Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Plateau de Millevaches - 19
Domus Hospitalis Bellechassagne
Léglise, les bâtiments des métairies et les moulins furent détruits en même temps que la forteresse ; on ruina même les forêts de haute futaie. Voici dailleurs dans quels termes sexpriment les visiteurs de 1617. « Après avoir visité ladite commanderie et chambre prieuralle de Bellechassagne, lavons trouvée sans avoir aulcune maison, bastimentz, granges, establés ny moingtz de greniers, molins, fours, le tout ruyné et demolly jusques aux fondementz, tant au chef que en tous ses membres, tous les estangs rompus et en pascages, tous les domaines et héritages hebbergés et emphiteosés par le feu sieur grand prieur de Montmorillon, la plupart des dixmes et rentes usurpées, et la grand forest et bois dhaulte fustaye de Belleehassagne presquentièrement deppopullée et les bois taillis tous rompus, couppés et usurpés journellement par tous les voisins à qui en veult, le tout au pillage, [comme en] pays de conqueste, et la plus grand part des églises toutes ruynées et descouvertes, sans ornementz. »
Bellechassagne était la seconde chambre prieurale de la langue dAuvergne. Anne de Naberat, commandeur dAyen, prieur de Saint-Jean dAix et aumônier ordinaire du roi, et Jean de Marlat, commandeur de Lormeteaux, le visitèrent au mois de juillet 1617.
Ils constatèrent que léglise mesurait quatorze cannes sur trois et demie, cest-à-dire quatre-vingt-dix pieds sur vingt-deux. Sa voûte avait été complètement détruite et on lavait pourvue provisoirement dune méchante toiture de chaume, laissant filtrer la pluie de tous les côtés, ce qui lui donnait laspect dune vaste grange. Lillusion pouvait être complète, car les fenêtres, privées de leurs vitres, avaient été fermées avec des fagots de paille.
Les visiteurs ordonnèrent quelques réparations, et pour donner satisfaction aux habitants, prescrivirent « de baisser les murailhes de ladite eglise parrochiale le plus bas que faire se pourra, pour empescher quil ne sy puisse faire de forteresse, comme quelques voisins sy préparaient sy la guerre heust continué et pareillement de combler les fossés estant autour dicelle et du chasteau. »
La paroisse était desservie par un prêtre, qui était en même temps curé de Courtex et qui retirait annuellement du premier bénéfice dix setiers de seigle et dix livres.
Le curé de Sornac, en vertu dun contrat du 31 janvier 1401 (1), était tenu de fournir léglise de Bellechassagne deau baptismale et de saint chrême.
Jai dit que les bâtiments des métairies et les moulins avaient été ruinés en même temps que le château. Les moulins étaient au nombre de deux ; ils avaient été établis au-dessous détangs dont les chaussées ouvertes ne gardaient plus deau. Les habitants de Bellechassagne demandaient le rétablissement dun de ces moulins et du four banal, qui avait été démoli.
1. Archives du Rhône, fonds de Malte, H. 2152.
Ils réclamaient contre les fermiers des commandeurs, qui négligeaient, disaient-ils, de recevoir les redevances au moment où elles étaient exigibles, ce qui exposait les tenanciers à des pertes, car le pays nétait pas sûr et lon narrivait pas à se garder facilement contre les voleurs et surtout contre les gens de guerre.
Ils se plaignaient encore des officiers de justice, qui, au lieu de venir tenir leurs assises dans le village une ou deux fois par mois, conformément à lusage ancien, les forçaient daller plaider à Ussel.
La même réclamation fut formulée par les habitants des différents membres dont il sera parlé plus loin.
Outre les étangs des moulins, lordre de Malte possédait à Bellechassagne un troisième étang, appelé létang de Villers, un pré de quinze journaux et une vaste forêt de haute futaie, voisine du village de Seringoux (ou Seringour), où les habitants dUssel commettaient de nombreux dégâts.
Il serait trop long de donner le détail des rentes, en nature ou en espèces, qui étaient attachées au membre de Bellechassagne. Ces rentes étaient réparties sur les paroisses de Bellechassagne, de Saint-Pardoux-le-Vieux, de Saint-Pardoux-le-Neuf, de Lignareix, de la Tourette, de Sornac, de Saint-Germain-la-Volps, dUssel et de Valiergues.
Voici une liste à peu près complète des villages sur lesquelles elles étaient levées : Bordas, Chabanas, Gasniadoux, « Chaslauraux, » le Chassaing, Chauvet, la Vergne, le Feix, Saint-Par-doux-le-Vieux, Voures, Daubech, le Mazet, la Veyssière, Peylerues, les Besses, la Doulange, la Gorse, la Serre, « Couchat, » Sornac, Recounergues, Rayssat, Florensergues et Louloubes, le Mas-Valpiat, « Fournolz, » Beyssac, « Belous, Entours ou Florenson, » les Valettes, « Mamestrol, las Fougièras, Lontrade, » Rebeyrolles et Larfeulhières, Clesse, la Bachellerie (Sornac), Seringour, Larfeuille, le Montel, « Pradinatz (Ussel), » Chevastelle, Poucheuch et Lier.
Le bourg de Bellechassagne devait vingt-cinq livres en espèces, quatre-vingt-quatre setiers de froment, trente-six setiers de seigle, soixante-dix setiers davoine, cent vingt-deux poules, vingt setiers de seigle pour la banalité du moulin, un droit de guet de trois deniers par feu, et un droit de vinade pour dix paires de bœufs.
Labbé de Meymac acquittait chaque année, le ]our de la Saint-Léger, une pension de dix livres, et le grenier de labbaye de Bonnefond était grevé dune redevance de cinq quartes de seigle. Plusieurs des villages qui viennent dêtre mentionnés, étaient frappés dun droit, appelé « droit de nopces. »
Parmi les biens donnés en emphytéose, figurent un jardin situé sur le fossé dUssel et des terres, appelées le Val-du-Temple, qui étaient tenues par les habitants de Pallier.
Domus Hospitalis Saint-Merd-de-Moinache
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Plateau de Millevaches, Commune: Saint-Merd-les-Oussines - 19
Domus Hospitalis Saint-Merd-les-Oussines
Celui-ci était curé primitif et collateur de son église, dimier général de la paroisse et seigneur foncier haut et bas justicier du Bourg et dune série de villages dont quelques-uns appartenaient aux paroisses de Bugeat et de Peyrelevade.
Léglise était placée sous le vocable de saint Médard ; elle mesurait douze cannes sur trois, était voûtée, possédait trois chapelles et quatre autels et en somme était assez bien tenue.
En 1617, le curé refusa de recevoir les visiteurs, « disant que cestoit son eglise et quil ne recognoissoit autres chefz et supérieur de ladite eglise que luy seul ; quelle nestoit point subjecte à visitte et que mesme le sieur evesque de Limoges navoit aulcun pouvoir ne auctorité de la visiter, et quil estait curé en chef de ladite eglise », et tint « mille autres discours inconsidérés. » Ce curé avait été effectivement pourvu par le pape sur la présentation dun gentilhomme du voisinage, nommé « Des Assis », ou plutôt des Oussines. Les visiteurs passèrent outre et firent citer ce curé rebelle, qui sappelait Pierre Drulhac, devant le chapitre provincial.
Les dîmes produisaient vingt-huit setiers de blé, mesure de Meymac, les trois faisant la charge, et le curé les partageait avec le seigneur collateur, qui les avait usurpées. Il jouissait, en outre, de divers immeubles.
La maison de la commanderie, située derrière léglise, était « toute ruynée jusques à ses fondements.., et y avoit longues années de ladite ruyne. »
Il y avait un moulin banal situé au-dessous du village de Saint-Merd, qui était tenu à titre demphytéose sous la rente annuelle de trois setiers de blé.
Le commandeur avait droit aux dîmes de Saint-Merd, et à celles des villages de Lissac, la Tindilières et les Rioux, compris dans la même paroisse. Il percevait celles des villages de Ceyzerat et de Bourroux, dans la paroisse de Peyrelevade, et une partie de celles de deux villages de Bugeat.
Il levait des rentes sur Saint-Merd, Ceyzerat, Bourroux, Marcy, Lacoste, Lissac, la Tindilières, le Rioux, les Oussines, Maisonniol et sur divers lieux de la paroisse de Bugeat. Les commandeurs de Bellechassagne avaient particulièrement négligé ce membre, ce qui avait amené lusurpation dune partie des biens et droits qui en dépendaient.
Le membre de Saint-Merd était chargé, envers labbé de Meymac, dune rente de trois setiers de seigle, de trois setiers davoine et de trois sols.
Eglise paroissiale Saint-Médard Le gisant de Saint-Merd-les-Oussines est une sculpture funéraire qui se trouve dans léglise de Saint-Merd-les-Oussines, en Corrèze ; cette tombe sculptée serait, selon les études qui lui ont été consacrées, celle de la sépulture dun dignitaire de lordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui daterait du 15ème siècle. Le gisant de Saint-Merd-les-Oussines est le seul gisant en granite de cette époque conservé en Limousin qui na pas été détruit à la Révolution. 14 gisants en granite sont connus.
Eglise paroissiale Saint-Médard
Domus Hospitalis Bugeat
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Plateau de Millevaches - 19
Domus Hospitalis Bugeat
Domus Hospitalis Chavanac
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Plateau de Millevaches - 19
Domus Hospitalis Chavanac
Cette église avait trois cannes de large sur six de long ; elle était complètement voûtée, mais dailleurs en assez mauvais état. Le clocher était tombé et les cloches sétaient brisées. On y voyait un reliquaire de cuivre émaillé qui renfermait, disaient les paroissiens, des reliques de saint Laurent.
Elle était desservie, en 1617, par Gilbert Chaveroche, religieux dobédience, qui senfuit « soudain » quil vit arriver les visiteurs. « Et après la visite, tous les paroissiens assemblés demandèrent justice et vengeance de mille exceds commis par ledit curé à lencontre deux, à cause de sorcelleries, meultres, violementz, adultaires, sacrilèges, batteries et mille autres miseres, desquelles en ont esté faict trois ou quatre paires dinformations par les officiers de la commanderie, envoyées avec ledit curé au chapitre provincial de lan 1610 (Voir le document coté VI). »
Le sieur Chaveroche avait nié et sétait tiré daffaire.
Les visiteurs de 1617 parurent disposés à le traiter selon ses mérites et déclarèrent quil était entaché de « vices cappitaulx qui meritoient la mort. » Ils firent sur place une nouvelle enquête et recueillirent les faits suivants : Les habitants reprochaient à ce pasteur peu commode de ne pas sacquitter de ses devoirs de curé. Il ne célébrait pas la messe les jours de fêtes et se livrait à « mille concussions et exactions illicites. »
Il vendait les sacrements ; pour les épousailles, il se faisait donner la pistole, « ou huit livres et son disner, qui est un vray sacrilege, les hahitans ayant soustenu ne luy debvoir que sept sols et son disner, de quoi il ne veult se contenter, ains les tyrannise. »
Antoine Dosidon, en présence de tous les paroissiens réunis dans léglise, accusa ledit Chaveroche davoir « suborné » sa femme, « et la tenir avec luy en toutes sortes de lubricités ; et outre ce, luy avoir osté et usurpé tous ses biens et lavoir réduit à laumosne, et quil estoit au desespoir si on ne luy rendoit jnstice, et quil la battu lui-mesme. »
Antoine Clanchon déclara que Chaveroche lui avait fait perdre une vache en prêtant un faux témoignage ; Léonard Larrey dit que, de concert avec Etienne Chazaud, fermier du membre de Chavanac, il lui avait « fait à croire quil avoit vendu ses biens et ceux de ses frères par devant notaire, et quil navait pas pu le poursuivre en justice à cause de sa pauvreté. »
Ce membre était aussi mal administré que ceux de Saint-Merd et de Bugeat. Le fermier prétendit que lordre ne possédait dans la paroisse quun moulin banal donné à titre demphytéose sous la rente annuelle de trois setiers de blé. En consultant les terriers, on découvrit que des rentes en argent et en nature étaient dues sur le bourg de Chavanac et sur les lieux de la Regaudie et de Brethenoux.
Les habitants réclamèrent lautorisation demployer, suivant lusage, la paille provenant des dîmes, à lentretien de la toiture de léglise.
Eglise paroissiale de la Nativité-de-Saint-Jean-Baptiste
Domus Hospitalis Thalamy
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Haute-Dordogne - 19
Domus Hospitalis Thalamy
Le commandeur percevait toutes les dîmes du bourg de Thalamy et des villages dImbargeix et de Crouzeix, et il en tirait soixante-douze setiers de seigle. A Thalamy, il existait un territoire franc, « compris entre les quatre croix, auquel lieu le sieur grand prieur ne prend aulcun dixme. »
Les officiers de Bellechassagne exerçaient la justice haute, moyenne et basse sur Thalamy et sur les villages dImbargeix, dIncros, de Chouzeix et Impradeix.
A la cure, dont les bâtiments étaient en ruine, étaient attachés un jardin de deux quartelées et un pré de huit journaux, appelé le pré de lHôpital. Le curé recevait, en outre, à titre ue gages, dix setiers de seigle et six livres.
Des rentes foncières, consistant en argent, froment, seigle, avoine, poules, vinades, droits de noces, etc., étaient levées sur le bourg de Thalamy et sur les villages dImbargeix, dImpradeix, de Nouallac, dIncros et de Crouzeix.
Domus Hospitalis Courteix
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Eygurande - 19
Domus Hospitalis Courteix
Léglise mesurait treize cannes sur trois et était flanquée dune chapelle. On y voyait un reliquaire de cuivre « rompu par les gens de guerre qui en avoient porté les relliques, » et le saint sacrement y était conservé dans une « boîte de fer blanc malpropre. »
Le curé recevait une pension de huit setiers de seigle, mesure de Courteix, et de trois quartes de froment, et il jouissait dun pré de trois journaux. Il faisait desservir la paroisse par un vicaire à qui il abandonnait, pour tous gages, les produits du pré ; il arrivait donc à retirer de son bénéfice, sans se donner la moindre peine, les huit setiers de seigle et les trois quartes de froment.
Le commandeur levait les dîmes de Courteix et de Couffy ; il possédait, à Courteix, un pré de six journaux, appelé le Novau; les habitants lui devaient les lods et ventes à raison de vingt deniers par livre, et une livre de cire pour chaque acquisition, et, en outre, le « droict de nopces, cest-à-dire quand aul-eun se marie, du pain, vin et chair. » Des rentes foncières et des devoirs féodaux étaient exigibles sur le bourg de Courteix et sur une trentaine de villages compris dans cette paroisse et dans celles de Gouffy, de Saint-Merd-la-Breuille, de Saint-Martial-le-Vieux, de Lamazière-Haute, de Saint-Pardoux-le-Vieux et dEygurande.
Eglise paroissiale Saint-Pierre-ès-Liens
Saint-Bazile, Bellefage et Meyssac
Département: Corrèze, Arrondissement: Brive-la-Gaillarde, Canton: Midi corrézien - 19
Domus Hospitalis Saint-Bazile
Les visiteurs de 1617 constatèrent que la voûte de cette église avait été « ruynée par les guerres passées. »
Le curé ou vicaire perpétuel chargé de la desservir, recevait une pension de quarante quartes de seigle et de deux bastes de vin ; il jouissait dune vigne et de quelques autres immeubles.
Le commandeur percevait la dîme des grains sur toute létendue de la paroisse ; il avait la justice haute, moyenne et basse et levait des rentes sur presque tous les villages qui sont aujourdhui compris dans les communes de Saint-Bazile et de Meyssac.
Bellefage, « Bellefach » ou « Belafach », noms sous lequel ce membre est parfois désigné, ne figure plus sur les cartes.
Domus Hospitalis Sérandon
Département: Corrèze, Arrondissement: Brive-la-Gaillarde, Canton: Midi corrézien - 19
Domus Hospitalis Sérandon
L'Hôpital de Soudeilles
Département: Corrèze, Arrondissement: Ussel, Canton: Plateau de Millevaches - 19
Domus Hospitalis Soudeilles
Le commandeur percevait les dîmes sur ces divers territoires et levait des rentes sur les villages de Champ-Soubre, de Monjanel, de Sous-Fraisse, des Sourdeillettes et de Rouffiac. Ce dernier appartenait à la paroisse de Davignac.
En résumé, la commanderie de Bellechassagne et ses membres rapportaient, en 1617, savoir :
Bellechassagne : 1,500 livres.
Saint-Merd, Bugeat et Chavanac : 1,200 livres.
Courteix : 800 livres.
Thalamy : 700 livres.
Saint-Bazile : 350 livres.
Sérandon : 150 livres.
LHôpital-de-Soudeilles : 751 livres.
Total : 4,775 livres.
Les charges sélevaient à : 1,097 livres.
Il restait donc au commandeur : 3,678 livres.
Sources : A. Vayssière. LOrdre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte en Limousin et dans lancien diocèse de Limoges. BNF
Membres de la commanderies de Bellechassagne ajoutés sous les Hospitaliers
Commanderie de BlaudeixDépartement: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Gouzon - 23
Domus Hospitalis Blaudeix
Léglise était placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste elle mesurait treize cannes sur trois et demie et était complètement voûtée. On y voyait une vieille croix « processionnelle en forme des Templiers ; ung reliquaire de cuivre sans reliques, si ce nest trois pierres pour mettre dans les yeux, deux blanches et une verte ; la couverture dun livre dEvangiles de cuivre doré, » et une statuette de saint Claude en albâtre. Le saint sacrement y était conservé dans une boite de cuivre « eslevée en hault et entourée dun pavillon de damas »
Le curé recevait, à titre de gages, dix-sept setiers de seigle et douze livres.
Les bâtiments de la commanderie, construits sur le plan monastique, enveloppaient une cour dont léglise délimitait lun des côtés. Ils comprenaient un grand corps de logis, une grosse tour ronde, des étables et autres dépendances. Derrière, étaient les logements occupés par les métayers, et, à quelque distance, sélevait un moulin qui était affermé soixante et un setier de seigle, mesure de Jarnage, les deux faisant la charge.
La métairie comprenait de nombreux immeubles situés autour du château. Le commandeur possédait, en outre, trois étangs, appelés les étangs de Claveroux, de la Fage et de Roullat, et cinq bois, dont deux étaient de haute futaie.
Il retirait des dîmes levées sur les paroisses de Blaudeix, de Ladapeyre, dAjain, do Domeyrot, de Clugnat et Jalesches, quatre cent quatre-vingts setiers de blé. Il prenait la dîme des agneaux « à raison de unze un », ainsi que celle des pourceaux ; « et les habitans des susdites parroisses et villages subjectz audit dixme, les doibvent amener en la cour dudit sieur commandeur le jour et feste sainct Michel et après que le redebvable aura prins le meilheur, ledit sieur commandeur doibt prendre ung des autres »
Il percevait encore des droits de lods et ventes sélevant à trois sols quatre deniers par livre et il lui était dû une livre de cire par contrat de vente.
Ajoutons que tous ses « subjetz redebvables » étaient tenus de moudre leurs grains au moulin de la Roche.
Il levait, de rentes féodales et foncières, sur une série de villages dont il serait trop long de donner ici la liste, vingt-trois livres huit sols, deux cent trente-quatre setiers davoine, seize setiers de froment, vingt-huit setiers de seigle, quatre cent soixante-huit poules, deux cent trente-quatre vinades et des « arbans pour moissonner et faucher autant comme il y a de feuz, une journée pour chasque feu »
« Item, deppand de ladite commanderie une forge bannere estant au village de Puyrougier, où tous les subjectz sont tenus aller aguiser leurs ferreures pour leur laborage »
Cette forge était affermée ; elle rapportait douze setiers de seigle.
« Et fault noter que tous les subjectz et redepvables de ladite commanderie sont subjectz à condition de mainmorte, desquels le sieur de Blodeix est heritier silz decedent sans hoirs descendans deux »
La commanderie de Blaudeix était frappée dune charge qui absorbait tout le produit de la métairie. Il sagissait dune « aumosne generalle qui se devait donner à tous les pauvres allans et venans, trois fois la sampmaine, lheure de midy, dès le premier mardi de may jusques au jour de Saint-Jehan-Baptiste....; et, pour faire ladicte aumosne, est besoing de soixante sestiers de bled »
Domus Hospitalis Rimondeix
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Gouzon - 23
Domus Hospitalis Rimondeix
Au village du « Puymolleras » était une chapelle « dédiée soubz le titre saincte Marie-Magdellaine. »
Cette chapelle, qui dépendait également de la commanderie, était un simple « oratoire de devotion, sans y avoir obligation daucune chose, sy nest dy cellebrer la messe le jour de saincte Magdellaine. »
En 1616, Blaudeix rapportait, toutes charges acquittées, dix-huit cent vingt-deux livres (1822 livres).
Commanderie de Carlat
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Canton de Vic-sur-Cère - 15
Domus Hospitalis Carlat
4. Dictionnaire historique et statistique du Cantal, tome III, page 12.
Son église paroissiale était placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste ; elle était desservie par une communauté de huit prêtres dont le chef était un vicaire perpétuel nommé par le commandeur.
Ce vicaire recevait une pension de douze setiers de froment, de douze setiers de seigle et de six livres.
Sa situation saméliora avec le temps.
En 1684, sa portion congrue avait été portée à soixante-dix setiers de seigle, et il percevait la dîme des agneaux, qui rapportait trente livres.
Dans le cimetière de Carlat, se voyait un petit édifice que les procès-verbaux de visite qualifient « doratoire de dévotion fait en pavillon, sur quatre piliers de pierre de taille. »
Le commandeur levait la dîme des grains et jouissait de rentes qui produisaient, en 1684, quarante setiers de froment, trois cents setiers de seigle, quarante poules, cinquante livres, etc.
Il est probable quil ne résidait pas au chef-lieu de sa commanderie, lordre ne possédant à Carlat aucun bâtiment.
Domus Hospitalis Coudert
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Sainte-Fortunade, Commune: Clergoux - 19
Domus Hospitalis Coudert
En 1684, la maison curiale était dans un misérable état ; elle était couverte en chaume et ne comprenait quune seule chambre « en partie pavée. »
Le curé recevait, à titre de portion congrue, trente setiers de seigle et cinquante livres en argent, ce qui portait son revenu à quatre-vingt-quinze livres, le seigle valant communément trente sols le setier (1684). Il avait, en outre, la jouissance dun petit jardin dune coupée.
Le commandeur levait, sur le village du Coudert, toute la dîme des grains, des agneaux et de la laine, et, de plus, des rentes produisant cinquante-cinq setiers de seigle, dix-huit setiers davoine, cinq livres dix sols, quatre poules et six douzaines dœufs.
Sur le village de Maillaroche, paroisse de Saint-Martial-de-Gimel, il percevait vingt-huit setiers de seigle, neuf setiers davoine, trois poules, cinquante œufs, et dix-huit sols.
Sur celui de Vedrenne, paroisse de Gumont, vingt-quatre setiers de seigle, dix setiers davoine, mesure de Laroche, vingt sols, une géline et cinquante œufs sur le bourg de Gumont, quatre setiers de seigle et trois sols quatre deniers sur le tènement de Courbiac, paroisse de Pandrignes, huit setiers de seigle, huit setiers davoine et dix-huit sols.
La portion congrue du curé de Coudert déduite, ce membre rapportait annuellement environ deux cents livres.
Dans cette somme étaient compris certains droits sur le village du Breuil, paroisse de Saint-Priest, qui étaient affermés vingt-cinq livres.
Domus Hospitalis Mascheix
Département: Corrèze: Arrondissement: Brive-la-Gaillarde, Canton: Midi corrézien, Commune: Chenailler-Mascheix - 19
Domus Hospitalis Mascheix
Cette église était desservie par un prêtre choisi dordinaire par le fermier, qui lui abandonnait, sur le village de Laumont, paroisse de Sérillac, des dîmes pouvant produire annuellement vingt setiers de seigle et quarante quartons davoine, mesure de Brive.
On y voyait un reliquaire de cuivre émaillé renfermant les reliques de saint Jean.
Les visiteurs de 1616 constatèrent que ses cloches avaient été emportées par des gens de guerre.
Le commandeur levait les rentes suivantes sur le village de la Malinie, un setier de froment, trente setiers de seigle, deux setiers davoine, mesure de Beaulieu, trente sols et quinze gélines.
Sur le village de la Farge, paroisse de Monceaux, huit setiers de seigle, cinq setiers davoine, mesure dArgentat, six gélines et huit sols.
Sur le village de Serut, paroisse de Lostanges, dix setiers de seigle, quatre setiers davoine, six gélines, et huit sols.
Enfin, sur le bourg de Lostanges, quatre gélines et trente sols.
Il possédait la justice haute, moyenne et basse sur tous ces villages.
En 1684, le membre de Mascheix était affermé deux cent vingt livres.
Domus Hospitalis Corrèze
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Naves, Commune: Orliac-de-Bar - 19
Domus Hospitalis Corrèze
Le fermier percevait le dixième des grains, des agneaux et de la laine sur les villages de Soularue, de Bouisse, de Soulier, de Lachâtre, de la Borie, du Claux, de Laprade, de Reignac, de Brousse, du Bech, de Puynède, de Niel et de Vernac.
Il lui était dû, sur le village de lHôpital, un setier de froment, cinq setiers de seigle, un setier davoine, deux poules, vingt-deux sols et des droits de lods et ventes. Sur le village de Corrèze, seize setiers de seigle, seize éminaux davoines, deux poules et dix sols en argent.
Domus Hospitalis Meyrignac-LEglise
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Naves, Commune: Corrèze - 19
Domus Hospitalis Meyrignac-LEglise
Domus Hospitalis Orliac
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Naves, Commune: Orliac-de-Bar - 19
Domus Hospitalis Orliac
Il percevait, sur le bourg dOrliac et sur le tènement du Buisson, quatre setiers de seigle, quinze ras davoine et vingt sols de rente, et sur le village du Mont, cinq setiers de froment, cinq setiers de seigle et deux sols.
En 1684, ce membre était affermé cent quatre livres.
Meyrignac et Orliac (aujourdhui Orliac-de-Bar) sont deux communes du canton de Corrèze.
Domus Hospitalis La Salvetat
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Maurs, Commune: Saint-Mamet-la-Salvetat - 15
Domus Hospitalis Salvetat
Son église était dédiée à saint Jean-Baptiste.
Lordre de Malte percevait dans ce lieu des cens et des rentes, et il y possédait, en particulier, un bois de cinq séterées, appelé la garenne du Commandeur, qui était situé entre les « quatre croix »
Domus Hospitalis Aurillac
Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Aurillac - 15
Domus Hospitalis Aurillac
Ces immeubles furent échangés contre des rentes, et les Jésuites y firent élever de nouveaux bâtiments.
Lordre possédait un autre jardin, situé hors du mur denceinte, et le commandeur de Carlat percevait une redevance de cinq setiers de seigle, de six setiers trois quartes de froment, de huit setiers davoine et de dix-huit sols sur le village de Caussac.
Domus Hospitalis Villedieu
Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Saint-Flour - 15
Domus Hospitalis Villedieu
La visite de 1616 nous apprend que les cens et les rentes nétaient plus exigés, parce que les commandeurs avaient négligé de faire renouveler les terriers et quant aux dîmes, elles étaient abandonnées au prêtre chargé de desservir léglise.
Cette annexe nest pas mentionnée dans les visites de la fin du XVIIe siècle ; il en faut conclure que lordre renonça aux droits quil pouvait avoir sur ce lieu ou quil les vendit.
LHôpital « Chal-Franchèse, » ou « Champ-Franchische »
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Naucelles, Commune: Saint-Cirgues-de-Malbert - 15
Domus Hospitalis Chal-Franchèse
Cest aujourdhui un hameau de la commune de Saint-Cirgues-de-Malbert.
Lordre de Malte y possédait une chapelle de dévotion placée sous linvocation de saint Jean, et où reposait le saint sacrement pour la commodité du commandeur, qui résidait ordinairement dans ce lieu.
Un château composé dune tour et dun corps de logis.
Une métairie et un moulin.
Des cens et rentes et des droits de juridiction.
Dans la chapelle, se voyaient plusieurs reliquaires, dont lun était en cuivre émaillé, fait « en forme de coffre. » Le chapelain chargé du service religieux recevait, en 1616, quinze setiers de seigle et soixante livres.
Des rentes féodales étaient assises sur les villages de lHôpital, du Batut, de Rofillanges, de la Varenne, de Besse, etc.
Domus Hospitalis Le Montel
Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Mauriac, Commune: Saint-Chamant - 15
Domus Hospitalis Montel
On y voyait, en 1616, « quelques vieux fondemens et mazures demonstrans y avoir heu aultrofois des bastimens, les ruines desquels ont esté de mesme de temps immemorial. »
Le commandeur de Carlat y possédait des prés et des terres, et « une montagne pour y faire des fromages. »
Domus Hospitalis Hôpital-Barbary
Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Mauriac, Commune: Le Vigean - 15
Domus Hospitalis Hôpital-Barbary
En 1684, cette annexe produisait deux cent trente-cinq livres.
Domus Hospitalis LHôpital-Pierrefitte
Département: Cantal, Arrondissement: Aurillac, Canton: Vic-sur-Cère, Commune: Giou-de-Mamou - 15
Domus Hospitalis LHôpital-Pierrefitte
Lordre y possédait une chapelle de dévotion qui avait été relevée, au commencement du XVIIe siècle, par le sieur Jean Gasse, bourgeois dAurillac. Cette chapelle renfermait « un petit vieux coffre de cuivre façonné, servant de châsse, où estoient, dit-on, des reliques de saint Jean. »
Revenus et charges
En 1684, lensemble des produits de la commanderie de Carlat pouvait monter à 4,425 livres. Les charges sélevaient à 852 livres.
Il restait donc au commandeur un revenu net de 3,573 livres.
Sources: A. Vayssière. L'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte en Limousin et dans l'ancien diocèse de Limoges, page 21 et suivantes. Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, pages 69 à 90. Tulle 1884. Bnf
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