Gabre (09)
Commanderie de GabreDépartement: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Le Mas-dAzil — 09

Commanderie de Gabre
Membres
Inconnus: Alvich, Alviès, Anham, Anhel, Aniaux, Asciac, Asnac, Astuech, Ausac, Aymat, Belvé, Bouau, Buac, Castelnovel, Enat, Essem, Gisters, Golier, Hornollac, Molières, Nielglos, Olhet, Saint-Hugues, Sorsen, Ures, vallée de sos, Videlhac.
Anhaux
Département: Pyrénées-Atlantiques, Arrondissement: Bayonne, Canton: Mauléon-Licharre - 64

Domus Hospitalis Anhaux
Arbieg
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09

Domus Hospitalis Arbieg
Anavre
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Tarascon-sur-Ariège - 09

Domus Hospitalis Anavre
Bachy
Département: Ariège, Arrondissement: Saint-Girons, Canton: Couserans Est, Commune: Esplas-de-Sérou - 09

Domus Hospitalis Bachy
Cabannes
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Les Cabannes — 09

Domus Hospitalis Cabannes
Capoulet
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09

Domus Hospitalis Capoulet
Lujat
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Ornolac-Ussat-les-Bains - 09

Domus Hospitalis Lujat
Mercus
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Bompas - 09

Domus Hospitalis Mercus
Niaux
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09

Domus Hospitalis Niaux
Pailhès
Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Le Mas-dAzil — 09

Domus Hospitalis Pailhès
Prades
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Ax-les-Thermes - 09

Domus Hospitalis Prades
Sem
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09

Domus Hospitalis Sem
Sentenac
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09

Domus Hospitalis Sentenac
Savarthès
Département: Haute-Garonne, Arrondissement et Canton: Saint-Gaudens, Commune: Saint-Médard - 31

Domus Hospitalis Savarthès
Suc
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09

Domus Hospitalis Suc
Taparouch
Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Arize-Lèze, Commune: Sabarat - 09

Domus Hospitalis Taparouch
Unac
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09

Domus Hospitalis Unac
Ussat
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Niaux - 09

Domus Hospitalis Ussat
Verdun
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Les Cabannes — 09

Domus Hospitalis Verdun
Tarascon
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Tarascon-sur-Ariège - 09

Domus Hospitalis Tarascon
Vicdessos
Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès - 09

Domus Hospitalis Vicdessos
Par suite dévénements que nous aurons à raconter tout à lheure, les archives de cette Commanderie ont presque entièrement disparu et nous ne pouvons restituer son passé quà laide dun inventaire composé dans le courant du XVIIe siècle. Cet établissement de lOrdre de Saint-Jean, ainsi que ses nombreuses dépendances, se trouvaient situées au milieu des montagnes les plus sauvages du pays de Foix (aujourdhui partie méridionale du département de lAriège).
LHôpital de Gabre existait avant la fin du XIIe siècle; nous trouvons, en effet, la donation du fief de « Castanes », qui lui fut faite en lan 1191. Mais, à part cette donation et celle du fief des « Algarilhes », faite le troisième jour des Ides de juin 1259, par Bernard de Montmaur à Guillem Arnaud, Commandeur de Gabre les autres nous sont complètement inconnues et nous serons forcés dénumérer les dépendances de cet établissement, sans pouvoir indiquer leur provenance.
Vers la fin du XIIIe siècle, nous trouvons le commandeur de Gabre en procès avec Arnaud Garsie, abbé du Mas-dAzil; il sagissait de leurs droits respectifs sur les territoires « dAron, Molières et Taparou. » Laffaire fut remise à larbitrage de Bernard dAure, Commandeur de « Saint-Jean del Thor » et de Pierre Allemand, diacre; ceux-ci, le 3 des Nones de novembre 1280, en présence de Nicolas, évêque de Couserans et dIsarn, abbé de Combelongue, rendirent leur sentence, par laquelle la seigneurie dAron était reconnue à labbaye, tandis que Molières et Taparou appartiendraient par indivis à labbé et au commandeur. Il fut décidé, en outre, que les différends qui surviendraient à lavenir entre les deux parties seraient jugés par lévêque de Couserans et labbé de Combelongue.
Sentant sans doute le besoin de construire une bastide fortifiée à la place de la ville de Gabre, le commandeur sadressa au Grand-Prieur de Saint-Gilles, qui conclut, le 6 mars 1283, un traité de paréage avec le roi de France, malgré les protestations du comte de Foix, alors prisonnier du roi dAragon. Par cet acte, les Hospitaliers cédaient à la couronne la moitié de toute la juridiction haute, moyenne et basse quils avaient au lieu de Gabre, en échange de lérection des murailles de la future ville.
Quelques années plus tard, la ville que les fondateurs avaient appelée la Bastide de Plaisance existait déjà. Nous voyons, en effet, ce même Prieur, Foulques de Villaret, obligé dintervenir entre le commandeur et les habitants de cette bastide, pour régler des difficultés relatives au casuel dû au vicaire perpétuel. Le commandeur sengagea dans cet accord à faire en sorte que les paroissiens de la Bastide neussent à payer, à loccasion de leurs mariages, « que 15 sols tournois pour la bénédiction nuptiale, plus 3 deniers tournois pour le repas du prêtre et de son clerc, et pour les enterrements, le meilleur habit ou la meilleure robe possédé par le défunt lors de son décès. » (5 octobre 1292).

Eglise des Hospitaliers de Gabre — Sources: Mairie de Gabre
Comme nous lavons vu plus haut, les localités de Molières et de Taparou dépendaient en partie de lHôpital, le commandeur y partageant la juridiction avec le comte de Foix (09) et labbé du Mas-dAzil (09). Par suite des malheurs de la guerre ou de quelques désastres particuliers, ces deux petites villes étaient devenues, dans la première partie du XVe siècle, presque entièrement ruinées et dépeuplées. Aussi le comte de Foix et labbé du Mas-dAzil, trouvant que les habitants étaient trop peu nombreux pour les indemniser des frais dentretien de leur tribunal, des gages de leurs juges et autres officiers de justice, proposèrent-ils au commandeur de Gabre de transporter le siège de leur juridiction commune dans la ville de Sabarat (09), dont ils étaient seigneurs, et où lHôpital possédait de son côté de nombreuses rentes. Le commandeur accepta la proposition, en se réservant la faculté détablir un bailli pour exercer la justice civile et criminelle dans les lieux de Molières et de Taparou, conjointement avec les juges de Sabarat, et le droit de recevoir les serments des consuls des deux villes. Moyennant ces réserves, les trois seigneurs prononcèrent, le 31 mai 1429, ladjonction de Molières et de Taparou à la juridiction de Sabarat; mesure qui, malgré les précautions du commandeur, devait être fatale à la prospérité de ces deux localités; car elles continuèrent à décroître et finirent par nêtre que de simples hameaux.
Vers le commencement du XVIe siècle, à la commanderie de Gabre, fut réunie celle de Capoulet (à louest de Tarascon-sur-Ariège 09), située, ainsi que ses nombreuses dépendances, dans la vallée supérieure de lAriège. A partir de ce moment, cette circonscription, affectée aux chapelains ou aux frères servants de lOrdre, porta le nom de commanderie de Gabre et de Capoulet.
Bientôt après souvrit pour elle une période tourmentée. La Réforme avait fait des progrès rapides dans tout le comté de Foix. Protégés par les seigneurs, les ministres y propageaient tout à leur aise leurs doctrines, et les protestants ne tardèrent pas à se montrer en armes de tous côtés. Pamiers, le Mas-dAzil, Saverdun (09) étaient leurs principaux centres dans la contrée, et de là, leurs bandes, qui trouvaient de la sympathie dans les régions avoisinantes, sy répandaient librement, brûlant les monastères, massacrant les prêtres et portant la désolation et le ravage dans les propriétés des catholiques et dans les villes qui navaient pas embrassé leur parti. Aussi avons-nous vu plus haut, dans les plaintes adressées en 1588 par le receveur général du Grand-Prieuré à Messieurs les Trésoriers de France, que le commandeur de Gabre avait été complètement privé de ses ressources pendant cette période. Lors de la reprise des hostilités, en 1620, les protestants du Mas-dAzil furent les premiers à répondre à lappel aux armes lancé par le duc de Rohan et recommencèrent aussitôt leurs courses et leurs dévastations dans les environs. Ils semparèrent de la ville de Gabre, du château de la commanderie, et les mirent au pillage. Favorisés par les habitants, ils détruisirent léglise et, près de ses ruines, convertirent une maison en Temple pour leurs assemblées particulières.
De la tour de Gabre, devenue pour eux un formidable centre daction et un important point stratégique, ils commandaient toute la contrée et portaient leurs courses dévastatrices dans tout le voisinage: ils en demeurèrent les maîtres jusquà la fin de la guerre, et les chevaliers de Saint-Jean ne purent rentrer en possession de leur antique manoir quaprès la conclusion de la paix. Mais en présence des maux que la garnison huguenote de Gabre avait fait subir à tout le pays, et voulant en prévenir le retour dans lavenir, les états de Foix ordonnèrent la démolition de ces remparts. Le gouverneur, messire de la Forêt Toiras, se transporta lui-même sur les lieux pour veiller à lexécution de cette ordonnance, et il ne resta plus de la fière tour qui dominait tout le pays quun grand amas de ruines. Quelques années plus tard (1648), le chevalier François-Paul de Béon, fermier de la Commanderie, fit élever auprès de ces monceaux de décombres une « fort jolie maison de forme carrée qui était défendue par deux guérites de pierre, sélevant à ses deux angles, et par une meurtrière placée au dessus de la porte. »
Quand la paix définitive eût mis fin à cette longue période de guerres religieuses, le commandeur de Gabre, après avoir inutilement essayé de persuader aux protestants la nécessité de réparer les dommages quils lui avaient causés, porta ses plaintes au Parlement de Toulouse; il réclamait la restitution des meubles et autres valeurs quon lui avait enlevés lors de la prise de Gabre, et le rétablissement dans cette ville du culte catholique. La cour de Toulouse fit droit à sa requête et, par sa sentence du 27 septembre 1640, elle ordonna que léglise de Saint-Laurent de Gabre serait rendue au culte, que le Temple des religionnaires serait démoli, et que les objets appartenant à la Commanderie lui seraient restitués. Rentré en possession de léglise, le commandeur eut à pourvoir à sa réédification, car la toiture nexistait plus, et prêtres et fidèles étaient exposés pendant les offices à toutes les intempéries du dehors. Le chevalier de Béon ne se contenta pas de ces restaurations indispensables, mais il se préoccupa encore de lornementation du sanctuaire, et fit exécuter par « Jacques Damien, maître peintre de Thoulouze » au prix de 25 livres, un tableau représentant la sainte Vierge, et quil fit placer derrière le maître-autel. Les archives contiennent le récit des démarches quil tenta inutilement auprès du comte de Barreau, du sieur de Lapasse et du comte de Treville, successivement gouverneurs du château de Foix, pour rentrer en possession de la grosse cloche que messire de la Forêt avait fait enlever à léglise de Gabre, lors de la démolition des fortifications, et qui servait à lhorloge de ce château. Mais il était une perte quon ne pouvait réparer: cétait celle des vieilles archives de Gabre et de Capoulet, brûlées dans lincendie du château. Cette perte entraîna pour les Hospitaliers celle des rentes de Pailhès, des dîmes de Bordes, de Sabieurat, du Cariât, dArtigat, de Taparou, qui avaient été usurpés pendant la dernière période et dont les commandeurs ne purent obtenir la restitution.
Pendant la période de paix qui suivit toutes ces agitations, nous nous contenterons de signaler une transaction conclue le 19 mai 1631 entre le commandeur Jean dAndré et les consuls de Sussan, au sujet de lexercice des droits seigneuriaux. Par cet accord, « les habitants et bientenants de Sussan seront tenus de faire guet et garde dans le chasteau du commandeur, conformément aux arrests de reiglement donnes en pareils cas en temps de guerre, savoir les habitants en personne et les bientenants par leurs métayers, à la charge néantmoings, que le chasteau soyt en estât de deffense et que les habitants y puissent retirer leurs personnes et leurs commodités avec sûreté. » Les consuls reconnurent en outre le commandeur pour leur seigneur haut justicier.
Un inventaire dressé en 1631, nous donne la description de cette petite place de guerre: elle consistait en une tour entourée dune palissade et dune terrasse avec sa porte à herse et pont-levis, précédée par un ravelin à deux portes: larmement intérieur ne répondait pas à la puissance de ces murailles; car linventaire ne mentionne quun mousquet, une arquebuse de guerre avec leurs fourches et leurs accessoires et un croc de fer ou demi-piques. En 1698 un incendie vint détruire complètement le château de Sussan.
Ce fut sans doute, pour réparer les désastres quavait subi lhôpital de Gabre, quon lui adjoignit la petite commanderie de Saint-Hugues, située dans la partie méridionale du Quercy vers 1630.
Il paraît du reste que la prospérité ne tarda pas à renaître pour la commanderie. A la fin de son règne, Louis XIII, ayant ordonné laliénation dune partie du domaine de la couronne, les consuls de Gabre profitant de labsence des commandeurs, sétaient rendu acquéreurs de la portion de la juridiction que les Hospitaliers avaient cédée au roi par le traité de parcage de 1233. A son retour de Malte, le commandeur Bernardin Mingaud, sollicita la faveur de pouvoir surenchérir, et le 19 décembre 1659, il acquit la moitié de la haute justice de Gabre au prix de 160 livres; de sorte quà partir de ce moment, il se trouva seul seigneur temporel et spirituel de cette localité.
A part Sussan, Pailhers, Taparon et Moulères, les autres membres de la commanderie dépendaient primitivement de celle de Capoulet.
Commandeurs de Gabre
1254-1260. Guilhem-Arnaud.
--------1263. Bernard Sstraderii
--------1275. Pierre de Saint-Sernin.
--------1280. Guilhem-Arnaud. (2e fois)
1255-1295. Huges de Lite.
1296-1299. Raymond de St-Martin.
1323-1324. Trimond de Saint-Brisse.
--------1348. Arnalde Saint-Martin.
--------1360. Bérengier de Saint-Félix.
--------1461. Guillaume Roques.
1479-1488. Mouchant de Vitomont.
--------1502. Raynaud Falguières.
1507-1532. Pierre Joasendy.
--------1541. Jean Grenier.
--------1549. Géraud de Bonnes.
1576-1582. Antoine Massé.
1597-1598. François Merle.
1599-1612. Dominique de Cortade.
1624-1625. Thomas dIsouard.
1626-1641. Jean dAndré.
1641-1649. François Martin.
1650-1658. Pierre Froment.
1659-1663. Bernardin Mingaud.
1664-1665. Jean Pol.
1675-1677. Jean de Bonard.
1685-1695. François de Laugeyret.
1714-17)9. Claude Caille.
1730-1735. N. Simon.
1737-1741. Jean Augarde.
1752-1765. François Honorat.
1780-1789. N. Don.
Sources: Du Bourg, Antoine. Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
Gap (05)
Commanderie de Gap, en DauphinéDépartement: Hautes-Alpes, Arrondissement et Cantos: Gap - 05

Commanderie de Gap
Le chef de cette commanderie est à Gap en Dauphiné. Il consiste en deux terres hors la ville, près des Capucins, aux pièces dites de Saint-Martin et quelques terres voisines. Il y avait anciennement, tout auprès, un moulin de lhôpital avec un pré et une terre que la rivière de la Luye a emporté et dont à peine il reste des vestiges. Anciennement il y avait dans la ville de Gap une église appartenant à lordre dont il ne reste que la façade et dont la porte est murée. La place, la plateforme et les plassages ont été usurpés. Le commandeur possède plusieurs directes et censives portant droit de lods en cas de vente, déchange ou de transport, dans la ville de Gap et son terroir.
Les terres dont il est ici question, dans le voisinage de la Luye et au quartier Saint-Martin ou de la Commanderie, avaient été données à lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, dans les premières années du XIIe siècle, par Izoard, évêque de Gap, et son chapitre, ou par divers autres personnages. Par transaction du 20 septembre 1274 entre Othon de Grasse, évêque de Gap, et Raimond Geoffroy, commandeur de Gap, celui-ci était exempt du droit de leide que celui-là levait sur tout ce qui se vendait sur une place de la ville (1). Dominique de Rochas, dans ses Mémoires sur la ville de Gap, écrits vers 1781 et encore inédits, attribue, par une erreur assez commune, léglise de Saint-Martin aux Templiers et dit quelle « était sur le grand chemin de Provence, dans le fonds quon appelle la Commanderie », auprès duquel on avait trouvé des « tombeaux de tuf » renfermant « des épées »
Daprès le Livre des Annales des Capucins de Gap, on voyait encore, au XVIIe siècle, époque où ce travail fut écrit, « quelques restes de cette ancienne maison en dedans de la ville, vers la porte Colombe. » Cette maison qui avait été détruite pendant les guerres du XIVe siècle (2), le fut de nouveau, daprès un mémoire du 18 décembre 1582, par les soldats de Lesdiguières, le 3 janvier 1577 (3). En 1747, le commandeur avait procès avec le comte du Saix au sujet de lemplacement de léglise que lordre avait jadis à Gap, et en 1667, avec la ville, pour les tailles quelle exigeait sur les fonds de la commanderie (4).
Membre de La Roche-des-Arnauds
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Veynes - 05

Domus Hospitalis Roche-des-Arnauds
Il est situé en Dauphiné, à deux lieues du chef. Il consiste en un terrain joint et composé de terres, vignes, terres, prés et gravier, et quelques autres terres, avec des censes et directes ; le tout joui noblement.
La plupart des possessions que lordre de Saint-Jean avait à La Roche avaient dabord appartenu aux Templiers et lui avaient été attribuées après la suppression de ces derniers (1312).
En 1373, Saint-Jean avait à La Roche une chapelle dite de Sainte-Marie-Madeleine, un chasal inutilisable, huit pièces de terre contenant en tout 227 sétérées tant bonnes que mauvaises, des censes et services en argent sélevant annuellement à huit sous de bonne monnaie ; ces biens rapportaient annuellement 14 florins dor.
En 1014, le commandeur arrente une terre et un coin de pré sis à la Roche (5).
En 1641, la commanderie possédait à La Roche une terre située aux Condamines contenant 10 charges 2 civayers, une autre terre au Brusc de 11 charges 2 émines, une autre à La Baume de Quint de 18 charges 3 civayers, une à la Moutière de 17 charges 2 émines 3 civayers, une aux Ouches, de 1 charge et demie émine ; une au pied du Pré la Cour, de 1 charge 7 civayers ; une autre avec un pré et deux vignes au Temple, de 10 charges 4 émines 5 civayers et demi (6).
A langle sud-est dune terre sise au Champ la Cour et appartenant aujourdhui à M. Philippe Dupont, on voit encore une borne en pierre granitique portant sur la face méridionale une croix de Malte en relief. M. Dupont ma dit quil devait sen trouver, anciennement, à langle sud-ouest du même champ, une semblable qui a été recouverte en défonçant le terrain. M. David, instituteur en retraite, ma montré une autre borne portant la croix de Malte sur la face occidentale, à langle sud-est de la propriété qui sappelle encore aujourdhui le Temple, et ma dit quon en avait arraché une autre pareille à langle nord-ouest de la même propriété, il y a quelques années, à loccasion dun échange de terrain entre le propriétaire du Temple et son voisin. Les terres que lordre de Saint-Jean possédait jadis à côté du domaine de Quint sappellent encore aujourdhui la Commanderie.
Membre de Manteyer
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Veynes - 05

Domus Hospitalis Manteyer
A deux lieues du chef et un quart du membre ci-dessus.
Il consiste en quelques terres labourables et une pension annuelle de quelques grains que fait au commandeur le seigneur dudit lieu.
Dès 1248, Saint-Jean-de-Jérusalem de Gap et les Templiers avaient le droit de pâturage dans la plaine de Manteyer (7). En 1373, les revenus que Saint-Jean avait à Manteyer étaient réunis à ceux de la Roche (8). Ses propriétés comprenaient six pièces de terre contenant VIIxx VII seterées de terre tant bonne que mauvaise, une part des impôts annuels dont on ne dit pas le montant ; ces biens étaient affermés, indivis avec ceux de la Roche, pour une somme annuelle de 14 florins dor, comme on la vu ci-dessus (9).
Daprès une révision des feux du 19 janvier 1472/1473, lordre de Saint-Jean possédait alors à Manteyer des propriétés comprenant environ le dixième du territoire du pays pour lesquels elle ne payait rien aux fouages royaux (10).
Membre de Pelleautier
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Veynes - 05

Domus Hospitalis Pelleautier
Il est à une demi-lieue du chef. Il consiste en la quatrième portion de la dîme, lévêque de Gap prenant le reste ; et le commandeur paie au curé dudit lieu 75 livres pour sa part de la portion congrue, ce qui doit souffrir quelque difficulté.
Chassagne

Domus Hospitalis Chassagne
Rambaud IV dOrange, fils de Guillaume III et de Chauza, par son testament du 6 mai 1218, légua à Saint-Jean-de-Jérusalem la seigneurie et albergement de Saint-Jean de Chassagne et de Pelleautier avec tout ce quil y possédait, excepté les tasques ou impôts et les dîmes de Pelleautier quil donna au chapitre de léglise cathédrale de Gap, à charge pour les chanoines de racheter ces tasques et dîmes de lengagement quil en avait fait et de laisser à Ugon Flamenc la recette de ces tasques et dîmes pour en jouir sa vie durant (11).
Tallard

Domus Hospitalis Tallard
Neffes

Domus Hospitalis Neffes
Le 1er juillet 1267, le Grand Prieur de Saint-Gilles, étant à Tallard, arbitra des contestations entre Fouque de Toard, commandeur de Gap, et les coseigneurs de Pelleautier et de Neffes au sujet des droits seigneuriaux (12).
Freissinouse

Domus Hospitalis Freissinouse
En 1373, lordre de Saint-Jean percevait des dîmes, censes, services et tasques à Nelfes, Pelleautier et la Freissinouse ; il avait en particulier le quart des dimes de Pelleautier (13). Dès le 30 janvier 1571, les dîmes de Pelleautier se partageaient entre lévêque de Gap, le prieur et le commandeur de Malte (14). On ignore à quelle époque le chapitre avait aliéné ce que Rambaud IV dOrange lui avait légué.
Membre de la montagne des Piles
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05

Domus Hospitalis Les Piles
On prétend que la métairie des Piles appartenait anciennement à lordre et il est nécessaire de trouver des raisons et des expédients pour la ravoir.
En 1373, lordre de Saint-Jean avait des possessions dans le territoire de la Saulce
Domus Hospitalis de Saulce et de Rosines (15). Ces possessions comprenaient-elles la métairie des Piles ? Nous lignorons.Membre de la Freissinouse
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05

Domus Hospitalis Freissinouse
Il est à une lieue du chef. Le commandeur a dans ledit lieu et son terroir juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., jusques à sentence et exécution de mort inclusivement, quil fait exercer par un juge, châtelain, procureur doffice et greffier. Les amendes et confiscations lui appartiennent. Il fait faire ses criées et proclamations pour le paiement de ses droits et pour la défense de la chasse et de la pèche. Il a directe universelle, pour laquelle la communauté lui paie une cense ; et outre ce, plusieurs directes et censives portant lods qui nont pas été renouvelées depuis longtemps.
Dès 1373, lordre de Saint-Jean percevait à la Freissinouse des dimes, censes, services et tasques (16), et y avait aussi juridiction (17). Une partie de la juridiction et seigneurie de N.-D. de la Freissinouse aurait été aliénée par ordonnance du roi et acquise par lordre en 1563 (18).
Membre de Savines
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Chorges, Commune: Savines-le-Lac - 05

Domus Hospitalis Savines
Il est à cinq lieues du chef. Ce sont des masures dune ancienne chapelle sous le titre de Saint-Etienne où il ny a point dobligation et autour de laquelle il y a un grand pré. Il y a quelques censives quon a peine à reconnaître.
Membre dEmbrun
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Embrun - 05

Domus Hospitalis dEmbrun
Il y avait dans cette ville plusieurs censives et directes qui se sont perdues par la négligence des commandeurs.
Jarjayes

Domus Hospitalis Jarjayes
En 1373, Embrun était le siège dune commanderie qui avait hérité de celle de Talard et de laquelle dépendaient, dans le Gapençais, la maison de Saint-Martin de Gap qui avait été détruite ainsi que son église pendant les guerres, les possessions du Champsaur, de Jarjayes, de la Roche-des-Arnauds, etc. (19).
Membre de lArche et de Terre-Neuve
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Serres, Commune: Bruis - 05

Domus Hospitalis lArche
Il est à treize lieues du chef dans les montagnes où il ny a que les ruines dune ancienne chapelle, autour de laquelle il y a un pré dont une partie est dans le Piémont et lautre en Provence.
Membre de Ville-Admar
Les anciennes visites prétendent que le commandeur a des droits dans ce lieu que lon ne connaît point, ce qui mérite une attention particulière.
Membre de lArgentière
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Briançon, Canton et Commune: LArgentière-la-Bessée - 05

Domus Hospitalis lArgentière
Il est à cinq lieues dEmbrun, à douze du chef. Il y a une chapelle de dévotion sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, notre patron, à laquelle on doit dire deux messes par semaine en carême, ce qui a été interrompu il y a plus de vingt ans. Il y a un si grand concours de peuple le jour de Saint-Jean que, comme léglise est très petite, on est obligé de porter la chaire dans un pré qui est au-devant et prêcher à découvert. Tout auprès il y a des masures quon dit être les restes dune maison qui été la demeure des Templiers, près desquelles il y a un jardin, quelques prés et une terre labourable complantée de noyers. On prétend quil dépendait de ce membre plusieurs directes quil faudrait tâcher de reconnaître.
Membre des Orres
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Embrun - 05

Domus Hospitalis Orres
Il est à une lieue dEmbrun et à six du chef. Il consiste aux deux vingt-quatrièmes de la juridiction haute, moyenne et basse, définitive jusquà la condamnation et exécution de mort inclusivement dans ledit lieu et son terroir, que le commandeur fait exercer par les officiers de Remollon dont il sera parlé. Du reste de la juridiction huit vingt-quatrièmes appartiennent au roi et le restant à communauté. Chaque famille paie aux coseigneurs une poule et neuf deniers, de quoi le commandeur tire sa portion à raison de ses deux vingt-quatrièmes.
A la tête des terres du domaine il y a des vieilles masures dun château et une maison assez logeable, couverte dardoises servant au fermier, auprès de laquelle il y a ce quil faut pour serrer les bestiaux, quelques terres et prés.
Dans le domaine il y a une forte grande montagne élevée nommée le Menretier, au haut de laquelle il y a une mine de plomb dont on a fait lessai, mais dont la dépense excéderait le produit. Elle est en partie remplie darbres de haute futaie, nommés mélèzes, propres à la construction dont on ne fait nul usage.
Deux contrats darrentement perpétuel des censes, juridiction, prés, terres, montagnes et autres droits du membre des Orres furent passés en 1596 et 1598.
En 1615, le commandeur passe emphytéose perpétuelle du membre des Orres au coseigneur du lieu.
En 1617, il passe une transaction sur des différends pour ses terres et possessions des Orres.
En 1618, il arrente les terres, prés, hermes, montagne, maison, grange et cave sis au lieu-dit lHôpital (20).
LHôpital, ferme commune des Orres.
— In closo Hospitalis, XVe siècle (Pic. Cadastre des Orres)
Sources: Dictionnaire Topographique du département des Hautes-Alpes, rédigé par M. M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale, M DCCC LXXXIV.
Membre de Saint-Jean de Pinodier ou Risolet
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Digne-les-Bains, Canton: Seyne, Commune: Montclar - 04

Domus Hospitalis Saint-Jean de Pinodier
La paroisse de Montclar comporte dix hameaux, Serrenauzel en est le chef-lieu, Lamés, Les Piolles, Les Sauvassis, Les Salvats, Viarette, Saint-Jean, Saint-Leger et Risolet ou Pinodier.
Sources: Géographie Historique et Biographique du département des Basses-Alpes ou Alpes-de-Hautes-Provence, par J. J. M. Feraud, curé de la paroisse des Sieyres. Digne 1844
Cest une chapelle de dévotion sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, bâtie et entretenue par les habitants, près de laquelle il y a des vieilles masures dun château seigneurial appartenant à lordre, ruiné par les huguenots depuis cent soixante-dix ans ou environ ; et à côté il y a un logement pour le fermier et ses bestiaux. Le domaine est en terres et prés, jouis noblement, et un petit bois de pins et de genévriers.
Il y a quelques censives et lon prétend que la moitié de la juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., du lieu de Montclard appartient au commandeur ainsi que quelques directes, à quoi il faut faire attention.
En 1570, le commandeur passe un bail perpétuel pour une place à bâtir maison dans le bourg de Saint-Jean-de-Pinaudier.
En 1617, il dirigea des poursuites contre les consuls et la communauté de Seyne pour la restitution de certains livres de reconnaissances du lieu de Pinaudier.
En 1619, il transige au sujet dune maison sise à Montclar.
En 1619, le chevalier de Pontis, commandeur de Gap, acheta des terres situées à la Pinaudière (Carte de Cassini: Peiroulère ; Carte IGN: Peirourière) (21).
Pinaudier ou Risolet
En 1304, les tenanciers des Hospitaliers de Saint-Jean faisaient leurs cultures dans les « essarts » de Pinaudier (commune de Montclar, près de Seyne).
Sclafert Thérèse. A propos du déboisement des Alpes du Sud. In: Annales de Géographie, tome 42, n°237, 1933. pp. 266-277.
Membre de Remollon
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Chorges - 05

Domus Hospitalis Remollon
Il est à trois lieues de la Pinaudie et autant du chef. Le commandeur est coseigneur pour la quatrième partie dudit lieu et a telle portion de la juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., jusques à sentence et exécution de mort inclusivement, pour lexercice de laquelle il nomme un juge, châtelain, procureur juridictionnel et greffier. Il y a un grand plassage dun vieux bâtiment dont il reste peu de marques ; à une des murailles desdites il y a un carcan. Ce plassage avait été donné à cense, sans quon ait pensé à obtenir la confirmation, ce qui a suspendu laffaire qui est dautant plus utile que le commandeur ne tire dailleurs aucun usage de ce fonds.
Il y a quelques vignes près le village et plusieurs censives, directes, rentes foncières portant lods audit lieu et son terroir et en dautres lieux voisins qui nont pas été renouvelés depuis longtemps.
Dans un état des fonds nobles de Remolon, dressé le 8 décembre 1666 par les consuls de cette communauté, en réponse à lordonnance de lIntendant pour la recherche des usurpateurs de noblesse, on lit: « Plus, le seigneur commandeur, lequel possède audit terroir environ cinq charges de semence ensemblement une maison, le tout désigné et confronté au cadastre de la communauté, dautant que le seigneur commandeur navait jamais payé aucune taille sous prétexte de la qualité de noble (22) » En 1611, le commandeur passe emphytéose perpétuelle dune vigne sise à la Vergière ; en 1614, il passe un compromis sur un procès pour une vigne et herme joints ensemble situés aux Ouches, remboursement des réparations à une maison, grange, étable et vigne : en 1704, il donne à bail perpétuel une place vague ou masure avec un vieux petit bâtiment (23).
Membre de La Saulce
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05

Domus Hospitalis La Saulce
Il est à trois lieues de Gap. Le commandeur est prieur primitif de léglise paroissiale dudit lieu, sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, et en cette qualité prend la dime générale dans tout le terroir, dont il donne une portion au curé, pour laquelle ils sont en contestation. Il tire également la dime en deux ou trois lieus voisins.
Le curé nest point nommé par le commandeur, ce droit ayant été cédé par ledit, il y a très longtemps, à lévêque de Gap, on ne sait à quel sujet. Ledit curé jouit de quelque propriétés dépendantes de lordre.
La Saulce fut donné à lordre de Saint-Jean par Rambaud IV, prince dOrange, et sa tante Tiburge dOrange, veuve de Rambaud Guiran, suivant acte passé à Reillane le 23 août 1215 ; cette donation fut confirmée par Rambaud IV dOrange dans son testament du 6 mai 1218 (24). Un arrêt de 1658 adjugea les dîmes de la Pinaie, dans la vallée de Fouillouse, au commandeur et au chapitre de Gap (25).
La Saulce, commune du canton de Tallard.
— Eglise vocable Saint-Jean-Baptiste.
— La Salsa, 1215 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Gap)
Sources: Dictionnaire topographie du département des Hautes-Alpes rédigé par M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale M. DCCC. LXXXIV
Membre de Valença
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05

Domus Hospitalis Valença
Il est à demi-lieue de la Saulce et à trois de Gap. Le commandeur est prieur primitif de léglise paroissiale de N.-D. de Bellevue, qui est interdite depuis quelque temps, parce quelle tombe en ruines. On doit pourtant y dire la messe, fêtes et dimanches, et pour ce et autres fonctions le commandeur donne 250 livres au curé, quil ne nomme point par la même raison quà la Saulce.
Le commandeur prend la dime générale et jouit dun petit domaine, composé de terres, prés et vignes, qui était autrefois au curé et quil a cédé moyennant la pension susdite.
La seigneurie de Valença, en latin de Valentiano, fut donnée à lordre de Saint-Jean par Rambaud IV dOrange, dans son testament du 6 mai 1218 (26).
Valença, hameau commune de Lardier-et-Valença
— Ancienne paroisse sous le vocable Notre-Dame de Bellevue, supprimée au concordat.
— Valensanum, 1235 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Gap)
Sources: Géographie Historique et Biographique du département des Basses-Alpes ou Alpes-de-Hautes-Provence, par J. J. M. Feraud, curé de la paroisse des Sieyres. Digne 1844
Membre de Lardier
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard, Commune: La Saulce - 05

Domus Hospitalis Lardier
II est tout auprès de Valensa. Le commandeur est prieur primitif de léglise paroissiale dédiée à Saint-Pierre. Il a la dime générale et quelques terres, prés et vignes en fort mauvais état, à cause de léloignement des fermiers. Il donne au curé 250 livres et ne le nomme pas par la raison dite ci-dessus.
Lardier fut donné à lordre de Saint-Jean par Rambaud IV dOrange et sa tante Tiburge dOrange, suivant acte passé à Reillane, le 23 août 1215 ; cette donation fut confirmée par Rambaud IV dOrange dans son testament du 6 mai 1218 (27). En 1373, cet ordre possédait à Lardier ........................... (28).
Un arrêt donné en 1659, porta défense et inhibition aux députés du clergé de cotiser aux décimes les curés de Claret, Lardier et Valensa (29).
Membre de Sigoyer-sur-Talard
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05

Domus Hospitalis Sigoyer-sur-Talard
En 1757, lordre de Saint-Jean ne possédait plus rien à Sigoyer, mais Rambaud IV dOrange, par son testament du 6 mai 1218, lui avait donné la seigneurie majeure et juridiction avec tous les autres droits quil pouvait avoir dans le pays (30). Dans une transaction entre Féraud de Barras, commandeur de Saint-Jean à Manosque, et Charles, comte de Provence, du 28 juillet 1262, celui-là reconnaît la suzeraineté du comte pour tout ce quil possède à Lardier, la Saulce, Tournons, Peleautier, Nelles, Talard, Vitrole, Valensa et Sigoyer ; sengage à lui livrer, en temps de guerre, les châteaux (fortalicia) de ces pays, dans chacun desquels devront se trouver au moins deux frères ; promet de prendre part aux chevauchées commandées par le comte (31). Un peu plus tard le Dauphin dispute à lordre de Saint-Jean ses droits sur Sigoyer et la querelle se termina par une transaction du 23 octobre 1297, stipulant que le commandeur de Gap prêterait hommage au Dauphin pour cette terre et lui fournirait un cavalier armé (32) ; cet état de choses dura au moins jusquaux premières années du XVe siècle, puisque le commandeur de Gap, prête encore hommage au Dauphin pour Sigoyer, le 20 août 1407 (33).
En 1373 le commandeur dEmbrun avait encore le domaine majeur de Sigoyer et y percevait, ou des seigneurs ou de diverses personnes, soixante sous viennois, cinq émines et quart de blé et onze deniers de cense, valant en tout trois florins et sept livres tournois par an (34).
Nous ignorons à quelle époque et en faveur de qui ces droits furent aliénés.
Commanderie de Tallard
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05

Domus Hospitalis Tallard
En 1757, lordre de Saint-Jean ne possédait plus rien à Tallard, mais ce pays leur avait été donné le 23 août 1215, par Rambaud IV dOrange et sa tante Tiburge, en même temps que Lardier, la Saulce et Neffes, et cette donation avait été confirmée et renouvelée par Rambaud IV dOrange dans son testament du 6 mai 1218 (35). Talard avait même été, du XIII au XIVe siècle, le siège dune commanderie qui avait remplacé celle de Gap détruite pendant les guerres (36) ; mais, lorsque les Hospitaliers donnèrent Talard à Arnaud de Trian, neveu du pape Jean XXII, en échange du comté dAlife en Italie (37), le maître de lordre unit à la commanderie dEmbrun ce qui appartenait à celle de Talard ou en dépendait (38).
Membre de Neffes
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard - 05

Domus Hospitalis Neffes
Au XVIIIe siècle, lordre de Saint-Jean ne possédait plus rien à Neffes, mais ce pays lui avait été donné le 23 août 1215, par Tiburge dOrange, veuve de Rambaud Guiran, et son neveu, Rambaud IV dOrange, lequel avait renouvelé et confirmé cette donation dans son testament du 8 mai 1218 (39). En 1373, il y possédait encore des dîmes, censes, services, ou tasques. Nous ignorons à quelle époque et en faveur de qui ces droits furent aliénés.
Membre de Claret
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Seyne - 05

Domus Hospitalis Claret
Il est situé en Provence, à trois lieues de la ville de Sisteron, à cinq de Gap. Il consiste en léglise paroissiale, sous le titre de Sainte-Croix, avec son cimetière. La maison du curé est inhabitable, quoiquelle ait été cédée à la communauté par le commandeur à condition quelle lentretiendrait. A côté il y a une maison appartenant au commandeur qui était autrefois le château et sert a présent de grenier, à laquelle il y a encore une tour ronde. Le commandeur est coseigneur spirituel, prieur primitif de ladite paroisse, nomme le curé et pour se est en procès avec lévêque de Gap, donne audit curé 250 livres et prend la dime générale conjointement avec les jésuites [du collège] dEmbrun qui moyennant ce paient le secondaire et leur portion des ornements. Il y a procès pour la qualité de seigneur temporel que lon dispute au commandeur.
Derrière la maison il y a un jardin et une terre donnée à cense, et ailleurs trois autres terres dans une desquelles il y a des ruines dune ancienne maison et église des Templiers où les habitants ont fait un oratoire, où ils vont en procession le jour de Sainte-Croix.
Lévêque de Gap et le seigneur de Melve font au commandeur une pension censive de trois émines de blé, sans quon sache doù elle provient.
Claret avait été, au XIVe siècle, une commanderie (40).
Un jugement fut rendu en 1430, sur une contestation concernant les cas méritant punition corporelle dans la juridiction de Claret, et, en 1549, une sentence adjugea à la commanderie de Gap la justice haute, moyenne et basse, à lexception des cas méritant punition corporelle, et lui attribua aussi les prééminences dans léglise. En 1716, le commandeur avait un procès pour le membre de Claret.
Un décret du Conseil, de lannée 1744, accorda la faculté dalberger pour vingt-neuf ans, quatre pièces de terres et jardins situés à Claret et le contrat dalbergement fut passé en 1746 (41).
Membre de Vitrolles
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Tallard, Commune: La Saulce - 05

Domus Hospitalis Vitrolles
La baronie de Vitrolles, sa vallée, ses dépendances et pêcheries, relèvent de notre ordre et le seigneur doit lui prêter foi et hommage en la maison priorale dArles entre les mains dun chevalier nommé par le grand prieur et il doit lods à chaque changement de seigneur. Les honoraires appartiennent à lordre et le titre au commandeur.
Le jour de la Saint-Jean le seigneur doit faire exposer la bannière de lordre à la plus haute tour du château. Il y a longtemps que lhommage na pas été rendu. (On sest trompé en mettant ici ce membre qui dépend du grand prieuré).
Le domaine majeur de la vallée de Vitrolle fut donné à lordre de Saint-Jean par Rambaud IV dOrange dans son testament du 6 mai 1218 (42). La seigneurie de Vitrolle par transaction du 12 février 1214, entre le même Rambaud dOrange et le seigneur de Vitrolle, était de la mouvance de Tallard. Une question de bornage entre les deux terres fut soumise, en 1247, par Pons de Cuers, commandeur de Gap, et Guillaume Augier, seigneur de Vitrolle, à Robert, évêque de Gap, et aux consuls de cette ville qui ordonnèrent, par décision du 25 janvier, que Guillaume Augier, prêterait hommage au grand prieur de Saint-Gilles, ce que G. Augier fit incontinent, promettant « darborer sur son principal château la bannière de lordre à chaque mutation de grand prieur et de la laisser pendant un jour entier pour marquer la mouvance de la seigneurie (43). » Guillaume Augier prèta encore hommage au grand prieur dans la maison de larc à Orange le 6 janvier 1292 ; de même dans le palais de Manosque le 21 janvier 1399, pour Vitrolle, Esparon, Rochefort, Barcilone[tte] et Peissier (44).
Membre dAuthon
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Sisteron - 04

Domus Hospitalis Authon
Il est en Provence, à quatres lieues de la ville de Sisteron, à sept de Gap. Le commandeur y a la juridiction haute, moyenne, basse, mère, etc., jusquà sentence et exécution de mort inclusivement dans ce lieu et son terroir, pour lexercice de laquelle il nomme un juge, lieutenant de juge, procureur doffice, greffier et sergent ; les amendes et confiscations leur appartiennent. Il fait faire ses criées et proclamations pour le paiement de ses droits seigneuriaux et pour la défense de la chasse et de la pèche. Il nest pas seigneur spirituel, mais il a la dime des agneaux tant dans ce lieu quautres voisins. Il paie quarante-sept livres au chapitre N.-D. des Dons à Avignon, sans quon en sache la raison. Il a directe universelle et plusieurs censives et rentes foncières. Il a un droit sur tout le bétail menu et étranger que les habitants font paître dans le terroir dAuton et un autre droit sur tout celui qui y passe ou le traverse. Il a droit de corvée sur tous les habitants qui ont des bœufs, et ceux qui nen ont pas travaillent de leur bras. Chaque habitant, aux fêtes de la Noël, doit lui porter à sa porte deux charges de bois et il est obligé de leur faire faire collation avec du nectar et autres mets, et il y a procès avec la communauté tant pour le règlement du bois que la collation. Il a droit détablir pendant deux mois de lannée un gabelier pour vendre du vin, sans que pendant ce temps-là personne autre ne puisse en vendre. Tous les habitants qui tuent un cochon sont obligés de lui donner deux jambons, un de devant et un de derrière. La communauté lui fait une pension de neuf livres pour des droits quil avait à la montagne et chaque maison ou chef de famille lui donne à la Toussaint une demie émine de blé pour droit de fournage au four banal que les habitants sont obligés dentretenir et de fournir le bois qui leur est nécessaire sans que personne dans tout le terroir puisse avoir la liberté den bâtir sans la permission et sans augmenter la cense.
Tous les particuliers possédant des terres aboutissant à la rivière et beaucoup dautres et jardins paient une cense de huit sols, et le commandeur est le maître de les réunir à son domaine quand il le veut.
Auprès de léglise du lieu il y a des ruines et vieilles masures dun château et maison seigneuriales démolis depuis longtemps. Le domaine est composé de terres en semence, chènevière et prés ; un bois de chênes du nom de la Blache et une montagne dite de Canoples servent de pâturage aux bestiaux. Dans le village le commandeur a une maison à laquelle le carcan est, attaché et auprès une écurie, un moulin à eau banal. Il a droit de faire paitre ses bestiaux dans le défens et les dommages et confiscations faites sur ceux qui ny ont pas droit lui appartiennent pour la quatrième partie.
Membre de Saint-Geniez-de-Dromon
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Sisteron, Commune: Saint-Geniez - 04

Domus Hospitalis Dromon
Il est à une lieue dAuton et sept de Gap. Il consiste en une grange pour les bestiaux, des terres et prés. Le tout joui noblement.
En 1604, le commandeur passa une transaction au sujet des places, terres et seigneuries de Dromon, Authon, Brianson et Abroas.
Membre de Vaumeilh
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Seyne - 04

Domus Hospitalis Vaumeilh
Lordre jouissait dans ce lieu de quelques biens qui ont été cédés au baron dHugues moyennant une pension de trente livres.
Les directes et biens que la commanderie possédait à Vaumeilh lui venaient dun échange par lequel le commandeur de Gap céda à X.... de Villeneuve la coseigneurie de Clemensane. En 1706, le commandeur transige avec le baron dHugues qui demandait reconnaissance pour les fonds et directes au terroir de Vaumeilh (45).
Membre de Nibles
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Canton: Seyne - 04

Domus Hospitalis Nibles
Il est à une lieue de Claret, à sept du chef. Un pré et deux terres ; le tout noble.
Membre de la Bâtie-Montsaléon
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Serres - 05

Domus Hospitalis Bâtie-Montsaléon
Il est en Dauphiné, à cinq lieues de Gap. Il y a des masures dune ancienne église dédiée à Sainte-Madeleine, à laquelle il ny a point dobligation, une grange, des terres et prés en mauvais état. Le commandeur a quelques droits sur plusieurs terres voisines.
En 1373, lordre de Saint-Jean avait déjà des possessions à la Bâtie-Montsaléon (46). Le 30 décembre 1666, dans leur réponse aux ordonnances de lIntendant du 29 octobre et du 2 novembre pour la recherche des usurpateurs de noblesse, les officiers de la communauté de la Bâtie disent que « le Commandeur de Gap y possède beaucoup de fonds comme des terres et prés qui ne sont pas taillables (47). »
Membre de Moydans
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Serres - 05

Domus Hospitalis Moydans
Il est à dix lieues du chef. Il consiste en léglise paroissiale de Saint-Florent dont le commandeur est seigneur spirituel et prieur primitif et prend la dime générale sur toute la paroisse, nomme le curé qui a une maison et 250 livres pour Caire le service. Le commandeur a une maison et une terre devant léglise et quelques terres et prés autre part.
Il y avait eu jadis à Moydans un précepteur (48).
Commanderie de Saint-Pierre-Avez
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Laragne-Montéglin - 05

Domus Hospitalis Saint-Pierre-Avez
Au XIIIe siècle il y avail une commanderie de Saint-Pierre Avez et Claires-Combes (49). Le 10 février 1272/1273, Pons de Cornillon, commandeur de Saint-Pierre Avez et de la maison de Sisteron, perçoit le lod pour une vigne sise à Entrepierres qui dépendait de lordre de Saint-Jean et lui devait, outre ce lods, une charge de raisins et deux deniers Viennois par an (50).
En 1373, lordre de Saint-Jean possédait aussi des propriétés ou des droits à Chabestan, à Sigotier qui sappela longtemps Sigotier-au-Commandeur, à Aspremont, à Bruis, à Rosans, à Vauclause, à Veyne, à Curban, à Urtis (51).
Charges de la Commanderie
Au trésor pour capitations et vaisseaux — 789 livres 9 sols 3 deniers.
Caisse commune 12 livres 18 sols — 10 deniers.
A larchivaire — 9 livres.
Décimes au roi — 148 livres 16 sols 10 deniers.
Au chapitre N.-D. des Dons dAvignon — 47 livres.
Au curé de Saint-Florent de Moydans — 250 livres.
Pour les joies et aumônes — 12 livres.
Vingtième — 211 livres 14 sols 7 deniers.
La taxe du trésor pour cette commanderie est de — 1.500 livres.
Dont la cinquième partie pour les pensions est de — 300 livres.
La taxe des vaisseaux est de — 3.176 livres.
Revenu net (1758) — 4.500 livres.
Commandeur : M. Nicolas de Cabre-Roquevaire, 49 ans.
Pensions [néant].
Sources: F.-N. Nicollet. La Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem de Gap et les membres qui en dépendaient au XVIIIe siècle, pages 5 à 28. Gap 1906 - Bnf
Notes commanderie de Gap
1. Histoire du grand prieuré de Saint-Gilles, par Raybaud, publié par labbé Nicollas ; Nîmes, Chastanier, 1904 ; p. 197.
2. Voir plus loin, page 13, note 4.
3. Abbé P. Guillaume, Op. cit., p. 6-8.
4. Bibiothèque Méjanes, manuscrit 140 (R. A. 44).
5. Bibliothèque Méjanes, manuscrit 140 (R. A. 44).
6. Archives communales de la Roche, ancien cadastre, f° ve XXXII r°.
7. Chartes de Bertaud, n° 64, p. 61-65.
8. Voir, ci-dessus note 1, p. 9.
9. Archives vaticanes Ibid. — Folio 182 v° De Mantheerio. Item habet in territorio de Mantherio predicto pecias terre que sunt VIIxx VII tam bone quam prave. Item modicum de tayssis annualibus habet in dicto territorio Mantheerii quorum summa ignoratur. Verumtamen omnia predicta que habentur in dictis locis de Rupe et de Mantherio quorum territoria sunt contigua simul arrendantur et valent anno quolibet XIIII florenos auri, servita una capella quam habet in ipso loco. De Rupe superius nominato prout supra dictum est.
10. Archives de lIsèree, B. 2999, piece n° VI, f° 6. Item dominus preceptor Vapinci tenet et possidet in eodem territorio possessiones et proprietates que estimantur ad decimam partem territorii dicti loci pro quibus in fogaglis regiis minime contrihuavit. — Communication due a la bienveillance de M. G. de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
11. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 25, 36 et 48.
12. Abbé Nicolas, op. cit., p. 178-179.
13. Archives vaticanes Ibid. — F° 178. Item in locis de Neffis, de Podiolhauterio et de Freyssinosa certas decimas, census et servicia et tayschias et specialiter IIII tam partem decimarum in ipso loco de Podiolhauterio.
14. J. Roman : Tableau historique du département des Hautes-Alpes, I, p. 163.
15. Archives vaticanes, ibid. — F° 178. Item... in territorio de Salsa et de Rosinis.
16. Voir ci-dessus, note 1, page 12.
17. Archives vaticanes Ibid., f° 178 : Item habet certam jurisdictionem in dicto loco de Frcyshinosa.
18. Bibliothèque Mejanes, mns 140 (R. A. 44).
19. Archives vaticanes Ibid. F° 177 r° et v°.
20. Bibliothèque Méjanes, mns 40 (R. A. 44).
21. Bibliothèque Méjanes, mns 840 (R. A. 44).
22. Bibliothèque municipale de Grenoble, R. 80, tome 20, n° 679.
23. Bibliothèque Méjanes, mns 140 (R. A. 44).
24. F.-N. Nicollet, op. cit , p. 40 et 47.
25. Bibliothèque Méjanes, mus 140 (R. A. 44).
26. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 47.
27. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 40 et 47.
28. Archives Vaticanes, ibid. — F° 178. Item in valle Larderii .....
29. Bibliothèque Méjanes, mus 140 (R. A. 44).
30. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 27, 46 et 48.
31. Blbliothèque Méjanes, mus 339 (859-R. 899), page 111, 2-9.
32. J. Roman, Tableau historique, I, page 109 et II, pages 121, 123, 125 et 134.
33. J. Roman, Tableau historique, II, page 297.
34. Archives vaticanes, Ibid. — F° 178 v°
35. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 40 et 47.
36. Communication de M. G. de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
37. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 25.
38. Archives vaticanes, Ibid. — F° 177 v°: Erat quedam preceptoria vocata preceptoria de Talardo dicti ordinis sancti Johannis, etc.
39. F.-N. Nicollet, op. cit., p. 40 et 47.
40. Communication due à la bienveillance de M. G. de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
41. Bibliothèque Méjanes, mus 140 (R. A. 44).
42. F.-N. Nicollct, op. cit., p. 48.
43. Abbé Nicolas, op. cit., p. 157-158.
44. Abbé Nicolas, op. cit., p. 213 et 234.
45. Bibliothè Méjanes, mns 140 (R. A. 44).
46. Archives vaticanes, ibid. — F° 178 : Item in territorio Bastide Montis Giley...
47. Bibliothèque municipale, de Grenoble, R. 80, t. 20, f° 58.
48. Renseignement dû à la bienveillance de M. Georges de Manteyer (Lettre du 24 oct. 1905).
49. Même source.
50. Chartes de Durbon, n° 499, p. 395.
51. Archives vaticanes, ibid., f° 178: in locis de Chabestagno, de Cigoterio super Serrum et de Asperomonte. Item, in loco de Broxio..... de Rosanis, de Valle Clausa et de Veyneto..... In territorio de Curbano, dei Urtisio.
Sources: F.-N. Nicollet. La Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem de Gap et les membres qui en dépendaient au XVIIIe siècle, pages 5 à 28. Gap 1906 - Bnf
Saint-Jean, chapelle commune de LArgentière
— Appartenait aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
— Capella Sancti Johannis de Gradibus Karuli, 1296 (Archives des Bouches-du-Rhône; Malte, commanderie de Gap)
Saint-Jean, chapelle commune de Barret-le-Bas.
— Ecclesia Sancti Johannis de Barreto Capre, 1119 (Bibliothèque Nationnale, manuscrit latin, 12, 659, page 129)
— Ecclesia Sancti Johannis de Rarreto, vers 1225 (Ibidem, page 191)
Saint-Jean, ferme commune de Bruis.
Saint-Jean, lieu disparu commune de Chorges
— Suptus Sactum Johannem, 1512 (Chorges, cadastre)
Saint-Jean, village commune de Crottes
— Eglise paroissiale sous le vocable de Saint-Jean Baptiste.
— Pignanum, 1302 (H.-A), 1458 (Crottes, cadastre)
— Cappella beati Johannis, 1516 (B. N., manuscrit latin 12,730, page 137)
— Pignans, 1675 (Crottes, Cadastre)
Saint-Jean, commune de Gap
— Chassanii, 1338 (Valb, II page 356)
— Chassaigne, 1343 (Documments innédits, page 80)
— Burgus Chauchenarum, 1373 (Is. B, 3,000)
— Forestum de Chassagnis, 1410 (H.-A)
— Chassegnie, 1471 (Is, B, 2, 999)
— Sanctus Johannes de Chassagniis, 1506 (Gap, livre terrier)
— Sanctus Johannes de Chassaniis, 1506 (Gap, livre terrier)
— Sainct Jehan de Chassaignes, 1516 (H.A., rôle des décimes du diocèse de Gap)
— Sanctus Johannes de Chassanhii, 1521 (H.-A)
— Sainct Jehan de Chassaigne, 1677 (Ibidem)
Saint-Jean des Aires, église détruite, commune de Gap
— Sanctus Johannes de Areis, 1311 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Gap)
Saint-Jean, chapelle ruinée, commune de Ribiers.
— Ancien hôpital de lOrdre de Saint-Jean de Jérusalem.
Piénault, montagne, commune de Laragne.
— Podium altum, 1365 (Archives des Bouches-du-Rhône, Malte, commanderie de Joucas)
Sources: Dictionnaire topographie du département des Hautes-Alpes rédigé par M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale M. DCCC. LXXXIV.
commanderie de Saint-Martin de Gap
La commanderie de Saint-Martin de Gap était située en dehors des murailles de la ville, extra mœnia, tout près de la petite rivière de La Luye, mais à une faible distance de Gap : non longe ab urbe Vapinco, dans les champs qui bordent la route nationale dite de Provence, et au quartier que lon nomme encore aujourdhui la Commanderie.
Dominique de ROCHAS, qui écrivait vers 1784, dans ses Mémoires sur la ville de Gap, encore inédits, est en partie daccord avec la vérité. Voici ses paroles : « Les Templiers [lisez : les Hospitaliers] avoient à Gap, proche de la ville, une maison avec une église dédiée à saint Martin, dont il ne reste plus de vestiges. Elle étoit sur le grand chemin de Provence, dans le fonds quon appelle la Commanderie. On a trouvé près de là des tombeaux de tuf avec des épées en dedans. On ne sait pas en quel temps cette maison et léglise furent détruites (1). »
1. Citation de M. GAUTIER, Lettres sur la ville de Gap, VIe lettre ; Valence, 1838-39, in-8o, page 217.
Suivant les Annales des Capucins, autre travail manuscrit du XVIIe siècle, « les Templiers y possédoient [à Gap] un superbe et ancien monastère ; mais aïant esté desmoli en 1380, par Philippe-le-Bel, roi de France, ensuite de la condamnation que le pape Clément 5. en fit au concile de Vienne en France, lorsquil les extermina de son royaume, leurs revenus ont esté donnés à la religion des Chevalliers de Saint-Jean de Jérusalem, quon nomme de Malte, qui y ont estably une commanderie, de laquelle le chevallier qui en est proveu porte le tittre de commandeur de Gap ; qui a aussi des revenus à la Saulce, Lardier (2) et ailleurs, qui sont les membres de cette commanderie, de la langue de Provence (3). Lon voit encore quelques masures de cette ancienne maison au dedans de la ville, vers la porte Colombe (4). »
2. La Saulce et Lardier-et-Valença, communes du canton de Tallard, arrondissement de Gap (Hautes-Alpes).
3. Soit du grand-pneuré de Saint-Gilles (Gard), ainsi quon le dira plus loin.
4. Livre des Annales des Capucins de Gap, ms. in-4° Archives des H.-A., fonds de lHôpital de Gap, manuscrit n°1, folio 67.
Ainsi, dans le récit des historiens Gapençais, le souvenir des Hospitaliers sunit à celui des Templiers, et souvent les uns usurpent la place des autres.
Toutefois il est certain que bien avant labolition des Templiers (1312), les Hospitaliers possédaient à Gap, soit en dedans soit en dehors de la ville, de nombreuses propriétés. Cest ce qui ressort de la lecture de notre Rôle et ce que prouve une bulle de Calixte II, du 19 juin 1119. Dans cette bulle, qui nous montre l Hôpital de Gap soumis, dès lors, au grand-prieuré de Saint-Gilles, le pape confirme spécialement à ce célèbre prieuré les droits et les biens quil avait au faubourg de Sainte-Colombe de Gap : Jura et bona Sancti Agidii ..... Sanctae Columbae de Wapinco (5).
5. Migne, Patrologie latine, tome CLXXIX, c. 1104. Cf. Jaffé, n° 4922.
Quant à la destruction de la commanderie de Gap, dont D. de Rochas ignorait lépoque et que lannaliste des Capucins fait remonter à Philippe-le-Bel, il faut lattribuer aux protestants. En effet, daprès un mémoire du 18 décembre 1582, cité par M. Gautier et par M. labbé Gaillaud, elle aurait eu lieu le 3 janvier 1577, jour où les soldats de Lesdiguières mirent Gap en ruines.
Mais si la commanderie fut détruite au XVIe siècle, les Hospitaliers ou Chevaliers de Malte continuèrent, comme précédemment, à conférer à lun dentre eux le titre de commandeur de Gap. Cest ce que prouve une liste de ces commandeurs, malheureusement tronquée, que jai rencontrée par hasard dans le fonds du Chapitre de Gap (6), et que je reproduis ici avec quelques modifications et additions :
Liste des Commandeurs de Gap.
Bérald de Baux 13 juillet 1312.
Raymond de Barras 15 novembre 1312.
Raymond de Jehan (Johannis) 1377.
Maximin de Venterol juin-septembre 1392.
Jean de Meyrones 1407-1428.
Jean de Canal (de Canalho) 21 juillet 1431.
Jean Flotte 6 mars 1450.
Ardouin de Laplane 1475.
Ponce dAuriac 3 janvier 1482.
Guillaume Arcumjaudi 16 février 1489.
Jacques de Venterol 1534.
Pierre de Pontevès 1538-1539.
Gaspard Mallet 17 avril 1548.
Gaspard Dumas 1552.
Michel Bot 1554-1555.
Marc de Simiane 1559-1561.
Jean Roux de Beauveser, « co-seigneur de Montclar et de Saint-Jean de Pinaudeyer » 1567-1572.
Melquion de Castellane 1602-1610.
Roland dAgoult 13 mars 1634.
Jean-Baptiste de Villeneuve, « sieur de Tourenc » juin 1643.
Louis de Fourbin de Gardane 1664-1678.
Louis dYze de Rozans 12 mars 1788.
6. Ce fonds est entré aux archives des Hautes-Alpes en 1878. La liste dont il sagit est sur une feuille volante, unie à une autre feuille semblable et de pareille écriture qui servait de commencement à un travail, probablement perdu, intitulé : Abbrégé historique des Evêques de Gap. Au-dessus de ce titre on lit la note intéressante qui suit : « Ces mémoires sont de M. labbé de Saint-Genis, prieur de Dromon dans le diocèse » [ancien de Gap, et actuel de Digne].
De lancienne commanderie de Saint-Martin, située hors la ville de Gap, il ne reste quun vague souvenir conservé par le lieu dit La Commanderie. — La préfecture des Hautes-Alpes, le jardin, qui y est annexé, et les Archives départementales (1) occupent lemplacement de léglise et des bâtiments que les Hospitaliers possédaient dans lintérieur de Gap. « Il y a peu dannées, — disait, en 1838, M. Gautier, — vers le milieu du mur denceinte du jardin [de la préfecture], dans la partie de la rue Saint-Arey qui, avant la révolution, portait le nom de rue de Saint-Jean de Jérusalem, on voyait encore parfaitement conservé le portail de cette ancienne église, au-dessus duquel était sculpté un crucifix en pierre. (7) »
1. LHôtel de la préfecture des Hautes-Alpes date de 1827 et les Archives départementales de 1873.
7. Gautier, op. cit., p. 218. — Cet écrivain attribue la construction de léglise que les Hospitaliers avaient dans Gap à Bérald de Baux, « premier commandeur de Gap », (et il cite JUVENIS, Mémoires inédits. « Cest là, ajoute-t-il, que, vers 1460, avait trouvé un asile Jean de Montorcier, cruellement persécuté par Gaucher de Forcalquier, parce quil avait hardiment soutenu les droits et les privilèges de la ville contre les usurpations de lévêque » (ibid.)
Mais reprenons létude de notre Rôle. Les donations, dont il contient lénumération ou la transcription, sont faites par au moins cent dix personnes. Quinze font leurs largesses à léglise de Saint-Martin, et quatre-vingt-quinze à lHôpital de Jérusalem. La plupart des donations en faveur de léglise de Saint-Martin sont antérieures à lan 1100, époque vers laquelle cette église fut donnée à lHôpital, « avec toutes ses dépendances. »
Les actes qui rappellent ces donations sont ordinairement très-courts. Ils mentionnent les noms du donateur, lindication du donataire et celle des biens donnés. Voilà pourquoi, dans un document relativement si petit, on trouve la substance dun très-grand nombre dactes (8).
8. Outre les donations susdites, on rencontre encore quelques actes dachat, de prêt sur gage et une concession à terme.
Cette observation explique encore labsence presque complète déléments chronologiques. Sur 62 actes ou articles il ny en a que deux de datés : lun du 29 juillet 1111, et lautre du 30 avril 1112. Cependant, grâce à ces deux points de repère et aux divers personnages nommés, — il y en a plus de deux cent cinquante, — il devient facile de déterminer très-approximativement la date de la plupart des autres actes. Ainsi les nos 1 à 5 remontent avant lan 1100 - les nos 6 à 30 sont antérieurs à lannée 1121 ; les nos 31 à 62, très probablement le sont aussi, mais, dans tous les cas, ils ne sont pas postérieurs à 1143. A cette date, en effet, les comtes de Forcalquier Bertrand II (1129-50) et Guigues II (1129-49) et leur mère Garsinde, se trouvant à Gap, in piano sub termino, confirmèrent à lHôpital toutes les acquisitions quil avait faites dans leur comté et celles quil pourrait y faire à lavenir, à lexception seulement du domaine souverain : excepta dominicatura nostra.
— Le plus grand nombre des biens donnés à lHôpital sont situés dans les Hautes-Alpes et surtout dans le Gapençais, soit à Gap même ou dans son territoire :
Au Mont-Saint-Martin (in Monte Beati Martini),
A la Fontaine de Bonne (ad Fontem Abonis),
A Chauvet (Calveto),
A Treschâtel (Retro Castellum),
A Montalquier (Montalcherio),
A la Combe (Cumba Franonis),
A Charance (ad Fontem Sancti Arigii),
A la Combe de Reynier (in cumba Rainerii), etc.
Soit dans les localités environnantes :
A Pelleautier (in territorio Montis Lauterii),
A Sigotier (in Cigoterio castro),
A la Freissinouse (in valle Fraxenesia),
A Quinte (in Quinto), commune de la Roche-des-Arnauds,
A Montmaur (Monte Mauro),
A Veynes (Venetto), en Champsaur (in Campo Sauro),
A Faudon (Faudaone), commune dAncelles,
A Larra (a Lara), commune de la Bâtie-Vieille,
A Rambaud (in Monte Ermenbaldi),
A Avançon (castrum Avançu), etc.
— Un certain nombre se trouve dans lEmbrunais, surtout:
A Chorges (ad Cadorgas),
A Rousset (Roset),
A Bréziers (ad castrum Bricie).
— Quelques autres sont au-delà de la Durance, dans cette partie de lancien diocèse de Gap qui appartient aujourdhui aux Basses-Alpes, par exemple :
A Piégut (de Podio Acuto),
A Dromon (Dromo),
A Channes (Channie), commune de Vaumeilh,
A Chardavon (Cardaone).
— Enfin il sen trouve jusque dans la Drôme :
A Valdrôme (Valledromma)
— Et dans lIsère:
A La Salette (a Saletas)
A Thoranne (de Thorana), hameau de Saint-Michel-des-Portes.
Sources: Guillaume, Paul, abbé. Origine des Chevaliers de Malte et rôle des donations de la Commanderie de Gap (XI-XIIe siècles). Paris 1881 - Bnf
Gap-Frances (48)
Commanderie de Gap-FrancèsDépartement: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton et Commune: Le Pont-de-Montvert — 48

Commanderie de Gap-Francès
Emplacement
La commanderie était située sur le mont Lozère, au bord du Tarn. Les possessions sétendaient sur une grande partie de la montagne, terre destive pour les troupeaux du Languedoc. Tous les 25 ans un bornage était fait des terres des chevaliers, en les délimitant par des croix de Malte. Toujours visibles, on en dénombre encore 146.
La commanderie se trouvait non loin de la voie Regordane, antique chemin qui se rendait jusquau port de Saint-Gilles, et donc au prieuré dont dépendait Gap-Francès. La Regordane était très empruntée par les pèlerins se rendant à labbaye de Saint-Gilles puis en Terre sainte.
Sources: Wikipedia
Notice historique sur la commanderie de Gap-Francès
Lordre célèbre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, appelés dans la suite chevaliers de Malte, eut dans le Gévaudan deux commanderies importantes: Gap-Francès (1) et Palhers. Elles dépendaient du grand prieuré de Saint-Gilles, chef-lieu de cinquante commanderies, en Languedoc, en Provence et en Dauphiné.
(1) Dans les actes on lit: Hospitalis de Vado Francisco, de Guadio francisco, de Gado Gallico, de Gus Frances
Le Gévaudan fournit à lordre de nombreux et vaillants chevaliers, et nous pouvons citer les noms de Viltaret, de Tournel, de Lescure, etc. Il lui donna aussi deux de ces grands maîtres, Guillaume et Foulque de Villaret. Le premier laissa dans Mende un souvenir de sa piété; il fonda dans léglise cathédrale loffice quon y célébrait le jour de Sainte-Magdelène. (2).
(2) Obituaire manuscrit de 1528 à la bibliothèque de la ville de Mende.
Les premières donations dans le pays, en faveur de lhôpital de Saint-Jean de Jérusalem, remontent presque au berceau de lOrdre. Dès Tannée 1166, le Seigneur du Tournel rendait hommage au frère Assalit 4e grand maître pour plusieurs domaines situés entre le Lot et le Tarn, faisait don aux chevaliers de ce quil possédait à Gap-Francès, à Salarial, aux Alpiers, à Malavielle, etc., les affranchissait des droits de péage et leur accordait plusieurs facultés dans ses terres.
En 1179 lévêque Aldebert leur cédait léglise de Ginestoux et en 1187 celle de Saint-Privat de Frutgères. Les dotations deviennent plus nombreuses encore dans le XIIIe siècle. Les Commandeurs de Gap-Francès se virent dans la suite propriétaires dune grande étendue de pays, il eurent entrée et voix délibérative aux Etats du Gévaudan.
La commanderie comprenait dix membres ou Districts: Frutgères, le Limarès, Altier, le Bleymard, Saint-Sauveur-de-Ginestoux, les Estrets, Paulhac, Pierrefiche, la Canourgue et Mende.
Lhôpital de Gap-Francès, appelé aussi de Lozère chef-lieu de la commanderie, possédait un château et maison seigneuriale, une chapelle sous le titre de Saint-Jean-Baptiste. Le tout fut dévasté dans les premières années du XVIIIe siècle, pendant la guerre dite des Camisards. Une foire importante se tenait en cet endroit le 25 juin de chaque année.
LHôpital possédait en outre 30 sétérées de terres cultes et la même étendue en pâturages et plusieurs forêts importantes; 4,000 bêtes à laine étaient nourries dans les montagnes de la commanderie.
Domus Hospitalis Frutgères
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Pont-de-Montvert — 48

Domus Hospitalis Frutgères
Léglise de Frutgères, sous le titre de Saint-Privat, avait été donnée à lOrdre en 1179 par lévêque Aldebert (A), elle servit de paroisse à Gap-Francès, au Pont-de-Montvert et à plusieurs villages et hameaux du voisinage. Pendant les troubles du XVIIIe siècle, le curé fut assassiné et la maison curiale dévastée.
En sa qualité de seigneur spirituel, le commandeur nommait à la cure de Frutgères.
Il avait la haute juridiction dans les villages de Gap-Francès, Salarial, le Gros, Montgros, Laubaret, les Troubat, Vialia, Pont-de-Montvert, etc. La moyenne et basse juridiction dans les paroisses de Frutgères, Fraissinet, Grisac, Saint-Frézal, Chambonas, etc.
Domus Hospitalis Le Limarès
Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze, Commune: Saint-Michel-de-Dèze - 48

Domus Hospitalis Le Limarès
Les dépendances de Le Limarès sétendaient en partie dans le Vivarais, la commanderie y possédait Chamborigaud et plusieurs autres villages.
Le Commandeur percevait divers cens et rentes foncières dans les lieux de :
Chamborigaud
Département: Gard, Arrondissement: Alès, Canton: La Grand-Combe - 30

Domus Hospitalis Chamborigaud
Vialas
Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez - 48

Domus Hospitalis Vialas
Saint-Privat-de-Vallongue
Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze - 48

Domus Saint-Privat-de-Vallongue
Saint-Frézal-Valenton
Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze - 48

Domus Saint-Frézal-Valenton
Saint-Martin-de-Lansuscle
Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Le Collet-de-Dèze - 48

Domus Saint-Martin-de-Lansuscle
Chambonnet
Lozère, Arrondissement et Canton: Florac, Commune: Quézac - 48

Domus Hospitalis Chambonnet
Figeirolles (?).
Trabussac (?).
Domus Hospitalis Altier
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Villefort — 48

Domus Hospitalis Altier
Les dépendances dAltier consistaient en bois, pâturages et rentes foncières. Le Commandeur avait la justice haute, moyenne et basse dans les localités ci-après: Bergougnoux, Villespasses, Valfournes, la Pigeire, la Rouvière, le Fossat, Couze, Chadepeau, la Rochette, Montredon, etc.
Commanderie Le Bleymard
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Le Bleymard — 48

Commanderie Le Bleymard
Les dépendances de la Commanderie de Bleymard étaient: Alpiers (?) ; Malavieille (?) ; Louzet (?) ; Feljas (?) ; Mazel (?) ; Cheyroux (?) ; Orcières (?) ;
Vareille
Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Chély-dApcher, Commune: Saint-Pierre-le-Vieux - 48

Domus Hospitalis Vareille
Neyra
Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez, Commune: Cubières - 48

Domus Hospitalis Neyra
Sauvages
Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez - 48

Domus Hospitalis Sauvages
Saint-Julien-du-Tournel
Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Saint-Etienne-du-Valdonnez - 48

Domus Hospitalis Saint-Julien-du-Tournel
Domus Hospitalis de Pierrefiche
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Châteauneuf-de-Randon — 48

Domus Hospitalis de Pierrefiche
A Pierrefiche, le Commandeur possédait léglise paroissiale sous le titre de Saint-Privat, un château et ses dépendances, deux forêts dune grande étendue ; exerçait la haute, moyenne et basse juridiction et prenait la dime sur les lieux de Pierrefiche, de la Chaze, dAurouzet, de Sagnerousse, de lAubarnes, etc. Percevait divers droits, seigneuriaux au Crouzet, à Châteauneuf-Randon, à Saint-Jean-la-Fouillouse, à Meireilhes, à Veissière, etc., et le droit de péage sur tous les voyageurs à lexception des sujets du comte de Polignac.
Les vassaux de Pierrefiche fournissaient les fonds nécessaires aux Commandeurs:
1º Lorsquils se rendaient à Malte.
2º pour son rachat sil était fait prisonnier.
3º pour le voyage de la Terre Sainte.
Domus Hospitalis Saint-Sauveur-de-Ginestoux
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Châteauneuf-de-Randon — 48

Domus Hospitalis Saint-Sauveur-de-Ginestoux
Le Commandeur en était seigneur temporel et spirituel de :
Saint-Sauveur-de-Ginestoux, il percevait la dîme dans toute létendue de la paroisse et dans quelques autres villages, et y exerçait la haute juridiction. Les biens fonds consistaient en prairies et en terres labourables.
Domus Hospitalis Estrets
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Châteauneuf-de-Randon — 48

Domus Hospitalis Estrets
Les dépendances des Estret étaient un château seigneurial, une chapelle sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, des terrains, des prairies et une forêt.
Le Commandeur percevait des cens dans les villages des Estrets, de Fontans, de Malaviellette, de Masberal, de Chabanes, de Serverette, de Lestival, de Montcham, de Buffeirette, de Javols, de Recoules, etc.
Il navait que la moyenne et base juridiction. La haute, cest-à-dire la criminelle, appartenait au Seigneur de Peyre.
Domus Hospitalis Paulhac
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Le Malzieu-Ville, Commune: Paulhac-en-Margeride — 48

Domus Hospitalis Paulhac
Le domaine Paulhac consistait en terres cultes, en prairies et en forêts. Le Commandeur percevait un grand nombre de censives. La justice entière au lieu de Paulhac appartenait au duc de Mercoeur; le Commandeur lexerçait dans les localités suivantes: Dieges, la Molle, Vachelery, le Malzieu, etc.
Domus Hospitalis Canourgue
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: La Canourgue — 48

Domus Hospitalis Canourgue
A La Canourgue, le Commandeur y possédait un château seigneurial, des jardins et des prairies ; prenant la censive dans les hameaux suivants: la Fagette, Pertuzades, le mas Requiran, le Lieboux, le Duc, Grèzes, le Bouquet, Tartarone, le Mazet, Lescure, etc.
Domus Hospitalis Mende
Département: Lozère, Arrondissement et Canton: Mende — 48

Domus Hospitalis Mende
A Mende, le Commandeur y possédait une maison à la rue dAuriac ; elle porte encore aujourdhui le nom de maison de la Commanderie (3), plusieurs directes, censives et rentes foncières dans la ville et aux environs, particulièrement à la Brageresse et à Badaroux. Le propriétaire dune maison, en face de celle du Commandeur, lui payait la redevance dune paire de perdrix chaque année.
(3) Elle fut vendue par la nation le 19 avril 1791.
— Tel est létat sommaire des dépendances de la Commanderie de Gap-Francès. Elles produisaient, en 1713, un revenu net de 5,174 livres. Cétait un bénéfice assez important.
— La révolution vint dépouiller lordre de ses biens, et cest à peine si le nom de chevaliers de Malte est aujourdhui connu dans le pays.
Liste Chronologique des Commandeurs de Gap-Francès (4)
.1177 — Frère Jean de Chalane.
1215 — Frère Pallet.
1229 — Frère Benedit.
1233 — Frère Aldebert.
1239 — Frère Raimond de Cervieres.
1240 — Frère Guillaume de la Garde.
1243 — Frère Bertrand Perrier.
1247 — Frère Bertrand de Montegut.
1255 — Frère Foulque du Tournet. 1261.
1263 — Frère Raimonot du Luc. 1264.
1265 — Frère Pons Raimond. 1280.
1288 — Frère Jordan de Chaudairac. 1297.
1297 — Frère Pierre de Chaudairac. 1307.
XXXX — Frère Urbain dOzerie.
1316 — Frère Guillaume de Borrenc. 1352.
1358 — Frère Amalvin de la Tour.
1360 — Frère Foulque du Tournel.
1367 — Frère Guillaume Fabri. 1374.
1384 — Frère Aldebert de la Romeguiere.
1387 — Frère Raimond de Lescure.
1398 — Frère Almaric de Sanhac. 1416.
1424 — Frère Bertrand dArpajon. 1445.
1445 — Frère Raimond Ricard. 1481.
1491 — Frère Gollon de Mandoix. 1492.
1502 — Frère Charles Alamand. 1507.
1514 — Frère Jean de Bidoux.
1528 — Frère Antoine de Barras.
1530 — Frère Jacques de Manas.
1544 — Frère Philippe de Vento 1551.
1557 — Frère Barthélémy Bermond, dit de Rosset.
1565 — Frère Jean de Barras.
1576 — Frère Bertrand de Varadier Saint-Andeol.
1596 — Frère Georges de Berton, dit de Crilhon. 1600.
1607 — Frère Charles de Panisse. 1626.
1632 — Frère François de la Crote, seigneur de la Menardie.
1635 — Frère Faspard de Villeneuve-Châteauneuf.
1638 — Frère Antoine de Puget-Saint-Marc
1643 — Frère Jean de Villeneuve-Châteauneuf.
1648 — Frère Gaspard de Castellane. 1662.
1657 — Frère François de Ratte Cambons
1658 — Frère Jean-Jérôme de Gallian-Châteauneuf. 1663.
1667 — Frère Pierre de Raphelis dAgout-Rognes. 1692.
1695 — Frère François Timoleon de Montaud Labat.
1707 — Frère Felix de Grimaldy. 1716.
1729 — Frère Secret des Alris de Rousset. 1731.
1742 — Frère Philippe de Pagesse dAssas. 1746.
1753 — Frère Joseph dOlivary. 1767.
1769 — Frère Pierre-Antoine de Raymond dEaux.
1779 — Frère Louis de Moreton de Chabrillan. 1787.
En 1787, ce titulaire étant mort, le frère Bruno Marie de Foresta, chevalier de lordre, administra la commanderie pendant la vacance. Nous navons pas pu connaître le nom de son successeur.
(4) Cette liste a été dressée daprès les chartes de la Commanderie conservées aux archives départementales des Bouches-du-Rhône. — Ces dates ne sont point celles de la nomination ni de la mort des Commandeurs, mais celles des actes qui mentionnent ces chevaliers.
Sources: M. Ferdiand André — Société dAgriculture, Industrie, Sciences et Arts du département de la Lozère — Tome XV — janvier-février 1864 — Imprimerie de C. Privat — Mende 1864
Garidech (31)
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Montastruc-la-Conseillère — 31

Commanderie de Garidech
Située sur la route de Toulouse à Albi, cette ancienne commanderie de lOrdre de Saint-Jean ne peut présenter comme vestige de son passé, que son église à laspect original et sévère dont la façade imposante arrête forcément, malgré labsence complète dornementation, lattention du voyageur, et ses vieilles archives qui viennent nous raconter ce quelle fut jadis.
En interrogeant ces dernières, nous navons pu découvrir la date de la donation de Garidech à lOrdre de lHôpital. Mais dans les liasses des chartes se rapportant à la maison de Toulouse, nous avons trouvé un vieux parchemin, dans lequel il est dit: que le douzième jour des calendes doctobre (20 septembre) de lannée 1134, Pierre Aguassa et Raymond son frère donnèrent à lHôpital Saint-Jean de Toulouse, au Prieur Bernard Hugo, leur portion du dîmaire de léglise de « Saint-Pierre-de-Salinières », bâtie dans le pays toulousain (in pago tolosano), sur les bords du Girou. Or, cette église, disparue depuis longtemps, a laissé son nom a une partie du territoire de Garidech, où elle se trouvait située.
Cette possession isolée constitua une dépendance de la maison de Toulouse, jusquà ce que, sétant successivement augmentée des dîmaires des églises de Garidech et de Saint-Bibian, situées dans le voisinage, elle eût acquis une importance assez considérable, pour pouvoir être érigée en commanderie séparée; ce qui eut lieu vers le milieu du XIIIe siècle.
Cette nouvelle situation eut pour résultat immédiat daccroître rapidement la prospérité de lHôpital de Garidech, et, à partir de ce moment, les archives contiennent un nombre considérable de donations plus ou moins importantes faites par les fidèles do la contrée.
Mais cette prospérité même suscita à létablissement des chevaliers les difficultés qui en étaient les conséquences habituelles. Chez plusieurs, la jalousie ne tarda guère à succéder à la sympathie primitive envers cette maison, dont laccroissement commençait à leur inspirer de lombrage.
A la tête des adversaires déclarés des Hospitaliers, se trouvaient Bon Mancip de Maurand et Bertrand son fils, dont les vastes fiefs confinaient aux terres de lHôpital.
Vers lannée 1260, la guerre était ouvertement déclarée entre les deux partis et les épées même étaient tirées des fourreaux. Ecoutons les récits que font successivement les deux rivaux au frère Raymond dAure, précepteur de « Raineville » et Vice-Prieur du Toulousain, choisi par eux comme arbitre de leur querelle. Chaque combattant vient vanter sa modération, énumérer avec complaisance les blessures reçues, les insultes et les menaces prodiguées par le parti opposé.
Laissons dabord parler le précepteur, frère Bernard de Caminières. Il venait, dit-il, de faire porter dans la cour de lHôpital les gerbes de la moisson, lorsque Bertrand de Maurand y fit irruption, à la tête de ses complices: Terrasson, Bérenger Raymond, damoiseau, Pierre de Grazac, Armand de Valségur, Raymond Vitalis et une foule dautres, armés jusquaux dents. Les envahisseurs enlèvent les gerbes et séloignent en insultant et menaçant le commandeur et les Hospitaliers. Ceux-ci sarment à la hâte et se mettent à la poursuite des ravisseurs. Le combat sengage: Bertrand de Maurand se jette sur le commandeur, le menaçant de sa lance et brise le frein de son palefroi. Le chapelain Raymond, que son caractère sacré na pas retenu loin de la mêlée, est frappé dun coup darbalète et renversé sans connaissance; il reçoit plusieurs coups de massue, pendant que Bertrand de Maurand ne cesse de crier: Quil meure ! Quil meure ! Le précepteur continue en faisant voir tous les siens sortants du champ de bataille plus ou moins éclopés et réclame pour chacun deux des satisfactions pécuniaires.
Daprès Bertrand de Maurand au contraire, le commandeur est venu assaillir ses gens à la tête dune troupe, armée de lances, darbalètes, de bâtons, de poignards et dépées; à plusieurs reprises, il les aurait dispersés et maltraités de mille manières; dans cette seconde narration, nous voyons le chapelain Raymond précipitant ses ennemis dans le Girou et le précepteur se jetant sur Bon Mancip de Maurand et le désarçonnant.
La sentence arbitrale fut rendue le 14 août 1265, par Pierre du Port précepteur de Saint-Sulpice, qui avait remplacé Raymond dAure dans la charge de vice-prieur du Toulousain. Il ordonna que les Hospitaliers continueraient à posséder les terres, objet de la discussion et quils paieraient 460 sols toisas de compensation à leurs adversaires; quant aux injures et aux voies de fait, trouvant sans doute que les torts étaient partagés des deux côtés, larbitre décida quelles seraient oubliées et remises de part et dautre et quelles ne se renouvelleraient plus. Cette sentence rétablit la paix entre les deux rivaux, qui vécurent dans la suite en bonne intelligence; nous en trouverons la preuve dans certaines cessions de terre faites par ce même Bon Mancip de Maurand au précepteur B. de Camimières (1275).
Lors de lenquête ordonnée par le roi de France, pour le rétablissement des droits de la couronne dans ses nouvelles provinces du Midi, son procureur Gille Caumel ou Camelin) contesta au frère Raymond dAure, précepteur de Garidech, le droit dexercer dans cette ville et son territoire, la haute et moyenne justice; ce droit, il le revendiquait pour lautorité royale, prétendant que Garidech, ayant dépendu de tout temps du baillage et de la châtellenie de Buzet, la haute seigneurie en appartenait aux comtes de Toulouse et devait par suite revenir aux rois de France.
Le chevalier de Saint-Jean affirmait, au contraire, que ce droit avait été exercé de temps immémorial par son ordre, quil existait encore à Garidech la hache et les chaînes pour lexercice de la haute justice et que de plus ses prédécesseurs et lui avaient toujours institué les consuls de cette ville; il appuyait son dire par le relevé des causes qui avaient été portées depuis un certain nombre dannées devant le tribunal des Hospitaliers et des condamnations prononcées contre les coupables, et exécutées par les officiers du commandeur dans le fort même de Garidech.
La fin du parchemin ayant été enlevée nous ne connaissons pas la sentence rendue par les commissaires. Il est toutefois probable que ceux-ci se rendirent aux raisons présentées par le procureur du roi, car les documents postérieurs nous montrent les commandeurs de Garidech jouissant simplement de la seigneurie spirituelle et foncière de cette ville et de ses dépendances.
Les premières années du XVe siècle virent la commanderie de Garidech accroître singulièrement son importance. Comme nous le verrons plus loin, à la demande du Grand-Prieur de Toulouse, Raymond de Lescure, le Grand-Maître, Philibert de Naillac, autorisa, par une bulle du 24 novembre 1408, la transformation de lancienne maison du Temple de Toulouse en un hôpital destiné aux pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Pour subvenir aux frais de cet établissement le Grand-Maître lui affecta les revenus de Garidech et en déclara le précepteur, Hospitalier du Temple; lélection de ce dernier appartenait, daprès cette même bulle, aux Grands-Prieurs de Toulouse assistés de leur Chapitre Provincial.
Outre les frais dentretien de lhôpital, le commandeur de Garidech était obligé de payer annuellement ses responsions au trésor de lOrdre, dassez fortes charges particulières à sa circonscription, plus 25 quartons de froment fournis à la Chambre Prieurale de Toulouse.
Aussi, pour le mettre en état de faire face à toutes ces dépenses, adjoignit-on à cette commanderie celle de Cornebarrieu et dans la suite quelques petits domaines de lOrdre dans les environs de Montauban.

Saint-Jean-Baptiste de Garidech — Sources: Médiathèque de larchitecture et du patrimoine
Dans le courant du XVIe siècle, nous assistons à la construction de léglise de Garidech.
Ce fut en 1522 que le commandeur Melchior dAspremont conclut, à cet effet, un traité avec Louis Privat, « maître-maçon juré de la ville de Toulouse », qui se chargea de construire ce bâtiment dans le délai de trente-cinq ans; le chevalier sengagea à y consacrer le tiers de la dîme.
Au mois de janvier 1534, lédifice était assez avancé pour pouvoir être consacré; il le fut par « Révérendissime George de Selve », évêque de Lavaur, remplaçant pour la circonstance le cardinal Odon de Chastillon, archevêque nommé au siège de Toulouse. Mais à partir de cette époque, le zèle se ralentit; le commandeur ne paya plus sa part des frais quavec répugnance; il fallut même, pour la vaincre, lintervention du sénéchal de Toulouse, réclamée par les consuls et le syndic de la communauté de Garidech.
Par suite de ces difficultés, léglise ne fut entièrement terminée quen lannée 1557.
Bientôt après cette époque, la petite ville de Garidech eut à subir sa part de désastres et de dévastations pendant la cruelle période des guerres religieuses; dans cet épisode militaire, faillit périr léglise nouvellement construite.
Voici en effet ce que nous lisons dans le procès-verbal dune visite pastorale faite le 26 septembre 1596, par maître Chabannc archiprêtre de Montastruc, délégué du cardinal de Joyeuse.
« Le Sainct-Sacrement y soloit estre réservé au milieu du grant autel dans un petit tabernacle, qui fut rompeu et destruit parles Réistres... Le baptistère est sans couvert, sans pavillon et ce qui est bien pis, sans couverture de toit, de sorte quil y pleust en dedans. »
Dom Vaissette nous apprend en effet que, dans la période précédente, la contrée avait été dévastée par les protestants.
Nous lisons dans son histoire que les princes de Navarre et de Condé partirent de Montauban, à la tête des Reîtres, savancèrent vers la Garonne, campèrent le 22 septembre 1570 à la Bastide-Saint-Sernin, et sétendirent ensuite dans les environs de cette localité, portant partout le fer et le feu. Or, Garidech nétant éloigné de la Bastide-Saint-Sernin que de quelques kilomètres, on est autorisé à conclure que ce fut alors queût lieu la dévastation, dont on constatait encore les traces, vingt ans plus tard; les malheurs de la guerre navaient pas encore permis de la réparer. Ce long abandon est dautant plus explicable que les environs furent, dans cet intervalle, le théâtre de luttes sanglantes; car en 1590, nous voyons dans le voisinage de Garidech la place de Montastruc, successivement prise et perdue par les troupes catholiques commandées par Scipion de Joyeuse. Du reste les murailles de la ville, fort peu considérables par elles-mêmes, ne durent pas présenter de bien sérieux obstacles aux envahisseurs. Ces derniers furent pourtant obligés demployer lartillerie, pour en venir à bout. Du passage dévastateur des Reîtres, il ne reste plus aujourdhui de vestiges, sauf quelques traces de projectiles sur de vieilles murailles et dans la sacristie de lEglise, un boulet lancé jadis par une couleuvrine des Huguenots et transformé depuis en un pacifique pilon pour écraser lencens.
Nous navons plus à mentionner, avant de finir, que la transaction conclue entre le commandeur, Joachim de Montaigut Fromigières, et les consuls de Garidech, pour régler lexercice des droits de lun et des prérogatives des autres. Non contents de cette précaution et se défiant de son effet pour la suite, les magistrats municipaux obtinrent du roi Louis XIII, un édit en date du mois davril 1639, qui les confirma dans leurs privilèges et leur reconnut le droit de juger par prévention les matières criminelles avec un assesseur et, en seuls, les affaires de simple police et les petites causes jusquà cent sols, ensemble les gages des valets; édit qui fut confirmé par Louis XIV, en 1688.
Dans les procès-verbaux de visite, nous trouvons que les commandeurs possédaient, outre la seigneurie foncière et spirituelle de Garidech et de son annexe Saint-Bibian divers fiefs à Gémil, Montastruc, Monpitol, etc., la collation de la chapellenie du Temple de Toulouse, ainsi que la jouissance des bâtiments qui en dépendaient, la seigneurie spirituelle et les dîmes de Cornebarrieu, quils partageaient avec le Prieur de la Daurade et le chapitre de Saint-Etienne; enfin les tènements de Labarthe, de Flamarens et dAlbefeuille situés près de Montauban.
Les revenus de cette commanderie sélevaient, en 1750, à 6,480 livres et ses charges, à 712.
Ces mêmes documents nous donnent la description du château des chevaliers à Garidech. Malgré son titre, cette vaste bâtisse, construite en briques ou même en torchis dans certaines de ses parties, navait plus dans les derniers temps, aucun des caractères dune demeure féodale. Les années, qui lavaient transformée, depuis que les Hospitaliers avaient cessé dy résider, en simple bâtiment dexploitation, navaient laissé subsister quune tour qui put la distinguer encore des maisons voisines. Aujourdhui ses derniers vestiges ont disparu en même temps que les ruines du fort construit par les habitants dans son voisinage, à une portée de mousquet de léglise, disent les anciens actes. Il nen reste plus que les fossés, convertis dans ces derniers temps en abreuvoir et une modeste masure, portant encore le nom de Fort, mais qui na de commun avec lui que son emplacement et peut-être les matériaux dont on sest servi pour la construire.
Liste des Commandeurs de Garidech
xxxx-1260. Raymond de Pailhès.
1264-1275. Bernard de Caminières.
1275-1276. Raymond dAure.
xxxx-1294. Pierre de Falmète.
xxxx-1320. Fortanier de Gordon.
xxxx-1324. Arnaud de Jori.
1347-1367. Raymond de Saint-Just.
1374-1398. Pierre de Salinier, receveur du Grand-Prieuré.
xxxx-1432. Jean de Margatte.
xxxx-1434. Pierre de Pagèze.
1446-1469. Jean du Puy.
xxxx-1475. Etienne Labola.
1475-1491. Pons de Raffin.
1495-1497. Guillaume Seytre chevalier.
1515-1536. Marquiot ou Melchior dAspremont.
1536-1554. André de Guiramand.
1554-1560. Antoine de Thésan Vénasque.
xxxx-1622. Jules de Montmorency.
xxxx-1630. Joachim de Montaigut Fromigières.
1648-1650. Antoine de Blacas-Vérignon.
1660-1665. Thomas de Villages.
1680-1685. Charles de Martin-Puylobrier.
1685-1687. Paul-Antoine de Quiqueran Beaujeu.
1689-1694. François de Bausset.
xxxx-1712. Antoine de Puget Clapier.
xxxx-1721. Joseph de Castellane Mazaugues.
xxxx-1730. Claude de Simiane.
xxxx-1740. Joseph-Balthazar de Gras-Presville.
xxxx-1751. Alphonse de Pontlevès Maubourguet.
1785-1789. N. de Lafare.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883
Commanderie de Garidech
Adossée à une colline molassique sur la rive droite du Girou, la commune de Garidech se situe à 17 kilomètres de Toulouse, entre Launagais et Frontonnais. Si des traces doccupation gallo-romaine sont relevées sur les bords de la rivière, le nom de Garidech napparaît pour la première fois dans lHistoire que le 20 septembre 1134.
On peut supposer que notre village serait resté anonyme si, ce Jour-la, Pierre et Raymond Aguassa navaient cédé une partie de leur droit de dîme de Saint Pierre de Salinières (aujourdhui Prexempeyre) à lHôpital de Jérusalem. Garidech entrait simultanément dans lHistoire et dans une organisation complexe: lOrdre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem puis, après 1530, Ordre de Malte.
Les possessions hospitalières grossirent rapidement par donations successives si bien que, dès le milieu du XIIIe siècle, Garidech fut élevée au rang de « préceptorie ». Les biens de lOrdre du Temple confisqués: ils furent confiés aux Hospitaliers qui les administrèrent. Garidech reçut un immeuble de rapport à Toulouse (la Maison du Temple), les terroirs de Labarthe, Flamarens et Albefeuille (aujourdhui commune dAlbefeuille-Lagarde en Tarn-et-Garonne) et une part des dimes de la paroisse de Cornebarrieu. Ainsi dotée, la préceptorie de Garidech fut élevée au rang de « Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem » et une partie de ses revenus fut affectée à lentretien de lHôtel-Dieu Saint-Jacques à Toulouse.
Les revenus du Commandeur étaient tirés de lexploitation agricole (il possédait en propre deux grandes fermes qui étaient travaillées en métayage) et de lexercice de ses droits seigneuriaux.

Plan des Maitéries de la commanderie — Sources: Mairie de Garidech
La Commanderie était dotée dun four banal où chaque habitant devait cuire son pain, dune forge banale où chaque tenancier devait faire fabriquer et aiguiser ses outils et dun moulin non-banal sur le Girou. Outre la seigneurie banale, le Commandeur disposait de la seigneurie ecclésiastique et, à ce titre, il prélevait la dîme de 10 % sur les cultures spéculatives blé, avoine, foins, vendanges et pastel), de 1/12 (8,3 %) sur les cultures ordinaires (pois, fèves, maïs, légumes et chanvre).
Il exerçait aussi la seigneurie foncière: les terres quil avait reçues en échange de protection étaient rendues, sous le régime de « lemphytéose perpétuelle », à leurs anciens propriétaires, à charge pour eux de payer le « cens récognitif de seigneurie ». Si les prélèvements étaient nombreux, ils étaient toutefois modiques: la totalité des taxes perçues par le Commandeur atteignait une proportion de 15 % de tous les revenus en échange de structures et de services comme le four, le moulin ou la forge, investissements quaucun paysan garidéchois naurait pu assumer seul.
La Révolution de 1789, avec labolition des privilèges et la nationalisation de biens du clergé, mit fin à la Commanderie de Garidech. La commune, nouvellement formée (1791) sassoupit doucement à lécart du vacarme de la révolution industrielle. Il fallut attendre le début des années 1980 et la métropolisation de Toulouse pour que Garidech tirât profit de la proximité toulousaine et reprît vie.
Notre commune, dont la population a longtemps stagné aux alentours de quatre cents habitants, dépasse le millier à laube du troisième millénaire et grossit toujours... Elle tire bénéfice de lautoroute A 68 et de son échangeur: il achemine les habitants vers les emplois toulousains et il valorise un pôle dactivités tertiaires et un bassin demploi local.
Sources: Historique de la commanderie de Garidech, Mairie de Garidech
Garnaux (Les) (43)
Domus Hospitalis Les Garnaux ou Les BineyresDépartement: Haute-Loire, Arrondissement: Puy-en-Velay, Canton: Solignac-sur-Loire — 43

Domus Hospitalis des Garnaux
De la commanderie de Chantoin dépendaient les domaines des Garnaux et de Belvezet.
Les Garnaux, lieu aujourdhui détruit, étaient situés au sud-ouest du village des Bineyres. Cétait un alleu donné au Temple en 1210 (1) et qui prit, sans doute au XIVe siècle, le nom de ses emphytéotes.
En 1401, André Garnaud concéda à la maison de Chantoin le privilège de faire moudre gratis son blé au moulin quil possédait (charte 105).
Le 13 août 1545, le prieur de Sainte-Foy de Bains obtint du parlement de Toulouse un arrêt condamnant le commandeur de Chantoin à lui payer la dîme du terroir des Garnaux comme étant inféodé à perpétuité et, par suite, exclu de lexemption dont lordre de Saint-Jean de Jérusalem jouissait, pour ses biens, en vertu de ses privilèges (2).
Au XVIIe siècle, un procès relatif aux dîmes de Chantoin et des Garnaux sagitait au même parlement entre les Jésuites du Puy comme prieurs de Bains et les fermiers du commandeur de la Rochefoucaud. Un arrêt du 5 septembre 1661 rejeta la demande des Jésuites en ce qui concernait Chantoin, et, relativement aux Garnaux, ordonna, avant dire droit, que le commandeur rapporterait lacte dinféodation. Le résultat final de linstance nest pas connu (3).
En 1679, il y avait aux Garnaux deux moulins en bon état dentretien (4); en 1757 ils tombaient en ruines. Leur produit était minime, car ils nétaient pas banaux et ne marchaient quà la fonte des neiges ou par les pluies dorage (5).
Le domaine, composé dune maison et grange, de prés, pacages et quelques terres, était roturier et, comme tel, assujetti à la taille. Ses impôts étaient énormes; aux XVIIe et XVIIIe siècles, ils sélevaient à 160 et même 180 livres et absorbaient presque en entier son produit.
Le 21 août 1715, le commandeur de la Richardie, autorisé par un décret de la Vénérable collecte dAuvergne, donna en empbytéose perpétuelle, à divers habitants de Bains et des Bineyres, le domaine des Garnaux, à la charge den payer la taille et moyennant une redevance de 32 cartons de seigle par an. Mais le commandeur de Sainte-Colombe, son successeur, obtint, le 19 mars 1750, un arrêt du grand Conseil qui annula ce contrat comme constituant une aliénation interdite par les statuts de lordre (6).
Après le désistement qui fut la conséquence de cet arrêt, dans la visite prieurale de Jean-François de Bosredon-Vieilvoisin, commandeur de la Vinardière (18 octobre 1754) et le procès-verbal daméliorissements, dressé par Jean-Philibert de Fay de la Tour-Maubourg, grand-bailli de Devesset, commandeur de Montchamp, et Joseph-Laurent de Beaumont-Brison, commandeur de Saint-Paul et de Blaudeix (12 novembre 1757), on voit figurer le domaine des Garnaux pour un revenu de 72 livres (7).
Notes — Commanderie Les Garnaux
1. Cartulaire des Templiers du Puy, charte 8.
2. Chantoin, I, n. 19.
3. Ibidem
4. Ibidem.
5. Devesset, tititre de la commanderie, visite prieurale.
6. Chantoin, II, n. 2.
7. Chantoin II, n. 1.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888
Les Granaux, moulin détruit, près les Bineyres, commune de Bains.
— 1401 (hospitaliers du Velay).
— Dépendance du membre de Chantoin.
Les Bineyres, village commune de Bains
— Nabineiras, vers 1213 (Templiers du Puy)
— Las Bineyras, 1381 (Hospitaliers du Puy)
— Le village de las Bineyras, aultrement appelé des des Garnaudz, 1549 (Archives du Rhône, H 2478)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII
Gasparets (11)
Département: Aude, Arrondissement: Narbonne, Canton: Lézignan-Corbières, Commune: Boutenac - 11

Domus Hospitalis Gasparets
En 1214, la fille de Pierre de Galpadens donna à l'hôpital Saint-Jean de Narbonne et à l'hôpital de Saint Pierre de Mer (1) et aux Commandeurs desdits hôpitaux « le château et lieu de Gaspadens avec les hommes, « uzages foriscapious, mazages, patus, cazals, champs, terres, jardins et agriers, vignes et généralement avec toutes ses dépendances, »
En récompense, « le Commandeur ce lui donna l'habit et croix de l'Ordre voulant qu'elle eut part aux prières et biens dudit Ordre. » (2)
En 1217, Raymond de Narbonne de Gaspanes (3) donna au Commandeur de Narbonne « quatre pièces terre sises dans le dimaire Saint-Martin de Gasparets »
Enfin en 1218, Bernard Prats, de Gasparens et Riale, sa femme, donnèrent à l'hôpital Saint Jean de Narbonne « leur portion de seigneurie qu'ils avaient audit lieu » (4).
1. Situé à la Clape, non loin de la mer.
2. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, I 28. Gaepadencs (1214) Gaspadens, Gasparens.
3. Nous respectons les diverses orthographes de ce mot.
4. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, I 34 et 33.
Sources : Abbé Sabarthès. Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, tome VII. Carcassonne 1894. - BNF
Gavarni, Luz-Saint-Sauveur (65)
Commanderie de GavarniDépartement: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Argelès-Gazost, Canton: Luz-Saint-Sauveur — 65

Commanderie de Gavarnie
Léglise est en fait lancienne chapelle dun hospice établi là au 12e siècle par une Commanderie de moines-soldats qui sétait donnée pour but dabriter les voyageurs en contrôlant la route au pied du port de Boucharo (ou de Gavarnie) culminant à 2270 m. Le bâtiment cependant, date essentiellement du 14e siècle hormis dans sa partie nord, plus ancienne.
Située exactement sur lancien chemin de Saint-Jacques, actuel sentier grossièrement contreforté que lon suit pendant une vingtaine de minutes jusquà la terrasse des Entortes, la modeste église se compose dune chapelle nord, formant bras de transept; elle remonte en apparence à lépoque romane et abrite la statue de Notre-Dame du Bon Port, objet dune dévotion encore très vivace. En bois polychrome du 14e siècle, elle retient le Christ sur son genou gauche, relève la main droite en bénédiction et porte la gourde du pèlerin; elle est accostée de deux statuettes de pèlerins du 17e siècle. Le choeur est modestement orné dun retable baroque à colonnes torses et ponctué de coquilles et feuilles dacanthe tandis que la nef abrite une effigie contemporaine de Saint-Jacques.
A lextérieur du bâtiment, on distingue encore faiblement la base ancienne dune tour carrée qui supportait lancien clocher-mur et lenceinte dun escalier en vis, éclairée de deux meurtrières.

Notre-Dame du Bon Port — Sources: Médiathèque de larchitecture et du patrimoine
Point de départ pour les randonnées en montagne, le lieu est devenu lieu dédié à la mémoire de ceux qui en furent les victimes. Aussi, le cimetière enserrant léglise, abrite-t-il les sépultures, monuments et plaques commémoratives parmi lesquels on relève les noms de Trescazes, du docteur Arlaud de Ledormeur ou de Célestin Passet. Ainsi, se trouvent réunis en ce lieu de passage rituel, trois niveaux de dévotion: lun dédié à Notre-Dame, lautre à Saint-Jacques et le troisième à la Montagne et avec limposant massif en toile de fond, léglise en matérialise le point de « crainte respectueuse. »
Sources: Ministère de la Culture (France) — Médiathèque de larchitecture et du patrimoine — diffusion RMN
Gavarni
Quand et par qui le territoire de Gavarni fut-il donné à lOrdre de Saint-Jean ?
Cest une question que les archives laissent absolument sans réponse. Mais la fondation de cet hôpital doit être fort ancienne, car, vers le milieu du XIIe siècle, il recevait des bienfaits de seigneurs éloignés, qui neussent pas soupçonné son existence sans limportance quil avait déjà.
Nous avons vu ailleurs la donation faite à Dieu et à Sainte-Marie de Gavarni, en 1148, de la seigneurie de Saint-Marcel, et létablissement à une époque antérieure dune dépendance de cet hôpital à Moncassin. Dans la suite, lors de lérection de ce dernier membre en une Commanderie séparée, le commandeur de Gavarni obtint en échange ladjonction à son hôpital de celui de Fonsorbes.
Quoique perdue au milieu des neiges et inabordable une partie de lannée, la maison, dont nous étudions lhistoire, ne laissait pas que dêtre florissante à cette époque; elle était composée en 1213 de quinze Hospitaliers, chevaliers, chapelains ou frères servants. Le treizième jour des kalendes de novembre de cette année-là, Guillaume de Sertz, précepteur, avait réuni tout son couvent pour le faire assister à la cession quil faisait, en son nom, de la tour de « Serrelate », située dans la « Littère », entre les tours « Ferrière », de la « Comtesse », de « lHopital-Rouge », « dAgrafals » et « dAlmaterne », à Raymond Bérenger, maître du Temple en Provence, et à Bernard dAyguebelle, précepteur de Monson, moyennant une rente de dix « cophisses » de blé. Les deux partis présentèrent pour garants de leur foi les deux frères, Arnaud et Marc de Castro, fils de dame Sancie dAlcala, qui donnèrent leur parole lun pour le Temple et lautre pour lHôpital.
Luz-Saint-Sauveur

Luz-Saint-Sauveur, Abside et fortifications — Sources: Médiathèque de larchitecture et du patrimoine
Une inscription lapidaire encastrée dans les murs du porche de léglise de Luz nous apprend quelle fut consacrée en lan 1260; date dautant plus intéressante à noter que le style de lensemble du monument semblerait lui assigner une origine beaucoup plus ancienne.
Or, cette année-là même, léglise de Saint-André de Luz et son dîmaire étaient donnés à lhôpital par labbé de Bergot « peut-être Bertag, du diocèse de Lescar », dame « Benatrix deu Pii de Sazos », et par le seigneur Jourdain de Vielet, probablement ses fondateurs; cest ce que nous trouvons indiqué sur un vieux parchemin, où sont mentionnés sommairement en langue vulgaire les principales donations et les privilèges concédés à la maison de Gavarni pendant les XIIIe et XIVe siècles.
Ce même document nous apprend quen 1262, dame Marie de Saint-André donna au commandeur de Gavarni le droit de présentation à la « rectorerie » de cette église, droit dont sa famille (son hostau) avait joui jusqualors. A cheval sur la frontière, lhôpital de Gavarni étendait ses possessions des deux côtés des Pyrénées.
Parmi ses bienfaiteurs et ses protecteurs, les rois dAragon se faisaient remarquer par la fréquence de leurs libéralités.
Ainsi nous voyons en 1268 Jacmes, roi dAragon, comte de Barcelonne et seigneur de Montpellier, accorder aux Hospitaliers le privilège « dexhiverner » 1500 têtes de brebis sur les montagnes qui lui appartenaient en 1270, il déclara quil prenait tous les frères de lhôpital sous sa sauvegarde La même faveur leur fut accordée par lévêque dHuesca dans toute létendue de sa juridiction (1284), et plus tard, par Jean, roi dAragon (1387).

Luz-Saint-Sauveur, Portail — Sources: Médiathèque de larchitecture et du patrimoine
Cette sorte de cartulaire nous montre enfin Alphonse, gouverneur de lAragon, au nom du roi, leur permettant la dépaissance dans les ports communs de Gascogne et de Barège (1325).
Nous avons vu ailleurs le chapitre provincial tenu en 1257, enlever au précepteur de Gavarni, pour la donner à celui de Toulouse, la maison de Fonsorbes. Guillaume de Sère, précepteur de Gavarni, eut beau exposer au chapitre létat misérable où se trouvait sa Commanderie au milieu des attaques incessantes dont elle était lobjet de la part des seigneurs du voisinage, et la représenter « comme un vaisseau sans pilote et près de sombrer, » lassemblée fut inflexible mais lui accorda comme compensation le membre de Moncassin, ainsi quil est mentionné sur les textes de cette commanderie.
Le patronat de léglise de Saint-André de Luz fut disputé aux commandeurs de Gavarni par les évêques de Tarbes; les deux parties en appelèrent au Saint-Siège; une bulle du pape Clément VI vint maintenir le chevalier Loup de Salies et ses successeurs dans la possession du droit contesté. Les commandeurs possédaient prés de cette église, quoique nayant pas la seigneurie de la ville, une sorte de citadelle ou de château fort; cest là quils résidaient, quand ils venaient visiter leurs domaines des montagnes, ne laissant à leur sauvage maison de Gavarni que les frères servants, chargés de la surveillance, et les bergers de leurs troupeaux. Mais ils préféraient en général habiter dans un pays plus civilisé, et comme nous lavons vu ailleurs, la plupart de leurs actes sont datés de leur château ou hôpital de Saint-Marcel.

Luz-Saint-Sauveur, Eglise Vue densemble — Sources: Médiathèque de larchitecture et du patrimoine
La Commanderie de Gavarni avait, outre les possessions que nous avons déjà énumérées, des dépendances plus ou moins considérables à Lourde, à Barèges et dans la plupart des vallées avoisinantes. Lhôpital de Saint-Gaudens lui fut adjoint pendant la durée du XIVe siècle et nen fut détaché que lors de la réunion de Gavarni à Boudrac, qui eut lieu vers 1400.
A partir de cette époque, les archives ne nous fournissent plus de faits à noter dans le passé de cet ancien établissement.
Liste des Commandeurs de Gavarni.
--------1150. Wilhelm de Arzillis.
1213-1268. Guillaume de Sertz.
--------1310. Rostang de Gavarret.
--------1325. Olivier de Cueurèse.
1332-1340. Benoît de Caussade.
1886-1367. Loup de Salies.
1378-1337. Bernard de Rigaud.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
Domus Hospitalis Gavarnie et Saint-Marcel
Léglise est située en arrivant au village, sur la droite, le long de lancienne route de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cest ce quil reste du prieuré des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem du XIIe siècle. Ils sétaient donnés pour but dabriter et daider les voyageurs, en contrôlant la route de Saint-Jacques, au pied du port de Boucharo (ou de Gavarnie) culminant à 2270 mètres.
Cest sur ce site que fut fondée, dès le Haut Moyen Age, une commanderie de lOrdre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Très puissante à lépoque, elle avait des maisons à Lourdes, Barèges, Moncassin et Fonsorbes (hôpitaux). Elle reçut en 1148, de Raymond Guillaume de Benque, le château et léglise de Saint-Marcel.
Nous savons que la commanderie en 1213, était composée dune quinzaine de chevaliers et chapelains avec leurs servants. Après un déclin vers 1400, la commanderie passa sous lordre de celle de Boudrac. Pour plus dinformation lire à la fin, lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.
En lannée 1148, Raymond Guillaume de Benqué, « sous linspiration de Saint-Esprit et pour la rédemption des âmes de ses parents, donna à lhôpital de Sainte-Marie de Gavarnie
Domus Hospitalis Gavarnie la moitié du Puy de Saint-Marcel (?), ainsi que la seigneurie quil possédait sur le reste de territoire appartenant à Arnaud de lAbbadie, (Peut-être Abbadie près de Gaussan 65) »Ce dernier, sassociant aux sentiments de son suzerain, céda également sa portion du territoire de Saint-Marcel.
« Daprès les anciens usages, est-il dans lacte, les vassaux viendront apporter leurs redevances aux seigneurs Hospitaliers le dimanche des Rameaux, le Vendredi saint et la veille de Pâques ; les donations furent faites à Saint-Gaudens entre les mains de Roger, évêque de Comminges, le jour où se livra la bataille entre Bertier Garald et Sanche de Jacca. (Sans doute un duel judiciaire ou un épisode dune de ces guerres entre Seigneurs si fréquentes à cette époque.) »
Cette charte fut signée par lévêque et le sire de Beuque, qui remplaça son nom trop difficile à écrire par un signe en forme détoile.
Le château de Saint-Marcel était le séjour favori des précepteurs de Gavarni, qui se contentaient daller inspecter de temps à autre leurs possessions pyrénéennes. Quand cette dernière Commanderie cessa dexister, elle fut fondue, comme nous le verrons plus tard, avec toutes ses dépendances, dans celle de Boudrac. Nous navons à citer dans cette période de son histoire que lhumble requête présentée au Grand-Prieur en 1529, « par les manants de Saint-Marcel, à leffet de vouloir bien payer sur ses dîmes la somme de douze escus petits pour la réparation de leur église qui tombait en ruines »
Liste des Commandeurs du Membre de Saint-Marcel
1489. Gaillart de Ferraud.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse — Toulouse — 1883.
Genlis (21)
Domus Hospitalis GenlisDépartement: Côte-dOr, Arrondissement: Dijon, Canton: Genlis — 21

Domus Hospitalis Genlis
Les Hospitaliers jouissaient de droits dusage dans les bois de Genlis et de Tart, par concession du duc Hugues III à eux accordée pendant quil était au siège de Ptolémaïs, en 1191.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
Genouilly (71)
Domus Hospitalis GenouillyDépartement: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Mont-Saint-Vincent — 71

Domus Hospitalis Genouilly
Ancien nom Genouilly-sur-Guye.
Une partie de la seigneurie de Genouilly appelée Saint-Jean-de-lHôpital appartenait au commandeur de LEpinacy qui eu fit lever le plan en 1428.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
Genouilly (71)
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Buxy, Commune: Collonge-en-Charollais - 71

Domus Hospitalis Genouilly
Cest la valeur de la maison de Genulay (3) :
Premèrement en servis par an 100 s. tournois
Item 35 bichez de froment de servis valent 4 livres. 7 s. 6 d.
Item 20 bichez davoine de servis 30 s.
Item 20 bichez de seigle et de servis valent 20 s.
Item 15 bichez de froment de gaynage valent 37 s. et 6 d.
Item 30 bichez de seigle de gaynage valent 60 s.
Item 15 bichez davoine de gaynage 22 s. 6 d.
Item li blaerie vaut par an 20 s.
Item pour les prez par an 40 s.
Item du molin par an 10 bichez de seigle valent 20 s.
Item 4 anées de vin de la vigne par ain 24 s.
Item par 15 gellines de servis par an 3 s. 9 d.
Et est li blez dessus diz à la mesure du Mont Saint-Vincent.
3. Genouilly, il ne reste quune rue de lHôpital.
Sur la voie romaine dAutun à Mâcon, Un hameau de cette commune porte encore le nom de lHôpital.
Sur la carte de Cassini, lHôpital et chapelle Saint-Jean
Sources : Anatole de Charmasse. état des possessions des Templiers et des Hospitaliers en Mâconnais, Charollais, Lyonnais, Forez et partie de la Bourgogne daprès une enquête de 1333. Extrait des mémoires de la société Eduenne; nouvelle série, tome VII. H. Champion, Paris, Autun 1878. - Livre numérique Google
Gentioux (23)
Commanderie de GentiouxDépartement: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Commune : Gentioux-Pigerolles - 23

Domus Hospitalis Gentioux
Nous avons dit, au commencement de ce travail, que Gentioux au XIIIe siècle était le chef-lieu dune préceptorerie de lordre du Temple. Cet ordre fut supprimé au concile de Vienne de 1311, et les biens des Templiers furent remis aux chevaliers de lordre de Saint-Jean de Jérusalem, appelés aussi Hospitaliers et plus tard chevaliers de Malte, en vertu de lettres patentes du roi du 28 mars 1312 (nouveau style 1313).
Les Hospitaliers réunirent la préceptorerie de Gentioux à leur commanderie de Charrières, qui porte depuis le nom de commanderie de Charrières et Gentioux, et dans les derniers temps de commanderie de Charrières simplement.
De cette préceptorerie ou commanderie de Gentioux dépendaient le membre de Gentioux et le membre de Royère.
En 1684, le commandeur possédait :
1° – Dans la paroisse de Gentioux léglise paroissiale.
Une maison pour ses fermiers, située au bourg létang de Tras-la-Sagne, rapportant vingt livres.
Létang de la Chandoube, rapportant quarante livres.
Létang des Salles (aujourdhui desséché), rapportant cinquante livres.
2° – A Pallier, léglise paroissiale.
Le 18 juillet 1777, devant Barjaud, notaire royal, Jean-François Lacoste, procureur fiscal de la ville et bailliage de Bourganeuf, y habitant, paroisse de Saint-Jean, au nom du chevalier de Marcellanges, commandeur de Charrières, fit prix pour la construction dune grange au bourg de Gentioux, dans le jardin de la maison, qui servait da presbytère, du côté du pré du sieur Coutisson.
Etaient dans la directe et fondalité (*), en franche condition, du commandeur de Charrières et Gentioux :
Dans la paroisse de Gentioux, le bourg, Prevenchère, Mouliéras (1), Chaumont, Verzinas, Chez Gorce (en partie, le surplus au seigneur de Saint-Quentin), le moulin de Tras-la-Sagne (en partie, le surplus au seigneur de Saint-Quentin), le Mont (en partie), la Viallatte (en partie), Senoueix (2), Villemoneix, La Lézioux (3), Orluguet, Joux, les Salles, le Vallenet, la Vareille, Laschaux-Courraud.
Dans la paroisse de Faux, Vervialle.
Le bourg de Pallier.
Dans la paroisse de Royère, Verdinas, Roudaressas, Hautefaye (en partie), Rubeyne, (en partie), Vincent, Lascoux, Vergnoias (en partie), Le Feix (en partie), Les Bordes (en partie).
Dans la paroisse de Saint-Pierre-le-Bost, La Prade et Beauvais.
(*). FONDALITÉ. Droit de directe appartenant au Seigneur foncier et direct sur, un héritage mouvant de lui.
1. Le 10 septembre 1777 devant Barjaud, notaire royal, les tenanciers de Prévenchères et de Moutiéras nommèrent François-Placide Jammet du Villard, arpenteur juré, du bourg de Magnat, en Haute-Marche, pour procéder au nouvel arpentement et à légalement de la rente quils devaient au seigneur commandeur de Charrières et Gentioux.
2. Le village de Senoueix était, divisé en deux tènements Senoueix-les-Banneaux et Senoueix-Çhabarlin, tous deux dans la directe du commandeur de Gentioux. Reconnaissance séparée fut faite par les tenanciers de ces deux tènements au terrier de la commanderie de Charrières et Gentioux le 15 février 1767.
3. Par acte du 12 avril 1781 Coutisson et Jagot, notaires royaux, les propriétaires et tenanciers du village de La Lézioux, entre autres Jean-Baptiste Coutisson du Mas, avocat en parlement, nommèrent Louis Legrand, arpenteur juré, de la ville dEymoutiers, pour faire larpentement et également de la rente due sur ledit village au commandeur de Charrières et Gentioux, ils sobligèrent à payer à larpenteur six sols par setérée, mesure de rente, outre quinze livres pour lexpédition de la grosse.
En 1684, les rentes du membre de Gentioux, dans lequel Pallier était compris, montaient, pour le seigle, à sept cent quatre-vingt-deux livres, et, pour lavoine, à quatre cent sept livres, et consistaient en outre en cinquante-cinq livres argent, trente-trois, poules, trente arbans (*), trois setiers de fèves et des œufs ; les rentes du membre de Royère, dans lequel étaient compris La Prade et Beauvais, étaient estimées deux cent vingt-deux livres.
(*). ARBANS. Cest, dans la Coutume de la Marche, des corvées dues au Seigneur par ceux qui tiennent des terres dans létendue de sa Seigneurie.
Le commandeur percevait les dimes du bourg de Gentioux, qui valaient soixante-quinze livres, celles dOrluguet quinze livres, celles du Luc et de Villemoneix, cent vingt-cinq livres, celles de Joux et des Salles cent douze livres, celles de Moulièras, de Prévenchères, du Mont et du Vallenet cent quatre-vingt-sept livres, celles du Mazel, de Senoneix et de La Lézioux cent soixante-quinze livres, celles de la Villatte cinquante-deux livres, celles de Chaumont soixante-deux livres, celles de la Vareille, de Vervialle et de Thézillat cent trente-sept livres, celles de Laschaux-Conraud et Laschaux-Fauveix cent soixante-deux livres, celles de Verzinas soixante-quinze livres, et celles de Chez-Gorce soixante-deux livres.
Les dîmes de Pallier lui produisaient cent trente-sept livres.
Dans la paroisse de Royère, le commandeur percevait des dimes sur les villages de Verdinas, Roudaressas, Hautefaye, Rochas, Arpeix, Rubeyne, Vincent, Lascoux, Vergnolas, Le Feix, Langladure, Auzoux, Villecros, Soumeix.
Dans la paroisse de Saint-Pierre-le-Bost, sur les villages de La Prade et de Beauvais.
Dans la paroisse de Saint-Yrieix, sur les villages du Theil-Haut et du Theil-Bas.
Les dimes de ces trois paroisses valaient trois cents livres la dime des agneaux et de la laine était affermée cent quarante livres.
Les évaluations ci-dessus furent faites en 1684.
Sur cet ensemble de revenus le commandeur était tenu de prélever pour la portion congrue des curés de Gentioux, Pallier et Royère, une somme de quatre cents livres. Cette charge acquittée, les membres de Gentioux et Royère valaient en 1684 trois mille soixante-dix-neuf livres, sur lesquelles le commandeur devait payer une certaine somme pour responsions au Trésor de Malte, et contribuer aux réparations des églises de Gentioux, Pallier et Royère (4).
4. A. Vayssière, LOrdre de Saint-Jean-de-Jérusalem ou de Malte en Limousin et dans lancien diocèse de Limoges.
Nous connaissons comme fermiers des revenus de la commanderie pour les membres de Gentioux et de Royère :
1638, François Parricon, de Felletin.
Vers 1640 Estienne de Chadoullenas.
1644, Léonard et Jehan Darfeuille frères, notaires à Royère, sous-fermiers du membre de Royère.
1652, Chastelard.
1661, 1663 Barthélemy Juge, sieur du Masbillier.
1681, 1685 François Gay.
1686, Marguerite de Lagarde, veuve de François Gay, bourgeoise, demeurant à Gentioux.
1691, 1695, Etienue Larte, sieur de Chassagnas, notaire à Orladeix, paroisse de Royère, et Antoine Leblanc, notaire à Royère, sous-fermiers du membre de Royère.
1704, Dubayle.
1710 (vers), Léonard Gay.
1710 et entre 1716, Pierre Gay.
1711-1728, Denis Faure, notaire à Royère, sous-fermier du membre de Royère.
1716, 1719, François Jabouille, notaire royal à Pallier.
1720, Jean Bachellerie dEymoutiers.
1723, Guillaume Perron, sieur des Isles (5).
1729, 1730 Jean Laborne et Jean Fourest.
1735, Jean-Baptiste Jabouille, notaire royal à Pallier.
1738, Denis et Léonard Faure, père et fils, de Royère, sous-fermiers du membre de Royère.
1739, Marie Dubayle, veuve de Jean-Baptiste Jabouille, de Pallier
1771, 1745, Léonaad Darfeuille de Rochas, bourgeois de Royère, sous-fermiers du membre de Royère.
1758, Martin Coutisson, notaire royal à Royère, et Etienue Coutisson, notaire royal à Gentioux.
1759, 1770, Alexis Jabouille, bourgeois de Pallier, et Jacques Aubusson du Piat.
1778, 1781, Alexis Jabouille et Jean-François Thézillat.
1787, Alexis Jabouille et Léonard Jagot de la Planche.
5. Guillaume Perron, sieur des Isles, habitait à Gentioux la maison dite de chez Pierre Malledent, appartenant à Catherine de Champeaux, veuve dAntoine Sallandronze, de la Seauve, paroisse de Vallière, et à Léonarde Malledent, veuve de Léonard Darfeuille, de Royère, qui par procès-verbal du 14 juillet 1732 Joullot, notaire firent constater quil lavait laissée en mauvais état, sans en faire la remise.
Voici les noms des commandeurs de Charrières et Gentioux que nous avons pu recueillir.
Guillaume de Rouergue, 1420.
Louis dAubusson, 1424, 1445.
Hélie de La Peyre, 1459.
Louis dAubusson, 1468.
Guy dAubusson, 1470.
Geoffroy Ducrot, 1470.
Etienne de La Pierre 1497.
Guy de Blanchefort 1504.
Jean Galbert des Fonds 1548, 1550.
Jacques de Dyo, baron de la Roche, 1579, 1588.
Claude dUguié, 1599.
De Beaufort, 1600.
De Bréchard, 1608.
Claude de Guy, 1610.
Just de Fay de Gerlande, 1616.
Claude de Montaignac de Larfeuillère, procureur au Grand-prieuré dAuvergne, à cause de la vacance ut mortuorum, 1644.
Le chevalier de Vallauray, cardinal, 1645.
Jean de Fay, 1647.
Jean de La Baume-Fourssat, 1662, 1663.
Le même, grand-prieur dAuvergne, 1673, 1674.
Charles de Fassion de Sainte-Foy, 1683, 1689.
Henry Dolmieux, 1692.
Léonard de Chauseyr, commandeur de Puy-de-Noix, gérant, 1693.
Jean de Lomdeux, 1720.
De La Rigaudie, 1727.
Léonard-François de Chevriers de Saint-Mauris, grand-prieur dAuvergne, 1727, mort en 1729.
Louis-Nicolas Rollat de Marsay 1729, 1767, grand-croix de lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.
De Marcellanges, 1772-1777.
Sources : TOUMIEUX, Z. Le Comté de la Feuillade. BNF
Gerde ou Geys (65)
Domus Hospitalis Geys de nos jours GerdeDépartement: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Bagnères-de-Bigorre, Canton: Campan — 65

Domus Hospitalis Gerde
Les origines de ce petit établissement de lOrdre de Saint-Jean nous sont complètement inconnues.
Le 1er mai 1300, Bernard, vicomte dAsté, son frère Arnaud, son fils Bernard, écuyer, et les autres habitants du lieu dAsté donnèrent « à lhôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem doutre-mer et spécialement à lhôpital de Geys et à son commandeur, frère L. Sole », la ville de Geys (Gerde) et la seigneurie de son territoire.
Cette petite circonscription, qui comprenait en outre le dîmaire de Saint-Marc-du-Bouchet, fut fondue bientôt après dans celle dAureilhan (vers 1325) et devint dans la suite un membre de Bordères (Bordères-sur-lEchez - 65).
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
Gibelonnière (La) (01)
Domus Hospitalis GibelonnièreDépartement: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Montrevel-en-Bresse, Commune: Saint-Martin-le-Châtel — 01

Domus Hospitalis Gibelonnière
— Au XVe siècle les Hospitaliers de Laumusse étaient possessionnés dans ce hameau.
Archives du Rhône, Inventaire des titres de Laumusse, mss, 2242, fº 66.
Topographie historique du département de lAin, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée dun précis de lhistoire du département depuis les temps les plus reculés jusquà la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
Gignac (13)
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Istres, Canton: Marseille, Commune: Gignac-la-Nerthe - 13

Domus Hospitalis Gignac
Giniacum
Le castrum de Ginhaco occupait la hauteur dite encore la colle de Gignac. Il est inscrit sous ce nom dans la liste Pergamennorum, au début du XIIIe siècle. A cette époque, il comptait parmi les fiefs de l'évàché de Marseille nous n'avons pourtant rencontre aucun titre montrant cette seigneurie en exercice.
Le village est bien plus ancien. On le trouve mentionné à diverses reprises, dans des chartes de Saint-Victor, au XIe siècle ; ainsi qu'en 1030, et en 1050 ; en 1070.
Pour éclairer la route de Marseille et établir une zone de protection autour de ce château solitaire, les Templiers s'établirent à Gignac, dans la seconde moitié du XIIe siècle. Ils y fondèrent une commanderie qui fut transférée aux Hospitaliers en 1314, lors de la suppression de l'ordre. Cette commanderie est inscrite dans la liste de 1358 « Preceptor domus Templi de Ginhaco, 60 sol. »
A la place de la vieille église romane, les Templiers bâtirent, au cours du XIIIe siècle, la charmante église ogivale qui a servi de paroisse jusqu'à la fin du siècle dernier. Cette ecclesia S. Michaelis di Gignaco est taxée dans la liste de 1213, « 3 boisseaux de froment, un de vin, 4 émines d'orge et 4 émises de fèves, et pour le synode, 12 deniers. »
Dès l'origine, les vocables de Sainte-Marie et de Saint-Michel fureat sans doute associés, comme on le voit dans la bulle de 1644 « capella sanctae Mariae seu Sancti Michaelis. » Cette union des noms de la Reine des anges et du Prince des anges se retrouve d'ailleurs dans la plupart, des anciens sanctuaires de Saint Michel, à N. D. des Anges près Mimet, à Gouiron près Lambese, aux Saintes-Maries, a N. D. du Château, près Tarascon, etc.
Gignac disparut, et le titre paroissial avec, vers la fin du XIVe siècle, après la suppression des Templiers et les incursions destructrices de Raymond de Turenne. Aussi Urbain VIII, dans sa bulle de 1641, ne nomme-t-il son église que capella, et un Mémoire juridique de 1725 a-t-il osé dire « Tout Gignac n'a jamais consisté qu'en une chapelle située sur une montagne, une petite maison à côté, servant de maison commune, et un château dont il ne reste que quelques mauvais débris. »
Une quinzaine d'années après cette destruction, le pape d'Avignon Benoît XIII envoya l'abbé de Montmajour faire une enquàte qui conclut à unir l'église quasi parochialis de Gignac au prieuré de Châteauneuf-les-Martigues. Dans une bulle de 1407 où il la nomme sine cura, Benoît XIII unit cette église à celle de Châteauneuf-les-Martigues.
Sources : M. Constantin, abbé. Les paroisses du diocèse d'Aix, leurs souvenirs et leurs monuments. Tome 1. Aix 1898. - BNF
Gigny (89)
Commanderie de GignyDépartement: Yonne, Arrondissement: Avallon, Commune: Laignes - 89

Domus Hospitalis Gigny
— Ruines d'un château, au lieu dit le Vieux-Château.
— Sur la porte de la maison de la Vèvre, ancienne commanderie des Templiers, écusson d'un des commandeurs.
Sources : Quantin, Maximilien. Répertoire archéologique du département de l'Yonne, pages 244. Paris M. DCCC. LXVIII. BNF
Gigny
— Janiacum, 1255 (Commanderie de Saint-Marc de la Vèvre)
— Gegne, 1214 (Commanderie de Saint-Marc)
— Geigny, 1284 ; Gigney, 1388 (Commanderie de Saint-Marc)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Yonne, rédigé par M. Max. Quantin. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII.
Gimbrède (32)
Commanderie de GimbrèdeDépartement: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Miradoux — 32.

Commanderie de Gimbrède
A une petite distance de Golfech sur les limites de la Gascogne les Templiers possédaient jadis la ville et le donjon de Gimbrède. Une obscurité absolue nous dérobe les origines de leur établissement. Lincendie qui dévora le château de Gimbrède et dont nous aurons loccasion de parler dans la suite, anéantit complètement les archives de cette vieille commanderie. Aussi sommes-nous obligés de passer sous silence lexistence tout entière du Temple de Gimbrède, que nous pouvons constater par la simple mention de quelques-uns de ses commandeurs dans de vieux inventaires. Lorsque les documents contenus dans ses archives commencent à nous initier à son histoire, nous la trouvons au pouvoir des hospitaliers, qui lui avaient conservé son titre de commanderie. De sa vieille tour du Temple, le commandeur de Gimbrède étendait son autorité à:
Saint-Jean-de-La-Lanne (probablement Lalanne sous Fleurance 32);
A Cuq
Cuq, Bien de Gimbrède (Près dAstaffort Lot-et-Garonne 47).
A Miradoux
Miradoux, biens de Gimbrède (au sud-est de Gimbrède 32).
A Rouillac
Biens de Gimbrède (sur le D19 — Gers 32).
A Lieux
Domus Hospitalis Lieux (près de Barbonvielle, 47).
A Caudecoste
Caudecoste, Biens de Gimbrède (Lot-et-Garonne 47), etc.
Cest ainsi que le 1er octobre 1418 nous nous rendons à la suite du Commandeur Mauron del Mas, chevalier de Saint-Jean, à Lectoure (32), où se trouve « lillustre prince Jean, par la grâce de Dieu comte dArmagnac, de Fezensac, de Rodez, de Pardiac, vicomte de Lomagne, de Fezensaguet, de Creissels, de Garladès et de Murât, seigneur des terres de Rivière, dAure et des montagnes de Rouergue », entouré de sa brillante cour. Le Commandeur vient rendre son hommage; fléchissant le genou, il déclare au puissant comte quil reconnaît « être son homme et son vassal, tenir de lui la ville de Gimbrède, sa haute juridiction et tous ses droits seigneuriaux et lui devoir, en signe de vasselage, à chaque mutation de seigneur, une paire déperons dorés avec leurs attaches en soie. »
Les discussions au sujet de la haute justice de Gimbrède se renouvelèrent dans la suite entre les commandeurs et les successeurs des anciens vicomtes de Lomagne.
En 1543, nous voyons cette question agitée entre le commandeur Jean de Macoman et le roi de Navarre. Mais à cette époque une difficulté nouvelle se présentait pour les chevaliers de Saint-Jean. Dans les dernières années du XVe siècle un épouvantable incendie avait dévoré le château de Gimbrède (désigné sous le nom de la Salle), résidence des commandeurs. Les flammes navaient rien épargné, « tellement quil ne se garda rien, y lors estant, à cause du grand feu. » Parmi les objets brûlés en cette circonstance et dont lacte en question déplore la perte irréparable, se trouvaient les coffres, où étaient conservés les titres de la Commanderie. Le même parchemin nous montre, une vingtaine dannées plus tard, le château ou la Salle de Gimbrède sortant de ses ruines, « réparé, basty et reduict hasbitable. » Mais si les murs étaient relevés et le mobilier renouvelé, les titres de la commanderie avaient disparu sans retour et leur perte menaçait de jeter les chevaliers dans de graves embarras, en les empêchant de prouver leurs droits devant la justice. Le commandeur eut alors recours au Roi et, dans le mémoire qui vient de nous fournir tous ces détails, il réclama sa protection contre ses puissants adversaires. A la suite de cette requête nous trouvons les lettres, par lesquelles François Ier ordonnait aux juges de Gaure et de Verdun de faire une enquête « sur les droits de haute justice de Gimbrède, disputés au commandeur par ses très chers et bien-aimés beau-frère et soeur, le Roy et la Reine de Navarre (24 octobre 1643). » Le désastre était trop récent pour que lenquête ne fût pas facile à faire, et depuis lors nous voyons les chevaliers de Saint-Jean jouir sans conteste de la haute juridiction de leur ville de Gimbrède.
Parmi les documents détruits par cet incendie, se trouvait la charte de coutumes octroyée soit par les Templiers, soit par les Hospitaliers, à leurs vaisseaux de Gimbrède. Cette perte est dautant plus regrettable que, daprès les usages établis dans cette ville, nous pouvons penser que ce document aurait présenté des détails très intéressants à étudier, sous le rapport des libertés concédées, des privilèges honorifiques et des prérogatives attribuées à ses magistrats municipaux. Transportons-nous en effet, au 4e jour du mois de mai 1537, sur la place de Gimbrède, « au pied de léchelle qui conduit aux prisons ou carces du commandeur. » Le bailli de ce dernier amène un prévenu pour ly enfermer, lorsque se présentant devant lui « les saiges hommes, A. du Boys et A. de Dieubofet, consuls dudict lieu »; ils exposent: « que quand le bailly avoit prins ung habitant, pour quelques cas que eust commis, excepté de crimes exhigeant peines temporelles que iceulx consuls les porroient prendre des mains du bailly, avant quil ne mist prisonnier ez carces du seigneur du dict lieu, et le mettre ez carces des dictz consulz dans icelluy lieu, où le détiennent par lespace de vingt-quatre heures, et icelles expirées, le rendoient ez mains du bailly; et que cela auroient par privilège, coustume ancienne, de laquelle eulz et leurs prédécesseurs auroient joi et uzé le temps passé quand le cas advenoit et tant de temps quil nest mémoyre du contraire. »
Le bailli, reconnaissant la justesse de la requête des consuls, leur livre le prévenu, quils conduisent dans les prisons municipales. Une autre prérogative des consuls était le serment de respecter les privilèges, que tout nouveau commandeur était tenu de prêter en leur présence, lors de sa première entrée à Gimbrède; coutume qui fut supprimée parle Parlement de Toulouse, à la requête du commandeur Pierre de Gozon-Mélac, en 1556.
La disparition de ses archives fut du reste, pour la commanderie, une source presque incessante de troubles et dembarras. Plusieurs voulurent profiter de cette situation pour usurper des droits, dont les chevaliers ne pourraient plus justifier la possession par des actes. Cest ainsi quen 1526 les habitants de Rouillac et dAstafort, voulurent enlever au commandeur la possession du bois des « Affîtes », situé dans leurs territoires, en chassèrent, en les maltraitant outrageusement, les serviteurs des Hospitaliers, et y commirent maints dégâts. Le commandeur porta ses plaintes au Parlement de Toulouse, qui ajourna les coupables à comparaître à sa barre. Effrayés des conséquences de leur tentative, les habitants de Rouillac implorèrent la merci de leur seigneur et consentirent à une transaction par laquelle ils renonçaient à toute prétention sur le bois des « Affites » et sobligeaient à payer au commandeur 80 livres, en réparation des dommages quils lui avaient causés.
Quelques années plus tard nous voyons surgir une autre lutte plus sérieuse, plus violente, et dautant plus intéressante à étudier quoutre le tableau vivant des moeurs de lépoque, elle nous présente, comme acteurs, des personnages historiques. Il sagissait des dîmes de la paroisse de Lieux (32) (sans doute Plieux). Les Hospitaliers en avaient joui, paraît-il, jusqualors, sans avoir été inquiétés par des compétitions rivales; maison 1535 elles leur furent disputées par messire Jehan de Goût, seigneur temporel de cette localité. Le gendre de ce dernier, Joachim de Mansencôme de Montluc, frère du terrible et illustre maréchal, avait, comme tout te reste de sa famille, lamour des aventures hardies; il prit chaudement en main la querelle de son beau-père et se chargea de lexécution des moyens violents convenus entre eux. Après avoir vainement essayé dintimider le recteur de Gimbrède, frère Georges de Massas, procureur du commandeur de Golfech, homme dun caractère décidé et énergique, Joachim jeta le masque et ne sarrêta pas devant lodieux des tentatives les plus violentes-. Laissons la parole au recteur de Gimbrède et écoutons les plaintes quil adresse au Parlement:
« des excès, meurtres, agressions et ravissements de biens commis contre lui et ses gens par Joachim de Mansencôme, dict de Montluc, escuyer, gendre de Jehan de Gout, seigneur de Lieux et plusieurs autres mauvais garsons, gens de sac et de corde, armés, rembastonnés de plusieurs armes invasibles »
Puis il continu:
« Le 27e jour de février de lannée 1535, ils vindrent au lieu de Gimbrède, où le demandeur, comme recteur, la plus grande partie du temps, faict sa résidence; où quant furent, pour ce que les portes du dict lieu estoient fermées, de nuict eschallèrent en forme de guerre les murailles du dict lieu; et, après que furent entrés, le long de la nuict, se tindrent cachés et latités jusquà laulbe du jour que les portes du chasteau du dict lieu, où frère Géraut de Golart, chevalier du dict Ordre de Saint-Jehan, et le demandeur habitent, furent ouvertes; dans lequel firent diligence de trouver le demandeur, lequel, par le vouloir de Dieu le créateur, pour lors estoit en la présente cité de Toulouse a la poursuite du dict procès au sujet des dîmes de Lieux, jurant, renyant, blasphémant le nom de Dieu, quils le tueroient; et, pour ce que ne purent trouver le demandeur, pour mettre leurs mauvais et damnés propos à exécution, se mirent à chercher par le dict chasteau le dict de Golart, lequel, estant en son lict, oyant le bruict, craignant déstre meurdry par les dicts défailhans et leurs complices, se leva en chemise et se jeta par la fenestre du chasteau en terre pour saulver sa vie; en quoy faisant, se brisa tout le corps et se rompit ung pie; duquel est encore impotent et mutille et en a demeuré longuement au lict malade. Et, non contents de ce, prindrent et ravirent tous les biens, meubles et argent que les dicts demandeurs et de Golart avoient dans le dict chasteau de Gimbrède, de la valeur de deux mille livres tournois; plus battirent et navarrèrent les serviteurs du dict de Golart. Et, en sen sortant de la dicte maison, trouvarent en la rue publicque, Arnaud Lanes, serviteur du dict demandeur, lequel inhumainement blessarent, tellement que tout incontinent mourust sans faire aucune confession... »
En conséquence de cette plainte, un décret de prise de corps fut immédiatement lancé:
« Contre Jehan de Goût, Joachim de Montluc, François de Massac, Antoine de Lamasse, bâtard de Lieux, le Capdel de Gavarret, le seigneur de la Chapelle et ladventurier de Cadeilhan. »
Mais, grâces aux forces dont ces seigneurs pouvaient disposer et peut-être aussi aux protections dont ils étaient couverts, ils ne sen émurent guère; et nous les voyons bientôt après, sans prendre même la peine de se cacher, renouveler les hostilités. Un jour Montluc rencontre à Grisolles le recteur de Gimbrède, le provoque en duel, et sur son refus de se battre, se répand en menaces contre lui. Le 6 janvier 1538, à la tête de 25 hommes armés jusquaux dents, il veut surprendre la ville de Gimbrède; lhomme de garde a le temps de lever le pont-levis; voyant les assaillants se précipiter vers la seconde porte, une femme court sur les remparts et peut la fermer avant leur arrivée, non sans avoir essuyé maintes arquebusades. Furieux, Montluc conduit sa troupe à lescalade du château, où se trouvaient le recteur de Gimbrède, son frère, le chevalier Jacques de Massas, deux prêtres et 3 serviteurs. Cette petite garnison sarme à la hâte et riposte vaillamment; les assaillants sont obligés de se replier, emportant avec eux trois ou quatre blessés, « parmi lesquels un vagabond, Arnaud de Flamarens, qui au bout dun mois mourut de ses blessures, peut-être à cause de la négligence des chirurgiens. » A la tête des défenseurs du château se trouvait le recteur, qui, malgré son caractère sacré, soutenait militairement la lutte et dont larquebuse portait les coups les mieux assurés. Nous lisons tous ces détails dans la bulle par laquelle le Pape Paul III le relève de lexcommunication, quil a encourue en versant le sang de ses mains sacerdotales.
Le Parlement ajourna de nouveau les auteurs de ces attentats à sa barre, « à peine de confiscation de leurs corps et de leurs biens », et ordonna tout dabord la restitution des meubles et de largent enlevés du château de Gimbrède (26 juin 1537.
Le 6 novembre de cette même année, la Cour rendit son jugement par lequel « les sieurs de Goût, de Montluc et leurs complices étaient condamnés au bannissement perpétuel pour leurs grands et énormes excès, meurtres, homicides, assemblées illicites de gens en armes, violences, agressions de villes fortes et ravissements de bien. »
Nous voyons en-effet, en 1540, les officiers royaux exécuter, en vertu de ce jugement, la saisie des biens de Joachim de Montluc et livrer aux chevaliers de Saint-Jean ses deux métairies de « Capblanc » et de « Callabet », pour payer la somme de 1,500 livres adjugée en réparation à Géraud de Golard, et celle de 100 livres destinée à fonder un obit pour le repos de lâme du serviteur tué dans la première expédition.
Cest alors que Biaise de Montluc paraît lui-même sur la scène. En 1541, il rachète au prix de 1,600 francs ces deux métairies pour les faire rentrer dans le domaine de sa famille.
Peu de temps après, il reprend en main la cause que son frère avait si violemment soutenue. Cétait en 1562, Montluc, qui sétait couvert de gloire dans les premières périodes de la guerre religieuse, en Guyenne et en Languedoc, venait de sauver la ville de Toulouse, en découvrant au Parlement une conspiration formidable des Calvinistes, en lui envoyant des secours puissants pour les chasser de lHôtel de Ville dont ils sétaient rendus maîtres, et en paraissant lui-même à la tête de son armée pour compléter la victoire des catholiques. La population et le Parlement le reçurent avec enthousiasme et lui prodiguèrent leurs ovations; ce fut avec une extrême faveur que ce dernier accueillit la requête, présentée quelques jours après par le maréchal, et dans laquelle il réclamait la moitié des dîmes de la paroisse Saint-Martin-de-Lieux, concédées à ses ancêtres, en récompense de services signalés, rendus à la religion et au Pape. Malgré tous les efforts des chevaliers de Saint-Jean, pour soutenir que les dîmes leur appartenaient en entier, le Parlement ordonna à Biaise de Montluc et au commandeur de Golfech de les partager à lavenir (5 août 1562).
Nous avons vu tout à lheure que les dépendances de la commanderie de Golfech avaient été dévastées plus dune fois par les Huguenots. Toutefois, grâce sans doute à ses puissantes fortifications, la ville de Gimbrède ne paraît pas être tombée aux mains des ennemis. Mais souvent des bandes protestantes, sorties de la ville de Lectoure, répandirent la désolation dans les campagnes environnantes. Cest ainsi que léglise de Notre-Dame de Beauclair, située dans la paroisse de Rouillac, fut saccagée et que ses cloches furent brisées, en 1594.
Cétait bien un spécimen complet de la petite place-fortifiée du Moyen-âge, que cette ville de Gimbrède, telle que nous la représentent les procès-verbaux des visites de la Commanderie. Extrayons les quelques passages suivants du dénombrement présenté en 1617 par le commandeur, Pierre dEsparbès de Lussan, aux chevaliers visiteurs:
« Gimbrède... Devant léglise se trouve le simetière, et à costé est un grand bastiment de pierre, appelé le Ternie ou la Tour, fort hault, couvert de tuilles, et au dict simetière y a un autel et une croix de pierre. De lautre costé du simetière et au bout de léglise est une tour, appelée la Cotonère, bastye de pierres, au dedans de laquelle sont les prisons contenant quatre estages. A lextrémité du simetière est la porte du chasteau, sur laquelle a une garite...
En entrant à main gauche est lescuyerie. Au coing dicelle une tour en rond contenant deux estages, servant aussy de prisons. A la suite de lescuyerie est une gallerie couverte pour aller à lentrée grande et princîpalle du chasteau, venant du dehors, où y a un grand pont-levis et ung petit avec une petite porte... »
Nous pouvons, à la suite des chevaliers visiteurs, pénétrer dans ce château féodal, reconstruit comme nous lavons déjà dit plus haut vers 1525, parcourir les diverses chambres, passer en revue leur modeste mobilier, et admirer la grande salle, « pavée de carreaux » sa cheminée monumentale, « ses trois croisées garnies de fenestres, placartz et vîtres ornées des armoirées du seigneur commandeur. »
Commandeurs Hospitaliers de Gimbrède.
-----1340. Rertrand de Cancezio.
-----1370. Adhémar dAlans
-----1374. Gaucher de la Bastide-Rolland, Grand-Prieur de Toulouse.
-----1393. Jean de Lantar, Grand-Prieur de Toulouse.
1395-1419. Mauron del Mas.
-----1330. Pierre de Ferrand, Grand-Prieur de Toulouse.
1488-1495. Odon des Ganges.
1518-1521. Gabriel de Murât de Pomeyrols.
1522-1526. Honoré de Grâce.
(En 1526 réunion de Gimbrède à Golfech).
1535-1538. Géraud de Golard.
1596-1618. Pierre de Saint-Pastou.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Ginestas (11)
Département: Aude, Arrondissement et Cantons: Narbonne - 11

Domus Hospitalis Ginestas
A une époque qu'il est impossible de préciser, Guillaume de Ginestas avait légué à la Commanderie de Narbonne « un cazal avec ses dépendances et une pièce de terre audit lieu » Ces biens, le Commandeur les baillait à cens en 1217 à Pierre Cabardès ; en 1230, à Pierre Fabry sous la censive de onze deniers malgoires ou d'un setier d'orge (1).
1. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, III, 2 et 5 Castrum de Genestars (1217).
Sources : Abbé Sabarthès. Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, tome VII. Carcassonne 1894. - BNF
Giraudières (01)
Domus Hospitalis GiraudièresDépartement: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Bâgé-le-Châtel, Commune: Saint-André-de-Bâgé — 01

Domus Hospitalis Giraudières
— De Girouderiis.
— Ce village est mentionné dès le XIIIe siècle. La dîme en appartenait aux hospitaliers de Laumusse et rendait environ 100 livres, au XVIIe siècle.
— Archives du Rhône, visite de Malte, mss. H, 2167, fº 184.
— Inventaire Laumusse de 1627, fº 133.
Topographie historique du département de lAin, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée dun précis de lhistoire du département depuis les temps les plus reculés jusquà la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
Givry (71)
Givry
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement et Cantons: Chalon-sur-Saône - 71

Domus Hospitalis Givry
Ce est la prise que ladite maison ha en la seignorie de Givre en Cheonois. (2)
Premèrement en rantes dargent 30 s.
Item de disme environ 1 bichet de froment qui vaut 5 s.
Item 9 bichet de seygle qui vaut 3 s.
Item 1 bichet daveine qui vaut 2 s. 6 d.
Item environ 6 muis de vin de rante, le muy 20 s. valent 6 livres.
Item environ 80 ouvrées de vigne, louvrée 5 s. valent 20 livres.
Item en Champrenart 3 muis de vin de rante, le muy 30 8. valent 4 livres. 10 s.
2. Givry, arrondissement de Chalons-sur-Saône.
Golfeh (82)
Commanderie de GolfechDépartement: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Valence — 82

Commanderie de Golfech
Quelle fut lépoque de rétablissement des Templiers à Golfech nous pensons vers lan 1200.
Après que les Hospitaliers en eurent pris possession, ils supprimèrent cette commanderie et la réunirent à celle de Castelsarrasin, dont elle resta jusque dans la dernière partie du XVe siècle un simple membre, sous le nom de grange de Golfech. Malgré lhumilité de cette dénomination, limportance des domaines de Golfech et de Casterus souleva quelques orages dans le sein même de lOrdre. Nous avons vu plus dune fois les commandeurs lutter, les armes à la main, pour la défense de leurs droits. Ici, cest entre eux quils se disputent la possession de la grange de Golfech. Du temps des Templiers, quoique formant une commanderie distincte, elle dépendait, de la baillie dAgen; depuis lors, les chevaliers de Saint-Jean, commandeurs du Temple dAgen, ne cessaient de jeter des regards de regret et denvie sur cette riche dépendance qui leur avait été enlevée. Vers le milieu du XIVe siècle, lun dentre eux, le chevalier Bernard « del Tor », grâce à de prétendues bulles du Grand-Maître Dieudonné de Gozon, eut recours à la violence pour mettre fin à ce quil appelait une injustice; à la tête de ses hommes darmes, il surprit le château de Golfech, en chassa les gens, de son adversaire, et y mit une garnison qui soumit en peu de temps à son autorité tout le territoire de lancienne commanderie. Le précepteur de Castelsarrasin nétant sans doute pas en mesure dopposer la force aux violences de son antagoniste, porta ses plaintes au chapitre général, tenu à Avignon en 1361. Malgré sa condamnation par cette assemblée, le chevalier Bernard « del Tor » maintint son usurpation longtemps encore, puisquil fallut que honze ans après, une bulle du Grand-Maître Raymond Béranger vint confirmer la réunion définitive à Castelsarrasin de la grange de Golfech ; elle était encore possédée par Raymond de Belpech, précepteur du Temple dAgen (15 mai 1372).
Environ un siècle après, le précepteur de Castelsarrasin, Bernard de Tintinhac, prêtre de lOrdre des Hospitaliers, venait de prendre possession de Golfech, lorsquil se trouva en présence dassez sérieuses difficultés. Pierre de Cossa, abbé de Saint-Maurin, monastère bénédictin situé dans le voisinage, réclamait une partie des dîmes de Golfech. Ces prétentions ne paraissent pas avoir eu des fondements bien sérieux; labbé les vendit à un puissant seigneur de lAgenais, Jean de Beauville, chevalier, qui se chargea de les faire valoir dune façon expéditive.
Pour cela, dans le temps des moissons, il dépêcha, en guise de collecteur, ses hommes darmes, qui dispersèrent sans peine les serviteurs du commandeur et prélevèrent sur les champs mêmes les dîmes contestées. Messire Bernard de Tintinhac porta ses plaintes au grand-conseil et réclama justice contre son adversaire, ce qui lui fut accordé: par lettres du 2 septembre 1447, le roi somma le seigneur de Beauville de restituer aux Hospitaliers les fruits de son expédition, et menaça labbé de Saint-Maurin et ses alliés de les ajourner devant son sénéchal de Toulouse, sils renouvelaient à lavenir leurs tentatives contre les droits de la commanderie.
Le successeur de Bernard de Tintinhac, le chevalier Bernard de Montlezum, issu dune des plus puissante famille et réunissant sous son autorité un grand nombre de commanderie, employa à lamélioration de la plupart des villes dont il était seigneur, et de Golfech en particulier, les immenses ressources dont il pouvait disposer. Cest à lui, en effet, que selon toute probabilité, Golfech dut la construction ou lagrandissement de ses murailles; cette hypothèse, que semble confirmer la description des défenses de cette place, telle que nous la trouvons dans les procès-verbaux de visite de la commanderie, nous est suggérée par loctroi que fit ce commandeur, dune charte de commune à ses vassaux de Golfech, mesure assez rare à cette époque et prise ordinairement pour attirer des habitants dans une ville neuve.
Le vingt-deuxième jour du mois de mars de lannée 1465, à la porte de léglise de Golfech: « Maître Jehan Paulet, notaire public de la cité de Montauban, donnait lecture à la population de la charte de commune que Monseigneur Bernard de Montlezun, chevalier de Saint-Jean, commandeur du Plantier, de Fonsorbes, de la Villedieu et de Golfech, octroyait libéralement à ses vassaux du dict lieu de Golfech. »
En sa qualité de seigneur spirituel, le chevalier commence par fixer le casuel du recteur de la paroisse pour les baptêmes, les mariages et les enterrements, par réglementer le paiement des redevances qui lui étaient dues; il institue ensuite deux fabriciens (ouvriers) élus tous les ans par les paroissiens et chargés de veiller à lentretien et aux réparations de léglise. Il fonde en second lieu la magistrature municipale de la ville: Golfech sera administré à lavenir par deux consuls qui auront la mission de lever les tailles, de les répartir proportionnellement à la fortune de chacun, de veiller aux réparations publiques, etc.; ils seront choisis tous les ans par les commandeurs sur une liste présentée par les consuls sortants. Séance tenante, le commandeur proclame les noms des deux habitants pour être premiers consuls de Golfech. Après nous avoir dit le serment, de ces magistrats, la charte nous donne, dans sa dernière partie, la fixation des censés et des oblies dues au seigneur, et enfin le code de justice. A peine le notaire a-t-il fini la lecture du parchemin, que le commandeur se lève, et « portant la main droite sur sa poitrine et sur la croix de son manteau », il jure, solennellement dobserver ces coutumes et de veiller à leur maintien; les habitants lui répondent par un serment analogue quils prêtent en étendant leurs mains sur le livre des saints Evangiles.
En 1480, Golfech avec ses dépendances fut détaché de Castelsarrasin et redevint, comme jadis, une Commanderie dont limportance saccrut considérablement lorsquon 1525 on lui adjoignit celle de Gimbrède avec tous ses membres.
Les fortifications commencées par Bernard de Montlezun furent complétées par le chevalier de Tajac de Villevayre, commandeur de Golfech. Nous voyons en effet ce dernier signer le 4 octobre 1484, avec ses vassaux, une transaction par laquelle il leur concédait le droit de dépaissance pour leurs troupeaux dans sa forêt du « Bernet », à condition quils lui transporteraient tous les bois et matériaux nécessaires à la construction de la tour de son château de Golfech. Dans la suite, la bonne harmonie fut plus dune fois troublée entre les chevaliers et les consuls de la ville. Nous trouvons un arrêt du Parlement de Bordeaux, qui condamnait le commandeur Charles dUrre à agrandir à ses frais léglise de Golfech, à la charge pour les habitants de faire les charrois et les manoeuvres nécessaires (1556).
Pendant le XVIIe siècle, les consuls tentèrent de singérer dans lexercice de la haute justice de Golfech et excitèrent même des troubles pour empêcher le juge du commandeur de sacquitter de ses fonctions; un arrêt du Parlement de Bordeaux vint réprimer leur ambition en limitant leurs attributions aux affaires de simple police et dédilité municipale, et en ordonnant que, dans toutes les assemblées publiques, les officiers du commandeur auraient, non-seulement voix délibérative, mais la préséance sur les consuls (1643).
Mais revenons sur nos pas pour raconter des troubles bien autrement sérieux, qui étaient venus de lextérieur assaillir les chevaliers de Saint-Jean, immédiatement après la reconstruction de la Commanderie de Golfech. La branche des seigneurs de Durfort, dont nous avons eu loccasion de signaler laction dans les origines et la prospérité de la maison de Golfech, sétait fondue dans la famille des Balzac, qui ne paraissent pas avoir hérité des sentiments de leurs devanciers envers cet établissement. Le chef de cette famille était, en 1482, « noble et puissant homme, Robert de Balzac, seigneur et baron de la ville et baronnie de Clermont-den-haut » Cétait, paraît-il, avec un profond sentiment de dépit que, de son donjon, il apercevait la bannière de Saint-Jean flotter sur les tours de cette ville de Golfech, dont ses ancêtres avaient jadis fait don à lOrdre. Il avait conservé sur la juridiction de cette place sinon des droits, au moins des prétentions, basées peut-être sur des usurpations précédentes. Un jour, noble Jehan de Chamy, capitaine du château de Clermont, se présenta, par son ordre, à la tête dune troupe armée, devant Golfech, dont les portes lui furent refusées au nom du Précepteur; pour protester contre ce quil appelait la violation des droits de son seigneur, le capitaine fit rompre les pieux des lices, brûler les portes et commettre dans la ville plusieurs actes de violence. Le château du Commandeur, surpris sans défense, fut livré au pillage; les hommes du seigneur de Clermont en enlevèrent « lor, largent monnayé ou à monnayer, la vaisselle dor, dargent, détain, de fer et de plomb, les chevaux, etc.. » et surtout les parchemins constatant les droits du Commandeur et dont son adversaire voulait faire disparaître le témoignage embarrassant. Mais, voyant que le commandeur Bernard de Tajac avait déposé au Parlement sa plainte contre les agressions dont il venait dêtre victime, le baron se prit à douter de la justice de sa cause et de lissue du procès, et consentit à transiger avec son adversaire. Il sengagea à ne plus renouveler ses tentatives et à abandonner à lavenir toutes ses prétentions à la juridiction de Golfech; son capitaine, ses officiers et ses vassaux de Clermont durent payer au Commandeur 40 livres tournois, en réparation de lattentat dont ils sétaient rendus coupables. Cet accord fut signé solennellement dans le fort de Golfech, le 17 mars 1482.
Malgré la conclusion pacifique de ce premier orage, et la solennité des engagements pris, nous retrouvons en 1528, le Commandeur Jean de Roquelaure et messire Pierre de Balzac, baron de Clermont, fils du précédent, débattant, devant le sénéchal dAgen, les questions qui paraissaient définitivement tranchées par laccord de 1482. Le baron de Clermont prétendait que, toutes les fois que les officiers de la Commanderie arrêteraient un malfaiteur à Golfech, ils devraient le livrer à ses gens pour être conduits dans ses propres prisons; il demandait de plus à partager avec le Commandeur le droit délection consulaire dans cette ville. Il comptait, sans doute, pour faire triompher ses prétentions sur la disparition des archives du château de Golfech. Heureusement pour les Hospitaliers, Jean de Roquelaure avait obtenu quelques temps auparavant une bulle du pape Léon X, prescrivant aux officiaux dAgen et de Lectoure de faire rendre, sous peine dexcommunication, au Commandeur, les chartes et les meubles qui avaient été enlevés lors du pillage de la place par ordre de Robert de Balzac (jour des calendes de mars 1516).
Est-ce en sappuyant sur les actes que cette bulle put lui faire recouvrer; est-ce en faisant une enquête sur ce qui sétait passé que Jean de Roquelaure parvint à établir son droit ? Toujours est-il quune sentence du sénéchal dAgen, datée du 3 janvier 1528 et confirmée le 19 février 1529 par le Parlement de Bordeaux, vint mettre définitivement un terme à tous ces débats en déclarant que lentière juridiction de Golfech appartenait aux chevaliers de Saint-Jean.
Nous voici arrivés à là période des guerres religieuses la ville de Golfech, située sur une des principales routes du Midi, se présentait naturellement aux tentatives des bandes protestantes dont elle pouvait contrarier les mouvements aussi néchappa-t-elle pas aux désastres de cette époque. Les annales de ces temps désolés nous racontent que, vers la fin de lannée 1569, larmée protestante, sous les ordres du prince de Condé et de lamiral de Coligny, ne pouvant franchir la;
Garonne, dont les passages étaient gardés par linfatigable Montluc, se décida à remonter la rive droite du fleuve. Golfech, placé sur son chemin, ne pouvait être pour une armée un sérieux obstacle, dautant que son assiette elle-même najoutait pas à sa force; aussi les protestants sen rendirent-ils maîtres avec beaucoup de facilité; suivant leur habitude, ils livrèrent la ville à une dévastation dont les archives nous ont conservé la mémoire. Du château du Commandeur, ils ne laissèrent que des ruines fumantes; leur fureur se tourna surtout contre léglise, quils livrèrent aux flammes, après avoir brisé ses cloches et saccagé son intérieur. Tous ces détails nous sont fournis par le procès-verbal de la visite de la Commanderie en 1573. Nous y lisons que le commandeur, Mathurin de Lescur Romegas contribua généreusement de ses deniers à réparer ces désastres, quil dépensa 80 livres pour faire recouvrir léglise, quil fournit 100 livres à la communauté de Golfech pour laider dans lachat de 2 belles cloches et quil employa 400 livres pour relever le château de ses ruines et le mettre en état de défense.
Il ne paraît pas que Golfech ait eu à subir dautres sièges dans la dernière période des guerres religieuses. Mais les dépendances de cette Commanderie, menacées au nord par la ville protestante de Puymirol et au sud par Lectoure, étaient sans cesse dévastées par les bandes ennemies. Cest ce que constatèrent les trésoriers généraux en exemptant le Commandeur de Golfech de sa part dans la contribution extraordinaire votée par le clergé de France (1588).
Après cette période troublée, le calme se rétablit à Golfech. Il ne nous reste plus à noter quun long procès que le Commandeur, messire Christophe de Baroncelly-Javon, soutint contre le sieur de Sabaros, seigneur de la Motte-Rouge et capitaine de la ville dAgen. Ce dernier avait placé sur son castel de la Motte-Rouge, situé dans la paroisse de Golfech, une girouette, insigne du pouvoir féodal, que le Commandeur voulait obliger son vassal à abattre. Laffaire fut portée devant diverses cours; après bien des mémoires justificatifs présentés de part et dautre, après bien des paroles éloquentes prononcées par les avocats pour ou contre la girouette, les deux adversaires prirent le sage parti de transiger sur cette question; le chevalier de Javon permit à son vassal de conserver la girouette; en reconnaissance de quoi, le sieur de « Sabaros sengagea, pour lui et ses descendants, à payer a chaque commandeur, lors de sa première entrée dans sa ville de Golfech, une médaille dor de la valeur de 2 louis (1685). »
Grâce au zèle et aux ressources des chevaliers qui administrèrent la commanderie de Golfech pendant le XVIIIe siècle la trace des désastres subis ne tarda pas à disparaître. Nous pouvons constater, en lisant, dans les procès-verbaux de visite, la description des murailles du fort qui contenait dans son enceinte le château des commandeurs et léglise paroissiale.
De cette commanderie dépendaient:
Castérus

Domus Hospitalis Castérus
Le Castérus.
La forte place de Gimbrède.
Saint-Pierre de Campagnet (?).
Rolhac avec léglise de Notre-Dame de Beauclair.
Frendat (?).
Miradols (?).
Saint-Sulpice (?) Peut-être Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn 81).
Saint-Jean de Lane
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Castelsarrasin, Canton: Saint-Nicolas-de-la-Grave, Commune: Caumont - 82

Domus Hospitalis Saint-Jean de Lane
Cuq
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen, Commune: Cuq - 47

Domus Hospitalis Cuq
Le terroir de Bordes (?) à Cuq
Lieux
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen, Commune: Astaffort - 47

Domus Hospitalis Lieux
Caudecoste
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Commune: Milhars - 81

Domus Hospitalis Caudecoste
Saint-Caprais-de-Lerm
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen - 47

Domus Hospitalis Saint-Caprais-de-Lerm
Le revenu brut de Golfech était en 1757 de 13.100 livres, sur lesquelles les commandeurs avaient à payer 1.318 Livres au trésor de lOrdre plus les charges particulières, telles que traitement des vicaires perpétuels, aumônes, etc.
Commandeurs Hospitaliers de Golfeh
(De 1315 a 1480, Golfech fut réuni à Castelsarrasin).
1480-1482. Pons dAuriac.
1483-1500. Bernard de Tajac de Villevayre.
1511-1512. Robert de Durfort.
1518-1530. Jean de Roquelaure.
1531-1537. Guillaume de Roquefèuil-Bersols.
1538-1541. François de Lagarde Saigne.
1542-1546. Jean de Malran.
1547-1550. Honoré de Grâce.
1553-1556. Pierre de Gozon-Mélac.
1556-1559. Charles dUrre.
1561-1570. Etienne dArsac.
1571-1583. Mathurin de Lescur-Romégas.
1583-1617. Pierre dEsparbès-Lussan Grand-Prieur de Saint-Gille.
1626-1635. Guillaume de Vincens Sabouillan.
1636-1649. Antoine de Puget Saint-Marc.
1657-1658. Antoine de Blacas-Vérignon.
1676-1677. Jacques dAncezune-Caderousse.
1681-1689. Christophe de Baroncelly-Javon.
1693-1701. Jean de Gauthier-dAyguine.
1713-1720. François de Pontevès-Bargème.
1720-1724. Joseph de Modène-Pomerol.
1724-1727. Charles de Villeneuve-Tourette
1731-1741. André de Grille, bailli.
1757-1772. Gaspard — Hyacinthe de Grille, Maréchal de camp Commandant des grenadiers à cheval.
1772-1773. N. de Gaillard.
1780-1786. Bailli de Javon.
1788-1789. Louis de Franc-Montgey.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Gorvello (Le) (56)
Domus Hospitalis Le GorvelloDépartement: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Elven, Commune: Sulniac — 56

Domus Hospitalis Le Gorvello
lHôpital et le Temple se trouvaient dans la paroisse de Sulniac, au diocèse de Vannes. Ce nétaient point à lorigine des Temples, mais bien des aumôneries, en possession desquelles les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem furent confirmés par la charte de 1160; ils sont appelés dans cet acte a « Eleemosina de Corvellou et hoapitalis in Suluniac. »
Suivant un aveu de 1575, le commandeur de Carentoir percevait au Gorvello le tiers des oblations, lautre tiers était réservé au recteur de Sulniac, et le reste employé à, lentretien de la chapelle; les fonctions ecclésiastiques y étaient remplies par un curé nommé et rétribué par le recteur de Sulniac.
Un aveu de 1624 ajoute: « Au Temple Saint Jean du Gorvello se font toutes fonctions curiales, baptêmes, grandes messes, enterrages avec croix et bannières. Autour du Temple sont trois tenues qui doivent rentes féodales, droits seigneuriaux, et dîme à la 11e gerbe. »

Eglise Saint-Jean-Baptiste de GorvelloEstève, Georges (photographe) — Ministère de la Culture (France) — Médiathèque de larchitecture et du patrimoine — diffusion RMN
Enfin dans lEtat de la commanderie de Carentoir en 1643 on lit: « Le Temple de Gorvello est une fort belle chapelle fondée de Monsieur saint Jean-Baptiste, en laquelle il y a nombre de beaux ornements qui sont en la garde des frairiens; ladite chapelle bien et deubment vittrée ayant deux cloches de moyenne grosseur, un tabernacle où repose le Saint-Sacrement et des fonts baptismaux, est une trêve où il y a charge dAmes. »
Ces deux cloches subsistent avec leurs inscriptions; lune est de 1532 et lautre de 1547.
Léglise du Gorvello, aujourdhui paroissiale, bàtie en forme de tau, est une oeuvre du XVIe siècle avec fenêtres ogivales, portes à anses de panier et accolades à crochets. Les lambris sont à clefs pendantes et les entraits à tête de crocodiles; sur les sablières apparaissent des sculptures grotesques, telles quun animal ayant une tête humaine, un autre avalant un moine, un troisième portant une hallebarde, dautres enfin jouant du biniou, puis trois tètes sous un même bonnet, un moine avec des oreilles dânes tenant une marotte terminée par une tète semblable, etc., le tout entremêlé dinscriptions gothiques de 1523 et 1547.
Sur un angle de la balustrade se voit sculptée la tète de saint. Jean-Baptiste dans un plat; les pèlerins viennent la baiser pieusement sur les deux joues.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
Gourdans (01)
Domus Hospitalis GourdansDépartement: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Meximieux, Commune: Saint-Jean-de-Niost — 01

Domus Hospitalis Gourdans
— De Gordanis, de Gordans, Gourdan.
— Ancienne paroisse sous le vocable de saint Jean-Baptiste.
— Les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem possédaient à Gourdans quelques fonds, quils avaient recueillis dans la succession des templiers et qui avaient été donnés à ces derniers, le 8 septembre 1230, par Guichard, seigneur dAnthon.
— Archives du Rhône, Inventaire de Malte, tome II, page 98.
Topographie historique du département de lAin, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée dun précis de lhistoire du département depuis les temps les plus reculés jusquà la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
Gourlon (43)
Commanderie de GourlonDépartement: Haute-Loire, Arrondissement: Le Puy-en-Velay, Canton: Cayres et Saugues, commune: Alleyras — 43

Commanderie de Gourlon
La petite commanderie de Gourlon, située près Alleyras sur la rivière dAllier, a pour titre originaire la donation faite en 1163, à sa réception comme frère de lHôpital, par Pierre de Mirmande qui devint châtelain du Crac en Syrie (1193-1199) (charte 16 et note page 12).
En 1291, Pons Baudasse, curé et commandeur de Gourlon, transigea avec Guillaume de Montlaur, chanoine du Puy et seigneur de Mirmande, sur la justice de Gourlon et de ses dépendances (charte 56).
En 1321, Nicolas Saunier obtint du grand-prieur Eudes de Montaigut la collation viagère de la commanderie de Gourlon, à la charge par lui de payer chaque année une responsion de 20 gros tournois dargent, au chapitre général du grand-prieuré dAuvergne (charte 73).
Cette commanderie consistait en une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste et en quelques rentes.
Sa situation dans une vallée presque inaccessible et son peu dimportance la firent négliger par les visiteurs de 1616.
En 1726, la chapelle était depuis longtemps ruinée; les visiteurs ne jugèrent pas à propos den ordonner la reconstruction, parce quelle navait aucune dotation pour son entretien (1).
Les rentes de Gourlon formaient en 1486 un terrier spécial (2); depuis, elles furent comprises dans le terrier de Saint-Jean-la-Chevalerie.
Liste des Commandeurs
— 1291. Mai 1. — Pons Baudasse (charte 58).
— 1321. Juin 20-1330. Juin 19. — Nicolas Saunier (chartes 73 et 81).
— 1375. Jean Amadieu (Amedei) (3), qui fit renouveler le 2 janvier — 1376. Le terrier de Freycenet.
— 1481. Juillet 21. — Claude Baudouin (4), rector et gubernator praeceptoria de Gurgite Longo.
— 1492. Octobre 25. — Jean Baudouin (5), renderius comendatariae de Gurgite Longo.
— 1497. Décembre 9. 1513. Décembre 26. — Gillet Charpentier (6).
— 1521. Antoine Fabre (7).
Notes — Commanderie de Gourlon
1. Devesset, titres de la commanderie visite prieurale.
2. Commanderie de Saint-Jean-de-la-Chevalerie, terrier n. 5.
3. Haute-Loire, Malte, inventaire du 17 août 1622.
4. H 2749, folio 115.
5. Commanderie de Chantoin, I, n. 10, folio 28.
6. Commanderie de Saint-Jean-de-la-Chevalerie, II, nº 32, charte 111.
7. Commanderie de Devesset, II, nº 3.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888
Commanderie de Gourlon, hameau sur la commune dAlleyras
— Gore-Lonc, 1163 (Hospitaliers du Velay)
— Ecclesia de Gurgite Longo, 1291 (ibidem)
— Hospitale Sancti Johannis de Gurgite Longuo, 1453 (J. Rocher)
— Locus dictus Gorgua Longua, 1454 (ibidem)
— Praeceptoria Sancti Johannis de Gorlonis, 1513 (Hospitaliers du Velay)
— Gourlong, 1600 (Rhône, Saint-Jean-la-Chevalerie, II, 37)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII
Goutz (32)
Commanderie de GoutzDépartement: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Fleurance — 32

Commanderie de Goutz
Dans lexposé des réclamations faites par le receveur du Grand-Prieuré de Toulouse à MM. les Trésoriers de France, en 1588, nous lisons que la commanderie de Goutz avait été complètement dévastée par les huguenots de Lectoure. Ce désastre nous est confirmé par la presque totale disparition de ses archives. Le plus ancien et presque unique document qui nous est parvenu est une copie, faite dans le courant du XIVe siècle, des coutumes de Goutz.
Les Hospitaliers ayant résolu de construire une bastide ou plutôt de réédifier la ville qui existait déjà sur le territoire de Biterde, dépendant de leur château de Goutz, conclurent dans la 2e moitié du XIIIe siècle un traité de paréage avec le Vicomte de Fezensaguet. La charte en question commence par nous faire connaître les procurations données, à leffet de présider à cette construction, par dame Mathe comtesse de Fezensac, par son fils Gaston, Vicomte de Brulhois et de Fezensaguet, et, dun autre côté, par le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Guillaume de Villaret. Après cela, sont écrites les coutumes concédées par les procureurs de ces nobles personnages aux consuls de la nouvelle bastide; lexistence dune magistrature municipale, organisée avant la promulgation de la charte nous prouve tout dabord que la ville existait déjà et quon dût se borner à la fortifier, en lui donnant sans doute une plus grande étendue. Elle est désignée dans cette charte sous le nom de « Bastide de Biterde », nom quelle perdit dans la suite pour prendre celui du château des Hospitaliers.
Nous retrouvons ici toutes les libertés contenues dans les chartes concédées en pareil cas: exemption de tailles, dalbergues, de questes, demprunts forcés, libre disposition des propriétés, suppression de la prison préventive en règle générale; puis, viennent, après le code de justice criminelle, les réglementations de la forge et du four, les ordonnances relatives à la tenue des foires et des marchés, qui auront lieu, les premières, une fois par an, à la fête de Saint-Jean-Baptiste, et les seconds, les mercredis de chaque semaine, ainsi que la fixation très détaillée des droits de leude quauront à payer aux seigneurs les marchands étrangers pour les objets quils apporteront sur la place de Biterde et pour les denrées quils en exporteront; dans cette dernière catégorie figurent le blé, le vin, les graines potagères, les bouteilles, les écuelles et les marmites en terre, qui sont encore de nos jours la principale industrie de ces contrées.
Cette charte publiée le 17 juin 1292, fut approuvée et scellée cette même année, par le Grand-Prieur Guillaume de Villaret lors son passage à Fronton le 21 juillet et par Gaston, Vicomte de Fezenzaguet, assisté de dame Mathe sa mère et tutrice, à Mauvezin le 22 septembre.
Immédiatement après la création de la bastide, et la distribution des terres aux habitants, les fondateurs se préoccupèrent de faciliter lexploitation de ces champs par létablissement de bâtiments agricoles pour chacun de leurs vassaux. A cet effet ils obtinrent du sénéchal lautorisation dexproprier, pour cause dutilité publique, une certaine quantité de terres cultivées qui seraient données dans ce but aux habitants et dont les prix devaient être déterminés par un expert. Mais quand le bailli de Biterde se présenta en cette qualité devant les propriétaires, ceux-ci refusèrent de se soumettre à la sentence dexpropriation. Mettant à leur tète maître Bernard, lieutenant du châtelain de Gimont, ils pénétrèrent en armes dans la bastide, menaçant et maltraitant les consuls. Les seigneurs portèrent leurs plaintes au sénéchal dont lautorité venait dêtre méconnue en même temps que la leur et qui dût prendre des mesures contre les révoltés (3e jour de décembre 1292).
En exécution de lEdit royal de 1563 qui ordonnait la vente dune certaine partie des biens du clergé, les biens temporels de la commanderie de Goutz furent mis aux enchères et adjugés à la Reine de Navarre. Deux ans plus tard, lOrdre en reprenait possession en remboursant 800 livres à la Reine Jeanne dAlbret.
Les commandeurs continuèrent, pendant quelque temps encore, à rendre, comme ils lavaient fait jusque-là, lhommage au Roi de Navarre, héritier des vicomtes de Fezenzaguet, et ce fut en 1600 quils sen firent décharger. Cette commanderie, lune des moins importantes du Grand-Prieuré, fut affectée bientôt après lorganisation de ce dernier, aux chapelains et aux frères servants darmes.
Liste des Commandeurs de Goutz
1271-1292. Bernard Le Roux.
1323-1328. Trimond de Saint Brice.
1401-1406. Raymond Isnard.
1483-1481. Bernard de Montlezun.
1491-1493. Gaillard Ferrant.
1493-1494. Rotbert de Saint-Pierre.
1501-1508. Arnaud de Prunet.
1518-1521. Julien Sicart.
1526-1539. Baptiste du Broc.
--------1543. Pierre Béolat.
1549-1550. Géraud Romezy.
1550-1557. Etienne Regnaud.
1558-1573. Pierre Mosquet, vice-prieur de Malte.
1592-1599. Antoine Montané.
1500-1601. Louis de Castellane.
1615-1625. Jean Rigal.
1635-1639. Jean-Louis des Monstiers.
1655-1665. Bertrand de Tonrnezy.
1675-1693. Pierre de Viany, Grand-Prieur de lEglise conventuelle de Malte.
1707-1725. François de Gaillard.
1742-1744. Charles Véran.
1759-1778. Jean-Baptiste Bernadier.
1779-1789. N. Marion.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
La bastide de Biterde
La bastide de Biterde est née ainsi sous de mauvais auspices. Le nom de Biterda devenu Viterbo au XVe siècle et Viterbe au XVIe, sous la plume de scribes de lOrdre de lHôpital, ne sest pas conservé ; cest lancien nom du castrum qui a persisté. La commanderie des Hospitaliers, dévastée au XVIe siècle par les Huguenots, na jamais été quun méchant établissement. Il subsiste au sud-est de léglise actuelle de Goutz une haute plateforme désignée sous le nom de « lou Loc », appellation qui est souvent donnée à des bourgs clos; mais ses faibles dimensions ne permettent dy voir que lemplacement du castrum population primitif et pas celui de la bastide projetée. Par ailleurs, rien ne signale aujourdhui dans la toponymie ou la structure agraire du finage de Goutz quil ait existé un quelconque lotissement daurals... Ainsi Biterde est à ranger dans la série des bastides avortées ou rapidement désertées.
Extrait dUne dépossession pour cause de bastide: laffaire de Biterde (1292). Aux origines de lexpropriation pour cause dutilité publique — Sources: Higounet Charles laffaire de Biterde (1292)
Gréoux-les-Bains (04)
Château de Gréoux-les-Bains. Les HospitaliersDépartement : Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement : Forcalquier, Canton : Manosque - 04

Gréoux-les-Bains
Le château dit des Templiers (mais ne leur ayant jamais appartenu), avec des parties allant du XIIe au XVIIe siècle, est classé monument historique en 184050 et restauré. Il appartient aux comtes de Provence à partir de 1248, puis aux Hospitaliers de lordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il est acheté par la commune au début des années 1980. De très nombreux auteurs (y compris labbé Féraud), à partir de 1705, font état de la présence de lordre du Temple à Gréoux (soit possesseurs de lhospice et soignant par les eaux, soit seigneurs du lieu, ou les deux). Raymond Collier dans les Annales de Haute-Provence (livraison de 1959-1960), Régis Bertrand et Joseph-Antoine Durbec ont démenti ce quils considèrent comme une légende, aucune pièce darchive ne mentionnant leur présence à aucun moment à Gréoux. Ces auteurs se contentent davancer la présence des Templiers en se recopiant, sans vérifications (1 et 2).
Le château est construit autour dune cour rectangulaire. Lenceinte est renforcée dune tour ronde (nord-est) et dun donjon carré (nord-ouest), qui peut dater du XIIe siècle. Ses défenses sont encore améliorées au XVIe siècle, avant quil soit modifié pour apporter plus de confort à ses habitants. Outre la légende des Templiers, une autre concerne lexistence dun souterrain partant de la citerne pour rejoindre les caves du village, tout aussi infondée. Gréoux a été protégée par deux murailles successives, qui subsistent toutes deux à létat de vestiges. Celle du XIIe siècle est visible près du château, au portail du Vieil-Horloge (dit aussi porte de la Vière ou de la vieille horloge), dans une tour dangle, et des murs qui ont été percés de fenêtres gothiques. De la muraille de 1554, qui était longue de 670 m, subsistent principalement des pans de mur, jardin des Remparts, et une grosse tour ronde.
Sources : 1. Régis Bertrand, « Les Templiers à Gréoux. Avatars dune légende » Annales de Haute-Provence, Bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, n° 285, tome XLVIII, 3e trimestre (1979).
Sources : 2. Joseph-Antoine Durbec (préf. Jacques Juillet), Templiers et Hospitaliers en Provence et dans les Alpes-Maritimes, Grenoble, Le Mercure Dauphinois, 2001.
Grézan (34)
Commanderie de GrézanDépartement: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Murviel-lès-Béziers — 34

Commanderie de Grézan
Cette circonscription de Grézan comprenait les différentes possessions que lOrdre de Saint-Jean avait dans le voisinage de Capestang, avec quelques membres détachés dans la suite de la commanderie de Sainte-Eulalie.
— 1160. Berenger, archevêque de Narbonne, donne à lhôpital de Jérusalem léglise de Saint-Nazaire, à la condition que ladministration en soit toujours confiée à un prêtre de lOrdre, né et ordonné dans la province de Narbonne.
— 1161. Ermengarde de Seisac, fille dIsaac Jourdain et de Guillaume de Visac, donne à lOrdre de Saint-Jean ses droits sur les villes de Ventenac et de Saint-Nazaire.
— 1181. Ermengaud de Rochebrune et Douce sa femme donnent tous les biens quils possédaient, tant dans la ville que dans le territoire de Saint-Geniès-de-Grezan.
— 1193. Adhémar de Murviel donne tous ses droits sur le territoire de Preissan et sur létang de Capestang.
— 1262. Transaction entre le commandeur et labbé de Fontfroide, pour le terroir du Villar, dont la possession est reconnue à lHôpital.
— 1269. Sentence arbitrale entre le commandeur et larchiprêtre de Saint-Just, de Narbonne, au sujet des dîmes de Saint-Jean-de-Tersian et de Saint-Pierre-de-Tropiac, qui sont adjugées à lOrdre.
— 1306. Ordonnance de lévêque de Béziers autorisant létablissement dun cimetière à Caprairol, annexe de Causanéjol.
— 1584. Sentence du sénéchal de Béziers maintenant le commandeur dans la franchise des dîmes pour ses terres de Marseillan, contre les réclamations de lévêque et du chapitre dAgde.
Le commandeur possédait à Grézan un château seigneurial et un très vaste domaine dans la paroisse de Rustique, de Saint-Nazaire, de Cassanéjols, de Cabreiroles, la seigneurie spirituelle et les dîmes, des censés et des fiefs à Marcorignan, Capestang, Castinhac, Saint-Marcel, Ginestous, Salèles, Pezenas, la Madeleine de Clermont, Marseillan, Fabrègues et Montblanc.
Commandeurs de Grézan
1489-1492. Bortrand dEsparbès.
1693. Laurens de Villeneuve-Maurens.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée Toulouse 1883 BNF
Grezan ou Grazan
— Ferme, commune de Laurens
— Chef-lieu dune commanderie de lOrdre de Saint-Jean de Jérusalem
— Elle a donné son nom à Saint-Geniès-le-Bas.
— Gradanum, 1085 (Livre noir, 247 vº)
— Ecclesia de Braxiano et de Grad, prope Bitteris, 1307 (Sta. ecclesiastique Bitter. 37 vº)
— Grazanum, 1118 (Livre noir, 49 vº)
— Ecclesia S. Genesii de Graz, 1130 (Ibidem, 249 vº); 1152 (Ibidem, 248 vº)
— Ecclesia Sancti Joannis de Graz, 1297 (Statistique ecclesiastique Bitteris 147)
— Gracianellum villa, 1152 (Livre noir, 250 vº)
— Rector de Grasano juxta Bitteris, 1323 (Rôle des dîmes des églises de Béziers)
— Juxta Laurens (Ibidem)
— Grazan, 1507 (Livre Noir, 94)
— Grezan (Carte de Cassini)
Sources: Dictionnaire topographique du département de lHérault. Par M. Eugène Thomas. Paris Imprimerie Nationale, M DCCC LXV.
Château de Grézan
Le château de Grézan est une ancienne commanderie hospitalière fondée au XIIe siècle et transformée au XIXe siècle en forteresse de fantaisie.
Inscrit au titre des monuments historiques, cet ensemble de taille considérable ceint de remparts crénelés est situé à Laurens, dans le département de lHérault.
Sources : Wikipedia, Château de Grézan
Grand-Champ (08)
Domus Hospitalis Grand-ChampDépartement: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Novion-Porcien, Commune: Wasigny — 08

Domus Hospitalis Grand-Champ
Cette maison est une fondation de lHôpital, qui remonte aux premières années du XIIIe siècle. Nous avons trouvé une charte de Roger, seigneur de Rosoy, « de Roseto », du mois de décembre 1206, approuvant et confirmait la donation que sa soeur Elisabethe de Grand-Champ avait faite aux frères de lHôpital de Jérusalem, de sa maison de Grand-Champ, « domum suam de Magno Campo », quelle tenait de ses parents, avec tout le mobilier qui sy trouvait, et une charrue de terre. Cette donation comprenait, en outre, la moitié de deux moulins à Grand-Champ, dont le revenu devait être consacré à lentretien de deux religieux qui desserviraient la chapelle quon allait construire.
Geoffroy, fils dElisabethe de Grand-Champ, voulut mettre obstacle à lexécution de cette donation. Mais bientôt, mieux avisé, il y donna son assentiment, toutefois sous certaines réserves, ainsi quil résulte des lettres de Raoul, seigneur de Château-Porcien, du mois davril 1208. Par ces lettres, Geoffroy consentit, en outre, que les Hospitaliers auraient le droit dusage dans ses bois et pâturages, à la condition quils ne pourraient faire à Grand-Champ aucune acquisition sans sa permission.
En 1224, Elisabethe, dame de Château-Porcien, « Castri Porciensis », et soeur de Roger, prit à sa charge la maison de lHôpital de Grand-Champ, en y installant à ses frais un chapelain et un clerc pour desservir la chapelle, et après sêtre engagée à laisser à sa mort la maison aux Hospitaliers, avec toutes les améliorations et les agrandissements quelle aurait pu y faire.
On trouve plusieurs lettres damortissement des années 1270 et 1292, en faveur des frères de lHôpital, pour un assez grand nombre dacquisitions de terre faites par eux à Grand-Champ et sur les territoires environnants.
La maison de lHôpital se trouvait sur le chemin de Grand-Champ conduisant à Wagnon. Les terres, au nombre de 90 journaux, étaient situées en plusieurs pièces au Ruissel-Trognon, au Champ-Charbonnier, au Pré-Watier-le-Roux, au Mont-Riant, au Trou-le-Chevelou, et au dessus de La Fontaine (censier de 1497).
Près de la maison, on voyait un vivier et un moulin à moudre blé.
Le Commandeur avait dans son domaine de Grand-Champ, toute justice et seigneurie. Le revenu, qui était en 1497 de 7 livres tournois, sélevait en 1757, à 389 livres; et en 1783, à 540 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Grange-Rouge (La) (89)
La Grange-RougeDépartement: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Cerisiers — 89

Domus Hospitalis Grange-Rouge
C'était une métairie de l'Hôpital, située au territoire de Cerisiers. En 1354, Jehan de Calais, commandeur de Cerisiers, affermait à un frère de l'Ordre, Thomas de la Heuse, moyennant une redevance annuelle de 25 livres tournois, la maison de la Grange-Rouge, avec les terres et vignes en dépendant, « ainsi comme elles se comportent du chemin qui va de Cerisiers au bois du Fay par la vallée, en alant droict audit Fay, au lez devers ladicte grange jusqu'au terrouer de Vaudoire. »
En 1428, la maison n'existait plus; et les terres étaient réunies au domaine de Cerisiers.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Voir la commanderie de Launay-lez-Sens
Grayan-et-lHôpital (33)
Commanderie de GrayanDépartement: Gironde, Arrondissement: Lesparre-Médoc, Canton: Saint-Vivien-de-Médoc, Commune: Grayan-et-lHôpital — 33

Commanderie de Grayan
Vers le milieu du XIVe siècle, dans cette petite commanderie vint se fondre celle de lhôpital de La Grayan. Cette dernière devait sa fondation aux seigneurs de Lesparre, qui continuèrent à en être les bienfaiteurs. Le 2e jour de novembre de lannée 1168, « le noble seigneur Sénebrum, sire de Lesparre, dame Aupays sa femme, et leur fils Ayquelin Wilhelm », donnèrent à lOrdre de Saint-Jean leur terre et seigneurie de La Grayan ; ils accordaient aux Hospitaliers et à leurs futurs vassaux les exemptions « du service militaire, du péage, pontonage, fouage, aides tailles et corvées de toutes sortes »; ajoutant enfin à la liste de leurs libéralités le droit dusage dans les bois et landes du territoire des « Mons », ils investirent les chevaliers de Saint-Jean de tous les privilèges dont ils jouissaient eux-mêmes dans cette seigneurie.
A cette donation qui eût pour témoins les plus illustres chevaliers du pays, le généreux sire de Lesparre en ajouta bientôt une nouvelle: en présence de Guillaume, abbé de lIsle et de Guillaume abbé de Verteuil, il donna à frère Michel, précepteur de la nouvelle circonscription, son « fief de Formentar. »
Un peu plus loin nous trouvons son petit-fils « Cénebrun de Lesparre », confirmant solennellement les libéralités de sa famille envers la commanderie de La Grayan, dans la maison de lhôpital du Pont-Neuf de Bordeaux, où se trouvaient rassemblés sous la présidence de Bernard-Jourdain, commandeur du Bordelais, une foule considérable de chevaliers et de chapelains de lOrdre de Saint-Jean (1238).
Comme nous lavons vu maintes fois se produire ailleurs, les descendants des fondateurs de cet hôpital devaient sen montrer les adversaires et tenter de reprendre ce dont leurs ancêtres sétaient jadis dessaisis. Dans les premières années du XIVe siècle, le noble Baron Nayquem Guillaume sire de Lesparre, disputait au commandeur de La Grayan ses droits de seigneur haut justicier. Effrayé de la puissance de son adversaire et redoutant pour lavenir de lhôpital les conséquences de ce voisinage, le commandeur frère P. Guifre préféra transiger et signa, le 11 novembre 1311, un accord, en vertu duquel le sire de Lesparre devait avoir la haute justice dans le territoire limité par les croix, tandis que la basse justice resterait indivise entre lui et les Hospitaliers. Une autre transaction dut être signée en 1356 entre frère R. de Lacombe et le nouveau seigneur de Lesparre, messire Sénebrun, pour fixer dune manière définitive les limites de la commanderie.
Commandeurs de La Grayan
1190. Michel.
1295. Raymond de Sert.
1311. Pierre Guifre.
1356. Raymond de Lacombe.
Charte nº LXXXV, donation de La Grayanes à lOrdre de Saint-Jean en 1168
Universis presentes inspecturis, G. Archepresbiter Sparrae salutem, in Domino sempiternam. Ut quae geruntur in tempore firmiora permaneant et quacumque noticia propagentur, in posteros litterarum solent memoria preservari. Unde est quod, quando Dominus Sparrae et Dna Aupays, uxor ejus, fundaverunt domum hospitalis de la Grayanes, donaverunt et quitaverunt Deo et pauperibus hopitalis Iherosolimitani et fratribus ibidem comorantibus omnem dominacionem, omnem justiciam et juridictionem, quam ille habebat in loco jamdicto de la Grayanes et super omnibus habitantibus in eodem [...]
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
Hôpital de Grayan

Domus Hospitalis Grayan et Hôpital
Commanderies du Grand Prieuré de Toulouse — Par département
— LHôpital de Grailhan Grayan-et-lHôpital (LHôpital) Gironde
Sources: Pierre Vidal — Hospitaliers et Templiers en France Méridionale — Le Grand Prieuré de Toulouse de lOrdre de Malte — Association: Les Amis des Archives de la Haute-Garonne — Editions CNRS.
Hôpital de Grayan
— Comme indiqué dans la rubrique des réalisations à concrétiser en 2009, le décor du rond-point de lHôpital fera référence au passé.
— En 1128, des seigneurs de Lesparre firent un legs en fondant un hôpital pour laccueil et le réconfort des pèlerins, les « Jacquets » qui, traversant la Gironde entre Talmont et Soulac, passaient par ce lieu pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle.
— Cet hôpital fut ensuite donné, vers 1168, à lordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui deviendra plus tard lordre de Malte.
— Le Saint Patron de lHôpital (de Grayan et lHôpital) demeure dailleurs encore aujourdhui Saint Jean.
— Lordre était divisé en associations nationales et les biens à administrer confiés entre autres, à des commandeurs.
— LHôpital de Grayan, qui se nommait alors Hôpital de la Grayannes, fut le 4ème à être fondé en France. Il se situait au bord du « chemin de la Reyne » conduisant à lHôpital des Templiers de Vensac.
— Au XVe siècle, il y avait 9 commanderies en Gironde dont 3 en Médoc, situées sur le bord du fleuve: Grayan, Benon et Arcins.
— De lHôpital initial, il ne reste aucune trace si ce nest un dessin à la plume réalisé par le baron de Marquessac en 1864, représentant la chapelle romane de lépoque, en partie détruite.
— Dans cette chapelle, il observa des colonnes et une croix templière sculptée au sommet, témoignages de cette époque.
Sources: Grayan et lHôpital, bulletin municipal nº 15 — 2e semestre 2008
Les Ordres Militaires en Gironde
Ils ont été très présents en Médoc: les Templiers dabord qui ont laissé leur souvenir à Saint-Sauveur-du-Temple ou Temple-de-Sautuges, actuellement Le Temple, mais aussi au Temple de Planquetorte, près de Saint-Vivien.
Lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem devenu un peu plus tard ordre des chevaliers de Malte, qui a profondément marqué cette région. Ces deux ordres ont constitué, à lépoque féodale, larmature sociale et administrative du Médoc.
Les chevaliers de Malte sétablissaient de préférence au voisinage des voies deau, car ils avaient une vocation de navigateurs et surtout de « secouristes », venant en aide aux voyageurs qui naviguaient. La situation amphibie du Médoc les y a sans doute attirés.
Ils assuraient le passage de la Gironde — de même que les moines de diverses communautés — et soccupaient également de lentretien des routes et des ponts utilisés par les pèlerins, ainsi que de lorganisation des haltes.
Des hôpitaux, dont il reste peu de traces, mais que des noms de lieux évoquent fréquemment, accueillaient les voyageurs dans le besoin: le Hameau des Pèlerins, lhôpital de Grayan fondé en 1189, celui de Benon fondé en 1154, celui de Saint-Germain-dEsteuil, lhôpital de Mignot près de Cissac devenu chapelle dAnteilhan, disparue au XIXe siècle, hôpitaux à Pellecahus près de Saint-Julien, Saint-Léonard à Lesparre où lon a trouvé de nombreux restes de pèlerins morts en route dont le crâne portait la coquille Saint-Jacques, Saint-Trélody, Saint-Jean-de-Secondignac près de Vertheuil,Tourteyron près de Saint-Christoly, et de nombreux autres, tous situés généralement près des accostages.
Des commanderies de Saint-Jean-de-Jérusalem se sont implantées en Médoc, parmi les premières en France. Celle de Benon fut établie en 1154 sur des terres données par Sénébrun, sire de Lesparre. On sait quelle bordait la route du pèlerinage vers Jérusalem et quelle était difficile à gérer parce quelle était située sur des landes où sévissaient des routiers pillards.
Celle de Grayan est également fort ancienne et celle dArcins, près dun port sur un marais, avait autorité sur toutes les annexes de la région jusquà Saint-Sever, dans les Landes.
En 1444, il y avait neuf commanderies en Médoc, presque toujours fondées sur des hôpitaux.
Sources: Association LAppel du Chemin — Soulac
Clément V
— Le pape Clément V, Bertrand de Got, est de Gascogne, de Villandraut plus exactement. Il est le troisième fils de Béraut de Got, seigneur de Villandraut, de Grayan, Lieran et Uzestre.
Le Procès des templiers de Stéphane Ingrand. Editions Carnot — 2004
Gros-Chêne (Le) (41)
Domus Hospitalis Le Gros-ChêneDépartement: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Morée, Commune: Busloup — 41

Domus Hospitalis Gros-Chêne
La terre et seigneurie du Hôpital Le Gros-Chêne était située dans la paroisse de Busloup. Cétait un ancien domaine de lHôpital qui avait été réuni au XVe siècle au Temple de Mondoubleau, après avoir appartenu à la maison de lHôpital dAblainville.
Les Hospitaliers eurent dans le XIIIe siècle, au sujet de leur terre du Gros-Chêne, des démêlés avec un seigneur nommé Hugues Vallin. Une sentence arbitrale de labbé et du prieur de Sainte-Geneviève à Paris, du mois daoût 1209, régla la part que le seigneur Vallin devait avoir dans les cens dus à la seigneurie du Gros-Chêne, « de villa de Grosso Quercu » et concéda aux Hospitaliers seuls la justice du lieu, le terrage et le moulin de Palestrie, « et molendinum de Palestria », avec les mortuaires.
En 1210, nouveau procès avec Nevelon, seigneur de Freteval, « de Fracta valle », toujours relativement à la justice du Gros-Chêne. Regnaut, évêque de Chartres, et Manasses, évêque dOrléans, furent délégués par le Saint-Siège pour régler ce différend. Les deux prélats après un mûr examen, décidèrent que le Gros-Chêne et Palestrie appartenaient à lHôpital qui devait y avoir la haute, moyenne et basse justice, excepté pour une partie de Palestrie (?), située sous le Plessis-dOursonval (?), « infra plesseium Ursonis de Valle. »
Le domaine du Gros-Chêne, qui comptait fort peu de terres mais beaucoup de censives au dit lieu, était affermé avec les droits seigneuriaux en 1757, 500 livres ; et en 1783, 172 livres seulement.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Gueliant (72)
Commanderie Le Gué LianDépartement: Sarthe, Arrondissement: Mamers, Canton: Fresnay-sur-Sarthe, commune: Moitron-sur-Sarthe — 72

Commanderie Le Gué Lian
1312. — Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
La commanderie du Guéliant et ses annexes passa ainsi de l'ordre du Temple dans celui de Saint-Jean-de-Jérusalem vers 1312.
Les documents de ces temps reculés manquent et se réduisent à quelques chartes déjà citées et à celles que nous allons reproduire.
La commanderie du Guéliant était de la langue de France et du grand-prieuré d'Aquitaine. Les lods et ventes étaient doubles dans toute la dépendance de cette commanderie.

Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé
1407. Grateil

Domus Hospitalis Grateil
Procuration de Aymez de Montoiseau, commandeur de Grateil, donnée à plusieurs religieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
1411.
Echange entre Guillaume Dupuisat, alias Després, et Jean de Silleau, commandeur de l'hôpital de Grateil.
1425. Beaumont

Domus Hospitalis Beaumont
Noble homme frère Jehan Lepelletier, commandeur de l'hôpital du Guéliant, donne à Loyer à Macé Loyson, une maison sise à Beaumont (Beaumont-sur-Sarthe), pour XVIII livres tournois de cens.
1428.
Le commandeur du Guéliant rend foy et hommage au seigneur de Beaumont, pour une rente de VII livres à prendre sur la prévôté et baronnie de Fresnay.
1451.
Jehan Lepelletier, commandeur de l'hôpital du Mans.
1452.
Baillée à rente par Jehan Lepelletier, commandeur du Guéliant. Bien que la commanderie du Guéliant fût le chef-lieu de toutes les possessions, il arrivait souvent que les commandeurs de ce dernier lieu prenaient le titre soit de commandeur du Mans, de Grateil, etc., où, pensons-nous, aucun commandeur n'a habité. Voir 1585.
1452.
Martin Berruyer, soixante-unième évêque du Mans, ayant fait emprisonner par un décret de son official, Jehan Lepelletier, commandeur du Guéliant, ce chevalier se pourvoit en appel devant le lieutenant de Touraine ; il espérait se sauver en vertu des privilèges de son ordre. Mais l'impunité où étaient restés jusque-là ses désordres et son libertinage en faisant voir l'abus, il fut déclaré bien emprisonné comme sujet de la juridiction épiscopale.
1553.
Déclaration de Michel Bicordeau, au commandeur de l'hôpital de Grateil, pour une hommée de pré, sise en Gesnes (Gesnes-le-Gandelin), sous le devoir de VIII deniers avec obéissance.
1457.
Baillée à rente la métairie de Grateil (gratia oculum) pour un setier de froment, un setier de seigle, un setier d'orge, six boisseaux d'avoine et dix sols six deniers.
1469.
Jehan Lepellelier mourut cette année et fut enterré dans la chapelle du Guéliant, où l'on voit encore aujourd'hui son tombeau.
1474.
Enquête contre le commandeur du Guéliant, pour le payement du droit de bourgeoisie, au seigneur vicomte de Beaumont, que ce dernier prétend lui être dû de la part du commandeur et de ses gens, à cause des fiefs et domaines dépendant de ladite commanderie situés en le ressort de Beaumont.
1517.
Déclaration de la veuve de Jehan Boré, l'ainé, à Guillaume de Saint-Mars, commandeur du Guéliant, pour une maison sise à Fresnay (Fresnay-sur-Sarthe), au regard de la seigneurie de Grateil, pour le devoir de VIII deniers tournois et de XX sols tournois de rente au curé de Fresnay, Guillaume Mallet.
1525.
Décès de noble frère Roland Duguebert, commandeur et seigneur du Guéliant. Inventaire de meubles trouvés en la maison seigneuriale et chapelle dudit lieu. Dans la chapelle un petit calice d'argent avec la patène, un petit calice d'étain avec la patène, une ancienne croix de cuivre, une chasuble et une étole, etc. Sur l'autel trois encensoirs en cuivre, un livre dit missel, un banc pour assoir le prieur du lieu pour ouïr la messe.
Suit l'inventaire de la maison qui n'a rien d'intéressant.
1559.
Lettre adressée au grand prieur d'Aquitaine, relative à l'octroi de quatre décimes sur le revenu de tous les bénéfices pour subvenir aux frais de la guerre.
1568. Epine-en-Belin

Domus Hospitalis Epine-en-Belin
Bail à ferme de lEpine-en-Belin (Saint-Ouen-en-Belin 72) et de :

Domus Hospitalis Courtoussaints
Courtoussaints par Roland de Guillener, commandeur du Guéliant, à Jean Bellanger pour 450 livres tournois.
1585.
Déclaration aux assises de Grateil, de Pierre Lebouc, à noble Ciderach de Baillon, chevalier, commandeur du Guéliant, de l'Epine de Belin, de Grateil, Courtoussaint et autres lieux, pour plusieurs pièces de terre.
1594.
Frère Simon Daubigné, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, bailli de l'ordre, commandeur du Guéliant.
1608.
Pour la remembrance de 1608, il est inscrit que les pieds et fiefs de Saint-Jean de Jérusalem ont été tenus en la ville de Beaumont, maison de Balthazar Robineau.
1618.
Le commandeur du Guéliant fait reconnaître qu'il a droit de prendre sept livres sur la prévôté et baronnie de Fresnay.
1620.
De 1620 à 1630, frère de La Nouhe de Fougueron était commandeur du Guéliant (du Poitou).
1636.
Frère Peschard, sieur des Renaudières, élection de Château-du-Loir, chevalier de l'ordre, était commandeur du Guéliant.
1642.
Frère de Villis Pessard, sieur de La Roseleraie, chevalier de l'ordre, commandeur du Guéliant, Pierre Leclerc, sieur de Beaumanoir, comme procureur fiscal, donne baillée à rente du lieu de La Peschetière en Crissé.
1646.
En 1646, on estimait le revenu de la commanderie, suivant Expilly, 3400 livres Les propriétés étaient seulement louées 2,650 livres.
1656.
Frère François de Neufchèse, commandeur du Guéliant, rend aveu pour la commanderie de l'Epine, dépendant du Guéliant et relevant de la baronnie de Château-du-Loir.
1656. Fyé

Domus Hospitalis Fyé
Déclaration de Jean Angevin, de la paroisse de Fyé, au commandeur du Guéliant, pour une pièce de terre sous le devoir de LX deniers tournois.
1657.
Baillée à rente de Sainte-Catherine en Coulombiers (lisez Rouessé-Fontaine) par le sieur de Bellefosse, procureur fiscal, pour puissant seigneur François de Neufchèse, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur du Guéliant ; messire de Bellefosse demeurait au Château-du-Plessis, paroisse de Moitron.
1659.
Le commandeur du Guéliant a soin de faire reconnaître qu'il a droit de prélever VII livres sur la prévôté et baronnie de Fresnay.
1665.
Baillée à rente du lieu de l'Epine en Belin, par le sieur de Bellefosse, procureur fiscal et spécial de M. le commandeur du Guéliant pour 162 livres tournois.
1672.
Messire Guy de La Brunetière, du Plessis de Fosse, commandeur du Guéliant. Acte par lequel le sieur Poltier, baron de Fresnay, reconnait que le commandeur de Guéliant a le droit de prendre VII livres de rente sur la prévôté et baronnie de Fresnay.
Un édit du mois de décembre 1672 et deux déclarations du roi de 1774 et 1775, confirmé par bulle du pape, réunit aux ordres militaires et hospitaliers de N.-D. du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, tous les biens, droits et privilèges, maladreries et léproseries, commanderies et prieurés, hôpitaux, hôtel-Dieu, aumôneries, confréries, chapelles hospitalières et autres lieux pieux ou hospitalités, dont l'administration appartenait ci-devant aux ordres militaires. Alors cette administration fut confiée à des laïques ou ecclésiastiques séculiers qui en abusèrent. Pour y remédier, le roi, par délibération du 28 décembre 1680, enregistrée en la chambre pour réunion auxdits ordres, érigea les biens réunis en cinq grands prieurés et en cent quarante commanderies, desquelles il se réserva la disposition en qualité de chef et de souverain desdits ordres, en faveur des officiers de terre et de mer les plus méritants, pour jouir lesdits chevaliers leur vie durant, etc.
La maladrerie de Saint-Lazare fut alors érigée en commanderie, dite du Mans, dépendant du grand-prieuré de Bretagne, dont elle était la première à cause de son antiquité, suivant l'ordre des provisions. Cette commanderie fut composée des maladreries du Mans, de Saint-Calais en Vendômois, de Sillé-le-Guillaume, Mont-Saint-Jean, Fresnay, Saint-Michel-des-Prés, près Beaumont-le-Vicomte, Ballon, Courcival, Montfort et Pont-de-Gennes, Mayet; ensemble des aumôneries de Château-Lavalière en Anjou et dudit Fresnay. Mais la commanderie essuya bientôt un changement frappant par le transférèrent à Moitron près Fresnay, où elle a toujours été depuis connue sous le nom de commanderie du Guéliant (Voir Pesche, Dictionnaire de la Sarthe, volume V, page 335)
Malgré ce qu'en dit Pesche, il est avéré, comme on le voit précédemment d'une manière incontestable, que le Guéliant a au moins toujours été une commanderie depuis la fin du XIIe siècle jusqu'en 1672 à 1680 où alors elle fut réunie temporairement à la commanderie du Mans, qui fut elle-même peu de temps après transférée au Guéliant.
1676.
Frère Louis de La Brunetière du Plessis Bette, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, procureur dudit ordre au grand-prieuré d'Aquitaine, commandeur du Guéliant.
Avant ces deux derniers commandeurs, François de Neufchèse était commandeur du Guéliant, mais il fut rappelé pour être employé au service de l'ordre contre les infidèles.
1680.
Puissant messire François de Neufchèse, revenu alors de ses expéditions contre les infidèles, fut de nouveau pourvu de cette commanderie.
1682.
Lettres royales, portant autorisation de renouveler le livre terrier de la commanderie du Guéliant.
1683.
Messire Guy de La Brunetière, commandeur du Guéliant.
1690.
Messire frère Louis des Ecotais de Chantilly, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dit de Malte, colonel d'infanterie, commandeur du Guéliant. Déclaration faite par lui des biens dépendants de ladite commanderie.
1700.
Frère Laurent Martel, chevalier, commandeur du Guéliant.
1704 et 1705.
Lettres royales, portant autorisation de renouveler le registre terrier de la commanderie. Ordre du roi de rendre foi et nommage au frère Laurent Martel, commandeur du Guéliant, paroisse de Moitron, province du Maine.
La commanderie de Guéliant était le siège d'où dépendaient, en ce ressort, les seigneuries et domaines de Grateil, paroisse d'Assé-le-Boisne, Sainte-Catherine, paroisse de Rouessé-Fontaine, Saint-Jean, paroisse de Beaumont-le-Vicomte, fief du Mans, métairie de Lamotte-Pruilly, métairie et fief de l'Épine, paroisse de Saint-Ouen-en-Belin, métairie de Courtoussaint, paroisse de Luceau, près Château-du-Loir, fiefs et domaine de l'hôpital de Bercon, paroisse de Crissé (actuellement château de L'Hôpitau, appartenant à M. de Cumont), fief de Saint-Paterne, près Alençon, fiefs de Torcé, Ballon et Vallons.
Le commandeur de Guéliant avait droit de haute, moyenne et basse justice.
1719.
Messire René Gabriel de La Barre de La Géritaude, chevalier, commandeur du Guéliant.
1736.
Lettres royales, portant autorisation de renouveler le livre terrier de la commanderie.
1739.
Frère Joseph Martel, chevalier, commandeur du Guéliant.
1748.
Le 2 juillet 1748, un arrêt du conseil d'Etat règle l'indemnité a payer par les possesseurs de fiefs de la paroisse de Saint-Jean (du Mans) à l'hôpital du Mans, pour la nourriture et entretien des enfants trouvés; le commandeur du Guéliant, pour raison de sa basse justice dans le fief de Saint-Jean du Mans, dépendant de ladite commanderie comprenant 38 maisons, doit payer 19 livres.
1758.
Augustin Peralla, procureur de la commanderie du Guéliant était Maltais et avait été amené au Guéliant par un des commandeurs. Tous les Peralta du pays ont cette commune origine.
1762.
Baillée à rente de la métairie du Gros-Chêne, sise à Beaumont-le-Vicomte, par le sieur Peralla, procureur fiscal de M. le commandeur, à Jacques Fouquet, pour 200 livres.
1770.
Messire frère Louis-Georges Henry Lejumeau des Perrières, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur du Guéliant.
1774.
Le bailli de Tudert, commandeur de Guéliant et de Beaune en Bourgogne. Lettre a lui adressée le 31 août 1774, par M. de Villedon, vicaire général du diocèse du Mans, par laquelle il l'informe de l'indécence de deux autels de la chapelle de Grateil, paroisse d'Assé-le-Boisne, dépendant de ladite commanderie ; il demande également un missel à l'usage du diocèse, pour qu'on y puisse dire la messe, qui y était fondée pour les dimanches et fêtes ; l'éloignement de l'église, étant d'une lieue, rend cela d'autant plus nécessaire. La même année, publication du bailli de Tudert, pour la vente d'une portion de taillis de 35 arpents, à prendre dans son bois de L'Hôpital de Bercon, joignant la forêt de Sillé.
1775.
M. Hatton, La Coutûre, notaire royal à Fresnay, procureur fiscal de M. le commandeur du Guéliant.
1784.
Le bailli de Tudert appelle Bois du Temple, les bois dits du Guéliant, qui dépendaient de la commanderie.
Note des revenus de la commanderie en 1784.
Courtoussaint 110 livres.
L'Epine en Belin 400 livres.
Gros-Chêne et chapelle, en Beaumont 150 livres.
L'Hôpital de Bercon (l'Hôpitau) 200 livres.
Grateil (hôpital) 250 livres.
Sainte-Catherine 150 livres.
Les Goualardières 600 livres.
Le château du Guéliant 1,000 livres.
Le moulin, probablement de l'hôpitau 800 livres.
Collet 320 livres.
Total 3,980 livres.

Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé
1784.
Compte de la vente du Bois du temple (probablement du Guéliant) par le bailli de Tudert, pour 1,900 livres le sol pour livre dans la principale somme et douze livres pour le garde fait scellé de 2,007 livres.
Il fut vendu 800 cordes de bois à 3 livres 10 sols 2,800 livres.
Pour la façon des cordes à 11 sols 440 livres.
Reste 2,360 livres.
Otez 2,007 livres.
Reste en bénéfice 355 livres.
1788.
Enlèvement des fusils de Bercon, par ordre du roi; un seigneur voisin avait provoqué cette exécution, parce que le métayer avait tué quelques pièces de gros gibier.
1789.
Assignation au commandeur du Guéliant, chevalier de Malte, à comparaître devant le sénéchal du Maine, pour assister au Mans, le 16 mars 1789, à l'assemblée des trois ordres pour rédiger les cahiers de remontrances et doléances.
1790.
Le sieur Chevalier, fermier de la commanderie (métairie) du Guéliant, est arrêté par les gens du canton conduisant soixante boisseaux d'orge à Alençon. on les lui vole; il en instruit l'Assemblée nationale, plusieurs lettres sont échangées entre le président du Comité des recherches de l'Assemblée (Grégoire) et les municipaux de Fresnay. Résultait oui.
1795.
Le 18 juin 1795, la commanderie du Guéliant, le moulin de L'Hôpitau furent vendus comme biens nationaux.
Noms des commandeurs du Guettant que nous avons pu retrouver.
1560 à 1566. Frère Jacob Bodet, commandeur.
1566 à XXXX. Frère Rolland de Guilmer ou Guénelec on Guelemé, commandeur.
1585 à XXXX. Frère Cidérach de Baillon, commandeur.
1594 à 1614. Frère Simon Daubigné, commandeur.
1620 à 1630. Frère Lanoue de Fougueron, commandeur.
1630 à 1636. ?
1636 à XXXX. Frère Gilles Peschard, sieur des Renaudières, commandeur.
1650 à 1660. Frère François de Neufchèse, commandeur.
1660 à 1672. ?
1672 à 1676. Frère Guy de La Brunetière, commandeur.
1676 à XXXX. Louis de La Brunetière du Plessis-Bette, commandeur.
1680 à XXXX. Frère François de Neufchèse, une seconde fois, commandeur.
1685 à 1694. Guy de La Brunetière Gesté, commandeur, mort 24 juillet 1694.
1694 à 1700. ?
1700 à XXXX. Frère Laurent Martel de Landepoutre, commandeur.
1719 à XXXX. Frère René Gabriel de La Barre de Géritaude, commandeur.
1736 à XXXX. Frère Joseph Martel de Landepoutre, commandeur.
1753 à XXXX. Frère Louis Joseph des Écotais de Chantilly, commandeur.
1759 à 1762. Frère René Jacob Tigné, commandeur.
1762 à XXXX. ?
1768 à 1772. Frère Louis Georges Henri Le Jumeau des Perrières, commandeur.
1772 à 1774. ?
1774 à 1789. Le Bailli Innocent de Tudert, commandeur du Guéliant et de Beaune en Bourgogne.
C'est le dernier commandeur.

Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé
Etat actuel de l'ancien Château, Chapelle et Bâtiments de la Commanderie du Guéliant.
Chapelle.

Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé
La chapelle, d'une jolie construction, est actuellement dans un état de délabrement incroyable. Les murs inondés par la pluie traversant une toiture en ruine se sont couverts de moisissures vertes du plus vilain aspect. Toutes les ouvertures sont romanes, sa construction paraît remonter au XIIIe siècle. Le toit et le clocheton qui le termine appartiennent soit au style de la renaissance, soit au byzantin. M. Dubois de Saligny, qui pendant de longues années avait différé de faire les réparations nécessaires à la conservation de cette chapelle si intéressante au point de vue de l'art, vient heureusement de vendre cette propriété à Mme Moulinneuf, de Fresnay, dont le fils, ami éclairé des arts, fera, promet-il, les travaux nécessaires à sa conservation. Son état de décadence est tel qu'on pense à l'interdire comme impropre à la célébration de l'office divin.
Maupou

Blason des Maupou, créé librement par mes soins
Cette chapelle est dédiée à sainte Emérance; on y fait encore actuellement des voyages pour être guéri du mal de ventre.
Sur l'autel sont plusieurs peintures pieuses et les armes de la famille de Maupou, qui sont: d'argent à trois hérissons de sable.
L'autel est encore décoré, d'un côté, par un saint Jean Baptiste, peint sur bois, au milieu est la Vierge; d'autre côté, sainte Emérance. Une plinthe en bois est ornée à chaque bout d'une croix de Malte avec une F d'un côté, un A de l'autre, une tête de Christ au milieu.
L'intérieur est partagé en deux parties par un grillage en bois au-dessus duquel se trouve un christ byzantin d'une antiquité incontestable.
Tombeau

Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé
Dans cette chapelle se trouve le tombeau de Jehan Lepelletier: son portrait est dessiné au trait sur la pierre blanche qui le recouvre et porte l'inscription suivante: Cy gist noble homme frère Jehan Lepelletier, commandeur du Mans, de l'Epine en Belin, du Guéliant, de L'Hôpitau et du Bercon, qui trépassa le .... 1459.
Au-dessus de ce tombeau est l'image de sainte Emérance, repeinte en 1812 par Colin, peintre de Beaumont. Celle peinture avant sa restauration portait la date de 1586.
La porte de la chapelle est plein-cintre surmontée d'une jolie volute.
Ancien Château.

Commanderie de Gueliant — Sources: Cercle Robert de Sablé
Le corps de logis est long de 26 mètres et percé de fenêtres autrefois divisées en croix ou à meneaux en pierre, mêmes fenêtres par derrière mais la plupart murées. Au rez-de-chaussée près la chapelle on voit une porte ogivale. Au milieu de la façade, il y avait jadis une grande porte romane, remplacée aujourd'hui par une porte ordinaire, en retour d'un côté se trouve un pavillon de sept mètres carrés, à toit pointu; de l'autre se trouve la chapelle et un pavillon semblable au premier, tous les deux sont percés de meurtrières.
Dans la maison actuelle du fermier, faisant partie du château des anciens chevaliers, se trouve un poteau en bois merveilleusement sculpté. La colonne est couverte d'arabesques avec quatre boudins qui la carrent; au-dessus sont modelés des créneaux puis la corniche.
Ce poteau est placé au milieu de l'appartement et supporte une poutre.
Les chambres hautes sont complètement dégradées et n'offrait rien de remarquable que d'immenses cheminées sans ornements.
Le Temple
Dans les bâtiments servant actuellement à l'exploitation de cette importante métairie, il s'en trouve un portant le nom de Temple. C'est une assez vaste construction bâtie en parallélogramme, dont un des pignons est percé de trois fenêtres, deux et une supérieure. Au milieu des deux inférieures, un peu au-dessous, se trouve un pilier carré, légèrement encastré dans la muraille, surmonté d'un curieux chapiteau bien qu'à moitié effacé.
On se perd en conjectures sur l'usage de ce pilastre.
Les deux côtières sont également percées de fenêtres, toutes sont romanes et sont pareilles. Du milieu de la muraille elles vont en s'évasant de dedans en dehors de chaque côté; la muraille a 1 mètre 33 centimètres d'épaisseur; dans l'autre pignon se trouve une porte romane remontant comme les fenêtres à l'origine de la construction.
Quel était l'usage de ce bâtiment ? Son nom, le Temple, l'indique suffisamment.
Cours et bâtiments sont limités d'un côté par la rivière de la Sarthe, deux autres étaient entourés de douves et le quatrième était défendu par une muraille percée d'une porte flanquée de deux pavillons carrés percés de meurtrières et à laquelle on accédait par un pont-levis.
Douves, murailles et pont-levis ont disparu.
Le 18 juin 1793 la commanderie du Guéliant et ses annexes furent vendues révolutionnairement.
Sources: M. Leguicheux. Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe. IIe série, tome X. XVIIIe tome de la collection. 1865-1866. Le Mans 1867. Books numérique Google
Divers actes ou chartes
H 1877
Mathefeulon (Mathefélon), écuyer, seigneur d'Assé le Boaisne, au sujet d'un moulin que ce dernier faisait édifier sur la rivière de Sarthe, près du moulin du Pré appartenant à Grateil (1459). — Copie de l'acte qui précède (sans date, fin du XVIe ou commencement du XVIIe siècle). — Bail à ferme, par noble et puissant Jacques [Rou]ssart (?), chevalier, seigneur de Roches et de Prez, ayant pour procureur noble homme René de Berry, sieur des Loges, à Jean de Besches, fils de Pierre de Besches, du moulin de Grateil, du pré de L'Isle et autres dépendances, pour 90 boisseaux de blé de mouture, 12 livres 10 sols et un quarteron d'anguilles, le tout par an (1530). — Quittance, par Simon d'Aubigné, commandeur du Gué Elyant (Guéliant) et de Villegast, à Louis Potier, chevalier, comte de Tresmes, baron de Gesvres et de Fresnay, seigneur de la châtellenie d'Assé-le-Boisne, conseiller d'État, d'une somme de 150 livres due audit commandeur, pour l'acquêt au décret que le seigneur de Gesvres venait de faire des Grands-Moulins du Pré, sis en Assé, et dans la mouvance de la seigneurie de Grateil (1614)
H 1878 (liasse, 2 pièces parchemin).
1296-1451. — Fief de Grateil. — Vente, par Robert Le Sage et les époux Guillet Notier, d'Assé-le-Boisne, à Guillaume de Cous, pour 4 livres tournois, des deux parts d'une métairie que feu Jean Le Sage avait prise à rente des hauspitaus de Grastuil (Grateil), au fief de Roucelin dou Puissat, en la paroisse de Genes (Gesnele-Gandelin) (mois de « juingnet » 1296). — Vidimus dudit acte par la cour de Segré (3 mars 1451, n. s.).
H 1879 (liasse, 27 pièces parchemin; 2 pièces papier).
1451-1595. — Fief de Grateil. — Déclarations rendues: à Jean Babinot, commandeur de Grateil, par Jean Bellant, pour portion de terre à La Couture, en Fresnay (1651); — à Jean Le Peletier, commandeur du Guéliant, pour une pièce de terre appelée la Lande aux Moutons, à Moitron (1456); — à Jean Le Peletier, commandeur de Grateil, par Jean Le Bergier, pour portion de terre à La Couture (1461); — à ... (le nom a disparu), commandeur de Grateil, par Bertrand ... (le nom a disparu), pour héritage à Saint-Ouen-deMimbré (1495); — à Guillaume de Saint-Mars, commandeur de L'Espine-en-Belin, du Guéliant et de Grateil, pour portion de jardin à La Couture de Fresnay (1506); — au même, par Guillaume Massue, procureur d'Anne de Mathefélon, dame de Serrant et d'Assé-le-Boisne, pour le petit moulin du Pré, à Assé-le-Boisne (1509); — au même, par ladite Anne de Mathefélon, pour le même moulin (1513); — à Gaucher Coaigne, commandeur de L'Épine-en-Belin, du Guéliant et de Grateil, par Colin Boutier, pour une chènevière à la Couture de Fresnay (1528); — à Jacob Bodet, commandeur du Guéliant et de Grateil, par Pierre Le Bouc, pour portion de terre à La Noiraye, en Gesne (1559); — au même, par Jeanne Le Boulleur, veuve de Robert Poyvet, pour un jardin à Fresnay (1563); — à Roland du Quellenet, par Jean Daverton et Jean Blandin, mari de Jeanne Daverton, pour une maison à Fresnay (1566); — à Sydrac de Baillon, commandeur du Guéliant et de Grateil, par la veuve de Denis Behier, pour maison et jardins à Gesne (1581); — à Simon d'Aubigné, dit de Boismozé, commandeur du Guéliant et de Grateil, par Charles Dufour, pour biens à La Thébauderie (1595), etc.
H 1880 (liasse, 12 pièces parchemin).
1608-1683. — Fief de Grateil. — Déclarations rendues aux commandeurs du Guéliant et Grateil: Simon d'Aubigné, par François Picart, pour une maison sise à Fresnay, près la porte d'Alençon (1611); — Pierre de Lanoue, par Christophe Le Roy, Jean Launay et Christophe Poullain, pour portion de terre à Juillé (1620); — François de Neufchèze, par André Le Large, pour une maison à Fresnay (1650); — Guy de La Brunetière, par Jean Rousseau, pour une maison à Fresnay (1665); — au même, par Jacques Moreau, de Saint-Christophe du Jambet, pour maison au bourg de Saint-Ouen-de-Mimbré (1683), etc
H 1881 (registre in-4° , 22 feuillets papier).
1561. — Fief de Grateil. « Recepte de Gratail, pour noble et puissant seigneur, messire Jacob Bodet, chevalier, seigneur du Guelyant et Gratail... » — Y figurent: Thibault Chauvin, pour une maison sise en la ville de Fresnay, près l'église; — François Sevin et Vincent Chevalier, pour une maison en la même ville, près la Tête-Noire; — Raoul Bellenger, pour une maison en la même ville, près la porte d'Alençon; — Me Pierre Bellemotte, pour la Maison-Dieu de Fresnay et 2 journaux de terre au Haut-Rocher; — le sieur de Corbon, pour un journal et demi de terre appelé le champ de L'Escotay; — les hoirs Georges Guillet, pour une vigne appelée La Ragotière; — le prieur de Saint-Sauveur, pour une pièce de terre appelée Doucette, etc. — Tables alphabétiques des noms de personnes et d'héritages.
H 1882 (registre in-f° , 76 feuillets, papier (les 6 premiers feuillets manquent).
XVIIe siècle. — Fief de Grateil. — Terrier. — Y sont transcrites les déclarations: f° 9, v° , de Michel de Melland, écuyer, pour une maison à Fresnay, divers biens dépendant du lieu du Rocher, à Assé-le-Boisne, le pré des Gasseaux, à Douillet, et une maison à Thorentin, en Fresnay (1674); — f° 11, v° , de Julien Picart.
Sources : Suite
Commanderie de Grateil
L'ordre de St Jean de Jérusalem avait, à 4 kilomètres sud-sud-est du clocher, la commanderie de Grateil avec la chapelle de St Eutrope. Ce bénéfice devint une annexe de celui de Guéliant. Assé posséda une léproserie, dont la fabrique, de l'église paroissiale recueillit les biens. Vers 1775, madame d'Argouges fonda une maison de charité, y établit trois soeurs de St Vincent de Paule, auxquelles elle payait une pension. (M Jolitet ancien curé). L'élablissement n'éxiste plus.
Geoffroi le Sénéchal d'Assé-le-Boisne fut un des gentilshommes qui accompagnèrent Godefroy de Bouillon en la Terre Sainte.
La seigneurie était une châtellenie que la famille d'Argouges a possédée Autres fiefs Grateil etc.
Essai sur la statistique de l'arrondissement de Mamers. Le Mans 1829 Par Thomas Cauvin. (Livre numérique Google)
Courtoussaint
30. Le sieur de Montesson ayant acquis la terre de Courtoussaint, mouvante de la baronnie de Sillé, régie par la coutume du Maine, fut assigné à la requête du procureur fiscal de cette baronnie, à comparoir aux assises pour exhiber son contrat, faire la foi et hommage, et payer les droits.
Le sieur de Montesson comparut, représenta son contrat, qui fut registré sur le registre de la remembrante (a); et par sentence rendue du consentement du procureur fiscal, le 19 février 1712, le sieur de Montesson fut reçu en foi, mais il lui fut accordé un délai pour payer les droits seigneuriaux.
Quatre ans après cette sentence, madame la princesse de Conty, baronne de Sillé, exerça le retrait féodal de la terre de Courtoussaint, et se servit du ministère d'un huissier royal, qui, en vertu du committimus de la princesse, assigna aux requêtes de l'hôtel, où il intervint sentence le 9 juin 1716, qui la déboutoit de sa demande en retrait.
Sources: Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence actuelle, Volume 4, Par Jean Baptiste Denisart. Paris 1775.
Domus Hospitalis Espine-en-Belin
Département: Sarthe, Arrondissement: Le Mans, Canton: Ecommoy, Commune: Saint-Ouen-en-Belin - 72

Domus Hospitalis Espine-en-Belin
Le 28 avril 1724, haut et puissant seigneur mon « seigneur Joseph Marthel » est qualifié « commandeur du Guéliant », seigneur des fiefs, terres et seigneuries de Courtoussains « l'Espine-en-Belin, Vallon » et l'hospitau du Mans.
Sources: Archives départementales de la Sarthe, Armand Bellée, Victor Duchemin — 1927.
Autre aveu fait à messire Gaucher Covaigne, chevalier de l'Ordre de Malte, commandeur de L'Épine-en-Belin, Le Guéliant, Grateil, Verron, et de la commanderie et hospitalerie du Mans, à raison du lieu de Monchatin (1543)
Annexes de la commanderie
Nous établissons ici les annexes, hospices ou hôpitaux de la commanderie du Guéliant, anciennement hôpital du Temple:
Hôpitaux de la commanderie du Guéliant, 500 livres.
Le moulin de L'Hôpitau, 200 livres.
La chevalerie en Montsort (Yvré-lEvêque).
Sainte-Catherine en Rouessé-Foutaine, 210 livres.
Grateil en Assé-le-Boisne, 500 livres.
L'hôpitau ou hôpital de Bercon, en Crissé.
Saint-Jean, à Beaumont-le-Vicomte.
Saint-Michel, à Ballon.
L'Epine, en Saint-Ouen-en-Belin.
Courtoussaint, en Luceau.
Le Breil, à Entrammes.
Partie du fief de Bourg-le-Roy.
Partie du fief de la paroisse de Fay.
Le tout estimé 3100 livres.
Sources: Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Sarthe: Archives ecclésiastiques: série G. 1927
Guerande (44)
Domus Hospitalis GuérandeDépartement: Loire-Atlantique, Arrondissement: Saint-Nazaire, Canton: Guérande - 44

Domus Hospitalis Guérande
Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem avaient encore, non loin de Faugaret, un autre établissement très ancien cétait à Guérande ce que la charte de 1160 appelle « Domus de Guenrann. » Telle est lorigine de lHôpital Saint-Jean de Guérande, fondé non pas par les Templiers, comme quelquun la écrit par erreur, mais par les Hospitaliers. Cette maison, située dans lenceinte des murs de Guérande, rue de lHôpital, tomba vers le XVIe siècle à la charge de la municipalité de cette ville, qui en fit son Hôtel-Dieu.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
Guerche (La) (35)
Domus Hospitalis la GuercheDépartement: Ille-et-Vilaine, Arrondissement: Rennes, Canton: Guerche-de-Bretagne — 35

Domus Hospitalis la Guerche
Aux siècles derniers, la commanderie du Temple de la Guerche se composait donc, en résumé, de neuf membres ayant appartenu aux Templiers: la Guerche, Vitré, Venèfles, la Violette, Rennes, la Nouée, Créhac, la Caillibotière et Romillé, et de deux autres membres dépendant dès lorigine des Hospitaliers: Dol et Plumaugat.
Toutefois, ces membres ayant été formés après lunion des Temples aux Hôpitaux, renfermaient de part et dautre quelques éléments hétérogènes; ainsi dans le Temple de Romillé se trouvaient les Hôpitaux de Talensac et de Monterfil, dans lHôpital de Dol étaient les Temples de Vildé-Bidon et de Lanhélin, dans lHôpital de Plumaugat Sélevait le Temple de Lanrelas, etc.
La commanderie du Temple de la Guerche ainsi constituée, sétendait dans 102 paroisses, dont 42 appartenaient au diocèse de Saint-Malo, 34 celui de Rennes, 13 à celui de Saint-Brieuc, 12 à celui de Dol et une seule à celui de Nantes. Elle comprenait trois églises paroissiales, huit chapelles et deux manoirs.
Mais tous ces biens étaient tellement éparpillés quils ne produisaient point de gros revenus. Le 10 juin 1427 le commandeur, Nicolas Poitevin, afferma toute sa commanderie des Temples de la Guerche et la Nouée moyennant « deux cents écus dor à la couronne » payables chaque année.

Le Temple de la Guerche — Sources: Jack Bocar
Ses successeurs naffermèrent les mêmes biens que 2400 livres en 1708 et 2.750 livres en 1741. Néanmoins, quand vint la Révolution, le revenu de la commanderie atteignait environ 10.000 livres suivant M. Paul de la Bigne Villeneuve.
Le commandeur du Temple de la Guerche tenait tous ses biens directement du duc de Bretagne, puis du roi de France, à simple devoir de « prières et oraisons. » Ces biens relevaient en grande partie des cours de Rennes et de Ploërmel, et pour quelques portions de la cour de Goëllo.
Au siècle dernier, le commandeur du Temple de la Guerche nexerçait plus quune moyenne et basse justice dans les fiefs lui appartenant. Mais à cause du grand nombre et surtout de la dispersion de ces fiefs, il était obligé dentretenir plusieurs tribunaux: Cest ainsi quil avait des officiers rendant la justice en son nom à la Guerche, à Rennes, à Vitré, à Châteaugiron, à Montfort, à Dol, à Hédé, à Romillé, à Yvignac, à Plédran, à Plurien et à Plumaugat. Plusieurs de ces juridictions, telles que celles du Temple de la Guerche et du Temple de la Nouée, avaient été, à lorigine, exercées en haute justice. La preuve en demeurait au XVIIIe siècle, dans lemplacement des fourches patibulaires quon montrait encore près de ces Temples et dont la tradition locale conservait toujours le souvenir.
En 1708, Henri de Béchillon, commandeur du Temple de la Guerche, demanda, suivant lusage pratiqué dans lOrdre de Malte, la visite de sa commanderie et le procès-verbal des « améliorissements » quil y avait faits. Sa requête fut écoutée et les chevaliers frère Charles de Cherbonneau, commandeur de Théval et frère Louis de Brilhac furent chargés par le grand prieur dAquitaine deffectuer la visite sollicitée. Après avoir prêté serment sur la croix de leur Ordre, ils arrivèrent au Temple de la Guerche le 22 novembre 1708 et y furent reçus par le commandeur. Ils commencèrent immédiatement leur visite, dont Louis Renier, notaire de la baronnie de la Guerche, dressa procès-verbal. De leur enquête, nous détacherons seulement ce qui concerne le manoir du Temple de la Guerche.
« Et pour commencer au fait de notre commission, ledit sieur commandeur nous a conduits au bas dune cour joignant, du bout occidental, le chemin qui conduit au lieu du Portail, où nous avons vu un grand portail de pierre, la grande porte duquel est de bois, faite à deux battants, dans lequel portail est aussi une autre petite porte à main droite, et nous avons vu que le chapeau de pierre dudit portail a esté raccommodé, etc. »
« Et ensuite nous a ledit sieur commandeur conduits à la chapelle de ladite commanderie, dans laquelle avons entré par une grande porte à deux battants, et y avons trouvé messire David Roujoux, prestre et chanoine de léglise collégiale de Nostre-Dame de la Guerche, desservant à présent ladite chapelle, auquel, après avoir pris de leau béniste et dis nos prières, avons demandé à quel saint ou sainte est dédiée ladite chapelle; il nous a dit quelle est dédiée à sainte-Anne et quil ne sait et na connoissance quil y ait de messes obligatoires autres que trois par semaine, sans distinction de jours, fondées par un chanoine du Chapitre de la Guerche, pour assurance desquelles messes il a affecté et hypothéqué une closerie nommée la Grange-Laceron, valant environ 130 livres de rente, et nous a dit que lesdites messes se disent fort régulièrement. »

Le Temple de la Guerche — Sources: Jack Bocar
Cette fondation fut faite au XVe siècle par Jean Reveleau, chanoine de la Guerche. Les barons de la Guerche refusèrent dabord de lautoriser; Catherine dAlençon, dame de la Guerche, y consentit toutefois le 12 mai 1504, à la prière du chapelain Antoine des Echelles, successeur dans ce petit bénéfice de Louis Reveleau, neveu du fondateur. Mais la baronne de la Guerche posa les conditions suivantes, auxquelles le chapelain dut souscrire: dire chaque année en la chapelle du Temple, à la fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste, une messe pour les sires de la Guerche et y offrir ce jour-là un cierge; de plus, à chaque mutation de chapelain, dire dans léglise collégiale de la Guerche une messe à la fête de la Visitation de Notre-Dame, et y offrir aussi ce même jour un cierge de deux livres.
La présentation de cette chapellenie, dite de la Grange-Laceron, appartenait au commandeur de la Guerche, et le Chapitre de Notre-Dame de la Guerche en avait la collation. Le commandeur présentait presque toujours un des chanoines de la collégiale pour desservir cette fondation.
Au reste, il ny avait ordinairement que de bons rapports entre la commanderie et la collégiale de la Guerche; ainsi en 1440, le commandeur Guy de Domaigné avait fondé, comme nous allons le voir, deux processions des chanoines de Notre-dame à la chapelle du Temple.
Reprenons notre procès-verbal: « Après quoy, avons demandé audit sieur Roujoux quil nous fit voir les ornements de ladite chapelle, et nous a fait voir un calice dargent avec sa patène aussi dargent, un calice et un crucifix détain, des chasubles, nappes, etc. »
« Avons pareillement vu que dans le tableau de ladite chapelle sont les figures de lEnfant-Jésus; la sainte Vierge, sainte Anne, saint Joachim et saint Joseph; au bas duquel tableau sont les armes dun commandeur, lequel tableau a esté fait en lan 1667, ainsi quil est escrit au bas dicelui. »
« Avons aussi vu proche lautel, du costé de lévangile, un ancien tombeau de pierre qui marque quil a été inhumé un commandeur dans ladite chapelle « Ce tombeau existe encore, mais depuis la destruction de la chapelle du Temple il est transféré dans le parc quont créé les propriétaires actuels. Il se compose dune belle pierre de granit élevée de terre et posée sur des pieds droits; au haut de la tombe sont deux écussons; lun de gueules à la croix dargent qui est lancien blason de lOrdre de Saint-Jean de Jérusalem; lautre: dargent fretté de gueules, qui est de Domaigné. Autour de la dalle est écrit ce qui suit, en caractères gothiques: Cy gist frère Guy de Domaigné, humble hospitalier et serf des paouvres, qui trespassa en 1452. Priez Dieu que en Paradis soit son asme. Amen. » Des armoiries plus modernes de lOrdre sont: de gueules à croix pattée dargent à huit branches, dite croix de Malte.
On trouve aussi dans ce parc un autre tombeau moins ancien, provenant également de la chapelle; il na point dinscription et porte seulement une croix, un calice et un livre. On dit que cest la tombe du commandeur frère André de Montecler, décédé à son manoir du Temple de la Guerche et inhumé dans sa chapelle le 21 septembre 1725; mais nous croyons plutôt y voir la pierre tombale dun simple prêtre, peut-être dun chapelain du Temple.
Rentrons dans cette chapelle de la commanderie: « Et au bout dudit tombeau (de Guy de Domaigné), avons remarqué un banc de bois où se met ledit sieur commandeur pour entendre la sainte messe, comme aussi avons vu dans ladite chapelle trois autres bancs servant à asseoir le peuple; comme aussi avons vu une chaire pour prescher, un bénistier de pierre, et dans le clocher une cloche de moyenne grosseur bien sonnante. Avons pareillement remarqué que la chapelle a esté blanchie nouvellement et que le vitrail a esté raccommodé en plusieurs endroits de vitres neuves; dans lequel vitrail avons vu les armes du Roy et de la province de Bretagne, et dans le mur au dedans de ladite chapelle avons aussi vu les armes de la Religion et celles dun commandeur (celle de Guy Domaigné). Et avons aussi vu que la charpente qui soutient le clocher a esté raccommodée tout à neuf en plusieurs endroits »
« Et nous a ledit sieur commandeur déclaré que ladite chapelle est a sa présentation, comme commandeur, et quil y a deux obits fondés par frère Guy de Domaigné, en son vivant commandeur de ladite commanderie en lan 1440; la fondation desquels obits oblige Messieurs les chanoines du Chapitre de la Guerche à venir en ladite chapelle, processionnellement, les jours de Sainte-Anne et de la Décollation de saint Jean-Baptiste; que lesdits sieurs chanoines avaient cessé dacquitter ladite fondation et que, par arrest de la Cour, feu monsieur le commandeur de Menou les fit condamner à continuer ladite fondation, laquelle sacquitte régulièrement à présent. »
« Après quoy, avons fait toiser ladite chapelle, laquelle contient de long 45 pieds et à 17 pieds de large; et sortis de ladite chapelle par une porte au costé oriental, avons remarqué une croix de pierre plantée sur un pilastre estant sur un escalier de pierre à trois marches. »
Nous venons de dire quil ne restait plus rien de cette chapelle du Temple. Le manoir de la commanderie a été plus heureux, il demeure debout a peu prés tel quen 1708, sauf la partie joignant la chapelle.
On y arrive aujourdhui en traversant deux groupes de maisons, appelés lun la Rue du Temple, et lautre le Portail. La Rue du Temple, située à un petit kilomètre de la Guerche, devait dépendre originairement de la commanderie; le Portail, qui touche celle-ci, tire son nom de cette antique porte dentrée dont nous venons de lire la description. Une fois ce portail franchi, on se trouvait jadis dans une première cour de service ou basse cour, doù lon entrait dans la cour principale, fermée par la chapelle et le manoir du commandeur; ce dernier édifice, en forme déquerre, formait naturellement deux côtés du carré de la cour; la chapelle composait au midi un troisième côté qui nexiste plus, et les écuries complétaient avec le portail la cour du manoir vers lorient.

Le Temple de la Guerche — Sources: Jack Bocar
Maintenant que nous connaissons lensemble du bâtiment, entrons parla vieille porte ogivale à la suite des Chevaliers « Après quoy nous a ledit commandeur conduits au manoir et maison principale de ladite commanderie, où nous avons entré par un portail, la porte duquel avons vu estre faite de bois de chesne tout à neuf... et avons ensuite entré dans la salle du manoir. »
Les Chevaliers ne décrivirent pas cette salle, et ils eurent tort, car elle renferme encore maintenant une belle cheminée à colonnes, sur le manteau de laquelle est sculpté lécusson de Guy de Domaigné: dargent fretté de gueules.
« Et ensuite avons entré dans loffice, deux celliers, la cuisine... et sommes montés dans une chambre estant sur la salle principale, par un escalier de pierre reparé à neuf; dans laquelle chambre il y a une cheminée, le manteau de laquelle est fait dune pierre sur laquelle nous avons vu les armes dun commandeur. »
Cette cheminée existe toujours dans la chambre en question; elle est blasonnée de trois écussons: au centre, celui de Guy de Domaigné: dargent fretté de gueules; de chaque côté, les armoiries de la Religion: de gueules à la croix dargent.
De cette chambre, qui devait être la chambre dhonneur du manoir, une porte conduisait anciennement, semble-t-il, dans une tribune élevée au bas de la chapelle. Mais, en 1708; cette porte ne communiquait plus quavec « un pigeonnier composant le chapiteau de lentrée de ladite chapelle. »
« Revenant sur leurs pas, les Chevaliers visitèrent ensuite le corps du logis formant angle droit avec le précédent. Ce bâtiment subsiste, avec sa galerie extérieure qui donne entrée dans plusieurs chambres dont les cheminées à colonnes ont malheureusement, perdu leurs manteaux; le commandeur occupait le dernier de ces appartements. »
« Nous sommes allés dans une autre chambre estant au bout de ladite galerie dans laquelle couche le sieur commandeur, et y avons vu une armoire toute neuve dans laquelle sont les titres de la commanderie. Et de ladite galerie sommes montés par un escalier de bois dans une petite tourelle conduisant dans les greniers qui sont tous en bon estat. »
Redescendus dans les cours, les Chevaliers visitèrent les écuries, puis se rendirent à la métairie, dont ils parcoururent les bâtiments.
« Ensuite ledit sieur commandeur nous a conduits dans le jardin de retenue de ladite commanderie, où nous avons entré par un pont de bois, lequel jardin est entouré de douves, et avons remarqué quil y a un réservoir aux costés occidental et méridional... De la nous a conduits au bout de la première cour du costé oriental, où nous avons vu un petit bois de haute fustaie dans lequel il y a des chesnes, etc. Après quoy nous a conduits au moulin à vent dépendant de ladite commanderie, distant denviron demy quart de lieue dicelle, qui est en bon estat »
Tel était le manoir du Temple de la Guerche avant la Révolution. Confisqué à cette époque néfaste, il fut vendu comme bien national 31.200 livres, le 2 vendémiaire an III.
De nos jours, le Temple est devenu une jolie propriété moderne: on y a bâti une nouvelle habitation de maître, lantique logis a été converti en maison de ferme, la chapelle a disparu, et un fort beau parc où se trouvent de magnifiques étables, car le propriétaire est un agronome distingué. Ce qui a complètement changé la physionomie du lieu.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
Guerno (Le) (56)
Domus Hospitalis Le GuernoDépartement: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Muzillac, Commune: Noyal-Muzillac — 56

Domus Hospitalis Le Guerno
Dans la paroisse de Noyal-Muzillac, au diocèse de Vannes, les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem eurent de bonne heure une aumônerie mentionnée dans la charte de 1180 sous le nom de « Eleemosina de Guernou. » Après la suppression de lOrdre du Temple, laumônerie du Guerno fut annexée au Temple de Carentoir et prit elle-même par extension le nom de Temple du Guerno.
En 1570 existait une « petite chapelle fort ancienne et caduque qui se nommoit la chapelle du Temple du Guerno, quelle chapelle et appartenance dicelle appartenoient au commandeur de Carentoir auquel appartenoit la seigneurie des terres et maisons adjacentes; les habitants desquelles terres et maisons payoient rentes annuelles audit commandeur selon le rolle ancien fait de temps immémorial ; et ledit commandeur, à cause de son Temple du Guerno, avoit fief et juridiction, laquelle se tonoit le lendemain de la feste sainte-Anne par les officiers dudit commandeur. »
Mais à cette époque, les « oblations que les gens de bien faisoient en ladite chapelle » permirent de la reconstruire â peu prés tout entière, sauf une partie où se retrouve encore une porte de style roman; le nouvel édifice fut achevé en 1580; date qui apparaît gravée sur les sablières de la nef.
Le commandeur du Temple de Carentoir
Domus Hospitalis Carentoir jouissait au Guerno en 1574 « de la tierce partie des aumônes et oblations de ladite chapelle, au joignant de laquelle il y a une tenue dhéritages, contenant 23 journaux (Déclaration du Temple de Carentoir). » Un autre aveu de 1664 ajoute que dans cette église « se font toutes fonctions parochiales, y ayant croix, bannière, fonts baptismaux et enterrage »; que le commandeur de Carentoir y est seigneur spirituel et temporel, quil prend un tiers des oblations, en laissant un autre tiers pour le service divin et le dernier tiers pour les réparations de lédifice; quautour de la chapelle il y a plusieurs tenues sur lesquelles il y a rente féodale, droits seigneuriaux, dîme à la onzième gerbe et justice haute, moyenne et basse, sexerçant sous le chapitral de ladite église.Le Guerno a été érigé en trève dassez bonne heure ; on possède encore un registre de baptêmes commencé en 1608.. A la fin de ce registre on lit cet avis facétieux:
« Si quis librum par adventure. — Invenerit en son chemin. — Reddat mihi la couverture. — Quae facta est dé parchemin. »
Voici la description de léglise du Guerno en 1643, faite par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem eux-mêmes: « Dans la paroisse de Noyal-Muzillac il y a un autre temple fondé de Monsieur Saint Jean-Baptiste notre patron, vulgairement appelé Saint-Jean-du-Guerno, en lequel il y a sept autels, quatre portes et nombre de fenestres bien vitrées en la principale desquelles, à droite du grand autel, sont les armes de notre Ordre et au costé et en mesme hauteur dicelles est lescusgon des ducs de Bretagne nos bienfaiteurs, et est aussy le banc des commandeurs en lieu prééminant. »
« Et au bas de ladite église du Temple y a une tour forte, bastie en pierres de taille, fermée de deux fortes portes, lune de bois et laultre de fer avec quatre serrures; en laquelle tour il y a une petite croix dargent doré longue dune palme, enrichie daméthistes, dans laquelle il y a du bois de la Vraye-Croix. Plus dans ladite tour sont tous les ornements. qui sont cinq calices dargent dont lun est doré, une grande croix dargent que lon porte aux processions et nombre de beaux ornements tant de soye que autres estoffes, enrichis de broderies tant dor, dargent que de soye, le tout bien soigneusement gardé par les frairiens, lesquels ornements ont esté donnés des aumosnes et oblations qui tombent audit Temple (Etat de la commanderie du Temple de Carentoir). »

Chapelle Le Guerno — Sources Jack Bocar
Comme lon voit, cette tour du Guerno avait été construite et fortifiée pour recevoir le trésor de léglise et surtout cette précieuse Vraie-Croix apportée probablement de Terre-Sainte par les Chevaliers Hospitaliers. Cette relique attirait au Guerno une grande affluence de pèlerins: « des religieux de Vannes, de Rennes et dautres villes y venaient prêcher le Carême; le Vendredi-Saint la foule était si grande que léglise ne pouvait la contenir; alors on prêchait la Passion dans la chaire du cimetière. »
Cette chaire extérieure — qui nest pas une des moindres curiosités du Guerno — est en pierre et terminée inférieurement en nid dhirondelle; elle fait saillie sur la façade méridionale de léglise; le prédicateur y entrait de lintérieur du temple par une porte aujourdhui maçonnée.
Reprenons la description du Temple du Guerno, au temps du commandeur Gilles du Buisson, en 1643: « Est à noter que depuis quelques temps le recteur de Noyal-Muzillac sest ingéré de troubler le commandeur, tant sur les droits de patronage que sur les oblations, et y ayant eu sentence à Vannes en faveur dudit recteur, ledit commandeur fut appelant au parlement de Rennes et le 3 mai 1642 prit fin le procès et fut accordé ce qui suit: le commandeur, reconnu supérieur audit lieu du Guerno et maintenu en ses droits de patronage et prééminence en ladite chapelle, reconnaît ledit recteur (de Noyal-Muzillac) recteur du Temple et lui laisse le tiers des oblations à la charge dentretenir le service divin dû audit Temple et chapelle du Guerno; lautre tiers est pris par les frairiens pour entretenir les réparations et le dernier tiers par le commandeur. »
« Audit lieu du Temple du Guerno il y a charge dasmes et pour ce sur la grant et principal autel de ladite chapelle il y a un tabernacle auquel repose le précieux corps de Nostre-Seigneur, en bon et deub estat, et fonts baptismaux, croix et bannières. »
« Et sont pareillement sur icelluy autel et aultres les images de plusieurs saints, le tout bien deubment orné et entretenu, ladite chapelle bien blanchie et couverte dardoizes avec un campanier sur le mitan où sont deux cloches. »
« Au devant et sur la grande porte est un chapitral aussy basty de pierres de taille, où sexerce la juridiction quand besoing y est et sans estré à présent empeschée par aucun. »
« Oultre au costé de ladite église vers Midy est le cimetière clos de murailles avec une croix de pierre au milieu sur un grand perron de douze degrés, ladite pierre ou calvaire longue denviron vingt pieds. »
« Plus, ès environs de ladite église est la bourgade presque toute tenus dudit lieu et nombre dhéritages qui y doibvent des rentes que ledit commandeur a bien fait recognoistre et sen est fait rendre nombre de nouveaux adveux, oultre la dîme à la onziesme gerbe. »
La déclaration de la commanderie de Carentoir en 1667 signale: « la chapelle du Guerno en laquelle se font toutes les fonctions curiales pour la commodité des frairiens. »
Un état de la même commanderie au commencement du XVIIIe siècle ajoute ceci: « Le Guerno, trêve de la paroisse de Noyal-Muzillac, consiste en un fief affermé 15 livres et une rente de 18 livres, payable par la fabrice de ladite tréve et quon croit estre pour le tiers des oblations de ladite chapelle tréviale, où il y a un banc armorié des armes du commandeur du costé de lEvangile, touchant au balustre, avec les armes dudit commandeur en la vitre principale; on lui donne (audit commandeur) les prières nominales. Léglise est bien entretenue à lexception de la tour où est une relique de la Vraie-Croix, dont la voulte prend leau par dessus. »
Enfin la déclaration de Carentoir en 1755, signale les dames recueillies dans la trêve du Guerno et unies à cette époque à lHôpital de Malansac.
Actuellement, lantique église tréviale Saint-Jean du Guerno est devenue paroissiale et dédiée à sainte Anne, dont le culte y est fort ancien, concurremment avec celui de saint Jean-Baptiste. Cest une construction originale, en forme de croix latine. avec un choeur en hémicycle.
« A laisselle du bras Nord, se trouve une sorte dé tour basse et carrée couverte en ardoises. Du même côté, vers lOuest, est une autre tour en belles pierres de taille de forme cylindrique, amortie en pierre et présentant laspect dune poivrière. »
Cest la tour forte qui renfermait jadis le trésor de léglise. La principale pièce de ce trésor subsiste encore, objet, comme au moyen-âge, de la vénération des fidèles; mais placée aujourdhui dans un tabernacle du transept septentrional.
« Cest une croix en argent doré, haute de 20 centimètres environ, chargée de dessins gravés, figures et fleurons; elle porte cinq pierres précieuses et, son centre renferme une parcelle de la Vraie Croix. Ses extrémités sont terminées par une sorte de trilobe allongé, mais le pied est moderne. Cette croix est appelée dans le pays la petite soeur de la Vraie-Croix de Sulniac. »
Il faut encore remarquer dans léglise du Guerno les anciennes verrières du choeur, représentant diverses scènes de la vie et de la passion de Notre-Seigneur, avec les écussons de lOrdre de Malte, des ducs de Bretagne et de plusieurs seigneurs du voisinage, tels que les sires de Rochefort, de Rieux et de Carné.
La chaire extérieure apparaît toujours au sud de léglise ainsi que le beau calvaire de granit signalé en 1643 et formé dune colonne cannelée denviron cinq mètres de hauteur, avec un riche chapiteau orné de volutes que surmonte le Christ en croix. Mais lancien « chapitrel » — auditoire du sénéchal rendant la justice au nom du commandeur — ne se retrouve plus; cétait en réalité un porche précédant le portail occidental de léglise et sous lequel passait la voie publique; il a été renversé de nos jours.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) — Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne — Nantes — Librairie Ancienne et Moderne L. Durange — 1902
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