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Département de la Savoie

Chambery   (73)

Hospitaliers à Chambéry en Savoie
Département: Savoie, Arrondissement et Canton: Chambéry - 73


Chambéry
Domus Hospitalis Chambéry


Si l'histoire générale des services rendus à la chrétienté par ces deux ordres est connue dès leur origine au XIIe siècle, il n'en est pas de même pour leurs établissements qui, échelonnés le long des grandes voies de communication, offraient asile et assistance aux pèlerins et aux pauvres voyageurs se rendant aux lieux
saints.

En Savoie, leurs hospices et leurs propriétés étaient divisées en trois commanderies dépendant du grand prieuré d'Auvergne. L'époque de leur création est peu connue, les titres de donation n'ayant pas. été conservés; il faut arriver au XIIIe siècle pour trouver mention de leur existence, et au XIVe pour reconnaître leur importance par le dénombrement de leurs établissements et de leurs possessions.

Ces commanderies étaient :
Chambéry, d'où dépendaient : Acoyeu en Bugey, le Touvet (Isère), Aiguebelle, Saint-Michel, Allevard et Messages (Isère).

Les Echelles, comprenant : Moirans, Voiron et les Abrets en Dauphiné.
Le Genevois, dont le chef était Compesières, auquel se rattachaient : Droise, Hauteville, Annecy, Mussy, la Sauvetat, Collogny, Genève, Chesne, le Petit-Collogny, la Verpillière, Clermont, Dorches et Musinens en Michaille.

Les documents que nous avons recueillis nous fourniront les éléments d'une histoire de ces commanderies et des membres qui les composaient ; nous en détachons aujourd'hui une partie de ceux qui se rapportent à la maison et à la chapelle des Templiers et des Hospitaliers à Chambéry.

Le nom de Saint-Jean-du-Temple, qui s'est perpétué dans les actes après l'adjonction des biens des Templiers à ceux des Hospitaliers, constate seul l'existence de leur établissement à Chambéry.
Cette dénomination est restée attachée à leur chapelle et à la maison de la commanderie situées en rue Saint-Antoine, et à la tour qu'ils possédaient à la Cassine.


Rue Croix-d'Or
rue Croix-d'Or
Domus Hospitalis rue Croix-d'Or


Les Hospitaliers avaient aussi une chapelle, des bâtiments et une propriété placés entre la rue de Roche, une partie de la rue Croix-d'Or et de la cour actuelle de la caserne d'infanterie.
Leur chapelle, appelée Saint-Jean-du-Pré, ne nous est connue que par la mention de sa démolition lors de l'établissement de la nouvelle enceinte de Chambéry, en 1371.
Son attribution aux Hospitaliers est basée sur leurs titres de possession mentionnés dans le sommaire des fiefs et dans divers actes de reconnaissance.

Après avoir obtenu les biens des Templiers, les Hospitaliers ne conservèrent qu'une chapelle, abandonnant celle de Saint Jean-du-Pré, moins importante, en mauvais état et qui tombait en ruines lors de sa démolition.

Les comptes des syndics nous ont fourni les principales indications relatives aux Templiers. Ce n'est qu'à dater du XIVe siècle que nous avons rencontré des actes concernant les Hospitaliers ; nous les énumérons sommairement dans l'ordre chronologique.

1328. — Des bourneaux (conduites) de terre sont portés de la maison du Temple à la fontaine Saint-Martin.

1374. — Indemnité payée pour dommages causés dans le pré de Saint-Jean-du-Temple lors de l'élargissement des fossés.

1375. — On mure la poterne du temple dans les courtines derrière leur maison.

1381. — Amédée VI transporte à la ville la propriété des glières du Temple, moyennant 20 sols gros d'indemnité, pour les 2 vaissels de blé et les 12 sols gros dus aux Hospitaliers sur 7 journaux de terre dépendant de leur fief.

1382. — Droit du trézain perçu sur une maison nouvellement construite par les Hospitaliers à l'entrée de la maison du Temple ; cette petite maison, à gauche en entrant dans la cour de la maison Angleys, n'a subi dès lors que des modifications insignifiantes. (Décembre 1885. Elle vient d'être élevée d'un étage)

1418. — Frère Pierre Poncet, au nom de Jean de Boczozel, commandeur de Savoie, assiste à la vente de l'emphytéose et direct domaine d'une terre située à l'angle du chemin des Fossés et de celui qui desserties terres du Verney.

1528. — Le grand Prieur d'Auvergne, Philippe de Villiers, vient à Chambéry avec deux évêques et une suite de trente Hospitaliers, pour être l'un des parrains d'Emmanuel-Philibert.

A partir du XVIe siècle, les communautés des commanderies sont supprimées, et les revenus de celles-ci sont accordés comme retraites ou récompenses aux chevaliers les plus fatigués par le service de mer, etc. Les titulaires de la commanderie de Chambéry, ayant fixé leur résidence à Acoyeu, la maison est délaissée, tombe en ruine, et est successivement albergée, puis vendue.

1579. — Charles de Rochette alberge la maison et placéage dépendant de Saint-Jean-du-Temple à la condition de bâtir, contiguë à la sienne, une maison pour le commandeur à titre d'introge.

1605. — Une femme Lombard tient en emphytéose la petite maison à l'entrée du Temple, dont nous avons signalé la récente construction en 1232, pour 4 sols forts annuels et le droit de laods.

1641. — Les héritiers de de Rochette acquièrent la maison du commandeur, construite par leur auteur, moyennant 5,800 florins payés aux Hospitaliers. Les rentes attachées à la chapelle de Saint-Jean-du-Temple obligeant à y célébrer l'office religieux, l'ordre continue à y entretenir un prêtre chargé de la desservir ; il traita ensuite avec les Pénitents blancs, qui furent autorisés à s'y réunir pour leurs exercices, à charge de l'entretenir et de payer en partie le recteur, resté d'abord à la nomination de l'ordre de Malte, cédée ensuite aux Pénitents blancs.


Le Reclus
Le Reclus
Domus Hospitalis Le Reclus


1652. — Visite de la petite chapelle en rue du Reclus, desservie par un prêtre. Elle possède des ornements, un clocher et deux cloches.
17.. —Par transaction entre les Hospitaliers et les Pénitents blancs, la chapelle est remise à ces derniers pour y faire leurs exercices; ils seront sous la juridiction de l'ordre de Malte, qui se réserve la nomination du chapelain.

1737. — Les Pénitents blancs obtiennent du commandeur de la Romagère le droit d'instituer le recteur de la chapelle.

1765. — Vente par les Pénitents blancs de la chapelle de Saint-Jean-du-Temple et des maisons voisines dont ils avaient hérité.

1775. — Ensuite d'un accord entre l'ordre de Malte et celui de Saint-Antoine de Viennois, ce dernier est annexé au premier et lui apporte tous ses biens.
Sources : M. A. Perrin. Congrès des sociétés savantes savoisiennes : tenu à Montmélian les 10 et 11 août 1885 : compte-rendu de la septième session. BNF


Echelles (Les)   (73)

Commanderie Les Echelles
Département: Savoie, Arrondissement: Chambéry, Canton: Entre-deux-Guiers - 73


Les Echelles
Domus Hospitalis Les Echelles


La Commanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem et ses rapports avec l’église Notre-Dame des Echelles
En l’an 1220, Béatrix de Savoie, fille du comte Thomas Ier et de Marguerite de Faucigny, veuve du comte de Provence. Raymond Bérenger IV, s’était retirée dans son château des Echelles (Savoie), véritable forteresse savoyarde, élevée sur le coteau du Menuet qui domine tout le bourg et la plaine dauphinoise de Saint-Laurent-du-Pont. Cette princesse y termina ses jours, elle fut ensevelie dans la chapelle de son château, sous un magnifique mausolée dont l’historien Guichenon nous a conservé le dessin dans le « Theatrum Sabaudiæ », car ce monument fut détruit en 1793, les ossements dispersés, le crâne seul, recueilli par une personne pieuse, fut remis plus tard à l’abbaye d’Hautecombe pour être placé dans un sarcophage de la Maison de Savoie.

Du château lui-même, il ne reste rien, Lesdiguières étant venu à deux reprises en faire le siège en 1591 et 1592, il fut démoli de fond en comble, car il représentait une forteresse redoutable pour la France.

En 1262, quelques années avant sa mort, Beatrix fit son testament, dont nous relevons les quelques clauses qui, seules, intéressent notre étude : « ... Nous donnons de par « volonté et à jamais révocable, nous accordons à l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, soit au seigneur Fernand de Barrach, grand directeur du saint Hôpital, de çà la mer recevant au nom du Préfet du saint Hôpital, le château, juridiction, la mère, mixte impaire, seigneurie et domaine direct des Echelles et dans le diocèse de Grenoble, avec dudit château son territoire et district, appartenances, revenus, fruits, rentes et dépendances, tant sur les soldat et autres gens du même que les maisons, terres, prés et autres possessions, fours, moulins, bois, forets, rivières, ruisseaux, droits de pêche et de chasse, bans, justice, cens, tailles, etc., et autres droits quelconques, pour en jouir par ledit Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, de la même manière que nous en avons joui jusqu’à présent, non compris cependant dans ladite donation ce que nous avions donné aux Chartreux..., à quoi nous ne dérogeons pas. Ladite donation faite cependant sous la condition que dans ledit lieu des Echelles, il y soit construit une maison et une église. Dans laquelle maison habiteront 13 prêtres que ledit Hôpital entretiendra, de même que 2 diacres et 3 clercs, lesquels seront entretenus des revenus ci-devant donnés et ceux qu’ils pourront acquérir..., lesquels prêtres seront des Frères de l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem... de plus, nous voulons que chacun desdits prêtres dise chaque semaine tandis que je vivrai, une messe de la Bienheureuse Vierge Marie, et qu’à notre décès une messe de mort chaque semaine, spécialement pour le repos de notre âme. De plus, nous voulons spécialement et nous défendons aussi expressément qu’il nous est possible, que ledit château ni ses dépendances tant générales que particulières puissent passer en d’autres mains, soit par vente échange, donation, etc. Ne défendons expressément qu’aucun autre que le Comte de Savoie puisse être souverain dudit mandement... Fait aux Echelles dans notre Palais, l’an de grâce 1202 ; les ides de novembre et la 6e année du pontificat d’Alexandre III, en présence de l’Archevêque d’Embrun et de l’Evêque de Nice. »
(La copie intégrale de ce testament était conservée à l’église Notre-Dame des Echelles où copie en a été prise.)
Ce testament fut ouvert, en 1264, par l’Evêque de Grenoble, en présence de 8 Pères, de l’Archevêque d’Embrun, l’Evêque de Belley, l’Abbé d’Hautecombe, les Aumôniers du Roi et de la Reine de France, et par 2 Procureurs fondés, envoyés du Comte de Savoie. Les exécuteurs testamentaires furent l’Archevêque de Vienne et l’Abbé d’Hautecombe.

« La Commanderie vint donc prendre possession de son héritage, mais sa juridiction ne s’étendait qu’à l’enceinte du château et à l’hôpital ; la paroisse dépendait de l’Abbaye de Saint-Chaffre, en suite d’une donation antérieure, l’église Notre-Dame des Echelles ayant été cédée aux moines de Saint-Geoffroy, en 1042, par le Comte Humbert de Savoie et ses fils Aimé et Odon. Cette situation amena des difficultés très sérieuses entre les deux Ordres ; aussi, Saint-Jean-de-Jérusalem s’efforça d’obtenir de Saint-Chaffre la cession du Prieuré des Echelles, et dix ans après la fondation de la Commanderie cette union eut lieu. Les biens de l’église furent unis à ceux de la Commanderie qui fut chargée de desservir la paroisse des Echelles et d’entretenir l’église. Le Commandeur devint ainsi seul seigneur des Echelles et des rives du Guiers.
Les renseignements sur les débuts de cette Commanderie sont peu abondants, faute de documents ; le premier Commandeur fut Guy le Chevelu, de 1278 à 1280.

L’histoire de la Commanderie et des Commandeurs se confondent dans des conflits continuels avec l’église des Echelles, qui dépendait toujours pour le spirituel du Décanat de Savoie et de l’Evêque de Grenoble.

« Le Commandeur nommait le juge, le châtelain, etc. ; il avait le droit de pêcher dans le Guiers, le Morge, etc. ; il prélevait un droit sur toutes les bêtes tuées et sur toute bête bovine amenée à la foire, etc. Un des derniers fermiers de la Commanderie qui était chargé de recevoir les dîmes était Jean Millioz, dont la famille s’est éteinte à la fin du XIXe siècle.
Nous possédons plusieurs reçus des dîmes encaissées et signées de lui pour le compte de la Commanderie au cours des années 1748, 1749, 1754, 1756, 1757, 1760, 1762, 1764.

« Les Commandeurs résidèrent aux Echelles jusqu’au XVIIIe siècle, mais vu l’état de démolition des bâtiments, détruits au cours des sièges de Lesdiguières en 1591 et 1592, il leur fut impossible de procéder à de grandes réparations, leurs revenus étant très réduits. De cette Commanderie, il ne reste plus aujourd’hui que l’ancien logis du Commandeur, devenu la mairie actuelle.

La façade sur cour est conservée dans son état primitif, les autres parties du bâtiment ayant été transformées, On y conserve la pierre de la clef de voûte du portail d’entrée qui n’existe plus, on voit sculpté sur cette pierre, une croix patriarcale au sommet flamboyant, au-dessus un croissant entouré d’une bande en relief en forme d’écusson ovale à deux pointes, sur laquelle est gravée cette légende : « In fide et constantia, 1632 »
Un motif du même genre mais sans légende entoure une niche gothique encastrée sur le pilier d’angle de deux arcades de l’époque, situées face à la mairie. Dans la cour intérieure d’une maison, en face de l’église, est une tourelle gothique avec une chambre circulaire et bien conservée par étages ; celle-ci était encastrée dans le rempart qui descendait jusqu’au bord du Guiers voisin. La tour de la maison d’école sur la mute de Chambéry est aussi contemporaine, elle faisait partie de la défense dans les remparts qui commandaient de ce côté la plaine de Saint-Christophe.
Tels sont les derniers vestiges de cette lointaine époque.

Archives de l’église des Echelles
L’église ancienne des Echelles était à une seule nef formant croix avec deux chapelles, celle à droite du chœur se prolongeant parallèlement à la nef par un mur percé de deux arcs, où, en plus du maître-autel, il existait encore trois autres chapelles.
La visite pastorale de Mgr Jean de Gaulet, faite le 11 août 1729, nous donne l’état exact de la situation de celte église. En voici la copie conservée dans les archives de la cure des Echelles :
« Le prieuré des Echelles dépendait anciennement du prieuré de Saint-Laurent de Grenoble. Le prince Humbert aux Blanches-Mains, second comte de Savoie, le lui donne en 1042.

En 1273, l’Abbé de Saint-Chaffre, de qui dépendait le prieuré de Saint-Laurent de Grenoble, échange celui des Echelles contre une maison ou grange située dans le diocèse du Puy en Velay, dépendant de l’Ordre de Malte, avec toutes ses dépendances.
Les Seigneurs Commandeurs des Echelles l’ont toujours possédé depuis.
Les revenus dudit Prieuré consistent actuellement dans les dîmes de ladite paroisse, seulement, dans la partie de Savoie, celle de la partie de France appartenant aux Chartreux par échange fait en l’an 1626 d’une partie et en 1716. Le reste des dîmes qui appartenaient encore à la Commanderie des Echelles au lieu appelé au Greppon, fut échangé avec lesdits Chartreux, contre les dîmes du Villars, paroisse de Saint-Christophe. Il perçoit encore la dîme à Saint-Pierre-de-Genebroz... Plus ledit revenu consiste en terriers sur la paroisse des Echelles, sur celle de Saint-Christophe, Saint-Pierre-de-Genebroz, Saint-Jean-de-Couz, Corbeil, La Ruchère, de ce diocèse.
La Bauche, Oncin, Latignat, Saint-Jean-Chepin et Saint-Genis, diocèse de Belley.

Les Abrets, diocèse de Vienne.
Des fonds et un moulin dans la paroisse et un à Saint-Christophe, et un four à Saint-Franc, lieudit de Chaille.
Le reste des revenus consiste en prairies et autres ruraux, situés dans l’étendue desdites paroisses, tout lequel revenu se monte à 2.800 livres nettes.

« A ladite Commanderie est joint le membre de Saint-Jean-de-Moirans, « lequel membre vaut 2.000 livres frais faits et consiste en vignes, situées au lieudit de Saint-Jean-de-Moirans ; prés, ruraux, moulins, artifices et bois, tout audit lieu, un terrier sur lesdites paroisses de Saint-Jean-de-Moirans et Voiron et une maison audit Voiron.

« Sur ce, ledit Commandeur est obligé d’entretenir dans ladite église, un sacristain et deux prébendiers, outre le curé. Ledit sacristain s’appelle Jean-Baptiste Dallegret et les prébendiers sont Claude Janot et Jean-Baptiste Bonne, auxquels il paie pour portion de prébende 7 charges de blé froment, pouvant valoir 10 livres la charge année commune, 5 charges 1/2 de vin, mesure de Montbonnot, pouvant valoir 6 livres la charge, et 7 livres d’argent, monnaie de Savoie. Au surplus, lesdits Seigneurs, curé, sacristain et prébendés, jouissent d’une somme de 54 livres le chacun, provenant d’un terrier dont les prêtres du château vendirent les rentes au sieur Commandeur vers l’an 1652.
Plus ledit Commandeur lui donne depuis deux années par accommodement verbal et provisionnel au chacun 21 livres d’argent et 1 charge 1/2 de vin, mesure susdite qui est tout le revenu des prébendes. Sur quoi lesdits sacristain et prébendés sont chargés d’acquitter une messe par chaque semaine pour la fondation de la comtesse Beatrix de 1266.

« Ledit Commandeur est au surplus chargé de l’entretien du chœur et de la sacristie de ladite église, de payer en argent et en grains la portion au sieur Curé de Saint-Pierre-de-Genebroz et le tiers de la portion à celui de Saint-Christophe. Et d’une aumône d’environ une livre de pain à chaque pauvre qui se présente le dimanche et le jeudi de chaque semaine de Carême jusqu’au Jeudi saint inclusivement...
A droite plus haut est encore une chapelle sous le vocable de saint Sébastien, saint Antoine et saint Roch, à la nomination des syndics de la ville, le titulaire est Messire J.-B. Bonne, prêtre, chanoine de l’église royale de Saint-Louis de Grenoble et notre Official...
Ledit sieur Bougheti, prêtre irlandais, en fait le service.

« ..... Il y a une fondation d’une messe par semaine au maître-autel, faite par M. La Marine, il y a environ quarante ans, au revenu de 18 livres, affectées sur la totalité des biens délaissés par ledit sieur La Marine, MM, Dolin frères et ses héritiers paient ladite somme au sieur Curé qui acquitte ce service... Le luminaire se fournit au moyen de quêtes qui se font dans l’église, les dimanches et les fêtes i il y a au surplus une fondation faite par M. La Marine d’une somme annuelle de 7 livres 10 sols pour entretenir l’huile de la lampe devant le Saint Sacrement, cette somme est affectée sur la totalité de ses biens. MM. Dolin paye ladite fondation. Plus un M, Gay, prêtre des Echelles, a donné un fonds situé en Bande, paroisse de Saint-Christophe, de la contenance d’environ 4 journaux pouvant valoir 8 livres, charges déduites, et ce pour entretenir le luminaire de l’autel. Il y a une fondation de 73 livres 4 sols applicables, ou pour un prédicateur, ou pour un maître d’école, faite par Philibert d’Allegret ; Barthélemy Pelaffort y a été nommé pour l’exercice et les fonctions du dernier et approuvé de nous, dès le mois passé, il a commencé à exercer cette fonction, on ne peut pas encore juger s’il instruira les enfants comme il faut.

Les villages composant la paroisse en 1729
« Ladite paroisse consiste en plusieurs différents hameaux dont les principaux sont en Savoie : la Ville, le Maillet, la Porte, la Roche, le Tartara et Chailles.
En France les villages : des Guerre, la Tour, le Mas, Bachelard, Colombaize, le Duet, les Bauches, le Grenat, Laigrepont, le Grepon, le Pont Jean-Lioud et le Suiffrev.
Il y a un vieux château au-dessus de la ville, auprès duquel sont les vestiges de l’ancienne église.

« Le Seigneur du lieu est le Commandeur ; les officiers de justice sont ; M. Bonne, châtelain à la part de Savoie, et M. Farconnet à la part de France. Les susdits hameaux contiennent environ 1.100 habitants, dont les communions sont au nombre de 300, dont l’assiduité aux offices, celle des enfants au catéchisme, et la fréquentation des sacrements paraissent suffisantes.

Etat de l’église
« La paroisse peut avoir deux lieues d’étendue. Elle est bornée au septentrion par celle de Saint-Pierre-de-Genebroz ; au midi, par celle de Saint-Laurent-du-Pont et Villette ; à l’orient, par celle de Saint-Christophe ; à l’occident, par celle de Miribel ; elle fait mandement.

« L’église est en fort bon état, elle a environ 20 toises de long sur 6 de large, bâtie de maçonnerie, voûtée de même à lames, couvertes de tuiles à neuf et pavée, savoir : la nef du plancher en bon état et la séparation de la nef dans le chœur, qui est le passage au-dessous du clocher, de pierre molasse, a besoin d’une réparation totale ; les vitres sont en bon état. Le chœur est voûté, en bon état, fermé d’une grande balustrade de bois et environné de stalles de bois de noyer en bon état au nombre de 4 de chaque côté, lesquelles stalles et boisage tant autres que dessus ont été faits aux frais de la communauté. Le couvert est d’encelles et bien entretenu, le pavé de plancher de même. Le grand autel est fort propre et bien entretenu ; le tableau représente l’Annonciation ; le tabernacle est fort propre, fermant à clef, dans lequel sont renfermés un ciboire d’argent qu’il convient de refaire étant trop petit et ayant du plomb au fond de la coupe, ce qui est très indécent et sujet à bien des inconvénients. Une petite pyxide pour conserver les hosties et une boîte pour porter le Saint Sacrement aux malades. Il y a dans ladite église une piscine près les fonts baptismaux qui sont en bon état et fermant à clef, deux lampes de cuivre, deux chaires à prêcher de bois de noyer, trois confessionnaux, un de bois de noyer et deux de bois de sapin, le tout en bon état.

« Un mausolée de la comtesse Béatrix, fondatrice de l’église du château et transporté de ladite église dans celle de la paroisse vers l’an l592, du temps des guerres civiles de la Ligue des Princes que ladite église fut incendiée et le château détruit.

« Deux bénitiers de pierre et un portatif de cuivre avec son aspersoir en bois. Les portes sont en bon état. Le clocher est situé entre la nef et le chœur bâti en forme de grosse tour carrée, finissant en flèche couvert de tuiles plates...

Reliques
« La sacristie est à droite donnant sous le chœur. A deux membres, dont l’un est voûté et l’autre d’un plancher bâtard pavé de planches en entier, le tout en bon état. En icelle est renfermé un assez beau trésor consistant en une très belle croix d’or, de la hauteur d’un pied, garnie de reliques dans toute son étendue et quelques autres reliquaires d’argent. Un buste de vermeil haut d’une coudée et large par le bas d’environ un pied, un ange de vermeil tenant un reliquaire dont le devant est d’or enrichi de quelques pierreries, une croix de cristal de roche garnie d’argent, un reliquaire d’ivoire garni d’argent contenant des reliques de saint Biaise. Un petit reliquaire de cuivre un petit oratoire d’ivoire, un petit coffre dans lequel il y a plusieurs reliques, le pied de la croix d’or de cuivre doré, un autre reliquaire de cuivre doré garni de trois glaces. Un petit reliquaire de cuivre doré où il y a des reliques de saint Clair. Une petite bourse d’étoffe d’argent fort usée où sont des reliques de saint Félix. Un petit encensoir en miniature de cuivre, trois calices avec leurs patènes d’argent dont deux sont dorées, en dedans des ampoules d’argent pour tenir les Saintes Huiles dûment renouvelées, deux burettes avec leur bassin d’argent, un encensoir et sa navette aussi d’argent.

Lingerie et ornements
« Il y a au surplus dans ladite sacristie : 10 chasubles blanches, 4 rouges, 2 vertes, 2 violettes et 5 noires ; 4 chappes, 7 aubes, 10 amicts, 5 ceintures, 9 surplis, 2 douzaines de corporaux, 120 purificatoires, 4 palles, 7 nappes d’autel, 12 essuie-mains ; 2 croix de cuivre pour les processions, 1 bannière, 1 dais pour porter le Saint Sacrement et 1 lanterne ; 4 missels, 1 graduel, 2 gros antiphonaires, et 1 rituel. Les armoires pour resserrer lesdits ornements sont en très bon état et en bois de noyer.

Chapelles de l’église
« Il y a dans l’église, à droite en entrant, une chapelle sous le vocable de saint Joseph fort bien ornée. M. de Buguet, gouverneur du Fort de Lagnosc en Flandres, y a fondé une messe par semaine au revenu de 20 livres affecté sur une maison située dans le bourg appartenant à M. Perrin de l’Epinay, ledit sieur Perrin paye la rente au sieur curé qui acquitte ledit service. Plus haut du même côté, en est une sous le vocable de saint Bruno, sans titre, ni fondation. Plus haut encore en est une sous le vocable de saint Sébastien, saint Antoine, saint Roch, à la nomination des syndics de la ville. Le titulaire est Messire J.-B. Bonne, prêtre, chanoine de l’église royale de Saint-Louis de Grenoble et notre Official. Le revenu est de 00 livres consistant en 7 journaux de terre située au lieu appelé Le Plan du Maillet, de la paroisse des Echelles, à la charge d’acquitter trois messes par semaine. Ledit sieur Bougheti, prêtre irlandais, en fait le service ainsi que de la prébende de ladite église, et pour ce ledit sieur Bonne lui donne une somme annuelle de 150 livres ; monnaie de Savoie.
De l’autre côté, en descendant vers la porte, est une chapelle sous le vocable de sainte Catherine, à la nomination de M. de Bovet, garde des Sceaux. Le titulaire est le sieur d’Allegret ; le revenu est de 75 livres, affecté sur un pré d’environ 7 à 8 stérées et 2 journaux de terres labourables situées dans la paroisse de Saint-Pierre-de-Genebroz et possédées par le sieur Rivoire, ledit Rivoire paye cette somme à la charge par ledit sieur d’Allegret d’acquitter une messe par semaine et une grand’messe à chaque quatre-temps de l’année.
« De même côté, en descendant est une autre chapelle sous le vocable de Notre-Dame de Consolation, sans titre, ni fondateur. »
Je n’ai pas relevé les registres paroissiaux, vous pourrez les lires en ligne.
Sources : Marc Dubois, « La Commanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem et ses rapports avec l’église Notre-Dame des Échelles (Savoie) », Bulletins de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie,? 1930, pages 33-62 BNF


L’ancienne commanderie aux Échelles
Béatrice de Savoie souhaite faire don de ses biens aux Chartreux, toutefois, ces derniers ne pouvant accueillir sa sépulture, elle se tourne vers les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La donation aux Hospitaliers se fait avec ses testaments de 1260, puis 1262[39]. Dans le second, elle indique ainsi qu’elle

La statue de Béatrice de Savoie et l’ancienne commanderie aux Échelles
« [accorde] à l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, soit au seigneur Ferrand de Barrach (Ferrandus de Barrachio), grand directeur du sain Hôpital, de çà la mer [. . .] le château, juridiction, la mère, mixte impère, seigneurie et domaine direct des Echelles et dans le diocèse de Grenoble, avec dudit château son territoire et district, appartenances [. . . ] » Les Hospitaliers s’installent et fondent un chapitre et un hôpital.

L’église relevant de Saint-Chaffre, il faut attendre une dizaine d’années pour que les Hospitaliers obtiennent, en plus de la seigneurie, la paroisse. Désormais la Commanderie possède la charge de celle-ci et l’entretien de l’église. Toutefois, des conflits d’autorités persistent dans la mesure où l’église relève « toujours pour le spirituel du décanat de Savoie et de l’évêque de Grenoble »
Le premier commandeur mentionné est Guy le Chevelu, entre 1272 et 1280.


Commanderie aux Échelles



L’ancienne commanderie aux Échelles


L’actuelle mairie occupe les locaux de l’ancienne commanderie, bâtiment datant du XIIe siècle, dont demeurent de très belles voûtes ainsi que des fenêtres à meneaux. La ville accueille également une léproserie et des casanes lombardes (banques).


Echelles
La commune des Echelles fut durant cinq siècles liée aux commandeurs de Saint Jean de Jérusalem. Cet ordre religieux avait pour mission de défendre les positions chrétiennes en Palestine. Ils élaborèrent ainsi des relais d’hébergement dans toute l’Europe : les commanderies. Ces habitations étaient gérées par des Commandeurs.

Sous l’impulsion de Béatrice de Savoie ces moines guerriers s’installèrent sur la commune des Echelles. Ils géraient un hôpital dédié aux pauvres et un ensemble de biens (moulins, bois, terres cultivables, château). Le déclin de l’ordre commença à partir de la perte de Jérusalem et des Terres Saintes en 1290 et à la Révolution française tous leurs biens furent vendus à la bourgeoisie locale.

Le village subit de nombreux incendie dont celui de 1710 qui ravagea la Commanderie ainsi que l’église paroissiale. D’après les chroniques de l’époque, cet incendie fut particulièrement désastreux pour la commune.
Source : bulletin cantonal Jean Pierre Vial, 2000. Mairie des Echelles. 2, passage de la Poste. 73360 Les Echelles


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