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Commanderies de l’Ordre de Malte
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Commanderie de Casteljaloux
Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Nérac, Canton: Casteljaloux - 47


Casteljaloux
Domus Hospitalis Casteljaloux

Les Hospitaliers avaient, soit à Casteljaloux, soit dans les environs, plusieurs possessions, venant pour la plupart de la munificence des sires d’Albret. Nous l’apprenons par un document du XIIIe siècle, fourni par les archives de cette Commanderie. C’est la charte par laquelle Amanieu d’Albret confirma les donations, faites par ses ancêtres à l’hôpital de Jérusalem, des dîmes du moulin de Casteljaloux et de Castelnau-de-Sarnès, de la seigneurie de Cazalis ; il augmenta lui-même la liste des libéralités de sa famille par la cession qu’il fit du moulin de Cazeneuve. Ce parchemin fut scellé des armoiries du sire d’Albret, à Casteljaloux, en présence de Cenebrun de Melinhan ; d’Arnaud Garsias de Sescas ; de Bernard de Pompejac ; d’Odon de Noailhan ; de Lombard de Socasse (1241) (1)
1. Pièces justificatives. n° LXXIII.

Dans la suite, les Hospitaliers acquirent une résidence dans la ville même. Pardeilhan de Vacquey, bourgeois de Casteljaloux, donna à l’Ordre de Saint-Jean « une maison bâtie en pierres et en bois, couverte de tuiles et située dans la grande rue (1411) (2). »
2. Archives de Castelialoux, L I.

Après avoir dit que la jurande de Casteljaloux voulut témoigner à l’Ordre sa sympathie, en abolissant par un arrêt tous les impôts qu’on avait prélevés jusqu’alors sur la vente des vins de la Commanderie (1678) (3), nous aurons épuisé toutes les indications fournies par ce fonds peu considérable d’archives. L’importance de cette dépendance d’Argenteins, où les procès-verbaux de visites ne trouvent à mentionner que la maison « sise dans la grand rue Saint-Raphaël, » la seigneurie spirituelle de la paroisse Saint-Romain et quelques rentes dans la ville, n’aurait pas suffi pour motiver son érection en Commanderie, si les agréments de la résidence dans un centre populeux ne l’eussent désignée naturellement comme chef-lieu de la nouvelle circonscription. Vers 1780, Casteljaloux fut donc détaché, comme nous l’avons dit plus haut, d’Argenteins, pour former une Commanderie distincte avec les membres de Fargues, Neufonds, Argenton, Moleyres, Sainte-Marie de Veyriès, Cavaissac, Cazalis, Sarpouras, Montréal et Saint-Jean-d’Augenès.
3. Archives de Castelialoux, L I.

Cazalis
Département: Gironde, Arrondissement: Langon, Canton: Cazalis - 33

Cazalis
Domus Hospitalis Cazalis

Les sires d’Albret avaient été, sans doute, dans le courant du XIIe siècle, les fondateurs de l’hôpital de Cazalis et s’étaient dépouillés en faveur du nouvel établissement de toute leur seigneurie sur cette Salvetat (Pièces justificatives n° LXXIII).

Cazeneuve
Département: Gironde, Arrondissement: Langon, Canton: Préchac - 33

Cazeneuve
Domus Hospitalis Cazeneuve

Elle était située au milieu des landes, dans la juridiction de Cazeneuve, qui appartenait aux seigneurs d’Albret. Les guerres contre les Anglais, dont cette région fut le dernier et le plus sanglant théâtre, l’avaient complètement dévastée et détruit les quelques ressources qu’une patiente industrie était parvenue à créer au milieu du désert.
Les moissons et les villages avaient été brûlés, les habitants dispersés, et une morne solitude s’étendait sur toute la contrée. Tous les efforts des Commandeurs de Cazalis allaient donc tendre au but de créer les ressources qui venaient de leur être brusquement arrachées. Mais toutes leurs tentatives pour repeupler le territoire de Cazalis se brisèrent devant les obstacles soulevés par les sires d’Albret, dans la crainte de voir fonder dans leur voisinage une ville rivale de la place de Cazeneuve. Aussi exigèrent-ils impérieusement le paiement du droit dit de la table (de la taula), que les habitants de Cazalis étaient obligés, en leur qualité d’étrangers, de verser, lorsqu’ils apportaient leurs denrées sur le marché de Cazeneuve. Or, cette dernière localité étant la seule qui pût servir de centre de transaction dans cette vaste étendue de pays, si peu habitée, cet impôt ne laissait pas que d’être très onéreux pour Cazalis ; il s’élevait tous les ans, en moyenne, à la somme de 20 livres morlanes ou de 40 écus d’or.

Cette charge éloignait beaucoup d’habitants qui allaient transporter leur résidence dans des pays plus favorisés. Ce fut ce misérable état de choses que vint exposer le chevalier Bernard de Bérenger, précepteur de Cazalis, « à très magnifique prince Charles, sire d’Albret, seigneur de la ville et du château de Cazeneuve. »
Celui-ci, « après avoir pris l’avis de son vénérable conseil, » fit proposer un traité de paréage au Commandeur, qui, après l’avoir examiné et soumis à l’approbation de Fourtanier de Lat, Commandeur d’Argenteins, de B. de Bélat, du Nom-Dieu, commissaires, députés à cet effet par le Grand-Prieur de Toulouse, y donna son consentement et se rendit à Nérac, auprès du sire d’Albret, pour en signer l’acte solennel. Ce document, intéressant à plus d’un titre, va fixer un moment notre attention.

La seigneurie entière de Cazalis avait été donnée aux Hospitaliers par les fondateurs de cette maison ; le Commandeur consent à la partager avec le sire d’Albret, qui prendra la moitié des amendes et des rentes féodales, les droits ecclésiastiques étant réservés intégralement à l’Hôpital : la justice sera exercée au nom des deux seigneurs par un bailli commun, et on pourra appeler des sentences de ce dernier au tribunal de Cazeneuve ; tous deux devront coopérer par égale part à la construction d’une prison commune dans le lieu de Cazalis. Moyennant ces concessions, le sire d’Albret déclaré les habitants de Cazalis exempts pour toujours de l’impôt de la Table, et leur concède de plus le droit de dépaissance dans toute l’étendue de sa terre de Cazeneuve.

Mais il fait introduire en revanche la défense formelle aux Hospitaliers de construire dans l’avenir, à Cazalis, un château fort, « qui pourrait devenir une cause de dommage et de ruine pour la ville et le château de Cazeneuve. »

C’est dans cette dernière place que se réfugieront les habitants en cas de danger ; aussi doivent-ils contribuer, comme ceux de Cazeneuve, à ses charges, aux réparations de ses murailles et à sa garde. Ce traité, où les chevaliers de Saint-Jean achetaient chèrement, comme on le voit, l’exemption accordée, fut signé devant les portes du château de Nérac, en présence de la cour du sire d’Albret, où figuraient Etienne de Taularesse, seigneur de Puyjardin, bailli de Tartas, messire Hymbert de Voisin, bachelier èz décrets, juge ordinaire de toute la seigneurie, Bertrand de Valyns, seigneur de Péjan, J. de Contramoret, P. du Chêne, Amanieu de Montaigut (3 août 1461) (1).
1. Archives de Cazalis, L. I.

Il fut approuvé et confirmé le 28 juin de l’année suivante par le chapitre provincial, réuni à Toulouse (2).
2. Archives de Cazalis, L. I.

Grâce aux privilèges obtenus par le Commandeur pour ses vassaux de Cazalis, le nombre de ces derniers ne tarda pas à augmenter et la prospérité de cette circonscription a renaître, malgré quelques tentatives violentes faites par certains officiers trop zélés du sire d’Albret, pour s’emparer du moulin de Bordeis. Le Commandeur demanda justice au Comte lui-même, et une sentence, rendue par le Conseil privé de ce dernier, défendit de troubler à l’avenir les chevaliers dans leurs droits (1498) (3).
3. Archives de Cazalis, L. I.

Les archives de Cazalis nous fournissent de plus un exemple de l’indépendance que manifestaient souvent les chevaliers de Saint-Jean envers les autorités diocésaines, quand ils croyaient que les prérogatives de leur Ordre étaient menacées. Dans une de ses tournées pastorales, l’évêque de Basas se rendit dans la paroisse de Cazalis pour y administrer le sacrement de la confirmation. Le commandeur d’Argenteins, François de Tressemans Chastuel, ne lui permit d’entrer dans l’église qu’après avoir déclaré par acte public qu’il n’entendait pas par la porter atteinte aux privilèges de l’Ordre (1669) (1).
1. Archives, Cazalis, L. I.

Bourridech, Bourideys
Département: Gironde, Arrondissement: Langon, Canton: Cazalis - 33

Bourridech, Bourideys
Domus Hospitalis Bourridech, Bourideys

Les procès-verbaux de visite nous apprennent que, par suite de l’accroissement de la population et de l’immense étendue de ce territoire, sur une portion de la paroisse de Cazalis, avait été créé l’annexe de Bourridech (Bourideys IGN ; Bourideix, Cassini) dont les commandeurs conservaient la seigneurie spirituelle (2).
2. Visites générales 1752.

3. — 1° Sainte-Marie de Veyriès. — 2° Sarpouras. — 3° Saint-Jean d’Angenès. — 4° Montreal.

Sainte-Marie de Veyriès
— En 1254, dame Marie de Caumont et Xans Augier, son fils, donnèrent au Temple de Cours la dîme de Sainte-Marie de Veyriès. Quelque temps après, l’évêque de Bazas approuva cette donation et confirma aux Templiers la seigneurie spirituelle qui venait de leur être conférée (1259) (3).
3. Archives Veyriès, L I.

Sarpouras
— La seigneurie de cette localité, située dans le voisinage de Marsan, appartenait par moitié aux Hospitaliers et aux seigneurs de la Porte, ainsi que nons l’apprendune transaction conclue au XVe siècle entre le commandeur d’Argenteins et messire Jean de Bergson seigneur de la Porte (4).
4. Archives de Sopouras, L. I.

Saint-Jean d’Angenès
— Les chevaliers de Saint-Jean possédaient encore plusieurs seigneuries spirituelles dans le pays de Marsan, entre autres celles de Saint-Jean d’Angenès, dont la chapelle de dévotion fut ruinée lors des guerres de Religion, d’Auzac, de Graulons, de Saint-Sylvestre, etc.

Montréal
Le commandeur était seigneur spirituel de cette paroisse et en partageait la dîme avec l’Evêque de Condom.

Liste des commandeurs
1° Commandeur de Casteljaloux.
1780-1786. René de Léaumont.

2° Commandeurs de Cazalis.
1355-1363. Jacques-Guillaume de la Pradèle.
1461. Bernard de Bérenger.
1463-1482. Pierre de Campagne.
En 1482, réunion de Cazalis à Argenteins)

3° Commandeur du membre de Cazalis.
1498-1500. Raymond de Boutet.

4° Commandeur du membre de Veyriès.
1508. Pierre de Ribon.

3° Commandeurs du membre de Montréal.
1328. Vital de Saint-Salvi.
1380. Bernard de Loupe.
Sources : M. André Du Bourg. Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France. BNF

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