Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Cintegabelle — 31
Commanderie de Tor et Boulbonne
Il ne reste visiblement auvune trace du passage des Hospitaliers, je situe Boulbonne, puisque les possessions devaient être pas très éloignées de cette abbaye.
Dans la plaine formée par les alluvions de lHers et de lAriège, qui lenserrent et vont se réunir à son extrémité, sélevait jadis un modeste établissement de lOrdre de Saint-Jean, non loin de la célèbre abbaye cistercienne de Boulbonne.
Lacte de fondation nexiste pas dans les archives, mais, grâce à certaines indications recueillies dans des documents postérieurs, nous pouvons reconstituer en partie lhistoire de son origine.
Sous la suzeraineté des comtes de Foix, plusieurs grands seigneurs, quun acte désigne, en se servant du nom du plus connu dentre eux, « Viri Jordaneuses », Jourdain de lIsle, Izarn de Verfeil, Othon et Augier de Calmont, possédaient dans ce territoire une immense étendue de pacages et de bois.
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, ils accordèrent aux Hospitaliers la liberté pleine et entière de faire paître leurs troupeaux, de couper du bois, de défricher les forêts dans toute létendue de « la bolbone (peut-être Boulbène - 1) » et dy construire des maisons et une ville.
1. Terre composée principalement dargile et de sable, composant le sol de la région du Sud-Ouest de la France, plus particulièrement de la vallée de la Garonne
Les Hospitaliers sempressèrent de créer sur les lieux un établissement dexploitation qui prit le nom de « Boulbarme » comme sa puissante voisine, labbaye ; ils se proposaient sans doute de profiter du dernier privilège qui leur avait été concédé ; et de fonder une ville pour y attirer les vassaux dont ils avaient besoin.
Saverdun
Département: Ariège, Arrondissement: Pamiers, Canton: Saverdun — 09
Domus Hospitalis Saverdun
Domus Hospitalis Thor
Au commencement du siècle suivant, dimportantes donations accrurent la prospérité de lhôpital de Boulbonne ou du Thor, nom que la commanderie porta depuis lors indifféremment.
En 1211, cet établissement reçut de Vidal de Montaigut, la forteresse de Camarade que ce dernier avait reçu en 1186 du seigneur Arnaud de Lisle.
Mais le comte de Foix éleva dans la suite des réclamations sur la validité de cette donation et revendiqua pour lui la possession de cette place dont limportance était très considérable. A la suite de longues discussions à ce sujet, labbé de Saint-Sernin et Martin de Saint-Gilles, précepteur de lhôpital de Narbonne eurent choisis comme arbitre par le Grand-Prieur Guillaume de Villaret et par Roger Bernard, comte de Foix (le jour des Kalendes de juin 1271). Nous ignorons quelles furent les satisfactions données à lOrdre de Saint-Jean, mais le château de Camarade fut adjugé au comte et figure dans la suite parmi les seize châtelleries du pays de Foix.
Bernard de Durfort et son frère Pons dAdhémar, donnèrent à Bernard de Durban, précepteur de Boulbonne, la moitié de la ville et du château de Bonnac, « En dessous de Le Vernet-de-Canteraines carte de Cassini » ainsi que de la seigneurie quils avaient sur tout ce territoire (août 1212). Cette ville dut être échangée dans la suite par les hospitaliers contre quelque autre possession, car elle ne figure plus parmi les dépendances de Boulbonne ; nous la voyons plus tard entre les mains des rois de France qui la revendirent dans le XIVe siècle à la famille de ses anciens seigneurs.
De lhôpital de Boulbonne dépendait encore des biens à Cintegabelle et Aignes.
Cintegabelle et Aignes
Domus Hospitalis Cintegabelle et Aignes
Après la réunion du comté de Toulouse à la couronne, les commissaires royaux le parcoururent en entier avec la mission de réformer les abus et de faire cesser les usurpations dautorité qui auraient pu se produire. Nous les trouvons faisant leur enquête au sujet des droits de justice du lieu de Boulbonne. Tous les témoins ayant été unanimes à affirmer que ce droit appartenait aux hospitaliers, la possession leur en fut confirmée par les commissaires. Mais, soit que les habitants de cette localité fussent dune vertu exceptionnelle, soit peut-être plutôt à cause de leur petit nombre, ce droit ne devait pas ajouter beaucoup aux revenus de la Commanderie. Nous pouvons tirer cette conclusion dun document assez intéressant, conservé par exception dans les archives: cest le compte des recettes faites pendant plusieurs années consécutives par le tribunal de Saint-Jean de Boulbonne; nous y voyons que, sur sept années, six ne fournissent aucune cause, et par suite, aucune amende et que la modique somme de 18 sols toisas constitue la recette de 1284; les appointements des juges se montaient chaque année à 30 sols de la monnaie qui avait cours, somme considérable en égard au peu daffaires quils avaient à juger.
Caignac
Domus Hospitalis Caignac
La petite ville de Saint-Jean du Thor disparut dans cette période ; sa fin tragique nous est racontée en quelques mots dans le passage suivant du dénombrement de la Commanderie de Caignac en 1657: « Auquel lieu (Saint-Jehan del Thor) entiennement y avait une esglise qui fust ruynée et mise à sac par les préce tendus religionnaires réformés dont la ville de Mazères estoit infestée, lest encore en partie ; en laquelle esglise, le sieur Commandeur estoit tenu de faire faire le service divin ; et à rayson et deffault de ceste esglise et despuis sa ruyne, le dict service se faict aux paroissiens du dict dixmaire, par le curé de lesglise de Saint-Sernin de Calmont, auquel le dict sieur Commandeur, suyvant la trasse de ses ancêtres fait de paution la somme de 60 livres, sans obligation pourtant. »
La destruction de la ville dut accompagner celle de son église ; aujourdhui il ne reste plus de cet ancien établissement de lordre de lHôpital, quun simple hameau.
Liste des Commandeurs de Thor-Boulbonne.
--------1193. Bernard de Gavaldan.
--------1205. Guillaume Raymond.
--------1212. Bernard de Durban.
--------1230. Bernard-Amiel de Pailhès.
1242-1244. Bertrand de Fraxines.
1248-1258. Sicard de Miramont.
--------1272. Bernard dAure.
--------1276. Albert de Rousset.
1277-1279. Pierre de Tournel.
1280-1295. Bernard de Miramont.
1305-1308. Pierre de Tournel. (2e fois)
--------1309. Guillaume Chaste.
--------1315. Pierre de Clermont.
--------1316. Bertrand de Pérelhe.
--------1320. Antoine de Chavanon, Prieur de Navarre.
--------1323. Roymond de Valmale.
--------1370. Roger dHautpoul.
--------1398. Jean du Plantier.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
Thor Boulbonne
Au treizième siècle une famille seigneuriale portait le nom du fief de Miremont. Sicard de Miremont, chevalier de Saint Jean-de-Jérusalem fut précepteur des Hospitaliers de Boulbonne, pendant plus de quarante ans, si les nombreuses chartes qui nous ont conservé sa mémoire portant les dates extrêmes de 1248 et de 1290 ne désignent quune seule personne (archives départementales de la Haute-Garonne; ordre de Malte Saint Jean del Thor, Boulbonne, Caignac). On admire encore la magnifique statue sépulcrale du chevalier de Miremont dans léglise de La-Grâce-Dieu, petit village voisin qui posséda jusquà la Révolution une ancienne abbaye de femmes de lordre de Fontevrault. (Les religieuses de La-Grâce-Dieu jouissaient de la seigneurie spirituelle et temporelle de la paroisse; elle nommait leur curé et faisaient rendre leur justice par leur juge. Elles avaient leur prison dans les dépendances du monastère — archives départementales — Intendance 1744)
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