faite aux Hospitaliers en 1166. La limite du territoire de la Commanderie passait à quelques centaines de mètres, à l'ouest de ce village, à côté du tertre qui le sépare du hameau de Camargue.

Mansus de Maireiras Mas des Meyrueis
Ce hameau se trouve désigné sous le nom patronymique de ses habitants.
Nous croyons qu'il était situé au sud du château de Montal, au bas de la gorge du Rieumalet (rive droite), à deux cents mètres du mas de Rieumal. Le véritable nom de ce mas était la Gélarie.
« L'an 1772 et le 2 août, Etienne Moulin, du Viala, reconnait tenir du Commandeur du Gap-Francès, un champ appelé le Claux-Soubeyran de la Cham, confrontant du levant, terres hermes de P. Mazoyer, plus un champ de la buly, lesquelles possessions et pièces reconnues sont situées dans le terroir du Viala et incluses dans les confronts suivants : du levant, terres de la Gélarie et de Rieumal, du couchant terres de Béluze, relevant de la directe du s. de Montfort et terres de Racoules se tenant de la mouvance du comte du Roure, du midi pied rivière du Tain et de bise terres des habitants de Finialettes et en partie celles des habitants de Rieumal, duquel lieu et terroir entier le s. Commandeur est seul justicier, étant indivis quant à la directe seulement avec le s. de Montfort, ayant droit de Raymonds de Saint-Etienne, sous la censive de 3 cartes, un boisseau seigle, mesure Chabreyrisse » (Registre Dubost, folios 346 et 347).

Mansus de Plamouziel
Ce hameau n'est autre que celui de Plamonjols qui se trouve sur le versant nord du Mont-Lozère, à côté de la forêt des Muzélats et à l'extrémité nord-est des possessions de l'ancienne Commanderie.

Pont-de-Montvert
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert - 48

Domus Hospitalis Pont-de-Montvert
Domus Hospitalis Pont-de-Montvert

Ce bourg existait-il lors de la fondation de la commanderie du Gap-Français ? Nous n'avons aucune donnée certaine sur ce point. Quoiqu'il en soit, la vallée qu'il occupe fut cédée aux Hospitaliers, en 1187, lors de la cession de la paroisse de Frutgères aux chevaliers de Saint-Jean par l'évêque Aldebert.
A en croire le dictionnaire Bourret et le chroniqueur Prouzet, le Pont-de-Montvert aurait été fondé par une colonie d'Albigeois au commencement du XIIIe siècle.
Le chef de cette colonie d'hérétiques aurait fait construire le château de Mons, sur le piton qui domine la vallée ; il aurait jeté un pont sur le Tarn et le Rieumalet et peu à peu on aurait construit des maisons au confluent de ces deux rivières, ainsi que sur les rives du Vaumalotte. A cause de l'aspect verdoyant du tertre, au haut duquel se trouvait le château de Mons, celui-ci aurait reçu le nom de Mont-Vert, et l'agglomération des maisons sises au confluent des trois rivières aurait été baptisée du nom de Pont-de-Montvert.
Nous donnons cette étymologie à défaut d'une autre plus vraisemblable.
Toutefois, comme cet endroit servait de passage à la Draye du Bougés et que c'était un point stratégique, nous avons quelque peine à croire qu'on eut attendu jusqu'au XIIIe siècle pour assurer les moyens de communication entre les deux rives du Tarn.
Quoiqu'il en soit une grande partie de ce bourg relevait de la directe et de la seigneurie du commandeur du Gap-Français.
« L'an 1715 et le 24 juin, régnant très chrétien prince Louis-le-Grand. Jacques Pons, bourgeois du Pont-de-Montvert, en la paroisse de Frugières, a déclaré tenir, comme ses devanciers de Frère Félix de Grimaldy, commandeur de la commanderie du Gap-Francès et membres en dépendant, absent, S. Pierre France, féodiste de la ville de Vans, son procureur dûment fondé pour l'acceptation de ses reconnaissances, présent et acceptant, sous sa directe et seigneurie, droit de lodz, prélation avec toute justice haute, moyenne et basse, maire, mixte, impère et censive annuelle et perpétuelle, provenant d'autres reconnaissances faites le 25 octobre 1663, du 17 juillet 1632, du 17 mai 1550.

1° — Un moulin bladier, à deux roues, avec sa boutade ou écluse, le tout situé au dit Pont-de-Montvert, sur la rivière du Rieumalet et confrontant au couchant avec le pont de pierre du dit lieu, sous la censive annuelle et perpétuelle de 1 setier, 3 cartes 1/2, boisseau, seigle, mesure du Gap-Francès, et 12 deniers obole argent.
2° — Plus la liberté et faculté de la prise de l'eau de la dite rivière du Rieumalet, commune et indivise entre le dit reconnaissant et le Saint Pierre Pons, laquelle prise d'eau et paissiére, ils ont droit de prendre à l'endroit qui divise les terres du dit Seigneur commandeur avec celles du seigneur de Mirai, sous la censive annuelle d'une demi-livre cire. Folcher notaire royal (1)
Comme il appert par l'acte ci-dessus le Rieumalet, formait la limite entre les terres des Hospitaliers et celles du seigneur de Mirai ou du mandement de Cabrières.
1. — Cet acte de reconnaissance nous a été communiqué par M Boissier, notaire au Pont-de-Montvert.

En 1702, le château de Montvert ne devait pas être encore complètement détruit, puisqu'il servit de retraite à un certain nombre de vieux catholiques dans la nuit mémorable du 24 au 25 juillet, lors de l'assassinat de l'abbé du Chaila. (2)
2. — Bourret, dictionnaire.

Commanderie du Gap-Français
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert - 48

Domus Hospitalis Gap-Français
Domus Hospitalis Gap-Français

Causes qui en déterminèrent la fondation
Le massif du Mont-Lozère a joué un rôle capital dans la vie agricole, commerciale et industrielle de notre pays, durant le moyen âge. Placée sur le chemin le plus direct qui mène de l'Auvergne en Languedoc, cette chaîne montagneuse était comme la clef de voûte de toute la région gabalitaine.

Au XIIe siècle, les barons du Tournel possédaient tout ce massif lozérien. Ces seigneurs fondèrent les prieurés de Saint-Julien et de Saint Jean du Bleymard et firent de grandes faveurs aux autres établissements ecclésiastiques situés dans l'étendue de leurs domaines.

Or, parmi ces derniers établissements, celui du Gap-Français doit occuper le premier rang. Cette fondation fut faite, ou tout au moins confirmée le 15 août 1666, par Odilon Guérin du Tournel.
Parmi les causes qui portèrent ce baron à fonder la Commanderie des chevaliers de l'ordre de St-Jean de Jérusalem du Gap-Français, on peut citer ses liens de parenté avec l'évêque Aldebert ; l'insécurité des routes et des drayes du Mont-Lozère la protection de ses domaines et de ses vassaux ses relations avec Raymond du Puy, second grand-maitre de l'ordre de St-Jean (1118-1160) l'exemple des autres seigneurs gévaudanais qui faisaient des fondations pieuses l'esprit de foi et de charité ranimés par les deux premières croisades ; enfin, au point de vue religieux et moral, le moyen de faciliter aux habitants des hameaux isolés du Lozère les pratiques religieuses et l'extirpation de certains abus qui régnaient, peut-être, dans ces vastes solitudes, quand d'immenses couches de neige privaient les indigènes de toutes relations sociales, avec les régions limitrophes.

A l'exemple des autres seigneurs du pays, des Etienne, des Châteauneuf, des Peyre, des Canillac, des Montuéjols qui avaient contribué à la fondation ou restauration des monastères florissants de Langogne, de Mercoire, du Monastier, de la Canourgue, du Rozier, voire même d'Aubrac, il était opportun, convenable même, que le baron du Tournel, héritier d'un grand nom, chef d'une des grandes familles du pays, contribuât à la fondation d'une œuvre pie de premier ordre, afin de réparer les torts et les injustices dont ses ancêtres avaient pu se rendre coupables. Les Roquefeuil et les Maudagout venaient de fonder sur l'Aigoual (1) un petit St-Bernard à son tour il en fonderait un second sur les cimes du Lozère.

N'était-il pas enfin le frère de l'évêque de Mende, de ce vaillant champion des droits de l'Eglise, qui avait tout sacrifié pour la défense de la foi et le bonheur de son peuple ?

Le baron du Tournel n'ignorait pas qu'on pouvait dire, avec raison, du Mont Lozère, ce que Adalard, vicomte de Flandre, avait dit des montagnes d'Aubrac et du Mont Hélanus, quarante ans auparavant « C'est un lieu qui vous inspire la terreur et une affreuse solitude, où il est très dangereux de s'aventurer » Locus horroris et eastæ solitudinis (2)

Toutefois, lorsque les intrépides chevaliers de St-Jean de Jérusalem qui ont déjà rempli l'Orient du bruit de leurs brillants exploits, sillonneront ces vastes solitudes, revêtues de leur longue robe noire, la croix sur la poitrine, l'épée au côté, les visiteront dans tous les sens, elles seront transformées comme par enchantement. Leur séjour quoique austère deviendra une véritable Camargue. (3)

Il faut dire que la bravoure et les victoires de Raymond du Puy, deuxième grand-maitre de St-Jean, et sa sage administration, avaient puissamment contribué à jeter sur cet ordre militaire le plus vif éclat. (4)

Ce héros avait été le compagnon d'armes de Raymond de St-Gilles. Il avait constamment vécu en excellents termes avec les comtes de Barcelone et les rois d'Aragon voilà pourquoi il avait fondé de son vivant un grand nombre de Commanderies dans le Midi de la France et en Aragon (5). Au milieu du XII" siècle, son ordre possédait, dans ces provinces « d'immenses propriétés en terres, châteaux, bâtiments et autres revenus (6).

Les Comtes de Toulouse l'avaient également comblé d'immenses largesses. La fondation du grand prieuré de St-Gilles était due à leur générosité. Voilà pourquoi, Raymond, alors représentant de cette illustre famille, dût intercéder puissamment auprès d'Odilon Guérin du Tournel, afin qu'il leur cédât la région du Mont Lozère.

Couverte en grande partie de riches pâturages très recherchés et fort prisés par les bergers du Languedoc, la contrée gévaudanaise avait dû attirer, depuis longtemps, l'attention des Commandeurs de St-Gilles, voire même exciter un peu leur convoitise. Aussi, est-il probable que le grand maître Assalit mit tout en œuvre pour obtenir la cession du Gap-Français.
Comme preuve nous pourrions employer, dans l'espèce, un argument par induction.

Nous trouvons, en effet, dans l'histoire des Ordres hospitaliers, qu'en 1297, « les chevaliers de l'ordre de St-Jean de Jérusalem surprirent une bulle du pape. Boniface VIII, pour unir l'hôpital d'Aubrac à leur ordre, sur un faux exposé que cet hôpital n'était soumis à aucun ordre et n'avait point de règle certaine. » On prouva le contraire et le même pape mieux informé « révoqua, la même année, cette bulle par une autre » (7)

Les chevaliers de St-Jean ne se tinrent pas pour battus. « Ils crurent que le pape Jean XXII (1316-1334) leur serait plus favorable que Boniface VIII, pour faire unir l'hôpital d'Aubrac à leur ordre. Mais vingt gentilshommes de la province, les abbés de Bonnecombe et de Bonneval, le sénéchal du Rouergue et plusieurs autres, s'étant assemblés à Aubrac, signèrent et munirent de leur sceau une supplique adressée au pape, dans laquelle ils lui représentèrent le préjudice considérable que cette union porterait à l'hôpital de N.-D. des pauvres d'Aubrac et à tout le pays ce qui fit que les chevaliers de St-Jean ne purent point encore obtenir leur demande. » (8)

Cela prouve que non contents d'avoir obtenu une grande partie des pâturages du Mont Lozère, qu'ils possédaient déjà depuis 150 ans, les chevaliers de Saint-Jean portèrent encore leurs regards de convoitise sur ceux du plateau de l'Aubrac. Si dans cette circonstance ils mirent tout en œuvre pour arriver à leurs fins, il est facile de conclure que, dans le premier cas, ils ne durent pas ménager les démarches et les intrigues pour obtenir la cession du Gap-Français. (9)

Nous savons, d'ailleurs, que l'Evêque Aldebert était trop zélé pour la gloire de Dieu et le salut des âmes pourvoir cette donation d'un mauvais œil. Comprenant très bien les avantages spirituels, matériels et moraux qui en résulteraient, il est fort probable que le pieux prélat agit même, en sous-main, auprès de ses parents et amis pour les prier d'engager son frère Odilon à faire la susdite donation.

Nous voyons, en effet, par l'acte du 3 novembre 1257, que la morale n'était pas toujours des plus florissantes, dans ces montagnes du Lozère. Nous y trouvons cette clause « que si les bergers sont convaincus d'avoir commis adulteria, fornicationes, larcins et autres crimes odieux, ils seront punis suivant les lois en vigueur à cette époque, par le seigneur respectif du territoire, où le forfait se sera opéré » (10).

Le culte druidique avait dû jeter de profondes racines dans le cœur des peuplades du Mont Lozère car, dans ces lieux solitaires, déserts, couverts, çà et là, de vastes forêts, tout semblait favoriser cette religion mystérieuse, symbolique, aux dogmes austères et aux pratiques barbares.
D'ailleurs, les habitants du Lozère confinaient avec la population cévenole, au caractère léger et frivole, qui de tout temps a été avide de plaisirs et de divertissements.
A l'Hôpital du Gap-Français, on célèbre encore le 25 juin, au solstice d'été, une foire connue depuis des siècles sous le nom de foire de la danse et dont l'origine remonte, peut-être, à l'époque druidique. M. André nous dit cependant dans sa Notice sur le Gap-Français (11), que cette foire doit son origine aux Commandeurs de l'Hôpital. Mais, il aurait pu très bien se faire, que ces derniers aient donné aux réunions de plaisir primitives un caractère commercial, afin de les moraliser et de couper dans leur racine les abus déplorables qui devaient s'y glisser.
Quant au chapitre des superstitions qui règnent encore dans ce coin de notre pays, si nous voulions le traiter, il ne serait ni le moins long ni le moins intéressant.
Il n'est presque pas de village, même de nos jours, où on ne trouve un ou plusieurs guérisseurs du secret, (c'est le nom qu'on leur donne) sorciers ou devins, ayant la réputation de guérir toutes sortes de maladies, même à distance, au moyen de signes, impasses ou formules ridicules. Les paysans les plus sérieux ont encore recours à toutes ces niaiseries. (12)
Plus la foi diminue dans un pays, a dit un profond penseur, plus la superstition n'y établit son règne.
Concluons donc que, pour le pieux Aldebert, l'heureuse perspective de moraliser les pauvres populations du Mont-Lozère et de sauver les âmes, en favorisant l'arrivée, dans cette région, d'hommes de Dieu, de véritables apôtres, n'était pas un motif de moindre importance.
Certes, si ce vénérable prélat avait été opposé à la donation du Gap-Français, on ne comprendrait pas pourquoi, quelque temps après cette pieuse fondation, il eut augmenté lui-même les possessions de la Commanderie en lui cédant, comme nous le dirons plus loin, la paroisse de Frutgères, l'église de St-Sauveur de Ginestoux et de nombreux droits paternels qu'il avait sur les bois de Malmontet, Bellecoste et Méjanes. (13)

D'autre part, n'allait-il pas profiter lui-même de l'arrivée des chevaliers de St-Jean dans ces parages déserts et infestés par les voleurs relativement à ses terres des Clauses (14), du Reynaldès (Frayssinet de Lozère), des vallées de Gourdouze, de la Cèze, de l'Allier et de Villefort (15).
Les incursions que les seigneurs d'Anduze ou de Chabrières faisaient sur ses terres ou sur celles du baron du Tournel, son frère, allaient probablement prendre fin, ainsi que les querelles et les disputes qui surgissaient trop souvent entre les bergers.
Une fois que les vaillants Hospitaliers de St-Jean domineraient sur le Mont-Lozère, pouvait se dire l'évêque, l'ordre, la paix, le bien être, la prospérité, la sécurité des routes, la facilité des communications, la morale régneront dans cette contrée si longtemps déshéritée, comme ils règnent depuis 40 ans sur l'Aubrac et les bonnes relations se trouveront assurées pour des siècles entre le Gévaudan et le Languedoc.
La Baronnie du Tournel au XIIe siècle Avant d'étudier la question de la fondation de la Commanderie du Gap-Français, il est absolument nécessaire de poser quelques jalons préliminaires touchant l'importance et l'étendue de la Baronnie du Tournel, au XIIe siècle.
Notes, pages 28 à 34
1. — Germer-Durand. Baronnie de Meyrueis. Bulletin 1901, page 17.
2. — Dictionnaire de Migne, Ordres religieux (au mot Aubrac, page 285)
3. — En effet, les chevaliers construisirent à l'est du Gap-Français un petit mas qui porte encore le nom de Camargue. Il est sur la route de Finiels à Villefort, au fond du bois de Chambelève.
4. — Migne, (Ordre de Malte, page 220 et sequantes)
5. — Migne, (Ordre de Malte, page 220 et sequantes)
6. — Introduction à l'Inventaire du Grand Prieuré de Saint-Gilles, page 11. Passage reproduit par M. Philippe. Baronnie du Tournel, page 56.
7. — Dictionnaire de Migne, Ordres religieux (Au mot Aubrac, page 286).
8. — Dictionnaire de Migne, Ordres religieux (Au mot Aubrac, page 286).
9. — Une preuve qu'on prisait beaucoup, en Languedoc, les pâturages du Mont-Lozère, c'est qu'en 1175, l'abbé Bertrand, de Citeaux, supérieur de l'abbaye de Franquevaux (Gard), acheta à Guigue Meschin de Châteauneuf, les terres de Malmontet, Malmont et Méjanes, moyennant 2.000 sous melgoriens l'année suivante, l'évêque Aldebert donna au même abbé des terres sises au même lieu.
— Baron du Tournel, page LIX. On trouve des actes de donation à la même abbaye aux Documents historiques, page 200 et 204.
— L'abbaye de Franquevaux avait été fondée par Guillaume Pons, en 1143.
10. — « Règlement par arbitrage d'une contestation entre Guigue Meschin et le commandeur du Gap-Français, 3 novembre 1257 » Documents historiques du Tournel, pages 211-214. Cet acte parle encore des crimes entrainant la mutilation et la pendaison. Certes, si nous jugeons des crimes qui se commettaient, dans les parages du Mont-Lozère, par le nombre des instruments de supplice, ou des fourches patibulaires érigées en ces lieux, il faudra en conclure, que les forfaits y devaient être très fréquents. En effet, dans la seule paroisse de Fraissinet de Lozère, il y avait le roc des Fourches, la narse des Fourches, Le serre des Fourches, et la Pendarié, c'est à-dire qu'il y avait un instrument de supplice aux quatre coins de la paroisse. Les lieux, ci-dessus désignés, occupent les quatre points cardinaux. Dans ces âges barbares, il fallait en imposer aux populations par la terreur.
11. — Bulletin de Lozère, 1864.
12. Nous renvoyons le lecteur qui voudra posséder là-dessus des détails très intéressants, à la notice de M. le D. Barbot, Le Paysan Lozérien, parue en 1899, dans le Bulletin.
13. — Baronnie du Tournel publiés, dans le Bulletin, de 1903 à 1996, par M. Philippe, archiviste de la Lozère, page 58.
14. — En 1266, le roi St-Louis abandonna à l'évêque de Mende, Odilon de Mercœur, tous les droits qu'il avait « super mansum de Fraissineto, et grangiam Bertrandi Yterii quae vocatur la Clausa, quæ est de patrimonio Odilonis, et hoec omnia quittavit episcopo », Paréage de 1266, Bulletin de Lozère, 1901, page 46.
15. — Baronnie du Tournel publiés, dans le Bulletin, de 1903 à 1996, par M. Philippe, archiviste de la Lozère page 5, 8, etc.


Arrivons à la véritable donation
Lebaron du Tournel donne purement et simplement aux Hospitaliers tout ce qu'il possède en hommes, femmes, censives, revenus, usages, justices, terres cultes et incultes, bois, herbes, eaux, chasses, lods, qui sont dans les appartenances du Gap-Français, Salarial, Pont du Tarn, Guaviel, Malavieille, Lauran, Prat Soteyran, Crucinas, Montgros, le Cros, etc., territoire qui se trouvait compris dans les limites ci-après, autant qu'on peut en juger actuellement par la configuration du terrain ou par les reconnaissances subséquentes.

Limites de la Commanderie
La Limite Occidentale. « Ut dividitur cum Fausol (lire Clausel) et ascendit per ciam quæ venit (plutôt procedit a) dantz Valelas et transit super Crucinas et ascendit ad stratam Serveleriam et recertitur continue usque ad partem quæ dividitur cum Montgros... »
Partant du ruisseau de Crucinas, un peu en amont de la cascade de ce nom, le confront monte le long du Chapaldesc (1), sur le faite du tertre, où il rsjoint le chemin qu'on appelle le Charrayrou (Charreyrado), qui vient de Vareilles il passe sur l'ancien mazet de Crucinas et se poursuit jusqu'à la voie de Serviès, juste à l'endroit appelé le Claousel (ancien Servies) dont nous avons parlé.
De ce point, le confront occidental suivait la voie de Serviès sur le faite du Lozère, au roc de Charamal (1), au sommet des Pics de la Réglisse, du Crucinas et de Finiels ; car, c'est en cet endroit que viennent encore aboutir les paturages de Montgros et de Prat Soteyran.
1. M. Le Chapaldés, nous dit M, Benoit, désigne un lieu situé au nord-ouest de la cascade du ruisseau de Crucinas, sur la gauche de ce ruisseau, après qu'il s'est réuni à celui de Combesourde. Des gens du village de Vareilles y possèdent près, champs et bois. Y a-t-il eu une habitation ? Je l'ignore et je n'en ai jamais ouï rien dire. On appelle le chemin partant d'Orcières et allant vers le Mont-Lozère, la Carreyrade.

Siège de la Commanderie
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert - 48

Domus Hospitalis Gap Français
Domus Hospitalis Gap Français

Le siège réel de la Commanderie du Gap Français fut établi, à un kilomètre à l'ouest du village des Chazalets et du gué du Tarn, à l'endroit connu depuis sous le nom d'Hôpital du Lozère.
Dans les actes de reconnaissance déjà cités le lecteur a pu remarquer qu'on donnait parfois à ce lieu le nom de Gap-Français supérieur ou celui de l'Hôpital (1). Situé au pied du flanc méridional du grand dôme pyramidal du Bar du Bougès. Ce lieu favorisé d'une belle exposition, abrité contre le vent glacial du Nord, dominant de quelques mètres la plaine de l'Hôpital, présentait un emplacement très favorable à l'exploitation d'un vaste domaine. D'autant qu'il se trouvait à l'abri des terribles inondations du Tarn et placé sur la voie Serveleria entre l'antique Estrade de Guaviel et la grande Draye Soteyrane.

C'est là qu'on construisit, en forme de quadrilatère, un château, une maison seigneuriale, dite du Commandeur, un hospice, une chapelle, dédiée au Divin Précurseur ou à St Jean-Baptiste, une sacristie, ainsi que plusieurs autres logements, granges et écuries (2).

Dans les premiers temps, les Commandeurs résidèrent à l'Hôpital du Lozère, mais plus tard, surtout aux 17e et 18e siècles, ils n'y firent que de rares apparitions et se firent remplacer par un procureur. En voici la preuve: « L'an 1772 et le 1e août, Louis Chapelle du mas de la Lacépédèle reconnait tenir d'Antoine Raymond d'Eaux une métairie sise au dit lieu, qu'il tient à locaterie perpétuelle de noble Jean-Baptiste de Montfort, sous la censive de 12 cartes seigle, 6 sols, 2 deniers ; de plus la liberté et faculté de pêcher et prendre du poisson et tenir en devoir et défense la dite rivière de Lignon dans toute son étendue et pagésie de la Lacépédèle d'un côté et le terroir appelé le Puech de Bonneterre d'autre en sorte qu'aucun autre ne puisse pécher, ni prendre du poisson que le dit reconnaissant et les personnes qu'il emploiera pour cela, excepté le seigneur et ses domestiques lorsqu'il habitera en sa maison du Gap-Français, sous la redevance d'une demi-douzaine de truites, bonnes et compétentes, portables au seigneur et à ses successeurs, lorsqu'ils seront en personne au dit Gap-Francès, ou dans le mandement. Les amendes qui pourraient être prononcées seront partageables entre le dit seigneur et la dame de Montfort (3). »
Les bâtiments de la Commanderie furent renversés et démolis lors de la guerre des Camisards (4).

Le village de l'Hôpital compte aujourd'hui une douzaine de feux (5) et une école primaire. L'ancienne chapelle, dont il ne reste que les premières assises s'élevant à 1 m. 50, a été transformée en écurie et en grange. Le cimetière, situé au nord de l'église, sert de champ de foire et tous les bâtiments des hospitaliers ont été vendus, en 1793, à de simples particuliers. Le chœur de l'église et la sacristie ont été transformés en auberge. La cour de l'ancienne Commanderie se trouve aujourd'hui circonscrite entre l'église, la maison du Commandeur, celle des Aumônes et la voie Serveleria de Finiels à Villefort.
Notes page 43 à 45
1. — Le 30 juillet 1772, Pierre Jourdan, du Merlet, reconnait au Commandeur un chazal de maison, hiére (aire) courtil et couderc, le tout joignant situé au lieu supérieur du Gap-Français, confrontant du levant le chazal d'André Viala, du couchant la rue publique, du midi la maison qui a été de Jeanne Mazoyeret de bise la Draye. (Registre Dubost, folio 204).
2. — André, Notice sur la Commanderie, Bulletin 1864.
3. — Registre Dubost, folio 270.
4. — André, Notice sur la Commanderie, Bulletin de Lozère 1864, page 3.
5. — Dans la table des reconnaissances de 1772, dix habitants figurent comme emphytéotes de la Commanderie, pour le village de l'Hôpital.


Donations et achats subséquents
En 1176, Aldebert, évêque de Mende, augmenta les possessions de la Commanderie du Gap-Français. Il lui fit donation, nous dit M. Philippe, de nombreux droits qu'il avait du chef de son patrimoine paternel, sur les bois de Malmontet, Belle-Coste et Méjanes (1).
Trois ans plus tard, il céda encore aux Hospitaliers l'église et les revenus de la paroisse de St-Sauveur de Ginestoux. « Ego Aldebertus Mimatensis episcopus dono et concedo tibi Avnaldo, magistro domus hospitalis de Pairafiche et successoribus tuis in perpetuum, ecclesiam de Genestos, cum omnibus ad eamdem ecclesiam pertinentibus, salvo, in omnibus, jure episcopali et auctoritate Mimatensis ecclesiæ » (2). On voit par cet acte que les Hospitaliers avaient déjà fondé une seconde maison à Pierrefiche.

En 1187, le prélat Aldebert leur céda encore l'église de St-Privat de Frutgères qui, appauvrie par les malheurs du temps et par la donation d'Odilon Guérin, privée de la plupart de ses redevances (3), ne pouvait pas suffire aux besoins de ses prêtres. Toutefois, dans cette donation, comme dans la précédente, l'évêque de Mende se réserve ses droits de régale et de souveraineté « Salvo tamen jure episcopali. » Il appert encore par cet acte de donation que, dans l'espace de 20 ans, les chevaliers de St-Jean avaient fait de nombreuses acquisitions dans la paroisse de Frutgères « multas alias jamdiu possessiones adquisierant.... » (4)

Quelques années plus tard, les hospitaliers acquirent les villages « dels Maireiras » des Meyrueis (5), de Raymond de Montal et de la Baraque de secours. Un certain Galdos leur cédait ses droits sur le mas du Fraicet et ils acquéraient encore le mas des Gérois qui se trouvait tout auprès. En 1229, « controversia vertebatur.... super decimis, primiciis.... et cabanis de Manso de Malavieilla et de Crucinas, de Manso del Maireiras et de R. de Monte Alto et de Manso Solacii quod frater Fulco de Tornello dedit domui hospitalis in Manso del Fraicet quod dedit Galdos et de Manso dels Gèrois.... » (6).

Au XIIIe siècle les donations se multiplièrent encore, à tel point que nous voyons, dans l'acte du 21 août 1281, les Commandeurs de St-Jean en possession des mas de Neyrac, de Lozérète, d'Oultet, de Mazas, du Chapaldesc, du Bonnotès, de Vareilles, d'Orcières (7) en partie, du Turrelli, du Cartalier, d'Orsillac ou Auxillac ainsi que de plusieurs droits sur St-Jean du Bleymard, Sauvages, l'Ermentru ou les Hermasses, Malmon, le Bouchet, Auriac, Baniels (Bagnols), Cubièrette, Plamonjols, les Alpiers, etc.

En effet, le 21 août 1281, Odilon Guérin du Tournel rend hommage au grand prieuré de St-Gilles de tout ce qu'il a « apud Valelhas ; in manso de Nairac.... de Losereta...., de Alteto, al Mas ars, del Chapadesc, del Bonetesc,.... apud Valellelas, Orseriam, Turelli.... del Cartaliers.... apud Orsillac, Sanctum Joannem del Bleymard, in manso del Salvatges.... del Ermentru, de Malmon, de Villavieilla, de la Betsera, de Chasalet.... de Boscheto, d'Auriac, villa de Baniels, a Cubeireta, a Plamonziel, apud los Alpiers, etc. » (8).

Le Montet supérieur et inférieur, Maussac et les Sagnettes, dans le mandement de Rocheblave, faisaient aussi partie de la Commanderie du Gap-Français. Ces villages lui furent cédés par Etienne d'Auriac, évêque de Mende. (9)
Dans le premier quart du XIIIe siècle, Foulque du Tournel donna à la Commanderie du Gap-Français, dont il devint Commandeur, le Mas de Fraissinet. Le Commandeur Bénédit et Hugo Messatger, prieur de St-Julien-du-Tournel, convinrent en 1229, que ce dernier village appartiendrait au prieuré de Saint-Julien. (10)

D'après M. André, « les donations devinrent plus nombreuses encore dans le XIIIe siècle. Les Commandeurs du Gap Français se virent dans la suite propriétaires d'une grande étendue de pays ; ils eurent entrée et une voix délibérative aux Etats du Gévaudan.
La Commanderie comprenait dix membres ou districts : Frutgères, le Linarès, Altier, le Bleymard, St-Sauveur-de-Ginestoux, les Estrets, Paulhac, Pierrefiche, la Canourgue et Mende (rue d'Auriac).

Voilà pourquoi dans tous les actes de reconnaissance, on a toujours soin de dire, un tel reconnait à X. Commandeur de la Commanderie et membres en dépendant. » On appelait membre-chef toute Commanderie qui avait juridiction sur plusieurs autres districts. (11) « L'ordre célèbre des chevaliers de St-Jean de Jérusalem, dit « M. André, appelés dans la suite chevaliers de Malte, eut dans le Gévaudan deux Commanderies importantes : Gap-Francès et Palhers. Elles dépendaient du grand prieuré de St-Gilles, chef-lieu de cinquante commanderies en Languedoc, en Provence et en Dauphiné »

La Commanderie de Palhers relevait directement de St Gilles ; elle appartint d'abord aux Templiers, mais lorsque cet ordre militaire fut aboli, au commencement du XIVe siècle, elle fut octroyée aux chevaliers de St-Jean (12). Les revenus de cette Commanderie s'élevaient à la somme de 1700 écus.
M. André identifie la Commanderie du Gap-Français avec le district de Frutgères. Frutgères était, en effet, le chef-lieu de paroisse de cette Commanderie.
« En sa qualité de seigneur spirituel, le Commandeur nommait à la cure de Frutgères. Il avait la haute juridiction dans les villages du Gap-Français, Salarial, le Gros, Montgros, Laubaret, le Troubat, Viala, Pont-de-Montvert, etc., la moyenne et basse juridiction dans les villages de Frutgères, Fraissinet, Grisac, St-Frézal, Chambonas, etc. (13).

Nous ferons remarquer que M. André commet, dans ce passage de sa notice, une confusion regrettable qu'un rhéteur appellerait une amphibologie. En effet, sur les huit villages qu'il nomme cinq appartenaient à la paroisse de Frutgères, un seul à la paroisse de Fraissinet (le Viala) et deux à la paroisse de St-Maurice (Laubaret et le Troubat).

En conséquence, la moyenne et basse justice du Commandeur ne devait s'étendre que sur une partie des paroisses que cite M. André. Nous sommes obligés de faire encore certaines réserves pour la question de la haute justice. En effet, dans l'Etat géographique du domaine royal en Gévaudan, dressé en 1307, (14) on trouve cette mention expresse « L'Hôpital du Gapfrancès, haute justice au roi ». (15)

Cependant, dans le livre des reconnaissances que nous avons sous les yeux, les divers emphytéotes et censitaires reconnaissent toujours tenir leurs alleux de la directe seigneurie, justice haute, moyenne et basse, mère, mixte, impaire, du seigneur Commandeur »
Tous les villages de la paroisse de Frutgères se trouvent traités sur le même pied, ainsi que les trois villages de Fraissinet, à savoir le Viala, Racoules et Finialettes. Dans ces deux derniers villages, le Commandeur du Gap-Français ne comptait qu'un seul vassal.

Les villages de la paroisse de Frutgères dont il est fait mention dans le registre Dubost sont :
L'Hôpital, 8 emphytéotes.
Salarial, 5.
Le Cros, 2.
Prat-Soteyran, 3.
Finiels, 12.
La Vaissiére, 6.
Le Mazel, 3.
Le Pont-de-Montvert, 46.
Felgeirolles, 5.
Frutgères, 7.
Le Merlet, 2.
Bellecoste, 3.
Carnargues, 1.
Champlong, 14.
La Lacépédèle 1.
L'Hermet, 1.
Le Viala (paroisse de Fraissinet), 8.
Grisac (certains habitants)
Gourdouze, 1.
Aujac, 1.
Florac, 2.
Il n'est pas question des villages de Laubaret ni du Troubat qui faisaient partie de la paroisse de Saint-Maurice-de-Ventalon.

C'est uniquement du district de Frutgères dont veut sans doute parler M. André lorsqu'il écrit les lignes suivantes « L'Hôpital possédait 30 stérées (c'est-à-dire près de 400 hectares) de terres cultes et la même étendue en pâturages et plusieurs forêts importantes 4,000 bêtes à laine étaient nourries dans les montagnes de la Commanderie. (16)

« On montre à Frutgères, nous dit M. l'abbé Foulquier (Notes historiques sur les paroisses des Cévennes, page 376) comme provenant de l'ancienne église, des colonnes et des corniches, décorées de figures d'animaux sur une pierre est façonnée la tête d'un lièvre sur une autre se trouve dessiné un quadrupède ailé. La tradition rapporte que le bassin de la fontaine publique est également sorti de l'église. Ce serait la piscine primitive des fonts baptismaux, dont on se servait à l'époque où se pratiquait le baptême par immersion. Dans un autre endroit du village, on trouve aussi un bénitier en granit qui porte la date de 1708, suivie de la lettre M. »
De nos jours, dans la partie haute de la commune du Pont-de-Montvert (autrefois Frutgères), viennent pacager encore, tous les ans, 4 à 5 mille moutons transhumants.
Notes page 45 à 50
1. — Bulletin du Tournel, page 58.
2. — Acte de donation reproduit par M. André, dans sa notice sur la Commanderie du Gap-Français, page 401 et 402.
3. — M. André place la donation de Frutgères en l'année 1179 (Cf. page 394), mais le texte original porte la date du 23 février 1187. « Facta est donatio ista, anno dominice incarnationis MCLXXXVII. Indictione X. quinta kalendas febroarii. Ibidem.
4. — Ibidem, page 401.
5. — Nous croyons que le mas des Meyrueis n'était autre que celui de la Gélarié, et celui de R. de Montal devait être Rieumal. En effet, ces deux villages sont situés au pied du contrefort de l'ancien château de Montal. Nous voyons dans le registre des reconnaissances que ces deux villages appartenaient à la Commanderie. « L'an 1772 et le 5 août par devant nous Etienne Dubost, s'est présenté Louis de Tessier de Lavernède, maire et habitant du Pont-de-Montvert, qui a reconnu tenir de la directe Seigneurie justice haute, moyenne et basse, de F. Antoine de Reymond d'Eaux, Commandeur de la Commanderie du Gap-Français et membres en dépendant, avec ses maisons, prés et propriétés situées aux appartenances du terroir du Viala, paroisse du Fraissinet, indivises quand la directe seulement entre le dit seigneur Commandeur et le seigneur de Montfort, la totale juridiction et justice appartenant au seul seigneur Commandeur, lequel terroir confronte du levant terres du mas de la Gélarie et en partie terres des habitants de Rieumal, du couchant terres des habitants de Racoules, partie avec le terroir de Béluge, de bise chef terres de Rieumal. » 6. — Documents Historiques page 202.
7. — Au XIe siècle Pons Loutard de concert avec son épouse Poncette avaient donné le Mas d'Orcières à l'abbaye de Conques, en Rouergue. Voici cet acte « Moi, Pons Loutard, et mon épouse Poncette donnons au St Rédempteur et à Sainte Foy de Conques notre Mas-d'Orcières, où Bernard Dodolème a habité ; il produit une censive de un setier de seigle, 18 deniers, une toison de laine en suin et un agneau ; il est taxé 18 deniers pour 4 soldats et doit aussi une carte de lin. Ce mas est dans le Comté du Gévaudan. Par convention expresse il sera compté à Ste Foy, pendant toute notre vie, 12 deniers et à la mort de mon épouse le mas deviendra intégralement la propriété de Ste Foy. Pour Pons et son épouse qui m'ont prié d'écrire cette charte, Etienne Gaucelme, Guillaume son fils. » Ignon, Donataires du Gévaudan, page 4 et 5, Bulletin 1897.
8. — Documents historiques pages 217-219, 226.
9. — Sentence arbitrale rendue par l'archevêque d'Arles, entre l'évêque de Mende et le prieur de St Gilles, le 22 avril 1281. Cf. Documents historiques page 228 et 234.
10. — Documents historiques page 203.
11. — Dictionnaire de Migne, Ordres religieux, (au mot Chevaliers de Malte, page 822).
12. — Denisy, Le canton de Marvejols.
13. — Notice sur le Gap-Français, page 395.
14. — Bulletin de Lozère 1901, page 75.
15. — On verra plus loin que les Hospitaliers ne jouirent de certaines prérogatives de la haute justice que pendant 150 ans de 1166 à 1322.
16. — Le village de Frutgères formait le chef-lieu de paroisse du Gap-Français. Le curé était nommé par les religieux Hospitaliers l'évéque accordait la collation ou institution canonique. Ce prieuré simple, sous le titre de St-Privat, jouissait d'un revenu de 3,000 livres.
— Il y avait là une église du XIe ou XIIe siècle, qui fut démolie lors des guerres de religion. Au XVIIe siècle, celle-ci fut remplacée par un autre bâtiment de moindres dimensions, en forme de croix latine et en granit. Au concordat de 1802, le siège de la paroisse fut transporté au Pont-de-Montvert, et l'église de Frutgères fut vendue à des protestants pour la somme de 700 francs. Aujourd'hui ce bâtiment sert de grange.


Démêlés entre le Tournel et les Commandeurs du Gap-Français
Pour la clarté de notre récit nous devons ajouter que les successeurs d'Odilon Guérin, Guigue Meschin et son fils, Odilon, contestèrent, vers le milieu du XIIIe siècle, au Commandeur du Gap Français Bernard de Montaigu, le territoire concédé au siècle précédent (1).

Le premier conflit porta d'abord sur certaines redevances prélevées par les Hospitaliers sur les villages des Meyrueis (Maireiras), de Montal, de la Baraque de Secours et de Fraissinet, commune de St-Julien du Tournel comme aussi, sur les décimes, prémices, droits d'étoffes, (tramis trames), de pain, d'offrandes (probablement des enterrements), droit carnenc et cabanes des mas de Malavieille, de Crucinas, etc. (2). La contestation avait donc lieu entre le Commandeur Bénédic et le prieur de St-Julien du Tournel, Hugue Messatger.

Il est probable, sinon certain, que, forts de leurs privilèges obtenus de la cour de Rome, privilèges dont l'évêque Aldebert fait mention dans l'acte de cession de Frutgères et auxquels il n'avait pu résister, les Hospitaliers s'arrogeaient le droit de prélever les décimes et autres redevances ecclésiastiques sur les villages précités, au grand détriment de l'église de St Julien. La population de la paroisse de St-Julien se souleva et prit fait et cause contre les Hospitaliers. On convint alors de s'en rapporter à la décision du chevalier Foulques du Tournel, de Vigouroux, chapelain de Saint-Julien, et d'Odilon Guérin seigneur du Tournel, probablement le donateur du territoire du Gap Français en 1166.

Les deux parties convinrent de s'en rapporter à la décision des trois arbitres, sous peine d'une amende de 2.000 sous podois. Entre temps, Hugues Messatger était remplacé à la cure de St-Julien du Tournel par R. Pelabarbe (1229).
Après un mûr examen du litige en question, les trois arbitres décidèrent :
1° que le mas de Fraissinet, concédé quelque temps auparavant aux Hospitaliers par Foulques du Tournel, deviendrait désormais la propriété absolue de l'église de Saint-Julien.
2° — Que le même prieuré percevrait, tous les ans, à titre d'offrande, sur le mas des Gérois, au Fraisset, une carte de seigle (mesure ancienne), la décime du blé, une gerbe comme novale ou prémice et une censive de 3 sous podois toutes les fois qu'on y tiendrait cabane des troupeaux étrangers.
3° — Que les habitants de Malavieille et des autres villages ci-dessus désignés recevraient les sacrements de baptême et de pénitence, ainsi que la sépulture à l'église de Saint-Julien, exceptés les donats de l'Hôpital et ceux qui préféreraient être enterrés au cimetière de la Commanderie.

De son côté, le prieur de Saint-Julien donna et céda tous les droits, facultés, redevances que son église possédait sur les mas susnommés, en compensation de celui de Fraissinet et cela irrévocablement ; il réclama en outre la cession complète de 20 sous que ses prédécesseurs avaient reçu des mains des Hospitaliers, ce qui lui fut accordé, pour couvrir probablement les frais de l'acte. Pour donner à cette convention une plus grande garantie on prit comme responsables, le seigneur Guérin, Guigue son fils, P. Durand et B. de Montialoux. L'acte fut dressé dans l'église de Saint-Julien, signé par neuf témoins et rédigé par P. Bermond, notaire (3). Le tout fut fait et signé le 2 décembre 1229 (4).
Le deuxième conflit arriva vingt-ans après le premier, en 1248. Le vieux Odilon Guérin du Tournel était descendu dans la tombe vers 1238 et son fils Guigue lui avait succédé, à la tête de la baronnie (5).
Le nouveau baron chercha bientôt à créer des embarras au Commandeur du Gap-Français. Il lui souleva des difficultés au sujet d'un terroir situé sur le versant nord du Mont-Lozère. Celui-ci s'étendait du côté de l'ouest jusqu'aux appartenances de Malavieille et jusqu'au chemin de ce village à Finiels. Du côté de l'est, il était limité par la voie ou sentier des Muzélats au Gap-Français, ou aux Ponches ; du côté du midi (chef), par le chemin de Serviès qui suivait le faite du Mont-Lozère. Enfin, du côté du nord (pied), par le territoire du hameau de Lozéret.

Certes, la chose valait bien la peine de se déranger un tant soit peu puisque s'étendant de la source du Tarn jusqu'au pic Finiels, ce territoire mesurait une longueur d'au moins cinq kilomètres, sur une largeur à peu près équivalente.
L'affaire s'envenima entre Guigue Meschin, soutenu ou encouragé par Odilon, son fils, et Bertrand de Montaigu, Commandeur du Gap-Français. En fin de compte, les deux parties convinrent d'un commun accord, de s'en rapporter à la décision de Raymond Elsiard, prieur de St-Julien de Tournel et Bertrand Mandaterra.

Les deux arbitres, après avoir tout vérifié et examiné, entendu les griefs des parties, en toute conscience et impartialité, conclurent et décidèrent :
1° — Que tout le territoire contesté appartenait en propre à la maison du Gap-Français, qu'elle pouvait en user suivant son gré et sa volonté. 2° — Que le Commandeur du Gap-Français pouvait envoyer tous les ans au hameau de Lozéret trois cabanes, c'est-à-dire trois groupes de 12 brebis et chèvres chacun.
3° — Dans le cas où le dit Commandeur ne voudrait ou ne pourrait y envoyer les trois groupes de bêtes spécifiés ci-dessus, les habitants de Lozéret pourront les faire venir d'ailleurs, afin de les faire pacager dans le susdit territoire avec leurs bassieux.
4° — Dans le cas où les habitants de Lozéret n'auraient pas plus de bassieux, c'est à-dire des agneaux d'un an, que de lachers, c'est-à-dire des agneaux de lait, ils ne pourront envoyer paître dans le susdit terrain aucune bête de laine étrangère.
5° — Dans tous les cas (que le Commandeur envoie ou n'envoie pas de bêtes à laine ou à estivage) les habitants de Lozéret seront obligés de pourvoir à la nourriture et autres frais occasionnés par les bergers « sicuti facerent aliis pastoribus de Bailia »
6° — Et enfin, tous les ans, ces derniers, c'est-à-dire les bergers, seront tenus de faire connaître au Commandeur le nombre exact des bêtes de leur troupeau (6).
Notes pages 50 à 53
1. — Bulletin du Tournel, page 72.
2. — Documents historiques, page 202.
3. — Documents historiques, page 203 et 204.
4. — Bulletin du Tournel, page 66.
5. — Bulletin du Tournel, page 67.
6. — Acte d'arbitrage. Documents historiques, page 209 et 210.


Villefort
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-André-Capcèze - 48

Domus Hospitalis Villefort
Domus Hospitalis Villefort

On voit par ce court exposé que ce second conflit se termina en faveur des Hospitaliers. Le compromis avait été rédigé et signé le 26 juillet 1248. L'acte d'arbitrage fut, à son tour, rédigé, lu, approuvé et signé, dans la cour de la Commanderie de l'Hôpital et à Villefort, le 28 septembre de la même année. Jean de Goilde, notaire de Villefort, le rédigea. « En 1248, dit M. Philippe, Guigue Meschin et son fils Odilon, ratifièrent bien la donation faite en 1166, mais ils le firent contraints et forcés « (7).

Les territoires étaient concédés depuis plus de 80 ans, il n'était plus temps de revenir en arrière le meilleur parti à prendre, pour les fils et petits-fils du donateur, était de rester tranquilles. Cependant, ce n'est pas ce qu'ils firent.
Le troisième conflit fut, de tous, le plus mémorable et le plus long. Il s'éleva, en effet, entre les membres d'une même famille, chargés de plaider des intérêts d'un ordre différent savoir, entre Guigne Meschin, baron du Tournel, et son oncle ou grand-oncle, Foulque du Tournel, ancien Commandeur d'Avignon (1242), de St-Gilles (1248) et alors Commandeur du Gap-Français (8).

Le litige porta sur des questions multiples, sur des droits de dépaissance, de juridiction temporelle, de justice, de péage etc.; il fut même porté devant les officiers de la cour royale, ensuite devant ceux de la cour épiscopale et vidé, enfin, par voie d'arbitrage. Nous en donnons un résumé succinct.

Après l'arbitrage du 2 novembre 1248, le seigneur du Tournel, comprenant qu'il n'y avait pas moyen d'arracher des mains des Hospitaliers le territoire concédé en 1166, « chercha, nous dit M. Philippe, à se donner le plus d'avantages possibles en compensation ; c'est ainsi qu'il se mit à exiger certaines redevances des habitants des mas de Malavieille et du Fraisset et à lever des péages sur les hommes de la baillie du Gap-Français en Gévaudan » (9).

D'après l'acte d'arbitrage, signé le 3 novembre 1257 (10), les démêlés portèrent :
1° — Sur les pâturages des mas de Lozéret et de Malavieille.
2° — Sur une redevance d'avoine boschal, (c'est-à-dire effilée, pointue) que le baron Guigue exigeait des habitants des mas de Malavieille et du Fraisset (11).
3° — Sur le gage, (rétribution, traitement qu'on appelle encore en patois moïsou) du bailli et du lieutenant du seigneur Guigue que ce dernier prétendait faire payer aux habitants des villages mentionnés ci-dessus.
4° — Sur les droits de péage que le seigneur Guigue prélevait sur tous les hommes de la baillie du Gap-Français en Gévaudan.
5° — Sur certains droits de corvée que le seigneur du Tournel exigeait des habitants des villages susdits.
6° Sur certains droits de dépaissance que les habitants de Lozéret, de Neyrac et de Cubières prétendaient avoir, pendant l'hiver, sur les pâturages du Lozère, appelés anciennement les Contrats (12).
6° — Sur l'exercice de la justice haute que le baron du Tournel s'attribuait.
7° — Sur certaines redevances que le même seigneur exigeait tous les ans des habitants de la Felgére (probablement Felgeyrolles)
8° — Sur la légitimité de la donation faite aux Hospitaliers en l'année 1166.
9° — Les démêlés portaient enfin sur le péage que les seigneurs du Tournel et Randon Châteauneuf, coseigneurs du Gap-Français, avaient établi sur la voie qui passait à l'Hôpital du Lozère.
Cette dernière question dont nous trouvons la mention expresse dans le Mémoire sur le Paréage de 1307 (13), mérite de recevoir quelques éclaircissements.
Dans l'acte de 1166, Odilon Guérin dispense les Hospitaliers, sur tout son territoire, des leudes, des péages et de toute servitude. Il est à noter que le baron du Tournel ne fait, dans cet acte, aucune mention du péage qu'il prélevait sûrement à la limite de sa baronnie (qui était le Gap-Français et le Guaviel), sur les étrangers lorsqu'ils suivaient l'Estrade romaine et la voie Serveleria (14). Toutefois, comme dans la circonstance, il accordait aux Hospitaliers de St-Jean le plein domaine des terres du Mont-Lozère, il est fort probable que le généreux donateur renonça à ce péage à partir du jour de sa donation.
Cela semble résulter des divers passages que nous trouvons dans le Paréage. En effet, page 249, on y parle d'une enquête faite contre les seigneurs de Randon et du Tournel, au sujet du nouveau péage, qu'ils voulaient lever au Gap-Français.
Plus loin (page 267), un témoin, le curé des Balmes (près Florac), dépose que, « sur la plainte du Commandeur, Hugues de la Garde, bailly de l'évêque, fit une enquête sur le péage que le dit Commandeur assurait avoir été nouvellement imposé tout près de leur maison par le seigneur Guigue du Tournel »

Voici probablement ce qui arriva. Guigue du Tournel, fils du donateur, regrettant les libéralités de son père et voyant que tous ses efforts pour les reprendre étaient inutiles, battu à deux reprises différentes comme nous l'avons vu, chercha cependant à avoir sa revanche. Connaissant à fond les termes de l'acte de 1166, il remarqua, sans doute, qu'il n'y était nullement question de péage, touchant les étrangers. Cela étant, il dût alors s'entendre avec le seigneur Randon de Châteauneuf pour établir un nouveau péage au Gap Français.

Coseigneurs du lieu, « ils avaient encore conservé dans cette région la juridiction temporelle, mais ils la tenaient de l'évêque. A leur défaut l'évêque y possédait la juridiction pour la régale. Etant donné cet état de choses, Guigue et Randon levèrent, ou voulurent lever, un péage à Gap-Français. Or l'évêque avait interdit d'établir des péages nouveaux ; celui-ci en particulier se levait sur la route (voie Serveleria) qui passait devant la maison de l'Hôpital » (15).

Le Commandeur du Gap-Français ne fut pas tout à fait de cet avis ; il en appela au roi de France. Les officiers royaux procédèrent à une enquête. La nouvelle en arriva aux oreilles de l'évêque de Mende. Le prélat se fâcha tout de bon et avec raison, disant qu'on méconnaissait ses droits de suzerain, affirmant que les seigneurs du Tournel et de Randon n'étaient que ses feudataires pour ce qu'ils possédaient soit à l'Hôpital du Lozère, soit aux environs. De guerre lasse, Gaufride de Roysayrolis, sénéchal de Beaucaire, se désista et ordonna que l'enquête fût laissée aux soins de l'évêque de Mende. (16)

L'enquête fut donc faite par Odilon de Mercœur alors évéque de Mende. Avant de se mettre à l'œuvre, le prélat ordonna qu'au préalable on suspende la perception de tout péage. (17)
Les commissaires enquêteurs, Hugues de la Garde, bailli de l'évêque, et le juge de la Cour épiscopale, procédèrent en outre, soit de concert avec les seigneurs du Tournoi et de Randon, soit avec plusieurs autres hommes principalement avancés en âge. Ayant découvert que le susdit péage était ancien, les enquêteurs permirent « mandato Episcopi » qu'on le continuât. Ceci confirme ce que nous disions plus haut, à savoir que le péage du Gap Français devait exister avant l'acte de 1166.

Une des principales questions en litige se trouvait donc tranchée à la pleine satisfaction et au grand avantage du baron du Tournel mais les huit autres restaient encore en suspens. Il fallait arriver à une solution. C'est alors que Guigue Meschin et le Commandeur du Gap-Français, Foulque du Tournel, convinrent de s'en rapporter à l'arbitrage de Jaucelme de Châteauvieux et de Guillaume de Crouzas (18).
On signa un compromis. Les parties s'engagèrent à payer une amende de 50 livres viennoises, si elles refusaient d'accepter la sentence des arbitres (19).
Pour plus de garanties, on prit deux répondants Jaucelme de Serviès et Guillaume Messager qui promirent de faire agréer par les parties la sentence des arbitres, obligeant eux-mêmes et tous leurs biens à cette fin. (20).
Notes pages 53 - 56
7. — Bulletin du Tournel, page 72.
8. — Bulletin du Tournel, page 79.
9. — Bulletin du Tournel, page 72.
10. — Document Historiques, page 211.
11. — Document Historiques, page 212.
12. — Nous avons dit plus haut ce qu'on entendait par ce mot.
13. — Bulletin 1896, pages 249, 266 et suivantes.
14. — Paréage, page 257, où on voit que ce péage est qualifié d'antique. Etant situé sur la grande Draye et presque à l'endroit de son point terminus, ce péage devait remonter à la plus haute antiquité et être un des plus importants de notre vieux Gévaudan.
15. — B. du Tournel, page 74. A ce sujet M. Philippe fait la remarque suivante « Nous voyons que les péages s'établissaient à la limite des terres d'une seigneurie. Tels étaient celui du Gap-Français sur le Tarn, celui levé à Villefort, celui que Guigue Meschin voulait lever au pont Bramoat à Balsièges ; pour ce dernier la tentative échoua. On pourrait en dire autant du péage que le baron de Canilhac chercha encore à établir, à la même époque, sur le causse de Chanac ; sa seigneurie arrivait en effet jusqu'à la draye qui traversait ce Causse. »
16. — Paréage, page 266, tome 1.
17. — Paréage, page 267, tome 1.
18. — Baron du Tournel, page 77. Ce seigneur de Châteauvieux devait être le châtelain du premier château de Randon, qu'on croit avoir été construit sur l'emplacement d'un ancien oppidum.
19. — Acte d'arbitrage, Documents historiques, page 211.
20. — Acte d'arbitrage, Documents historiques, page 211.


Mende
Département: Lozère, Arrondissement et Canton: Mende - 48

Domus Hospitalis Mende
Domus Hospitalis Mende

Les deux arbitres se mirent à l'œuvre ils tombèrent d'accord après de longs pourparlers et, le 3 novembre 1257, la sentence fut rédigée, lue, approuvée et signée, à Mende, dans un courtil que l'Hôpital de Saint Jean y possédait (21).
L'acte fut écrit et rédigé par Gervais Védilhe, notaire public de Mende. (22)
Voici un résumé laconique de la sentence des arbitres :
1° — On condamna Guigue du Tournel à renoncer à la censive d'avoine qu'il percevait sur les Mas de Malavielle, Fraisset et Crucinas.
2° — On dispensa les habitants de ces villages de tout gage envers les bailly et vicaire de la baronnie, ainsi que de toute corvée volontaire ou forcée, présente et future, tant envers le baron qu'envers le Commandeur.

3° — On autorisa les habitants de Lozéret, Neyrac et Cubières à faire paitre leurs bestiaux, gros et menus (vaches, bœufs, moutons, brebis, chèvres) pendant l'hiver dans les pâturages du Lozère, excepté toute fois dans les emblavures, les prés et devèzes ou devois destinés aux bœufs stipulant que si le Commandeur y surprenait quelque bête que ce fût, il pourrait la capturer et infliger une amende aux délinquants. Ce dernier pourrait en faire de même au sujet des animaux qu'on ne destinerait pas à l'hivernage.

4° — Les gens de Cubières et de Neyrac furent autorisés à taire paître dans les pâturages du Lozère leurs agneaux de lait et un petit troupeau de vingt vassieux (chacun probablement) en cas de contravention, le Commandeur aura le droit d'enlever tous les animaux qui s'y trouveraient en surplus ou qui seraient d'une autre espèce et d'en faire ce qu'il voudra (23)

5° — Les habitants de Lozéret pourront faire pattre, dans les mêmes pâturages, trois cabanes, c'est-à-dire trois troupeaux de 36 moutons de deux ans appelés veziners (24) et tout autant de vassieux. Toutefois, ils ne pourront faire paître les moutons que sur le territoire appelé anciennement le Contrat, territoire qui appartient exclusivement à l'Hôpital et se trouve limité par le chemin du Bleymard à Finiels, le sentier des Muzélats et la voie Serveleria. Dans le cas où le Commandeur surprendra des moutons pacageant au-delà de ces limites, il pourra les saisir et infliger l'amende qu'il voudra.
6° — Les vaches, brebis et autres bestiaux des mas de Malavieille et du Fraisset (à l'exception des vassieux), pourront pacager dans les terres de Lozéret et de Neyrac.
7° — Le baron Guigue dispensera, à l'avenir, dans toute l'étendue de ses terres en Gévaudan, des droits de péage, les hommes qui feront partie de la Commanderie du Gap-Français. S'il reste même quelques droits de péage qu'ils n'aient pas payés par le passé, les deux parties leur en font l'abandon.
8° — Les vols, l'effusion du sang, les injures, adultaria fornicationes, les crimes ou forfaits commis par les habitants de la Commanderie, dans l'étendue du mandement du Tournel, relèveront uniquement du Commandeur ; lui seul pourra punir les coupables comme il l'entendra. Le baron du Tournel se réservait seulement les crimes dont la sanction était la mort ou la pendaison. Les biens délaissés du supplicié appartiendront savoir les immeubles au Commandeur et les biens meubles seront partagés entre les deux Seigneurs.
9° — Quant aux crimes tombant sous le coup de la mutilation, ils seront jugés par la cour du Commandeur et la sentence sera exécutée par les officiers du baron du Tournel.
10° — Le seigneur du Tournel dispense les habitants de la Felgeire de payer quoi que ce soit pour les gages de ses bailly et vicaire de plus, il dispense le même village de la livre de cire qu'il lui payait tous les ans.
11° — A titre de compensation pour toutes les concessions relatives au péage, avoine, etc., faites par le baron Guigue, le Commandeur lui donnera 15 livres viennoises.
12° — Le baron du Tournel confirme à l'Hôpital et à son Commandeur les donations que firent ses prédécesseurs en sa faveur. Comme aussi, il leur assure la paisible possession de tout ce qu'ils ont dans l'étendue de ses terres et il leurs reconnait solennellement la véritable propriété.
13° — Enfin, les hommes de la Commanderie de l'Hôpital seront tenus, à l'avenir comme par le passé, de travailler à la reconstruction du château du Tournel, comme de tous ceux qui font partie de la baronnie.

La convention fut approuvée par les intéressés qui jurèrent de l'observer à perpétuité. Les deux fils de Guigue en firent de même (25).
Ainsi se termina le troisième conflit.
Par cet acte, dit M. Philippe, « le pacage des bestiaux sur le Mont-Lozère fut réglementé d'une façon très précise et très avantageuse pour les gens de la Commanderie. » (26).

Le quatrième conflit fut d'une nature différente de celle des trois premiers. Il s'éleva entre l'évêque de Mende, Etienne III, d'une part, le Grand Prieur de St-Gilles et Odilon du Tournel, d'autre part. En voici l'exposé tel que nous le fournit M. Philippe. « Odilon Guérin, seigneur du Tournel en Gévaudan, fils d'Odilon et de Miracle, vint (à St-Gilles) dars le mois de septembre de cette année (1278) ; il soumit à la mouvance de l'Ordre, en fief franc et honoré, les terres qu'il possédait dans les diocèses d'Uzès et de Mende. Celles qui étaient situées dans celui d'Uzès étaient : Florensac, Vindamel, Trolias, la Chaze, le Téron, Salvet, Chandoulière, Peloset, Cunnes.... Les terres qu'il avait dans le diocèse de Mende étaient St-Etienne-du-Valdonnez, le Montet haut et bas, la Vaccaresse, Lozérète, Oultet, le Bleymard et les Alpiers. Il transféra le haut domaine de toutes ces terres à l'Ordre. Il se réserva pourtant l'entière justice et il en prêta hommage entre les mains de Guillaume de Villaret....
Cet acte fut publié dans la maison de l'Arc (Orange) en présence de nombreux Commandeurs, parmi lesquels celui du Gap-Français, Pons Raymond. » (27)
Le jeune Odilon Guérin agit probablement, dans cette circonstance, un peu trop étourdiment. Fut-il trompé peut-être, ou circonvenu ? Il ignorait sans doute que l'évêque de Mende était le suzerain de la baronnie du Tournel et de tout le Gévaudan. Voilà pourquoi dès que l'évêque Etienne apprit la nouvelle, il s'en montra très courroucé.

C'était un attentat à son pouvoir temporel, pouvoir dont ses prédécesseurs, Guillaume de Peyre, Etienne de Brioude et Odilon de Mercœur, s'étaient montrés, en toute occasion, les intrépides défenseurs, ne craignant pas de prendre même les armes pour défendre leurs droits séculaires.
« Cet hommage et ce serment de fidélité, dit-il, ont été prêtés à mon préjudice et à celui de l'Eglise de Mende. Tous ces mas hommages sont dans mon diocèse et situés dans un lieu soumis à mes droits de régale. Tous le savent, et des conséquences très graves peuvent résulter de cet ordre de choses » (28).

Le prélat convoqua son Chapitre et se fit donner tous les pouvoirs nécessaires pour poursuivre l'attentat qu'on venait de faire à ses prérogatives de souverain.
L'année 1280 se passa en pourparlers. Odilon Guérin nomma deux procureurs, Guillaume de Rotonde et Jean de Charvis ; il leur donna pleins pouvoirs pour agir en son nom.
On finit par s'entendre et on nomma comme arbitre Bernard de Languisel, archevêque d'Arles.
Celui-ci étudia tous les documents avec le plus grand soin, écouta attentivement toutes les raisons et, en vertu des pouvoirs que lui conférait le compromis signé par les parties, il porta sa sentence, le 22 avril 1281. « ex potestate per cas (partes) in compromisso nobis concessa »
Le vénéré prélat ordonne d'abord au Prieur de St Gilles de casser et révoquer l'acte d'hommage d'Odilon Guérin. Il le casse et le révoque lui-même dans toute sa teneur.
Cependant l'arbitre concède à l'Hôpital quatre mas situés dans le mandement de Rocheblave : le Montet, supérieur et inférieur, Mausac et les Sanhettes (29). Il ordonne une enquête au sujet de St-Etienne-du-Valdonnez et de la Vaccaresse pour savoir si ces mas sont dans le mandement de Rocheblave ou de Chapieu. Dans le premier cas, ils devaient être cédés à l'Hôpital. Mais ils ne le furent pas, car ils se trouvèrent dans le mandement de Chapieu.

Enfin Bernard de Languisel décrète et ordonne que l'évêque de Mende veuille bien pardonner à Odilon Guérin, lui remettre en totalité les peines et amendes qu'il a encourues à l'occasion de cet hommage, et tout cela de bon cœur, sans rancune ni ressentiment (30). Le prélat Arlésien a soin de mentionner que tous les droits de régale appartenant à l'évêque de Mende sont sauvegardés et maintenus (31).

Les parties s'empressèrent de souscrire à cette sentence on accepta toutes les conditions de l'arbitre, à Alais (Alès), le 22 avril 1281 et la paix se trouva assurée pendant quelque temps. Toutefois les démêlés entre les Tournel et les Hospitaliers ne furent pas encore complètement terminés. « Toutes ces ententes, dit M. Philippe, n'étaient que factices et la question de juridiction était encore agitée » (le paréage de 1307 vint établir d'une manière certaine et incontestable la haute juridiction de l'évêque de Mende sur tout le Gévaudan.

Passons au sixième conflit (9 août 1322).
Pendant plus de 150 ans, la paix entre la Baronnie du Tournel et la Commanderie du Gap-Français fut toujours instable. Regrets amers d'un côté, esprit de domination et désirs insatiables d'extension de l'autre, tels furent les caractères distinctifs de cette lutte intestine. Au commencement du XIVe siècle, les camps n'étaient pas encore définitivement tranchés, ni les pouvoirs et prérogatives bien définis. La grande question de la haute justice et de son exercice restait toujours en litige elle était une occasion permanente de discordes, surtout au sujet des villages de Malavieille, Crucinas et le Fraisset, comme aussi sur les deux versants du Lozère, en deçà et au-delà des Peironos de Louera (32) et tout autour du château du Tournel (33).

En 1321, six personnes formaient tout le personnel de la Commanderie de l'Hôpital. Guillaume de Borrenc, Commandeur, Jordan de Tournel, chevalier, Bernard de Manse et Martin Botin, prêtres, Jean Nogaret et Guillaume Julian, frères servants. Tous soupiraient après une ère de paix et de concorde. Ce fut pour en arriver à ce but tant désiré et pour élucider certains doutes que laissaient encore exister les anciennes conventions, touchant la juridiction et son exercice, qu'on convint de s'en rapporter à la décision de trois hommes sages et prudents, Pierre de Covilhères, curé de Cubières, M. Guillaume Bessède, juge du Tournel, et Jean de Salvanhac, juge de l'Hôpital du Lozère.

Les parties annulèrent donc tout ce qui avait été conclu jusque-là à ce sujet et établirent d'un commun accord les conventions suivantes : 1° — Le baron du Tournel et ses successeurs posséderaient désormais, exclusivement et à perpétuité, sur tous les mas, territoires, terres, possessions et lieux de la Commanderie, les droits de justice sur tous les cas qui comportent la mort et la mutilation des membres ; l'information, la coercition et l'exécution leur seraient dévolues sur les indigènes, comme sur les étrangers.
2° — L'autre juridiction, tant en matière civile que criminelle, appartiendra exclusivement et en totalité à la Commanderie du Gap-Français et au Commandeur (34).
3° — Dans les cas où la mort et la mutilation seront converties en amendes pécuniaires, la moitié de celles-ci appartiendront au baron du Tournel et l'autre moitié au Commandeur du Gap-Français ; si les biens du coupable sont confisqués, les biens meubles se partageront par parts égales entre les deux seigneurs, les biens immeubles appartiendront au seigneur du Tournel, si le délit a été commis dans ses propres terres, sinon ils seront dévolus au Commandeur, si le crime a été commis dans le territoire de la Commanderie. Dans les cas urgents les officiers du Commandeur pourront appréhender et même emprisonner les coupables indigènes et étrangers, sauf à les livrer ensuite au seigneur du Tournel pour les punir si l'énormité du crime le demande (35).

Cette transaction fut approuvée par Aymeri de Tury, Grand-Prieur de Saint-Gilles, en présence de tous les frères du Gap-Français, d'Urbain d'Orsières, commandeur de Recoules-de-Fumas (36) et de Guillaume d'Ayssi, commandeur d'Olms (Aude). L'acte fut signé à l'Hôpital du Lozère, le 9 août 1322 (36).
Une seule question, de peu d'importance, restait encore à résoudre, entre le Tournel et les Hospitaliers du Gap-Français, au sujet des mas des Cheyrouses et des Cheyrousettes (Ispngnac). Celle-ci fut résolue, à l'amiable, en 1323, et on déclara que ces deux villages resteraient indivis entre les deux parties. Il en fut ainsi jusqu'à la Révolution.
Tous ces biens de la Commanderie furent vendus au profit de la Nation, le 23 fructidor an III de la République, devant le district de Florac. Nous avons été heureux de retrouver un résumé de cet acte de vente, dans l'étude de M. Boissier, notaire au Pont-de-Montvert.
Notes pages 56 à 62
21. — A Mende, la maison de la Commanderie de St-Jean se trouvait située à la rue d'Auriac. (Cf. Notice de M. André).
22. — Acte d'arbitrage, Documents historiques, page 211, tome 1.
23. — Acte d'arbitrage, Documents historiques, page 213, tome 1.
24. — Ce mot doit dériver de bis-anni.
25. — Baronnie du Tournel, page 215.
26. — Baronnie du Tournel, page 73.
27. — Baronnie du Tournel, page 82 et 83, tiré de l'Histoire des grands Prieurs et du Prieuré de St Gilles, par l'abbé Nicolas, tome 1, page 195.
28. — Baronnie du Tournel, page 221.
29. — Documents historiques, page 237 et 228.
30. — Documents historiques, page 231.
31. — Documents historiques, page 231.
32. — Baronnie du Tournel, page 85.
33. — En écrivant Peirones de l'Onera, le copiste a commis une erreur manifeste qui rend le membre de phrase incompréhensible. C'est évidemment Peironos de Losera qu'il aurait dû écrire. Ou a voulu désigner par-là la crête du Mont-Lozère, parsemée de blocs granitiques qui émergent de loin en loin ou de pierres plantées par les Hospitaliers pour limiter leurs pâturages. D'ailleurs le sens de la phrase amène à cette conclusion.
34. — Documents historiques, page 236-237.
35. — Documents historiques, page 239.
36. — Recoules-de-Fumas formait un district ou membre de la Commanderie de Palhers. Documents historiques, page 240.
37. — Documents historiques du Tournel, page 239 et 240


La Révolution
Vente des herbages de l'Hôpital du Lozère (12 septembre 1795)
« L'an trois de la République une et indivisible et le 26 fructidor, après-midi, par devant le notaire public Molines et témoins soussignés. Est présent le citoyen Jacques Albaric, marchand, habitant la commune du Pont-de-Montvert, district de Florac, lequel a dit que le 23 du courant, il lui a été adjugé aux enchères et extinctions de feux, par le Directoire du District de Florac, le domaine de la Commanderie du Gap-Français, avec ses facultés.... situé au lieu de l'Hôpital, ayant été du ci devant Ordre de Malte ; laquelle adjudication lui a été faite par ses amis élus ou à élire, et voulant faire l'élection de la dite acquisition à ses amis, il déclare que, par ces présentes, il nomme et élit les citoyens François Guin pour 3/11 (trois onzièmes) ; Jean Martin pour 1/11 ; Antoine Guin, fils, pour 1/11 ; Jean Guin, pour 1/11 ; Jacques Paris, père, pour 1/22 ; Antoine Paris, fils, pour 1/11 et 1/22, tous habitants de l'Hôpital, ici présents et acceptant ; et Jean Albaric, fils, pour 1/11, habitant à Villeneuve et pour 1/22 ; le citoyen Jean Albaric, père, du Pont-de-Montvert ; et finalement pour l'autre 1/22, le citoyen Jean-Pierre Albaric, du Pont-de-Montvert, ici présents et acceptant.
Laquelle élection, le dit Jean Albaric fait aux susnommés sans aucun bénéfice, ayant acquis pour eux d'après la parole ou prière qu'ils lui en avaient faite.... le leur transmettant sans aucune garantie quelconque, les mettant seulement en son lieu, droit, place et privilège de la susdite acquisition. Lesquels élus promettent solidairement et conjointement de payer et acquitter dans les délais prescrits par la loi la susdite somme de 507 mille livres au receveur du district de Florac et d'en faire être quitte le dit Albaric ; toutefois ils se retiendront la somme de 61.800 livres que le receveur leur tiendra en compte pour pareille que le dit Albaric lui a payée, en acompte de la susdite acquisition, ainsi qu'il conste de la quittance que le receveur lui a faite, le 24 du courant, enregistrée au bureau de Florac, le dit jour, laquelle il a remise aux susdits élus de laquelle somme de 61.800 livres, le dit Albaric déclare lui avoir été remboursée par les susdits élus, chacun à proportion du droit qu'il acquiert, dont les quitte.

Etant stipulé entre les élus que si quelqu'un d'iceux n'est point exact de satisfaire au paiement de la portion, celui ou ceux qui paieront pour lui entreront, à sa place, et jouiront du dit domaine et facultés, chacun selon le droit qu'il a acquis et auquel il est élu.
Ils en feront la division et partage quand bon leur semblera et, à ces fins, les dites parties, chacune comme les concerne, ont obligé et soumis leurs biens à tout tribunal de justice requis et nécessaire.
Fait et récité au Pont de Montvert, en l'étude de nous notaire, en présence des citoyens Jean Rouvière, secrétaire du juge de paix, habitants du Pont-de-Montvert, signés avec les parties.
Molines, notaire. Enregistré à Florac le cinq vendémiaire an III, reçu 10.140 francs, Ruas, receveur, signé »
Comme on le voit, le domaine de la Commanderie fut divisé en 11 lots dont se chargèrent dix acquéreurs. Il rapporta au fisc la somme de 517.140 livres.
Le même jour, c'est-à-dire le 26 fructidor, an III, les acquéreurs procédèrent au tirage des lots, à savoir :
1° — Les terres de l'Hôpital.
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: L'Hôpital - 48
2° — De Salarial.
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: L'Hôpital - 48
3° — Du Cros.
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: L'Hôpital - 48
4° — De Montgros.
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: L'Hôpital - 48
5° — De Prat Souteyran.
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: Montgros - 48
6° — De Felgérolles.
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: Frutgères - 48
7° — De Crucinas ou Finiels ou Signal carte de de Cassini
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: Prat Souteyran - 48
8° — De Vareilles et Orsières.
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Mont Lozère et Goulet, Commune: Mas-d'Orsières - 48
9° — De Malavieille.
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: La Canourgue, Commune: Chanac - 48
10° — Du Lozeret.
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Mont Lozère et Goulet, Commune: Cubières - 48
11° — Du Fraissinet-de-Lozère et Plamonjols ?
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert, Commune: Fraissinet-de-Lozère - 48

Nous ne connaissons que la dévolution des terres de l'Hôpital. Ce lot échut à Jean Albaric, père, du Pont-de-Montvert, pour la somme de 66.600 livres. Nous reproduisons cet acte ci-après (1).
1. La plupart des acquéreurs ne purent faire honneur à leurs obligations. Ils revendirent leur lot. M. Servières, juge au Pont-de-Montvert et député à la Convention, en acheta un grand nombre. Voilà pourquoi une grande partie des montagnes du Lozére appartiennent aujourd'hui à M. de Rouville, qui a épousé In petite-fille de M. Servières.

Partage des pâturages du village de l'Hôpital du Lozère (16 septembre 1795)
« Le 27 fructidor, an III, Jean Albaric, père, ayant été admis comme acquéreur des herbages de la terre de l'Hôpital, qui avaient été de l'Ordre de Malte, par le Directoire du district de Florac, le 23 courant, pour la somme de 66.600 livres laquelle acquisition ; il déclara faire tant pour lui que pour ses amis élus ou à élire, procède au fait de la dite élection: il déclare qu'il y aura deux troupeaux un de brebis, gardé par 4 bergers et un de moutons, gardé par 3 bergers. Il partage les nuits de fumature de ce dernier troupeau en pagésies de 24 nuits chacune.
Les citoyens André Bondurand la Roche, habitant de Génolhac, Jean Guin et Jean Martin, Pierre Boutin et la veuve Guin pour une pagésie ; François Guin et Antoine Guin, pour une autre ; Jacques Paris, Antoine Paris, Jean Albaric, père, Jean Albaric, fils, et JeanPierre Albaric, pour la troisième.

Pour l'autre troupeau il accorde trois nuits à Bondurand, six à Jean Guin, six à Jean Martin, six à Pierre Boutin, trois à la veuve Guin, dix-huit a Fra. Guin, six à Antoine Guin, trois à Jacques Paris, neuf à Antoine Paris, six à Jean Albaric, fils, trois à Jean Albaric, père, et trois à Jean-P. Albaric ; ce qui fait 72 nuits qui seront prises par voie de tour ; chacun de ceux qui y avaient droit en jouira comme ci-devant, n'y étant en rien dérogé ni innové ; et quant à la coupe du lait qui était attachée au troupeau du domaine de la Commanderie elle est encore divisée suivant le droit de fumature d'un chacun à :
François Guin un jour et l'autre, nom d'une femme.
A Antoine Paris, de 4 jours 1.
A Antoine Guin de 6 jours 1.
A Bondurand de 12 jours 1.
A la veuve Guin de 12 jours 1.
A J. Albaric de 12 jours 1.
A J.-P. Albaric de 12 jours 1.
A Jacques Paris de 12 jours 1.
Lesquelles femmes n'iront traire le lait que suivant l'ordre du tour des troupeaux et seront tenus les susnommés de payer et acquitter, dans les délais prescrits par la loi, entre les mains du receveur du district de Florac la susdite somme de 66.000 livres du prix de l'adjudication des susdits herbages et fumature et cela un chacun, à proportion des nuits de fumature qu'il a tant d'un troupeau que de l'autre et chacun retirera aussi du revenu des susdits herbages à proportion de ses nuits de fumature et ils auront droit de dépaissance.

Chacun à proportion du droit qu'il a acquis, n'étant en rien dérogé à ceux qui y avaient des anciens droits, qu'ils conserveront en leur entier.
Il sera ajouté en plus 6 nuits.
2 à Antoine Guin.
2 à Jacques Paris
1 à Jean Guin et
1 aux hoirs d'André Viala, pour lesquelles on ne paiera rien pour les herbages et on ne percevra aucun revenu. »
Suivent les signatures. Molines, notaire. Enregistré le 5 vendémiaire an 4. Reçu 1332 livres. Ruas, receveur »

Le Gap-Français

Le Gas ou Gap-Français se trouve situé à quelques centaines de mètres à l'est du village de l'Hôpital du Lozère, entre l'antique village des Chazalets et le hameau de Camargue.
A l'endroit même de son emplacement existe aujourd'hui un pont en bois jeté sur la branche principale du Tarn ce pont sert de passage au vieux chemin ferré de Mende à Villefort par les Faux, la Brousse et Finiels. C'est là encore, près des Chazalets, que passait l'antique voie celtique de l'Estrade à Montmirat et à Sévérac dont parle le chanoine Bosse.
Lorsque vous demandez aux indigènes du pays de vous indiquer le lieu précis où se trouvait jadis le Gap-Français, ils vous répondent unanimement: aux Chazalets ! Les Chazalets ou le Gap Français, vous disent-ils, c'est tout comme.
Sûrement le village des Chazalets, aujourd'hui détruit, devait remonter à la plus haute antiquité. Sur son emplacement nous avons constaté les fondements encore très apparents d'une quinzaine de maisons, creusés dans le sol, indiqués ou dessinés par quelques vieux pans de mur (1). Le Gap-Français, comme son nom l'indique, n'était, qu'un simple gué. Toutefois, comme ce dernier se trouvait non loin du village, on le désignait tantôt sous le nom des Chazalets, tantôt sous le nom de Gas-Français. Or, c'est là que coule la branche principale du Tarn, qui descend de la combe du même nom, au haut de laquelle on voit jaillir sa source.

A notre avis, cette dénomination n'a pu être donnée au gué des Chazalets que lors de la conquête du Gévaudan par les Francs. « Or, c'est en 531, nous dit l'abbé Charbonnel, dans sa dissertation historique sur Sainte-Enimie, que Thierry 1e, fils aîné de Clovis, et roi d'Austrasie, s'empara du Gévaudan, ainsi que des autres petits pays environnants. Ce même prélat (Saint Hilaire) va trouver le roi Théodebert, fils du précédent (de Thiérry) qui succède à son père en 534, l'année même du Concile de Clermont, tenu avec l'autorisation de ce prince » (2).

Nous croyons donc que ce fut dans la première moitié du VIe siècle, lors du passage de Thierry ou de Théodebert, dans nos montagnes, que la gué des Chazalets aurait reçu la dénomination de Français. Un fait historique établi par nos vieux chroniqueurs, c'est que Thierry 1e, assiégea le château de Méléna (la Malène), voire même celui de Cabrières près de Miral (3).

Or, à son retour en Austrasie, ce conquérant franc, chargé de lauriers et de dépouilles, aurait pu très bien traverser la plaine de l'Hôpital du Lozère. Nos pères auraient attaché le nom de Français à l'endroit même où les guerriers de Thierry auraient franchi le Tarn. C'est là une première hypothèse.

On sait encore que Pépin le Bref vint à deux reprises dans nos Cévennes, 732 et 768, pour combattre Arnald et Waïfre, ducs d'Aquitaine, qui, secondés par les Sarrasins, s'étaient cantonnés dans nos montagnes et il est fort probable que ce roi suivant la Strata romana traversa le massif lozérien. Ce serait peut-être encore à cette époque que remonterait l'antiquité du Gas-Français.

Autre hypothèse. Personne n'ignore que les Sarrasins occupèrent, au VIIIe siècle, les deux versants du Mont Lozère, ainsi que nos Cévennes. On dit même qu'ils exploitèrent les mines du Bleymard, pendant les 60 ans qu'ils restèrent en Gévaudan et qu'ils avaient établi une fonderie dans les environs (4). En effet, en visitant le bois de Combesourde, qui se trouve au sud-ouest du Mazel, on rencontre d'antiques galeries de mines qui s'enfoncent assez loin dans la montagne du Chapaldesc. Les gens du pays vous disent : c'est là, tout près de la cascade du Crucinas, qu'on l'avait le minerai et que l'on fondait l'argent et le plomb.

Nous pourrions hasarder encore une troisième hypothèse. Jusqu'au Xe siècle, inclusivement, le Gévaudan subit bien des vicissitudes et fut comme le reste de l'Aquitaine le théâtre sanglant de bien des luttes.
Des Romains il passa aux Wisigoths, vers 475, ensuite aux Ostrogoths, en 507 Théodebert en fait la conquête en 534. Il fait partie du royaume de Metz ou d'Austrasie jusqu'en 628.
Dagobert 1e l'en détache pour l'affecter au royaume d'Aquitaine créé au profit de son frère Caribert.

Deux ans après, en 630, il est rattaché au royaume Franc.
En 687, il échappe aux Mérovingiens pour faire partie du duché indépendant d'Aquitaine que Lupus s'est créé.
En 767, il est reconquis par Thierry ; deux ans après par Carloman.
De 771 à 806, il fait partie de l'empire de Charlemagne de 806 à 814, du royaume d'Aquitaine, sous la domination de Louis le Débonnaire. Les Carlovingiens, Pépin II, Charles-le-Chauve, Charles l'Enfant (855 866), Louis II le Bègue (867-877), Carloman (880-884), Charles le Gros (884-887), le gouvernent successivement mais après la mort de Charles le Gros, signal d'une désagrégation générale, la France se trouve morcelée en un certain nombre d'Etats plus ou moins indépendants. Son nom ne sert plus en réalité qu'aux pays situés entre la Meuse et la Loire. A la fin du Xe siècle on y compte plus de 80 états féodaux (5).

Le premier en dignité de ces Etats porte le nom de royaume de France. Or le Gévaudan est un de ces Etats indépendants dont l'évêque est le propriétaire et le souverain.

Ce droit vint-il aux évêques de Mende:
1° — D'une donation faite à St-Sévérien par le roi du pays, comme le rapporte la légende.
2° — De la libéralité de quelque empereur romain.
3° — De l'extension progressive de la puissance épiscopale.
4° — D'un besoin de protection contre les Barbares réclamée par les Gabales.
5° — De la concession de quelque roi Mérovingien ou Carlovingien ?
L'histoire est muette sur ce point.

On pourrait donc conjecturer que c'est durant la période de la formation de la féodalité, au Xe siècle, que prirent naissance les deux dénominations de Gap-Français et de Vallée-Française, en Gévaudan. Cette dernière vallée faisait partie du Comté de Nîmes « Vacaria Francisco, in comitatu Nemausensi, in termiuio de Villa-Thonaz » (6)

Elle continua, peut-être, durant quelque temps, à faire partie du royaume de France, alors que le Gévaudan en fut distrait. Le gué des Chazalols aurait pu être appelé Français parce qu'il formait approximativement la limite entre le Gévaudan et le comté de Nîmes, dont le diocèse d'Uzès faisait partie.

D'ailleurs, même au XIIe et XIIIe siècles, on faisait dans les actes publics une distinction formelle entre la France et les pays d'Aquitaine. On dit, par exemple, d'Aldebert le Vénérable qui se rendit à Paris, en 1161, « veniens in Franciam » (7). On écrivait aussi, au sujet d'un autre voyage à Paris fait par l'évêque Odilon de Mercœur Venit in Franciam (8)

NOTA. De tout ce que nous venons de dire nous pourrions tirer un corollaire relativement à la formation des baronnies du Gévaudan.
« La baronnie de Peyre, écrivait, il y a 10 ans, M. l'abbé Remize, remonte à l'époque de la constitution du régime féodal en France.
L'histoire nous apprend que les chefs barbares, en se fixant dans les diverses parties de l'empire romain, distribuèrent à leurs amis les diverses parties du pays, où peu à peu ils devinrent indépendants et souverains absolus.
A ce droit de conquête vint se joindre plus tard un droit de protection, quand d'autres barbares envahirent le pays pour y exercer le pillage. Les habitants étaient en effet obligés, en ce cas, d'aller se réfugier dans les forteresses du seigneur pour ne pas être mis à mort par les envahisseurs. Les huit grandes baronnies du vieux Gévaudan Apcher, Peyre, Cénaret, Tournel, Randon, Mercœur, Canilhac et Florac, remontent probablement à cette époque reculée. » (9)

Ce raisonnement nous parait très juste et nous sommes de l'avis de notre collègue. En effet, pour n'en citer qu'un exemple, lors de ses expéditions en Auvergne, où il vint achever la déroute du duc Waïfre et le combattre dans les contreforts des Monts d'Auvergne, Pépin-le-Bref s'appliqua, sans doute, en sage et habile organisateur qu'il était, à gagner l'affection des seigneurs du pays. Il plaça certainement dans les principales forteresses du Gévaudan des amis dévoués à la dynastie qu'il venait de fonder, voire même des parents, leudes fidèles, anciens compagnons d'armes, avec mission de pacifier la région, leur promettant une belle récompense.

L'histoire rapporte que pour pacifier l'Aquitaine ce sage conquérant fut obligé d'établir des colonies franques dans plusieurs provinces. Usat-il de ce système pour pacifier le Gévaudan Peut-être.
Vingt ans plus tard, en 793, lorsque le vaillant Roland (d'autres disent Charlemagne en personne) vint chasser les derniers Sarrasins des basses Cévennes, ces seigneurs accoururent, très probablement pour se ranger sous sa bannière, et c'est peut-être alors que pour récompenser leurs services, Charlemagne leur accorda ou leur confirma leurs titres de barons.

« Quoi qu'il en soit, dit le Docteur Prunières (10), dès le commencement du Xe siècle, vers l'an 908, la maison des Astorg de Peyre était déjà très puissante et, dès cette époque, elle donna un évêque à Mende, Guillaume de Peyre, qui devait compter parmi ses successeurs, sur le même siège, un grand nombre de membres de sa famille. »

C'est encore pour la même raison qu'en 1150 on pouvait dire qu'Aldebert du Tournel était issu « ex antiquâ et vetustâ familiâ de Tornello », de l'antique et vieille maison du Tournel, voire même qu'il était allié avec la famille royale. (11)
Notes Gap Frances, pages 65 à 69
1. — L'an 1772 et le 30 juillet, Pierre Jourdan, du Merlet, reconnait tenir du Commandeur Raymond d'Eaux « plus pour la décime des foins de son pré appelé les Très Monachs (les trois moines probablement) ou des Chazalets, autrement Prat Recous ou de Chapelle, six deniers argent ; plus, un chazal de maison, hière (aire) courtil et coudere, le tout joignant, situé au lieu supérieur du Gap Francès, confrontant du levant le chazal d'André Viala, du couchant la rue publique, du midi la maison qui a été de Jean Mazoyer et de bise la Draye »
(Registre Dubost, folio 204).
2. — Bulletin de Losère, 1864, page 315.
3. — Ibidem. L'abbé Prouzet dit que la conquête du Gévaudan fut faite vers 535, non par Thierry, mais per Théodebert, son fils, qui conféra avec Saint Hillaire, et épousa la belle Deutôrie, châtelaine de Cabrières, dont il eût un fils Théodebald, qui régna après lui, en 547. Sans discuter les variantes de ces deux passages, nous conclurons que ce fut réellement vers cette époque qu'eut lieu la conquête du Gévaudan par les Francs.
4. — Bourret, dictionnaire « C'est en cet endroit, nous écrit M. l'abbé Benoit, qu'on montre, sur la gauche de Combesourde, à l'exposition est, les vestiges de l'embouchure d'une galerie de mines, traitées jadis par les Romains ou les Sarrasins, mais absolument abandonnée depuis longtemps » 5. — Cette étude est tirée de Longnon. Atlas historique de la France, pages 14, 42, 74, etc.
6. — Pagus Gabalicus. p. 396, en note.
7. — Mémoire sur le Paréage de 1307, p. 3.
8. — Ibidem, page 12 et 186. (Mirandas miles venisse in Franciam).
— Quoiqu'il en soit, si la situation précise du Gap Français se trouve fixée et déterminée sur la branche principale du Tarn, et non sur la Vérié, comme l'a dit M. Philippe, l'époque précise de sa dénomination est encore à établir.
9. — Lozère Pittoresque, février 1d98, p. 31.
10. — Histoire de la baronnie de Peyre.
11. — Baronnie du l'ournel, page 49. Gabalum, page 193.


Hôpital du Gap-Francès
Le Guaviel ou Gas-vieil est un lieu situé au sud de la plaine de l'Hôpital du Lozère, ou jadis on traversait le Tarn à gué et où passait l'antique voie ou estrade de Saint Maurice-de-Ventalon au Bleymard.
Sis au fond d'une légère dépression de terrain, à l'ouest du bois du Commandeur et à l'est de la Gorge du Drac, sur la rive droite du Tarn, à 3 kilomètres en aval du pont du même nom, le Guaviel, d'après la tradition locale, aurait joué, de temps immémorial, un rôle important dans l'histoire du Mont Lozère et des guerres dont il a été le théâtre.
C'était, dit-on, le siège d'une fonderie de fer, d'une fabrique d'armes et d'instruments aratoires. La preuve c'est que les vieillards du pays l'appellent encore Cague-fer, ce qui veut dire atelier où on fond le fer. D'ailleurs, on trouve dans les environs divers champs ou quartiers qui portent encore le nom de Terroir des armes, du Son des armes, de Champ des mouleurs, des Brouettes, etc.

« L'an 1771 et le 20 juillet, Jean Rouvière, du Cros, reconnaît tenir de M. de Raymond d'Eaux, Commandeur, sa part et portion d'un moulin ruiné, à la rivière du Tarn, à l'endroit appelé Gasciel, indivis entre lui reconnaissant, les Jourdan, Servière et Jean Guin, sous la censive annuelle de deniers, plus un champ appelé le Pudix, contenant 759 cannes, confrontant du levant et du couchant le champ de Servière, du midi pré du reconnaissant, et de bise chef le chemin du Cros au terroir des armes. » (1)

« L'an 1772 et le 19 juillet, Jean Guin, de l'Hôpital, reconnait au Commandeur un pré et jardin appelé le champ des mouleurs, confrontant du levant Jean Guérin, du midi avec le couderc etc. et contenant 39 dextres » (2)
Il reconnaît un autre champ appelé Las Brouettos, confrontant du levant avec le chemin vieux du Gap-Français au Bleymard (3). Le même jour, Jean Jourdan, de Saleyrial, reconnait « un devois appelé Peyre-Rouge et le Son des armes, sis au terroir de Saleyrial, confrontant du levant Paul Servières du Viala du couchant et du midi les terres hermes du Seigneur Commandeur. » (4)

Nous avons trouvé à Guaviel de nombreuses scories ferrugineuses. Elles ont disparu pour la plupart sous une épaisse couche de gazon. Pourquoi aller établir un atelier métallurgique dans une région si inconnue, si froide, si déserte ? Une source ferrugineuse voisine indique la présence d'un gisement de minerai de fer. Et d'ailleurs ne pouvait-on pas le faire venir de Montmirat, d'Ispagnac, de Vialas ? L'eau du ruisseau devait certainement servir à la trempe des instruments. Quant au charbon on le fabriquait avec le bois de hêtre des vastes forêts environnantes, de celle du Faux des armes, par exemple.

D'ailleurs, Louvreleul nous dit, dans son Histoire des Camisards, que ces révoltés faisaient confectionner leurs armes dans les bois du Mont-Lozère qui leur servaient de repaire. Si on a trouvé des ateliers sidérurgiques à Mercoire et jusque sur le Causse Méjean, au Mont Buisson, il n'est pas bien étonnant qu'il y en eut un sur le Mont Lozère.
Le chanoine Bosse assure qu'il existait anciennement des ateliers de verreries à Randon et à Mercoire (5). Il aurait pu en exister d'autres aussi sur le Mont-Lozère puisque le nom du ruisseau de la Vériè, sur le lit duquel coule un sable très fin, semble l'indiquer.
« Notre Gévaudan, dit ce dernier auteur, a conservé encore des restes du long séjour des Sarrasins sur nos causses et nos montagnes. On rencontre de nombreux débris de leur industrie métallurgique, de leurs verreries, de leurs galeries de mines, etc. (6)
Guaviel occupait, en quelque sorte, une position stratégique de premier ordre. Battues par l'ennemi les peuplades du Gévaudan pouvaient battre en retraite sur le Mont Lozère, du haut duquel elles défiaient leurs adversaires et où elles se trouvaient en sûreté, blotties derrière les glaces et les neiges de l'hiver. C'est là, au fond des forêts, qu'elles fabriquaient leurs armes le printemps venu, elles couraient après de nouveaux exploits.
Tout près de Guaviel se trouvait la Coste de la Fichade. Ce mot semble rappeler l'idée d'une calade en pierres ou des borne (pierres plantées, margines) indicatrices, rangées en ligne droite.

« L'an 1772 et le 30 juillet, Jean Jourdan, du Merlet, reconnaît au Commandeur un pré, champ et devois, jadis appelé la Coste de la Fichade et à présent Gas viel, confrontant du levant et midi le reconnaissant, du couchant le chemin pour aller de Saleyrial à Felgeyrolles, et de bise le serre Méjan et le serre de la Plane contenant, le pré, 300 dextres ; le devois 150, sous la censive de 2 boisseaux, 1/4 seigle, 8 deniers, 1e géline, 1/4 poivre et une journée à ferrer (7) ; plus un pré appelé Gas-viel, confrontant d'un côté les terres de Jean Viala, d'autre celles du seigneur Commandeur, d'autre le Valat du Drac et des Passets, et d'autre le dit reconnaissant. »
C'est encore à propos de Guaviel que nous avons trouvé la mention écrite des croix de Malte à l'aide desquelles les chevaliers de St-Jean marquaient les limites de leur domaine.

Gap Francès
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Pont de Montvert - Sud Mont Lozère - 48 « L'an 1772 et le 26 juillet, Jean Felgeyrolles, de Felgeyrolles, reconnait au Commandeur Raymond d'Eaux un devois, aux appartenances de l'Hôpital de Gap-Francès, confronte du levant terres hermes et partie le bois d'Angellies du dit seigneur, du levant borné sur la ligne du midi à la bise par une pierre où au pied on lit gravée une croix de Malte (sic), visant, par deux piquières intermédiaires gravées sur deux rochers, une autre grande pierre où est aussi gravée une croix de Malte, et comme va le bord du bois, va aboutir à une piquière aussi gravée sur un rocher tout auprès du Vallat du Drac ou du Gaillardon ; du couchant le dit valat faisant séparation des terres hermes de Saleyrial ou du dit seigneur, du midi pied la rivière du Tarn, et de bise le bois d'Angelliès (du Commandeur), sous la censive annuelle d'une livre poivre, 4 sols, 6 deniers » (8)
Quelques pierres plantées indiquent encore le tracé de l'antique voie romaine qui passait en ces lieux. On ne trouve aujourd'hui, dans ce désert, qu'une humble bergerie couverte en chaume. Dans le Tarn qui coule à côté, foisonnent de belles truites noires.

Nous terminions ces lignes, lorsque nos yeux sont tombés sur un passage suggestif d'une Ancienne Notice historique et descriptive du Gévaudan, par un auteur anonyme, mais parue dans l'Annuaire du département de la Lozère, en 1886. « Dans le bas Gévaudan sont situées les Cévennes, terroir de difficile accès, à cause des rochers, vallées ou fondrières qui sont au pied des rudes montagnes qui s'entresuivent néanmoins elles rapportent de grandes commodités à leurs voisins par les mines de fer, moulins ou martinets qui y sont en grand nombre pour battre le dit fer ; vers de soie, cire, miel, châtaignes et de très bons fruits » (9).

Or, nous venons de voir qu'à Guaviel existait un moulin (ruiné vers la fin du XVIIIe siècle, en 1772). Ce dernier, alimenté abondamment par les eaux du Tarn, n'était-il pas un de ces moulins destinés non seulement à moudre le blé, mais encore à mettre en mouvement des marteaux propres à battre le fer et à fabriquer armes et instruments aratoires dont nous parlions plus haut ? Tout porte à le comme nous l'avons prouvé ci-dessus. Nous livrons ces réflexions à la méditation et aux recherches des archéologues. »
Notes pages 69 à 72
1. — Registre Dubost, folios 72 et 78.
2. — Ibidem, folio 49.
3. — Ibidem, folio 50.
4. — Registre Dubost, folio 68.
5. — Propempticon, page 10.
6. — Une visite du tombeau de Saint-Frétai, Bulletin 1895, page 11.
7. — Registre Dubost, folios 204 et 205.
8. — Registre Dubost, folio 125.
9. — L'original de ce document existe aux Archives départementales, G 70.


Les Commandeurs de Gap-Francès
En 1864, M. André, archiviste, a publié dans le Bulletin une notice sur le Gap-Francès, avec la liste chronologique des Commandeurs dressée d'après les chartes conservées aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône.
Dans la préface de l'Inventaire des Archives de la Lozère, Série H, (page 20), paru en 1904, M. Philippe, archiviste, a reproduit cette liste avec quelques rares rectifications.
Nous donnons une nouvelle liste, établie à l'aide des travaux publiés jusqu'à ce jour et des documents déposés aux Archives de la Lozère.
NOTA — Les chiffres placés à la gauche de chaque nom n'indiquent pas les dates de la nomination et de la mort du Commandeur, mais uniquement celles des actes dans lesquels il en est fait mention.

Commandeurs de Gap-Francès
N° 1177. Jean de Chalanc (1).
N° 1215. Pallet.
Notes page 73
1. — Les noms qui n'ont point de références sont ceux cités par M. André : il y a lieu de se méfier de leur authenticité et de leur orthographe. La liste que nous donnons comporte encore de nombreuses lacunes, mais le lecteur verra combien elle diffère de celles parues à ce jour. Pour l'établir, nous nous sommes surtout aidé de l'Histoire des Grands Prieurs et du Prieuré de St-Gilles, publiée en 1904, par notre collègue et ami. M. l'abbé Nicolas, curé de St-Gilles. (2 vol. in-8. Le troisième volume est en cours de publication.

Page 74
N° 1228-1233. Bénédit. (1)
N° 1234. Aldebert.
N° 1239. Raimond de Cervière. (2)
N° 1240. Guillaume de la Garde.
N° 1243. Bertrand Perrier.
N° 1247-1248. Bertrand de Montégut ou de Montaigu. (3)
N° 1255-1261. Foulque du Tournel. (4)
N° 1263-1264. Raimonot de Luc. (5)
N° 1265-1283. Pons Raimond. (6)
N° 1288-1297. Jordan de Chaudeirac. (7)
N° 1297-1307. Pierre de Chaudeyrac. (8)
N° 1317-1321. Urbain d'Oursières. (9)
N° 1321-1352. Guillaume de Borrenc. (10)
N° 1358. Amalvin de la Tour.
N° 1360. Foulque du Tournel.
N° 1367-1376. Guillaume Fabri. (11)
N° 1381. Aldebert de la Romeguière.
N° 1387-1393. Raimond de Lescure. (12)
Notes page 74
1. — Archives de la Lozère, H 418 et Archives des Bouches-du Rhône, fonds de Saint-Gilles, 1.400.
2. — Archives de la Lozère, G. 155.
3. — Archives des Bouches-du-Rhône, Fonds de Saint Gilles, L. 461 ; Archives de la Lozère, E 231.
4. — Archives des Bouches-du-Rhône, 1460 ; Archives de la Lozère, H12 et 415.
— Nicolas, Histoire des grands Prieurs et du Prieuré de Saint Gilles, par l'abbé Nicolas, page 173.
5. — Nicolas cite un certain Raimond de Liure de Saint-Christol (tome I, page 186).
6. — Archives de la Lozère, Pons Reymond, G 132 ; H 415 et 416.
— Nicolas, tome I, pages 186, 196 et 202.
7. — Archives de la Lozère, H 415.
8. — Archives de la Lozère, G 1350 et II 415.
— Nicolas, tome I, pages 223 et 233.
— Le 31 janvier 1309, il était Commandeur de Saint-Félix.
9. — Nicolas, tome I, pages 257 et 269.
— En 1321, il est désigné comme Commandeur de Recoules : on l'y retrouve en 1338 et 1346.
— Nicolas, tome I, pages 294 et 301.
10. — Archives de la Lozère, G 124, 132 et 1353 ; H 417, 424 et 429.
— En 1317, il était Commandeur du Puech Banassac.
— Nicolas, tome I, pages 257 et 273.
11. — Archives de la Lozère, G 2053.
12. — Fut nommé Grand Prieur de Toulouse en 1393 : à cette date, il était Commandeur de Recoules, Paliers et Gap-Francès.
— Nicolas, Tome I, page 353.


Page 75
N° 1398-1416. Amalric de Saunhac. (1)
N° 1420-1448. Bertrand d'Arpajon. (2)
N° 1449-1481. Raimond Ricard. (3)
N° 1491-1496. Cellion de Demandols. (4)
N° 1497-1514. Charles-Aleman de Rochechinard. (5)
N° 1514-1528. Préjean de Bidoux. (6)
N° 1528. Antoine de Barras.
N° 1528-1536. Jacques de Manas. (7)
N° 1536. Guiot de Panat. (8)
N° 1536-1539. Raimond Ricard. (9)
N° 1541-1551. Philippe Vento. (10)
N° 1557. Barthélemy Bermond, dit Roset d'Echirols. (11)
N° 1565. Jean de Barras. (12)
Notes page 75
1. — Archives de la Lozère, G 1381.
— — Nicolas, tome I, pag 464.
2. — Archives de la Lozère, H. 414 et 418.
— Nommé Commandeur de Gap-Francès le 8 septembre 1420, il l'était encore au moment de son décès, le 30 octobre 1448.
— Nicolas, tome I, pages, 368 et 389.
3. — Archives de la Lozère, G 1959.
— D'après Nicolas, tome II, page 7, nommé seulement Commandeur de Gap Francès le 19 octobre 1449.
4. — Grand Prieur de Saint-Gilles de 1489 à 1496.
— Nicolas, tome II, page 30 et suivantes.
5. — Nommé Commandeur de Gap-Francès le 14 janvier 1497, décédé le 10 janvier 1514.
— Nicolas, tome II, page 39-52.
— Son nom est orthographié Alamand dans la notice d'André et aux Archives de la Lozère, H 418.
6. — Nommé le 18 juillet 1514, décédé en août 1528.
— Nicolas, tome II, page 52, 64 et 85.
7. — Archives de la Lozère, G 2053.
— Nommé en 1528, mort en 1530.
— Nicolas, tome II, page 86 et 89.
8. — Nommé en janvier 1536, décédé en juin de la même année.
— Nicolas, IB pp, 89 et 91.
9. — Nommé en août 1536 Commandeur de Gap-Francès, décédé en décembre 1539.
— Nicolas, tome II, page 91 et 94.
10. — Archives de la Lozère, G 1883 et H 416.
— Grégoire, note, 1762, folio 334.
— En 1541, il veut une contestation entre François de Touchebœuf Clairmont, Grand prieur de Saint-Gilles et Philippe de Vento qui prétendaient avoir chacun la Commanderie de Gap-Francès. Mais le Chapitre tenu à Saint-Gilles en 1542 l'attribua à Vento.
— Nicolas, tome II, page 112.
11. — Mort en 1560 dans une expédition en Barbarie.
— Nicolas, tome II, page 103 et 113.
12. — Nicolas, II, pages, 131, 132 et 194.


Page 76
N° 1567-1587. Bertrand de Varadier Saint-Andiol. (1)
N° 1596-1600. Georges de Berton, dit le Chevalier de Crilon. (2)
N° 1605-1631. Charles de Panisse. (3)
N° 1631-1633. François de la Crote, Sgr de la Ménardie. (4)
N° 1635. Gaspard de Villeneuve Châteauneuf. (5)
N° 1638. Antoine de Puget Saint-Marc.
N° 1643. Jean de Villeneuve Châteauneuf. (6)
N° 1648-1652. Gaspard de Castellane Montméjean. (7)
N° 1657. François de Ratte Cambons. (8)
N° 1658-1664. Jean-Jérome de Galéan Châteauneuf. (9)
N° 1667-1692. Pierre de Raphélix d'Agoult, Comte de Rongnes. (1O)
— En l'an 1687, il arrentait à son neveu, Jean-Nicolas de Raphélix d'Agoult, chevalier de l'ordre de Saint-Jean, la Commanderie de Gap Francès pour cinq années, moyennant 3.600 livres par an. Le fermier était tenu de payer les charges ordinaires de la Commanderie dues au roi et à la religion, la pension de 210 livres du curé de Frutgères, 60 livres d'aumônes, la pension du bailli de Gap Françès et autres charges accoutumées. Le fermier était tenu d'entretenir le tout en bon père de famille ; mais en cas d'orage ou de grêle, aucune diminution ne devait lui être accordée sur le prix de ferme. (11)
— N° 1695-1703. François Timoléon de Montaud-Labat. (12)
Notes page 76
1. — Archives de la Lozère, H 420.
— Grégoire, notaire, 1762. Folio 334.
— Nicolas, tome II, page 137, 150 et 152.
2. — Archives de la Lozère, H 422 et 424
— Bulletin de la Lozère, 1887, III, p. 478.
3. — Archives de la Lozère, H 416, 420, 421 et 422 ; G 1883, 1959 et 2117
— Nicolas, tome II, page 176.
4. — Archives de la Lozère, H 423 et 424 et G 281.
— Grégoire, notaire 1762, folio 334.
— Mort en 1633.
— Nicolas, tome II, page 177 et 199.
5. — Nicolas, tome II, page 223.
6. — Jean de Berney de Villeneuve était Commandeur de Paliers à cette date.
— Archives de la Lozère, H 407.
7. — Archives de la Lozère, H 422.
— Nicolas, II page 233.
8. — Nicolas, tome II, page 225.
9. — Archives de la Lozère, H 417 et 418. On trouve aussi Gallien au lieu de Galéan.
— Grégoire, notaire 1763, folio 329 et 535.
10. — Archives de la Lozère, H 416.
11. — Archives de la Lozère, J. Boyer, notaire, 1687, folio 282.
— On trouve aussi Raphelis d'Agoust, Archives de la Lozère G 2106.
12. — Archives de la Lozère, H 421.


Page 77
N° 1707-1716. Félix de Grimaldy. (1)
N° 1729-1732. Seiret des Alrics Rousset. (2)
N° 1742-1746. Philippe de Pagèse d'Assas. (3)
N° 1753-1767. Joseph d'Olivary. (4)
— Le 29 septembre 1762, Messire Louis-Paul d'Olivary, commandeur de Nice, chevalier de Saint-Jean et procureur (5) de son oncle Joseph d'Olivary, Commandeur de Gap Francès, bail à ferme à Louis Servières, du Pont-de-Montvert « les revenus de l'entière Commanderie de Gap Francès, Pierrefiche, Puech-Banassac, les Estrets, Mende, Saint-Sauveur-de-Ginestoux, Paulhac, le Bleymard, Altier, Frutgères et le Limarès en Vivarais..., avec les droits de lods, de pêche, chasse, amendes et autres droits seigneuriaux, pour cinq années, moyennant le prix et somme de dix mille livres par an. Le sieur Servières sera tenu de payer les charges, capitation, taxe des vaisseaux, caisse commune, gages de l'archivaire, décimes et pensions, le vingtième royal chaque année et généralement toutes les charges de la Commanderie, sauf la pension de son neveu et celle du vicaire de Pierrefiche, payée par le Commandeur lui-même... (6)
N° 1769-1776. Pierre-Antoine-Raymond d'Eaux. (7)
N° 1779-1784. Louis de Moreton de Chabrillan. (8)
N° 1787-1788. Le bailli Bruno-Marie de Foresta, procureur général de l'ordre de Saint-Jean, administrateur de la Commanderie, pendant la vacance. (9)
N° 1789. Le sénéchal Baly de Belmont. (10)
Notes page 77
1. — Archives de la Lozère, H 417, 419, 420 et 421.
— Grégoire, notaire 1762, folios 334 et 1763, folio 539.
2. — Archives de la Lozère, G 1959. Nommé le 29 janvier 1732 bailli de Manosque.
— Nicolas, tome II, page 256.
3. — Archives de la Lozère, H 417-419 et 422.
4. — Grégoire, notaire, 1762, folio 309 et 1763, folio 531. (Les minutes de ce notaire sont déposées en l'étude de Me Boulet, notaire à Marvejols).
— Archives de la Lozère, H 420.
— Joseph-Gabriel d'Olivaris, d'après Nicolas, tome III, page 34 et 103.
5. — Procuration reçue par Me Baille, notaire de la ville d'Aix où résidait le Commandeur d'Olivary.
6. — Grégoire, notaire 1702, folios 309 et suivants.
7. — Archives de la Lozère, H 417 et 419.
8. — Archives de la Lozère, H 416 et 420.
9. — Archives de la Lozère, H 416, 422 et 424.
— Nicolas, tome III, page 161.
10. — Archives de la Lozère, H 421.

Sources : Dr J. BARBOT. L. Costecalde. Archives gévaudanaises. Société d'agriculture, industrie, sciences et arts du département de la Lozère, tome II. Mende 1909-1914. BNF

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