Hospitaliers   Commanderies   Hospitaliers

Commanderies de l'Ordre de Malte
Informations
Chers visiteurs
Vous avez certainement constaté le point d'interrogation dans la barre d'adresse de votre navigateur.

Il y est écrit « Non sécurisé »

Vous pouvez naviguer sur le site sans aucune crainte. La sécurisation d'un site Internet est obligatoire dès lors qu'il y a des demandes de mots de passes ou des paiements en ligne.

Sur ce site il n'y a rien de tout ceci.

Retour

Commanderie de Laon
Département: Aisne, Arrondissement et Canton: Laon - 02

Commanderie de Laon
Commanderie de Laon

Laon des Hospitaliers
Domus Hospitalis Laon
Domus Hospitalis Laon

Les Templiers vinrent s'établir à Laon en 1128 sous le patronage de l'évêque Barthélemy. Cet illustre et pieux prélat à qui nos contrées et la religion durent la fondation des plus célèbres monastères, se trouvait au Concile de Troyes où comme nous l'avons dit, fut approuvé l'institut naissant des frères du Temple. Il songea aussitôt à les introduire dans son diocèse et leur donna d'abord une maison dans la rue Sainte-Geneviève. Cette rue prit alors le nom de rue des Templiers qu'elle échangea plus tard contre celui de rue des Prêtres, pour reprendre enfin celui qu'elle porte encore aujourd'hui. Quelques années après leur arrivée à Laon, les Templiers reçurent de la munificence de leur illustre protecteur la terre de Puisieux.

En 1134, ils obtinrent du pape Honorius la permission de construire une chapelle dans leur maison. C'est alors que s'éleva ce remarquable monument que notre cité peut revendiquer à juste titre comme un type précieux de l'architecture du passé, et que la sollicitude éclairée de l'Etat a jugé digne d'être compté au nombre des monuments historiques qui honorent un pays. Nous n'entreprendrons pas de dépeindre ce simple et sévère édifice. Il a déjà été décrit plus d'une fois, et conservé intact parmi nous, tous peuvent encore en admirer aujourd'hui le style et l'ensemble. Nous voulons seulement rappeler les inscriptions qui couvrent les deux pierres tombales qu'on remarque au milieu de la nef, et celle qui se trouve auprès de l'autel. On lit sur la plus ancienne de ces pierres : Ci-git Grigoire chapelain dou temple qui endit l'âme le jour de Saint-Martin, en esté, en l'an de l'incarnacion 1268. Pez por li.
L'autre recouvre les restes d'un commandeur de Saint-Jean-de-Jérusalem, et porte cette inscription : Ci gis repose Jacques de Haute Avesnes jadis commandeur de Puisieux qui trépassa l'an de grâce 1335, le dimanche après la Saint-Martin en hiver. Priez pour l'âme de li.
Sous la 3e pierre est inhumé un autre commandeur, Pierre Spifame ou Spifaine qui vivait en 1524. Une croix, dont le milieu est embrassé par deux mains jointes est gravée au bas de cette pierre, et on y lit : F. P. Spifame ou Spilaine (frère Pierre Spifane).

Les Templiers acquirent bientôt dans nos contrées de nouvelles et importantes possessions. Au domaine de Puisieux, ils joignirent la terre de Catillon située à quatre lieues de Laon, qui, désormais s'appela Catillon-du-Temple, et celle de Bertaignemont, non loin de Guise. Ils érigèrent ces domaines en commanderies, et établirent dans chacune un certain nombre de frères. Ils acquirent ensuite divers autres corps de biens qu'ils réunirent comme dépendances ou annexes à ces commanderies, tels que la ferme Thouny entre Corbeny et Pontavert, que dans le pays on appelle encore aujourd'hui le Temple, et deux autres propriétés situées dans le Hainaut savoir : la ferme de Toillon dite aussi le Temple de Toillon, et celle de Saint-Aubin. Mais lorsque s'accroissait de jour en jour leur richesse territoriale, au moment où leur prospérité atteignait les plus belles proportions, l'heure suprême allait sonner pour l'ordre tout entier ; le fatal procès était commencé, et de tous côtés s'élevaient des voix accusatrices. Ce fut du sein de notre cité que sortit une confidence qui compromit au plus haut point la cause du Temple, et une des dépositions qui eurent sans doute le plus d'influence sur le sort de l'ordre parmi toutes les accusations qu'on s'efforçait d'amasser contre les malheureux dont on avait conspiré la perte.

Un homme qui avait eu le rare privilège d'arriver par son seul mérite aux postes les plus éminents, Raoul de Presles, né sous nos murs, et devenu un des conseillers de la couronne après avoir exercé avec considération la profession du barreau dans la ville de Laon, révéla un entretien qui ne pouvait manquer d'une fatale interprétation.

Dans sa déposition du 11 avril 1310, où il prend la qualité d'avocat en la cour du roi Radulphus de Prellis advocatus in curia regis, curia regis, il s'exprime ainsi : « Lorsque je demeurais a Laon, un frère du Temple de la même ville, nommé frère Gervais de Beauvais, avec qui j'étais lié d'une amitié très étroite, m'a dit souvent en présence de plusieurs personnes, que dans l'ordre il y avait un point si merveilleux et dont on recommandait si fort le secret, qu'il aimerait autant perdre la tête que de le découvrir, si l'on pouvait savoir qu'il eût parlé que dans leur chapitre général il y avait un objet si caché, que si par malheur quelqu'un le voyait, fut-ce même le roi il serait tué s'il était possible. Il m'a ajouté qu'il y avait un petit livre des statuts de l'ordre qu'il montrait volontiers ; mais qu'il en avait un autre qu'il ne communiquerait pas pour tout l'or du monde. Il m'avoua de plus qu'il n'avait jamais entendu parler de prison si affreuse que celle de l'ordre, et qu'on y renfermait jusqu'à la mort quiconque résistait au commandement de ses supérieurs. »
(Dupuy. — Procès des Templiers. Pièces justificatives).

La crédulité de Raoul de Presles surexcitée par les entrainements de l'opinion publique a-t-elle involontairement exagéré la portée de la confidence du frère Gervais, ou le frère Gervais a-t-il voulu lui-même augmenté le mystère dont l'ordre se plaisait à s'entourer pour se rendre influent et redoutable ? Nous admettons volontiers l'une et l'autre hypothèse ; car il suffit de parcourir les pièces authentiques du procès, et de comparer ensemble quelques-unes des nombreuses dépositions des témoins pour apprécier toute l'exagération et souvent même toute l'absurdité et la fausseté des accusations. Quoi qu'il il en soit, l'ordre était condamné d'avance le 22 mars 1312, sa suppression fut prononcée à la suite du Concile de Vienne, et ses biens furent dévolus aux Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Ainsi disparurent de nos contrées, après 184 ans d'un établissement prospère, les Chevaliers du Temple laissant leurs riches commanderies à l'ordre de Saint-Jean qui les réunit aux possessions que depuis longtemps déjà il avait aussi acquis dans le pays.

L'établissement des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem dans le diocèse de Laon avait suivi de quelques années celui des Templiers ; ils y avaient été aussi appelés par l'évêque Barthélemy. Vers 1140, ils arrivèrent à Cerny-en-Laonnois, et à peu près à la même époque fondèrent à Laon une maison près l'abbaye de Saint-Jean, dans la rue qui porte encore aujourd'hui le nom de rue Saint-Jean-de-Jérusalem. Cette maison, qui fut sans doute rebâtie depuis, est, à ce qu'il parait, celle qu'occupent aujourd'hui les dames de la Providence.
Elle fut vendue en 1791 moyennant une somme de 12,000 francs, ainsi qu'il résulte des procès-verbaux d'adjudication des domaines nationaux.
En 1157, sous l'épiscopat de Gauthier de Mortagne successeur de Barthélemy, les Chevaliers de Saint-Jean acquirent de l'abbaye de Saint-Michel l'église et le territoire de Boncourt, moyennant une redevance de six muids de froment payable annuellement à Sissonne le jour de la fête de saint André. (Sex modii frumentis melioris illius terrae), porte l'acte de concession. (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Michel).

Boncourt
Département: Aisne, Arrondissement: Vervins, Commune: Landifay-et-Bertaignemont - 02

Domus Hospitalis Boncourt
Domus Hospitalis Boncourt

Réunissant à ce domaine les importantes maisons de Laon, Puisieux, Catillon-du-Temple et Bertaignemont, recueillies dans la succession des Templiers, ils firent d'abord trois commanderies dont chacune portait le nom de son principal manoir : celle de Laon et Puisieux, avec maison seigneuriale à Laon ; celle de Catillon-du-Temple, dans laquelle fut comprise la terre de Bertaignemont et de celle de Boncourt.

Bertaignemont
Département: Aisne, Arrondissement: Vervins, Commune: Landifay-et-Bertaignemont - 02

Hospitalis Bertaignemont
Domus Hospitalis Bertaignemont

Plus tard, et à une époque qu'on ne peut exactement préciser, mais qui doit être antérieure au 17e siècle, les commanderies de Laon, Puisieux et Catillon furent réunies en une seule ; et ainsi le Laonnois compta désormais jusqu'en 1789 deux commanderies dépendant du grand prieuré de France : la commanderie de Puisieux et Catillon, ayant à Laon son chef-lieu, et celle de Boncourt.

La commanderie de Puisieux et Catillon est souvent appelée dans les actes qui la concernent Commanderie de Laon, en raison même de ce qu'elle y avait son chef-lieu. C'est sous cette dénomination générale et plus courte qu'il parait plus naturel de la comprendre en la subdivisant en domaine de Puisieux et domaine de Catillon.

La maison de Laon, qualifiée dans les actes tantôt d'hôtel du commandeur, tantôt de maison seigneuriale, était, on le sait, celle-là même qu'occupent dans la rue Sainte-Geneviève les frères des écoles chrétiennes, et s'étendait alors sur une partie des terrains voisins. La chapelle était placée sous l'invocation de Saint-Jean-Baptiste et desservie par les BR. PP. Cordeliers, moyennant une somme de cent livres par an, ainsi que l'attestent plusieurs quittances du gardien du couvent.

Puisieux
Département: Aisne, Arrondissement: Vervins, Commune: Puisieux-et-Clanlieu - 02

Domus Hospitalis Puisieux
Domus Hospitalis Puisieux

Le domaine de Puisieux avait sa maison principale près du village de Chambry, avec chapelle dédiée à Saint-Jean-Baptiste, et un corps de ferme entouré de 1,085 arpents de terres, prés, bois et vignes. De ce domaine dépendait une autre ferme, comprenant 201 arpents 85 verges, sise sur le terroir de Mesbrecourt, dite la ferme de Coupet, et d'autres biens situés sur les terroirs d'Ardon-sous-Laon, La Neuville, Bruyères, Presles, Chevregny, Laval, Bourguignon, Richeconrt, Fay-le-Noyer, Itenansart, Pont-à-Bucy, Froidmont et Cohartille, s'élevant ensemble à 426 arpens ; ce qui donne pour le seul domaine de Puisieux 1,712 arpents 89 verges, c'est-à-dire plus de 857 hectares. Ces contenances et celles que nous donnons plus loin, ainsi que la division des deux domaines résument d'un procès-verbal d'arpentage des propriétés de la commanderie fait en 1767 à la requête du grand prieur de France.

Catillon-du-Temple
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Commune: Nouvion-et-Catillon - 02

Domus Hospitalis Catillon
Domus Hospitalis Catillon

Le domaine de Catillon-du-Temple était encore plus important. La maison et le corps de ferme qui subsistent encore en partie aujourd'hui avaient été construits sur une éminence qui domine le village de Nouvion, non loin de la rivière de Serre. La chapelle était placée sous l'invocation de Sainte-Marie-Madeleine. Les terres qui entouraient la ferme comprenaient 749 arpents 21 verges, et de plus quelques parcelles montant ensemble à 70 arpens, étaient disséminées sur les terroirs de Crécy, Chalandry, Le Hérie et Landifay ; mais la partie la plus considérable du domaine était la maison et la ferme de Bertaignemont. Cette maison qui, avec ses dépendances, avait formé à elle seule une commanderie du temps des Templiers, possédait à l'époque indiquée tout à l'heure 1,285 arpents ; de sorte que dans son ensemble, le domaine de Catillon-du-Temple ne comprenait pas moins de 2,104 arpents 21 verges, c'est-à-dire plus de 1,052 hectares.

Indépendamment de ces propriétés, la commanderie de Laon possédait encore des biens assez importants au-delà de nos contrées elle avait les deux fermes du Hainaut provenant des Templiers celle de Toillon de 207 arpents 79 verges, et celle de Saint-Aubin de 303 arpents 25 verges, parmi lesquels une grande quantité de bois.
La réunion de ces diverses propriétés donne pour la commanderie de Laon en 1765, un ensemble de 4,330 arpents, c'est-à-dire 2,46S hectares.
Un arpentage fait en 1692, donnait pour l'ensemble des propriétés dépendantes de Puisieux et Catillon-du-Temple, un total de 3,664 arpents le domaine de la commanderie s'était donc accru en 73 ans de 664 arpents ou 332 hectares.

Quant aux revenus de ces nombreuses propriétés, on peut s'en faire une idée par l'examen des comptes des receveurs. Nous avons eu sous les yeux ces divers comptes, de 1752 à 1780. Il en résulte qu'en 1752 la recette en argent seulement a été de 14,000 livres et qu'en 1780 elle s'était progressivement élevée 16,180 livres.

Si l'on fait la part des redevances en nature qui n'ont pas du être évaluées dans ces comptes, et si l'on considère surtout quels étaient à cette époque le taux des fermages et la valeur de l'argent, on estimera sans doute à ces chiffres le montant à peu près réel des revenus des domaines dont nous venons d'indiquer l'importance.

Tels sont les renseignements un peu arides, mais intéressants peut-être, que nous avons pu recueillir d'après les documents authentiques, sur la consistance, l'étendue et les revenus des biens que possédaient les chevaliers de Saint-de-Jérusalem dans une seule de leurs commanderies.

Quels étaient les droits attachés a cette commanderie ? Le commandeur de Laon avait titre de seigneur, et était ainsi qualifié dans tous les actes passés avec lui. Il avait droit de haute, moyenne et basse justice dans toute l'étendue des domaines de Puisieux et de Catillon. Ce droit était de vieille date, et formellement reconnu et respecté par les autres juridictions, ainsi que le démontre un acte de 1388 émané du lieutenant du prévôt de Laon, dont la copie certifiée, collationnée et conforme, est scellée de l'aigle en cire verte du grand prieuré de France. On y lit : « Sachent tuis que comme nous pour ses démérites ayons fait pendre et exécuter de par le roi notre sire, à un arbre entre Ardon et Bruyères, Jehan Viotte, lequel arbre est passif de la juridiction haulte, moyenne et basse des religieux de l'hôpital de Sainct Jehan de Jérusalem, nous à iceux religieux avons accordé et accordons par ces présentes que l'exploit d'exécution de dessus, et tout ce qui s'en est dépendu et dépend, ne fasse ni ne tourne aucun préjudice auxdits religieux, ne à leur justice, pour le temps présent et à venir. Donné à Laon, le 7e jour de février de l'an 1338. »

Comme seigneur haut justicier, le commandeur avait encore les droits de confiscation, biens vacants épaves et amendes. A ces droits, il faut ajouter : celui de vinage, perçu sur toutes les vignes qui relevaient de la commanderie, le droit de travers, perçu sur tes chariots et charrettes qui traversaient le terroir dépendant directement des fermes de Puisieux et de Catillon, fixé à cinq deniers pour le chariot et deux deniers pour la charrette, le droit de pâturage pour Puisieux sur les terroirs de Chamery et Malaise, et pour Catillon sur celui de Nouvion-l'Abbesse.

En outre, la commanderie avait droit à une partie des dîmes du terroir de Vaux-sous-Laon, concurremment avec les chapitres de Saint-Pierre-au-Marché, de Saint-Jean-au-Bourg, et celui de la cathédrale ; sa part était fixée au sixième de ces dîmes. Parmi les nombreuses redevances que payaient une foule de tenanciers, il lui était dû par l'évêque de Laon :
1° Deux deniers tournois payables chaque année le jour de saint Remi par chaque jallois pour une pièce de treize jallois sise à Ardon en la seigneurie censive, justice haute basse et moyenne de la commanderie.
2° Une rente foncière annuelle et perpétuelle de 20 asnées de blé à cause de la seigneurie de Pouilly. 3° Un muid de blé à cause de la cense de Clanlieu, dépendant de l'abbaye Saint-Martin, payable à la saint Martin à la maison de Bertaignemont.
Enfin, le commandeur avait droit de nomination aux cures de Mesbrecourt et de Richecourt.

De l'année 1319, époque vers laquelle les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem prirent possession des biens des Templiers, à 1789, époque de l'abolition de l'ordre en France, la commanderie de Laon compta à sa tête trente-deux commandeurs.
Nous en donnons les noms par ordre de date à la suite de cette notice, d'après le tableau qui existe dans la chapelle des Templiers de Laon. Cette liste ne peut être faite pour la commanderie de Boncourt, parce qu'il n'existe pas aux archives du département de pièces relatives à la régie des biens, telles que baux, procès-verbaux de visite et autres actes desquels on puisse, comme on l'a fait pour Laon, Puisieux et Catillon extraire avec leur date les noms des chefs de la commanderie ; mais en ce qui concerne la consistance et l'étendue des biens de cette commanderie et l'importance des droits qui y étaient attaches, les pièces nombreuses du terrier de Boncourt, et un relevé des biens fait en 1768, ont offert à nos recherches des renseignements authentiques et assez complets que nous avons mis à profit pour en esquisser la notice.

Boncourt est aujourd'hui un modeste village du canton de Sissonne, mais son passé ne doit pas rester dans l'oubli, puisque ce fut le premier établissement dans nos contrées d'un des ordres religieux et militaires les plus illustres. En effet, à leur arrivée dans le diocèse de Laon, les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem s'arrêtèrent à peine à Cerny-en-Laonnois ; ils n'y firent pour ainsi dire qu'une étape, et vinrent ériger leur première commanderie à Bonconrt en 1157, après en avoir acquis la terre de l'abbaye de Saint-Michel, ainsi que nous l'avons dit plus haut.
Cette commanderie était déjà florissante, lorsque l'ordre de Saint-Jean recueillit les vastes domaines des Templiers, et son importance s'accrut de jour en jour par l'adjonction de nouvelles propriétés.
Son chef-lieu était le château de Boncourt dans l'enceinte duquel se trouvait l'église paroissiale placée sous l'invocation de saint Jean-Baptiste. Cette église jouissait de divers privilèges ainsi, elle était exempte de tous les droits de visite et autres droits spirituels et temporels de l'évêché de Laon, exemption confirmée par un arrêt du parlement du 10 avril 1531, rendu contre le cardinal de Bourbon, évêque de Laon.
A l'entrée du château se trouvaient deux corps de fermes ayant ensemble, en 1758, quatre cent dix-huit arpents, seize verges de terres, prés et bois.

Les autres dépendances de la commanderie étaient la ferme de Saint-Aquaire, terroir particulier enclavé dans celui de Boncourt, consistant en six cent cinquante-six arpents, dix-neuf verges, avec chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, en laquelle se disait régulièrement tous les jeudis une messe basse.
La ferme de Macquigny entourée de deux cent quatre-vingt-dix-huit arpents, soixante-sept verges.
Celle de la Bovette, près de Neuville-en-Laonnois, comprenant cent six arpents, soixante-quatre verges.

La maison de l'hôpital de Cerny-en-Laonnois, ainsi nommée, non parce qu'elle était consacrée au soulagement des malades, mais parce qu'au moment où elle devint la propriété de l'ordre, les chevaliers s'appelaient encore les hospitaliers de Saint-Jean. Cette maison avait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste desservie par le curé de Cerny ; elle possédait 131 arpents, 10 verges de terres, près et bois.

Au nombre des dépendances de la commanderie de Boncourt, était encore la ferme de Thonny entre Corbeny et Pontavert, avec chapelle sons le vocable de saint Georges, où le curé de Pontavert célébrait la messe tous les vendredis. Cette ferme possédait 409 arpents 12 verges, avec droit de pâturage dans les marais et usages de Beaurieu, Cuiry et Chaudardes, suivant une ancienne transaction de 1223, confirmée par une sentence contradictoire du 17 septembre 1643, obtenue par le commandeur contre l'abbesse d'Origny-Sainte-Benoite, dame de Beaurieux, Cuiry et Chaudardes, et les habitants et communautés des mêmes lieux.

Enfin, la commanderie possédait encore une maison à Ucel et 286 arpents 12 verges disséminées sur les terroirs de Montloué, Roucy, Aubigny, Beaurieux, Bourg, Courtecon, Chamouille, Sainte-Croix, Verneuil-sur-Aisne, Ployart et Bruyères.
Ce qui élevait l'ensemble du domaine à 2,325 arpens, c'est-à-dire a plus de 1162 hectares.

A la commanderie de Boncourt était aussi attaché, dans toute son étendue le droit de haute moyenne et basse justice, et il y avait pour l'exercer, bailli, lieutenant, procureur fiscal, greffier et sergent avec fourches patibulaires à tois piliers sur le grand chemin se Sissonne, près le bois de l'Etape et poteau avec carcan sur la place de Boncourt.

Comme seigneur haut-justicier, le commandeur avait dans tout son ressort droit d'aubaine, épaves, bâtardise, biens vacants, confiscation, lods et ventes, etc., avait de plus, droit de rouage qui se percevait sur la vente du viu en gros droit d'aubrage sur la vente en détail et qui consistait, suivant une sentence rendue au palais à Paris le 25 mars 1611, en un pot, mesure de Boncourt, par chaque pièce de vin, bière ou autre boisson. Il avait aussi droit de pêche et de chasse.
Il lui était dû pour droit de bourgeoisie, huit sols ou une poule vive et en plumes par chaque chef de famille, et une demi-poule ou quatre sols par chaque veuve.

De plus, tout individu possédant héritages ou terres dans l'étendue de la commanderie, devait payer annuellement, à titre de cens et rente seigneuriale, par chaque arpent de 100 verges un quartel de blé et deux tiers de quartel d'avoine, livrables à la Saint-Martin d'hiver dans les greniers du château de Boncourt.

En outre, la commanderie avait droit de relief, de quint et requint et de saisie féodale sur les fiefs de Mainbressis et Mainbresson dans les Ardennes, et sur partie de celui de Logny, près d'Aubenton.

Telles étaient dans nos contrées les commanderies des chevaliers de Malte, que nous avons, dans tout le cours de cette notice appelés chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem pour nous conformer à la dénomination qui leur est presque constamment conservée dans tous les actes qui ont passé sous nos yeux.

Au moment où la révolution les entraina dans la chute des autres ordres religieux, la discipline et langueur des institutions primitives s'étaient depuis longtemps relâchées. Aussi rechercherait-on en vain dans ces commanderies, dont nous venons de retracer le souvenir, l'aspect d'une fervente communauté ayant à sa tête un chef dévoue à la vie sédentaire et monastique. Quelques membres de l'ordre séjournaient bien, il est vrai, dans te principal manoir de la commanderie sans être assujettis aux exigences d'une régie bien sévère mais le commandeur n'y avait pas sa résidence obligée. Les propriétés étaient toutes affermées ; les biens étaient régis par des fondés de pouvoirs ; les revenus étaient perçus par des receveurs. Comme la plupart des seigneurs qui, à certaines époques, venaient visiter leurs terres, le commandeur apparaissait de temps en temps dans sa commanderie qui était aussi une véritable seigneurie, ainsi que l'atteste énumération des droits qui y étaient attachés.

Les ventes nationales ont démembré aujourd'hui ces vastes domaines, ils sont passés en d'autres mains, et sous l'influence des immenses progrès de l'agriculture, leur sol est devenu plus riche et plus fertile. Nous avons cru qu'il ne fallait pas oublier leurs anciens et illustres possesseurs, et que rappeler ici leur mémoire, c'était peut-être ajouter une page utile aux annales de nos contrées.

Commandeurs

1319. Jacques de Haute-Avesne, enterré dans la chapelle de Laon.
1321. Renaud Mouton.
1349 Jean dit François.
1375. Jean d'Aizellé.
1378. Fanvry Maillard.
1402. Jean De Laporte dit d'Oubenarde.
1408. Pierre de Fontenay.
1417. Pierre Pelard.
1447. Nicole de Giresne.
1460. Jean de Fay.
1462. Bertrand de Cluys.
1470. Robert de Franquelaure.
1480. Louis de La Garancière.
1483. Bernard Laurent.
1485. Mery d'Ambroise.
1497. Guillaume Lemonnier.
1503. Jérôme Hombelières.
1506. Antoine Marin.
1514. Pierre de Lestras.
1524. Pierre Spéfano, enterré dans la chapelle de Laon.
1570. François Aimé de Vallenglart.
1598. Vharles de Bellotte, enterré dans la chapelle de Laon.
1618. Claude de Ravinel.
1627. Augustin d'Amour.
1639. Lois de Larivière.
1659. Charles de Cauchon d'Avize.
1678. Maximilien de Renneville.
1679. Théodore de Refuge.
1719. Guillaume-François Bernard d'Avesnes du Bocage.
1734. Antoine de la Motte-Hottot.
1750. Louis-Vincent Bouchet de Fourches.
1788. Marie-Gabriel-Louis Tenier de Hautefeuille.

Pièces justificatives

An 1157.
Acte de cession par l'abbaye de Saint-Michel aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem du terroir et de l'église de Boncourt.
Cartulaire de Saint-Michel
Sources : Bulletin de la Société académique de Laon, tome VI 121 à 133. Paris 1857. BNF

Retour

Top

 

 

Licence Creative Commons
Les Templiers et Les Croisades de Jack Bocar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une oeuvre à http://www.templiers.net/.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.templiers.net/.