Département: Ardèche, Arrondissement et canton: Tournon-sur-Rhône, commune: Saint-Jean-de-Muzols — 07
Commanderie de Sainte-Epine-lez-Tournont
Le 11 septembre 1298, une sentence arbitrale rendue par Joucerand dAy, chevalier, et Arnaud de Fay, damoiseau, entre Pons de Fay, commandeur du Pont-de-Doux, et Aymon Payan, seigneur de Mahun et de Seray, affranchit les hommes du mas de lHôpital domiciliés dans le mandement de Seray, de toutes corvées et manoeuvres au profit du seigneur de Seray, en maintenant toutefois lobligation par les hommes du mandement de contribuer à la clôture du château de Seray. Le commandeur eut le droit de percevoir sur ses hommes les amendes légères (minuta banna) jusquà 10 sous tournois ; en dautres termes, il exerçait la basse justice (3).
Le 11 octobre de la même année, un accord entre le même commandeur et Guy seigneur de Tournon et dIserand régla lexercice de la justice sur le mas de Royol. La haute justice fut attribuée au seigneur de Tournon, mais la juridiction sur les frères et donats de lHôpital fut réservée, même en matière criminelle, au commandeur du Pont-de-Doux (4).
Pont-de-Doux
Domus Hospitalis Pont-de-Doux
Empurany
Domus Hospitalis Empurany
Deyras
Domus Hospitalis Deyras
Monteil
Domus Hospitalis Monteil
Les seigneurs dEtables, qui formaient une branche de la maison de Fay, avaient leur tombeau de famille dans la chapelle du Pont-de-Doux, au-devant lautel de Notre-Dame.
Arnaud et Eustache de Fay frères, chevaliers, avaient légué des rentes, lun de 100 sous tournois, lautre de 30 sous tournois, pour la célébration de leur anniversaire en cette chapelle où ils furent depuis enterrés.
Devesset
Domus Hospitalis Devesset
Le 1er novembre 1342, il fut procédé avec lassentiment du commandeur Raynaud de Fay, par les susdits Pons et Raynaud de Fay, à lassiette des rentes léguées par leurs auteurs pour cette fondation (9).
Dans son testament du 27 juillet 1387, Arnaud de Fay, dit le Borgne (Borlhe), chevalier, après avoir institué pour son héritier universel son petit-fils Arnaud, fils de feu Artaud de Fay, dit Boilhat, son fils, et appelé, à son défaut, plusieurs degrés dhéritiers substitués, légua à la commanderie du Pont-de-Doux, au cas où ces substitutions deviendraient caduques, son château dEtables, ses biens situés à Navas, à Saint-Jeure dAy et dans le mandement dIserand, son moulin sur la rivière dAy, le bois et le grangeage de Raynaudenc (10).
Iserand
Domus Hospitalis Iserand
En 1606, le prix séleva à 550 livres dans le bail consenti par Just de Fay de Gerlande, commandeur de Villefranche-sur-Cher, habitant à Vanosc en Velay (12).
Villefranche-sur-Cher
Domus Hospitalis Villefranche-sur-Cher
Le domaine comprenait 2 journaux de prés, 6 cartes de champs, 20 oeuvres de vignes, des îles et une saussaie, le tout noble, franc et exempt de dîme et de taille.
Une rente de 45 setiers de seigle ou davoine était due par les villages de la Louvesc et de Saint-Pierre des Macchabées.
La commanderie possédait dautres rentes sur la ville de Tournon et les villages dEmpurany, dEtables, de Saint-Victor, Vion, etc.; mais faute du renouvellement des terriers, elle ne percevait plus que 12 setiers de froment, 44 de seigle ou davoine, 6 muids de vin. La juridiction appartenait en toute justice au commandeur (13).
En 1661, le membre de Sainte-Epine fut affermé par le grand-bailli Charles de Fay de Gerlande pour quatre années au prix annuel de 800 livres (14).
Postérieurement, il fut compris dans les baux collectifs de Saint-Georges dAnnonay et de lHôpital du Bourg-Argental.
Bourg-Argental
Domus Hospitalis Bourg-Argental
Liste des Commandeurs
1298. — Pons de Fay (16), depuis grand-prieur dAuvergne.
1316. Avril 24. 1342. Novembre 1. — Raynaud de Fay (17), depuis grand-prieur dAuvergne.
1347. Octobre 11, 1351. Août 2. — Robert Ogier (18).
1360 (Avant). — Artaud de Fay (19).
1367. Janvier 24. — Guillaume Bérard (20).
1376. Février 23. — Pierre Chalendar (21).
1383, novembre 4. — Benoit Truchon (22).
1395. Février 25, 1434. Mai 31. — Pierre Roche (23), de Tence.
1438. Juin 29. — Jean Roche (24).
1448. Novembre 18. — Pons Pochon (25).
1450. Mars 19 — Jacques de Milly (26), grand-prieur dAuvergne, praeceptor Devesseti et Pontis Dulcis.
1450. Mars 19 — Pons de Saint-Jeure dAy (de S. Jeurio) (27), rector Pontis Dulcis.
1487. Février 5. — Antoine Franc (Franchi) (27), religieux carme de Tournon, arrendator Pontis Dulcis.
1499. Mai 9. — Geoffroy de Bénac, de Tournon, et Jean Forés (28), dAnnonay, arrendatores Pontis Dulcis.
154. Mai. — Jean Philibert (29).
1547. Juillet 8, 1573. Octobre 24. — Hugues de Nagu, dit Varennes (30), grand-maréchal de lordre.
1576. Janvier 2. — Antoine Ricol du Pont (31).
1579. Mai 5. — Marc de la Goutte (32), grand-bailli de Devesset.
1643. Août 29. — Barthélémy dAlbon (33), commandeur de Mâcon.
Après cette date, le titre de commandeur de Sainte-Epine nest plus porté que par le grand-bailli de Devesset.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888
Notes — Sainte-Epine-lez-Tournon
1. La rivière du Doux se jette dans le Rhône au-dessus de Tournon.
2. Sainte-Epine, II, n° 13, 13 bis, 14 et 15.
3. Sainte-Epine, V, n° 1.
4. Sainte-Epine, V, n° 2.
5. Sainte-Epine, III, n° 1.
6. Sainte-Epine, IV, n° 1.
7. Sainte-Epine, II, n° 3.
8. Sainte-Epine, IV, n° 2.
9. Sainte-Epine, IV, n° 3.
10. Sainte-Epine, NI, n° 4.
11. Sainte-Epine, III, n° 5.
12. Sainte-Epine, III, n° 5.
13. H 2153, folio 1014 et suivants.
14. Sainte-Epine, III, n° 5.
15. Devesset, titres de la commanderie, visite prieurale.
16. Sainte-Epine, V, n° 1 et 2.
17. Sainte-Epine, II, n° 2 et IV, n° 3.
18. Sainte-Epine, I, n° 2 et 3.
19. Sainte-Epine, I, n° 7.
20. Sainte-Epine, I, n° 3 bis.
21. Sainte-Epine, I, n° 6.
22. Sainte-Epine, I, n° 8.
23. Sainte-Epine, II, n° 7 et 9.
24. Sainte-Epine, I, n° 15.
25. Sainte-Epine, III, n° 4 bis.
26. Sainte-Epine, II, n° 24. — Pons Pochon et Pons de Saint-Jeure dAy ne sont probablement que le même commandeur désigné, tantôt par son nom patronyme, tantôt par le nom du lieu de son origine.
27. Sainte-Epine, II, n° 11.
28. Même côte.
29. Sainte-Epine, II, n° 15.
30. Sainte-Epine, II, n° 13 bis et 16 ; III, n° 3.
31. Sainte-Epine, III, n° 5.
32. Sainte-Epine, II, n° 17.
33. Sainte-Epine, II, n° 20.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888
Les Chemins et Routes au moyen âge
Retenons aussi une variante ditinéraire sur la descente du coteau rhodanien vers le Doux. Il est possible que celle-ci se soit aussi effectuée en direction de Saint-Jean-de-Muzols depuis le quartier des Grands Bois. Ce chemin, bien que non mentionné dans la documentation ancienne, présente tous les caractères dun axe ancien remanié au XVIIIe siècle pour le rendre carrossable. Nous sommes en présence sur le cadastre napoléonien dun chemin dévalant assez directement la pente, coupée par une route en lacets postérieure sapparentant à un tracé de roulage. En outre, ce chemin abouti à la Domus Hospitale Pontem Dulcis (Pont-Doux) qui nest autre quun membre de la commanderie des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de Devesset généralement appelé de la Sainte-Epine. De là, le chemin permet de gagner très directement Tournon en ne passant pas par le pont qui constitue un détour de 7 à 8 kilomètres, distance non négligeable lorsque lon chemine à pieds. Ce « raccourci » nest toutefois praticable que lorsque le niveau des eaux du Doux est bas, situation qui se présente durant le tiers ou la moitié de lannée, en été et en hiver. Pourquoi le pont na-t-il pas été construit au niveau de ce passage à gué ce qui aurait eu pour effet de ne pas allonger artificiellement la distance ? Le lieu de construction du pont, en retrait de la vallée du Rhône sexplique, sans doute par des raisons techniques, comme la recherche dappuis rocheux solides. En effet, il ny en a pas dans la plaine alluviale qui sétend en aval du lieu choisi pour la construction.
Sources: Réseau routier et organisation de lespace en Vivarais et sur ses marges (1250-1450). Par Brechon, Franck — 2000 — Université Lumière Lyon 2
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