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Hôpitaux de l’Ordre de Malte par Départements
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Département du Gard

Alès   (30)

Commanderie d'Alès
Département: Gard, Arrondissement et Canton: Alès - 30


Domus Hospitalis Alès
Domus Hospitalis Alès


ALAIS (Ccommanderie d'Alès)
La commanderie d'Alais mieux Alès fut fondée grâce aux libéralités des seigneurs d'Alais. En 1143, Bernard Pelet, comte de Melgueil et seigneur d'Alais, fait donation à l'ordre du fief de Sersimagis ; en 1148, il donne aux hospitaliers une terre contiguë à leur dortoir ; en 1171, Bertrand Pelet, fils de Bernard, les met en possession des biens que son père leur avait légués, c'est-à-dire des biens entre les deux Gardons, le territoire de Valentinum, le moulin Salvan et un autre moulin ; en 1173 Sibylle d'Alais fonde leur église.

Cette église était située au nord de la ville, à l'entrée d'une prairie qui porte encore le nom de pré Saint-Jean, à un endroit qu'on désigne sous l'appellation vulgaire de la Gleïselo. C'est aujourd'hui une maison particulière, au bas de la rampe de la Comté.

Cet emplacement, en 1586, s'appelait Saint-Jean d'Entraigues, ce qui prouve que l'église était alors dans une sorte d'île, formée par les deux Gardons, et ce qui corrobore les termes de la donation de 1171.

Parmi les plus anciens commandeurs, nous signalerons :
— Adalbert, 1143-1148.
— Raymond de Montpezat, 1186.
— Bernard Cancala, 1215.
— Bertrand de Pierrelatte, 1239.
— Foulques du Tournel, 1250.
— Foulques de Thoard, 1271-1273.
— Pierre Durand, 1283-1293.

La commanderie d'Alais eut une existence propre jusqu'après 1273. Avant 1279, elle se fondit dans celle de Saint-Maurice de Casesvielles (Gard, canton Vézenobres), et cette union persista au moins jusqu'à la fin du XVe siècle ; Saint-Maurice, et par conséquent Alais, furent ultérieurement rattachés à la commanderie de Saint-Christol. Les archives de la commanderie d'Alais sont conservées aux Archives des Bouches-du-Rhône, dans le fonds de Saint-Christol (H1, 869-964). En 1567, les calvinistes détruisirent la maison et l'église des hospitaliers d'Alais.
— Raybaud, Histoire des grands-prieurs et du prieuré de Saint-Gilles, Nîmes, 1904-1906, 2 volumes in-8°.
— Delaville, Le Roulx, Cartulaire général des hospitaliers, Paris, 1894-1906, 4 volumes in-folio, passim.
— Recherches historiques sur la ville d'Alais, Alais, 1860, page 7, 230-231.
— J. DELAVILLE LE ROULX.


ALAIS - Alès (Commanderie du Temple)
Les Templiers avaient également un établissement à Alais. C'est dans la maison du Temple de cette ville, en 1217, qu'eut lieu la promulgation solennelle de la seconde charte de commune octroyée aux habitants d'Alais. L'église des Templiers, sous le vocable de Notre-Dame, était située dans la rue Notre-Dame ; on en voit encore quelques restes au n° 123.
A la fin du XIIIe siècle, en 1296, nous constatons que les biens des Templiers à Alais étaient déjà rattachés à la commanderie de Jallès sous la direction d'un commandeur unique, Garin de Châteauneuf.

En 1314 et 1316, quand l'Hôpital eut hérité des biens du Temple, la maison du Temple d'Alais fut un instant régie par le commandeur de Saint-Maurice de Casesvielles et Saint-Jean d'Alais. Mais, à partir de 1318, elle fut définitivement rattachée à Jallès. On suit la trace des directes d'Alais, appartenant à Jallès, depuis cette époque; elles dépendaient de la chapelle Sainte-Agathe d'Alais. Le fonds d'archives du Temple d'Alais, arbitrairement constitué à une époque récente, est conservé aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône sous la cote m, 58-86.
J. DELAVILLE LE ROULX.
Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Tome premier, pages 1323-1324. fascicules 1-6, Aachs-Albus. Paris 1912 — BNF


Capette (La)   (30)

Commanderie de La Capette
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis La Capette
Domus Hospitalis La Capette


(1) ORDRE DU TEMPLE :
— Décembre 1192
Guillaume de PORCELET donne au Commandeur du Temple à SAINT-GILLES, tous les bois, prés, pâturages, terres et marais qu’il possède entre TERREMIER et COUSEHAUTE, plus une terre ayant appartenu à Raimond de LEVEDON.
(2) TEMPLE ou HOPITAL (sans précision d’Ordre) : — Mars 1203
PONSE veuve de Gilles TARSIC vend au Commandeur tout ce que possédait son mari sur le tènement de COUTTE.
(3) ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM, DE RHODES et DE MALTE : — Septembre 1210 Bertrand de PORCELET donne au Commandeur de l’Hôpital de SAINT-GILLES, ses prés, terres et marais qu’il possède de PAGAN à RAYNORE et de TOURREMIER à BERAUD ainsi que d’ALTELES à COTARGET et de COTARGET à MORA.

— Décembre 1246
Vassal CORVARIN vend à l’Hôpital de SAINT-GILLES ses terres, prés et marais qu’il possède à TOURREMIER.

— 1312
Concile de VIENNE, héritage des biens du Temple donc CAPETTE s’agrandit.

— 13 février 1505
Noble Gaillardot de MONTCAMP, Seigneur de VAUVERT, donne en arrière-fief au Grand Prieur de SAINT GILLES, sa juridiction sur TOUSQUE, PINEDE, TETE DE LOUP, NEGUE ROUMINE, RIBEYRE et COUTTE.

— 5 Juin 1610
Arrêt du Parlement de TOULOUSE mettant un terme aux différentes contestations de propriété.

— 28 juin 1645
Par délibération de la Langue de PROVENCE, la maison de CAPETTE est démembrée du Grand Prieuré pour devenir Commanderie.
(RAYBAUD annonce 1643 — Tome III page 23, puis 28.06.1645 à la page 134)
Construction de la maison et la chapelle N.D. Les revenus de la nouvelle commanderie restent au bénéfice du Grand Prieur de FORBIN-BONNEVAL, jusqu’à sa mort le 12 juillet

1661. Le premier commandeur officiel est donc Antoine de BLACAS-VERIGNON.

— 1667
Visite de la commanderie de Capette. (Archives départementales des B. D. R. 56 H 174)

— 1679 et 1755
Visite de la commanderie de Capette. (Archives départementales des B. D. R. 56 H 190)

— 1675 et 1783
Visite de la commanderie de Capette. (Archives départementales des B. D. R. 56 H 245)

— 8 mai 1688
Bornage de la propriété.

— 12 septembre 1703
La Commanderie est saccagée par les Camisards.

— 1709 à 1711
Réparations diverses suite aux événements de 1703 et à la rupture des chaussées par le RHONE. (Archives départementales des B. D. R. 56 H 710)

— 25 janvier 1738
Arpentement général de la Commanderie par Guillaume BOEUF, Géomètre en ARLES.

— 26 septembre 1740
Arpentement des terres et piaulement de bornes complémentaires par le même BOEUF.

— 1745
Autre crue importante du RHONE.
— Nuit du 31 novembre au 1 décembre 1755
Débordement du RHONE encore plus important. L’ensemble de la Camargue est envahi par les eaux. La construction de la digue le long du Petit Rhône sera accélérée.

— 18 mars 1766
Rapport d’arpentement et de bornage de la Commanderie par Louis SEGUIN, Géomètre à TARASCON. Le dessin est exposé au musée REATTU en ARLES.

— 1791 et 1792
Aliénation des biens nationaux.

Extrait des Archives du Gard 1916. Bligny — Bondurand
H. 901 (Liasse.) (Don de M. le chanoine Nicolas 1914.) — 10 pièces ou cahiers, papiers.
1192-1791 — Grand prieuré de Saint-Gilles. Commanderie de Capette. Litige avec le collège de Saint-Jean de Saint-Gilles.
— 1. Inventaire général des titres de la commanderie de Capette, fait par Antoine Raybaud, secrétaire de l’Ordre au Grand Prieuré de Saint-Gilles, en 1700. Note portant sur la commanderie de Capette, dépendant autrefois du Grand Prieuré, en fut démembrée par délibération de la langue de Provence du 28 juin 1645. Elle se compose des tènements de Tourremier, Redonne, à présent Bois de l’Escale ; Conse-Haute, Tête-de-Loup, Nègue Roumieu, à présent Capette ; Ribeyrès, à présent La Loubatière ; et Goutte. L’ensemble de ces tènements contigus confronte le Rhône, la draye où le chemin des herbages de La Sylve Godesque et de La Tête-de-Loup ; l’étang de Goutte, les marais de La Souteyrane, elle tènement de Claire-farine.

Au chapitre des titres de Capette, on voit, par la pièce 1, qu’en décembre 1192 Guillaume de Porcelet donne au commandeur du Temple de Saint-Gilles tous les bois, prés, marais, pâturages, terres, eaux, chasses et pêcheries, depuis Torremier jusqu’à Conse-Haute, plus une terre ayant appartenu à Raimond de Levédon, suivant acte reçu par Pierre Fulcodi, juge et chancelier du comte de Toulouse.

Le 7 des ides de mars 1203, Ponse, veuve de Gilles Farsic, vend au commandeur tout ce que son mari avait dans le tènement de Goutte. Le notaire est étienne Graille (Pièce 2).

Le 7 des calendes de septembre 1210, Bertrand de Porcelet donne au commandeur de l’Hôpital de Saint-Gilles ses prés, terres, eaux, marais et pêcheries, depuis l’Anglade de Pagan, jusqu’à la cour de Raynore, de Tourremier à l’Anglade de Guillaume Béraud, l’église de N.-D. d’Estèles et Cotorget (Pièce 3).

Aux calendes de décembre 1246, Vassal Gorvarin vend au commandeur de l’Hôpital de Saint-Gilles ses terres, prés et marais de Tourremier (Pièce 4).

Le 13 février 1505, noble Gaillard de « Montcamp », seigneur de Vauvert, donne en arrière-fief, au Grand Prieur de Saint-Gilles, sa juridiction sur les terroirs de Tousque ou La Pine, de Tête-de-Loup, Nègue-Roumieu, Ribeyrès et Goutte (Pièce 5).

Les grandes contestations entre le Grand Prieur et le seigneur de La Motte furent terminées par un arrêt du parlement de Toulouse du 5 juin 1610 (Pièce 6).

La communauté de Vauvert ayant mis dans ses compoix le tènement de Ribeyrès, ou La Loubatière, ci, ceux de Tête-de-Loup et de Nègue-Roumieu, prétendait que ces biens devaient être ruraux. Le Grand Prieur fit voir qu’ils n’étaient pas dans le Terroir de Vauvert, mais dans celui de Roche, ou Sylve-Godesque, sur lequel il a juridiction depuis l’achat fait au baron de Vauvert en 1505. Un arrêt du Conseil du roi renvoya la cause à la cour des aides de Dauphiné ; qui déclara, par arrêt du 21 juin 1646, le Ribeyrès exempt de toutes tailles ordinaires, et en ordonna la radiation sur le compoix de Vauvert (Pièce 7).

— 2-3. Original et copie de l’arpentage général de la commanderie de Capette, fait par Guillaume Beuf, géomètre, juré de la ville d’Arles, amiablement commis par François Belon, collégial de Saint-Gilles, comme procureur de Henri-Louis de Chalvet, commandeur de la commanderie de Capette, située le long du Petit Rhône (25 janvier 1738).

— 4. Bulle de Raimond Despuig, Grand Maître de l’ordre, reproduisant, une supplique d’Henri-Louis de Chalvet, commandeur de Capette, en date du 9 mars 1739, supplique adressée au grand maître, en italien.

Cette commanderie consiste en un seul corps de terres, environné par les biens du Prieuré de Saint-Gilles, de la collégiale de Saint-Gilles et de, la commanderie de Barbentane, sans aucun cens emphytéotique, de sorte qu’il n’y a pas lieu de redouter des usurpations de la part des laïques. Néanmoins le commandeur a fait procéder à un arpentement de ses terres par un géomètre d’Arles, et fait déposer son verbal dans les archives du Grand Prieuré de Saint-Gilles. Le commandeur supplie le Grand Maître de nommer un chevalier par l’intervention et l’autorité duquel se fassent les citations des voisins, et la légale mesure des terres de sa commanderie. Le grand maître a saisi son conseil de la supplique, le 5 mars 1740. II a été décidé d’y faire droit, et on a député le commandeur Philippe de Pagesse d’Assas. La bulle du Grand Maître atteste ces faits. Elle est datée de Malte, 5 mars 1739 suivant le style de sa chancellerie, 1740 suivant le cours ordinaire. Sceau plaqué en papier, représentant le Grand Maître.

— 5. Requête de Louis de Chalvet, commandeur de Capette, à Philippe de Pagesse d’Assas, commandeur de Gap-Français et commissaire député par le Grand Maître. Il le prie d’ordonner l’arpentement des terres de la commanderie de Capette, et l’assignation du Grand Prieur de Saint-Gilles comme possesseur du membre de Clairefarine ; de M. de Villages de Lasalle, commandeur de Barbentane, pour le domaine de Liviers ; et des frères collégiaux de Saint-Gilles comme possesseurs de l’étang de Coutte, tous biens limitrophes de sa commanderie. Au pied, décret ou ordonnance conforme signée du chevalier de Pagesse d’Assas. A la suite, certificat d’assignation donnée à Sauveur de Gaillard, Grand Prieur, et autres intéressés, pour le 6 septembre prochain, jusqu’à perfection de l’arpentement, que doit faire Mr Beuf. La présente copie est celle laissée aux frères collégiaux, en la personne d’Alexandre Mollet, infirmier (10 août 1740).

— 6. Protestation d’Eyssautier, syndic du collège de Saint-Jean de Saint-Gilles, adressée à Beuf, sur les lieux contentieux, en l’absence du commandeur de Pagesse d’Assas. Beuf ne saurait faire la séparation de l’étang de Coutte, d’avec le terroir de la commanderie de Capette, autrement, qu’il n’est prescrit dans un verbal de descente fait en 1688 par Jean de Quiqueran-Ventabren, chevalier, et Jean-Antoine Simon, sacristain de Saint-Jean de Marseille, commissaires députés par le chapitre provincial à l’occasion dos contestations entre les frères collégiats et le commandeur de Capette ou son fermier, qui faisait des entreprises sur les dépendances de Coutte. Beuf prend connaissance de l’original du verbal à la métairie de Capette et à la cabane de Coutte. Mais, sommé par Eyssautier de s’y conformer pour le piaulement des bornes, il s’y est constamment refusé (13 septembre 1740).

— 7. Requête du commandeur de Capette à Philippe de Pagesse d’Assas. Il lui demande d’ordonner, sans préjudice du droit des parties, que Beuf passera outre aux protestations et retardements d’Eyssautier, et remplira sa commission ainsi qu’il lui est mandé. Au pied, décret conforme du chevalier de Pagesse d’Assas. Plus bas, signification à Eyssautier (14 septembre 1740).

— 8. Arpentement général et juridique de la commanderie de Capette, fait et dressé par Guillaume Beuf, géomètre d’Arles (26 septembre 1740).

— 9. Extrait, de l’original précédent.

— 10. Extrait en forme du rapport d’arpentement et récolement des bornes de la commanderie de Capette, rapport fait par Louis Seguin, géomètre et géographe de Tarascon, le 18 mars 1706.

L’extrait est délivré par Beuf, archivaire, sur autre extrait en forme, conservé dans les archives du grand prieuré de Saint-Gilles, armoire de la commanderie de Capette, sac des titres n° XI.

Sceau plaqué du grand prieuré en cire noire, en mauvais état.
L’expédition est destinée au chevalier François de Castellane, commandeur de Capette, et porte la date de 1791.

Cette commanderie est affermée audit sieur Michel, suivant le bail à lui passé le 10 juin 1760, notaire Me Michel, de Saint-Gilles, pour quatre ans qui finiront à Saint-Gilles 1764, à la rente sûre et certaine pour chaque année de :
Revenus : 10.710 livres.
Les charges s'élèvent à : 2.237 livres, 4 sols.
Reste net au commandeur : 8.472 livres, 16 sols.
L'avis et la clôture sont datés du 24 novembre 1762.

En 1767, la commanderie de Capette était possédée par frère Joseph-Guillaume-François-Gabriel de Lestang-Parade, né le 14 janvier 1715.
Celle de Sainte-Eulalie était possédée par frère Jean-Antoine-Joseph-Charles de Riquety Mirabeau, né le 8 octobre 1717.
Cette commanderie est affermée :
Revenus : 46.093 livres.
Total des charges : 7.812 livres, 17 sols, 6 deniers.
Produit net : 38.220 livres, 2 sols, 6 deniers (1)
1. Bibliothèque Méjanes d’Aix, manuscrit n° 843, Provence, Recueil K.
Sources : Inventaire — Sommaire des Archives départementales du GARD par BLIGNY - BONDURAND série H et complément - 1916 BNF

Roseline JEOLAS
Association d’Histoire, d’Archéologie et de Sauvegarde de Saint-Gilles Extrait du Rapport des Expositions du mois d’Août 1987 (Daté du 5 août 1987)
« DOMAINES RHODANIENS D’ORIGINE MEDIEVALE » Pages 24-25 (1)
CAPETTE
— Dans le très vaste terroir qui porte ce nom, les Templiers ont, dès le XIIe siècle des « terres ». Après le rattachement des biens des Templiers aux biens de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, en 1 313, Capette se trouve rattachée à la commanderie de Saint-Gilles, de même qu’Argence, Claire-Farine, Barbentane, Daladel et Courtet. On a pu dire que, lorsque les deux Ordres coexistaient les biens des Templiers s’étendaient du terroir du château de La Motte jusqu’au Scamandre, et de La Fosse jusqu’à la mer. Il y a peut-être une légère exagération, mais cette remarque donne une idée de l’étendue — à dominante marécageuse, il est vrai — des possessions templières en « Basse Petite Camargue », et donc de la brusque « extension » des possessions Hospitalières en 1313.

En 1645, la « commanderie » de Saint-Gilles est si riche qu’un démembrement est décidé, en juin. Il y fut décrété « qu’on détachât les cabanes des tènements de Capette et de la Martelière, et les pâturages appelés Tête de Loup, dont il ferait une commanderie, à condition que le commandeur y ferait bâtir une maison avec la ménagerie, et une chapelle, où l’on dirait la messe les dimanches et les fêtes ». Le 15 juillet 1 661, Capette fut confiée au « Commandeur » Frère Antoine de Blacas-Vérignon.

Les « visites » de 1674 (Capette est visité le 10 mai) nous disent : que Capette est un « lieu solitaire et champêtre proche du Rhône », que le fermier est Jacques Mollet d’Arles. Il y a une chapelle bâtie par Blacas Vérignon après la visite de 1666. Elle est sous le vocable de Notre Dame de l’Etoile (c’était la dédicace de la chapelle templière qui a totalement disparu, et qui se trouvait beaucoup plus à l’Ouest, et qui a laissé son nom à la « montille de l’Etoile »). Cette chapelle n’est pas paroisse. Le prêtre qui la dessert est Louis Roguier, de Guillaume-les-Castellane en Provence, prêtre aux Saintes-Maries ; il reçoit 150 livres pour son entretien.

La plus grande partie des bâtiments a été bâtie par Blacas Vérignon. Les cabanes qui précédaient, en bois et en terre ont été brûlées « par accident ». (voir les conditions d’attribution de la commanderie). Les bâtiments « font angle ». Ils sont de plain-pied : cuisine, chambre et cellier, face au Rhône, écurie fromagère, et au-dessus, possibilité de coucher les valets. Volailler et pigeonnier au-dessus, au plus près du Rhône. L’étable à pourceaux est à côté du pigeonnier. A côté de la cuisine, il y a un four et un fournil.

Les tènements sont Capette, la Martellière, et Négo-Roumieu (Noie pèlerin, évoque bien les traîtrises et les pièges des chemins traversant les Marais, pour les pèlerins qui avaient passé le Rhône au bac plus méridional de « Consoude »). On y sème 200 seterées de blé, qui rendent six fois la semence. Les bois de l’Escale, et de la Martellière sont riches en peupliers, ormeaux, aubes, frênes. Des ormeaux sont morts à la Martellière. Les herbages peuvent nourrir 1500 bêtes à laine.

Un bornage de 1663 nous renseigne sur les confronts :
— tout le long du Rhône.
— chemin entre commanderie de Barbentane et terre de la Loubatière, tirant droit entre Venne (la Sylve ?) et le Tête de Loup.
— Etang et Paluds de Coute (aux collégiats) et palud de la Souteyranne, au Grand Prieuré.
— Tènement de Claire Farine — — le fossé commence à la Martellière, tirant en bas du côté de la palud, contient la terre labourable, et, faisant un angle, achève les labourages.

A l’extrémité de la Martellière, il y a un abreuvoir.
Le commandeur de Capette peut faire hiberner aux herbages de la Pinède :
En janvier et février : 70 bœufs de labour.
Toute l’année, aux herbages de Venne, 2 000 brebis et 20 juments.
Nego Roumieu Le bétail qui peut HIVERNER, ou paître à la Pinède (également à l’Ordre depuis 1 250 : 1 251) traduisent bien les inconvénients de ces « terres basses », facilement inondées. (Altitude ACTUELLE : 1 mètre, et parfois moins) C’est ce que confirmera la Visite de 1713. Ni les bâtiments ni la surface des labours n’ont varié. Mais « les inondations ont mis les fossés hors d’usage, et, en 1713, il n’y aura aucune récolte »
Il y a des prés dans le bois proche l’Escalle (Nous sommes sans doute aux « Prats d’Haut », les prés d’amont de Capette traduits par « les Pradeaux »)
Il faudra faire récurer les fossés.

Nous y apprenons que la chapelle était attenante aux bâtiments d’habitation, et qu’elle est sommée d’un « petit clocher avec une cloche »
1. — Note de Ph. Ritter : — Nous reproduisons ici l’intégralité du texte de Roseline Jéolas, avec son style propre, ses interprétations, ses erreurs, et parfois même ses fautes de dactylographie.
Sources : DOMAINES RHODANIENS D’ORIGINE MEDIEVALES par Mme JEOLAS et l’Association d’Histoire d’Archéologie et de Sauvegarde de SAINT-GILLES — 1987 — (pages 24 et 25).
Sources : Les documents sont issus du site Internet Philippe Ritter - Nemausensis Fichier PDF


Cavalès ou Cavalet   (30)

Domaine de l’Hôpital de Cavalès
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Hospitalis Cavalès
Domus Hospitalis Cavalès


Nous retrouvons dans les diverses archives locales et nationales, la maison de Cavalet sous différentes orthographes : Cavalis, Cavales, Cavaletz ou Cavalez.
Elle est l’exemple type, et peut-être unique, des propriétés originales des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem en Camargue, qui n’ont jamais bénéficié de l’héritage des Templiers, par le Concile de Vienne, en 1312. Seules ses mesures ont évolué au cours des siècles.
Dépendante du Grand Prieuré de Saint Gilles depuis 1255, elle est démembrée en 1654, pour devenir Commanderie, à part entière.
A cette époque, elle consiste en un bâtiment et un domaine constitué de 40 charges de blé en labourage, et 40 seterées de pâtures, y compris le « Petit Bois » (Archives des Bouches du Rhône).

Elle comprend un appartement pour le fermier, et un pour le commandeur. (Jean Raybaud).
Comme tous les biens de l’Ordre, elle sera aliénée aux Biens Nationaux à la Révolution, et vendue par lots aux « Citoyens »
Elle est située à une demi-lieue de Saint Gilles, sur la route de Fourques, et limitée au Sud, par le Petit Rhône.

1255 : — Bertrand de Fasian vend au prieur de Saint-Gilles Féraud de Barras, la partie de la « métairie noble » de Cavalet qu’il possédait. La famille de Fasian avait donné des Chevaliers aux Arènes de Nîmes depuis 1142, dont un certain Bertrand de Fasian, peut-être un ancêtre de notre vendeur. (Voir F. Mazauric. Les Chevaliers des Arènes, 1934, page 168)
1259 : — Hugues de Tarascon vend l’autre partie de la « métairie noble » de Cavalet au prieur de Barras. L’ensemble du domaine de Cavalet est alors un membre de la Maison du Grand Prieuré de Saint-Gilles, gérée comme une commanderie.
1312 : — Concile de Vienne : Les biens des Templiers sont remis aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Aucune terre n’est annexée à Cavalet.
1521 : — Evaluation et réception des bestiaux et meubles garnissant le mas de Cavalet.
(Voir Archives du Gard, Notariat de Saint-Gilles, Me Jean Robert. E 947, page 486)
1652 : — La communauté de Saint-Gilles vend au Grand Prieur les herbages « Du Contras », contigus au domaine.
1654 : — Cavalet est démembré de la Maison de Saint-Gilles, en même temps que le domaine de Petite Argence.

I. Cavalès
Extrait de l’inventaire sommaire
Des Archives Départementales des Bouches du Rhône 1869.
Par Mr de GRASSET. Archives Ecclésiastiques. Série H. (Page 21). VIII.
Commanderies de Cavalet, Comps, Gap et Gap-Francès.

— Démembrée du grand prieuré contemporainement à celle d’Argence (1654), cette commanderie consistait en un bâtiment, et un domaine de quarante charges de blé en labourage, et quarante seterées de pré, y compris un petit bois ; le tout, limité par le Rhône et par le chemin de Saint-Gilles à Fourques, avait été acquis en 1255 et 1259 de Bertrand de Fasian et Hugues de Tarascon : on y avait ajouté les herbages du Contras, que la communauté de Saint-Gilles avait vendus au grand prieur en 1652.
— Il ne reste des archives de cette commanderie que l’inventaire et une liasse de papiers divers.
Son rendement, en 1777, était évalué à 5.101 livres, 5 sols.

Jean Raybaud
Tome I - Page 164
« Barras acheta, le 8 mars suivant (1225), pour la maison de Saint-Gilles, une partie de la métairie noble de Cavaletz.
Il est qualifié, dans cet acte, de prieur des maisons de l’Hôpital en Provence. Il acquit, dans la suite, le restant du domaine. »

Jean Raybaud
Tome III - Pages 25
Etat de toutes les commanderies demandées par Frère Henri-Augustin de Piolenc. Lors de sa nomination au titre de Grand Prieur de Saint-Gilles en juillet 1757
Cavalès (Languedoc).
Revenu net en 1758 : 6.500 livres.
Commandeur, frère Joseph-Paul de Gautier-Valabre, 52 ans.
Cette commanderie faisait également partie du grand prieuré, et en fut démembrée en 1643. Elle est située en Languedoc, dans le terroir et à demi lieue de Saint-Gilles, et comprend un appartement pour le fermier et un pour le commandeur.
Elle rend quitte : 3.000 livres.
Extrêmement détruite, cette commanderie a été remise (en état) par les soins de Mr de Villages.
(Pour indication) : Revenu du grand prieuré de Saint-Gilles en 1758 : 16.554 livres, 17 sols, 11 deniers.

Jean Raybaud
Tome III - Pages 59-60
Compte Rendu des visites de commanderies
Entre 1761 et 1762

Le 13 novembre 1761, frère Dominique-Gaspard-Balthazar de Gaillard, chevalier profès, commandeur de Valence, et Joseph Ferraud, prêtre, desservant une place dans l’église collégiale de Saint-Gilles, visitent la commanderie de Cavalet, possédée par frère Joseph-Paul de Gautier-Valabre, chevalier, né le 9 décembre 1708. Ils partent de Bellegarde et arrivent à Cavalet, où ils trouvent le seigneur commandeur de Valabre, qui leur dit que la dite commanderie de Cavalet consiste en un seul membre situé dans la province du Languedoc, dans le terroir et juridiction de la ville de Saint-Gilles, d’où il n’est éloigné que d’environ demi-lieue, composé d’un logement pour le fermier, ses valets et bestiaux, et d’un second pour le commandeur, et à un tènement de terres labourables, pâturages et herbages.

Quant au domaine, il consiste en un tènement de terres labourables, où il sème actuellement 50 salmées (1) de blé, et en pâturages et herbages de contenance d’environ 30 salmées, où peut se nourrir 400 bêtes à laine, y ayant environ 4 salmées de pré et un bois de contenance de 4 salmées, dans lequel il y a diverses allées, où on coupe du foin.
1. Ancienne mesure agraire utilisé dans les Bouches-du-Rhône, d’une mesure agraire de soixante-dix ares, Barral, les Irrigations dans les Bouches-du-Rhône, Paris, 1876, page 71.
Sources : Le Littré


Cette commanderie a été démembrée du grand prieuré de Saint-Gilles, par délibération de la vénérable Langue de Provence, et a été bornée et limitée en 1742, et le verbal remis aux archives.
Elle affermée à Mathieu Borneton, par acte (chez) Me Rocquelain, notaire, le 18 juillet 1757, moyennant la rente de 4.300 livres.

D’après l’enquête, le commandeur de Valabre fait sa résidence sur la commanderie, il vit en bon religieux et administre très bien sa commanderie.
Le revenu de Cavalet est de : 4.300 livres.
Les charges sont de : 868 livres, 10 sols, 6 deniers.
Reste net au commandeur : 3.431 livres, 9 sols, 6 deniers.
Le secrétaire du procès-verbal est Me Rocquelain, notaire à Saint-Gilles.
L’avis de clôture est daté du 14 novembre 1761.

Jean Raybaud
Tome III, Pages 190-191
(Préparation de l’aliénation des biens nationaux)
Déclaration des biens de l’Ordre devant la municipalité de Saint-Gilles Par les commandeurs ou leurs représentants.
Du 10 mai 1790, s’est présenté M. de Coriolis, procureur fondé de M. le chevalier de Moriès de la commanderie de Cavalès, dont il est administrateur, commanderie appartenant à l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, représenté par la personne de son Altesse Eminentissime Mgr le grand maître et sacré conseil à Malte, en l’absence du sieur chevalier de Moriès, le dit Mr de Coriolis remet d’office pour lui à la municipalité de Saint-Gilles la note des tènements et terres qu’il possède, pour obéir à la proclamation du Roi du 27 décembre 1789, sur l’imposition des biens des privilégiés en Languedoc et pour cette commune de Saint-Gilles.
La commanderie de Cavalès consiste en une maison, jardin et en 175 salmées, 2 émines.
La commanderie est affermée 9.000 livres.
Les charges sont :
1. — A l’Ordre pour la responsion : 1.100 livres.
2. — Entretien des chaussées : 500 livres.
3. — Frais de régie : 400 livres.
En tout : 2.000 livres.

Suit le certificat de Jean-Baptiste Gros, prêtre conventuel de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem et archivaire du dit Ordre au grand prieuré de Saint-Gilles. Il constate que :
« Il appert par le verbal fait en l’année 1766, le 8 juillet, du rapport de révision de bornes et limites des biens et domaines de la commanderie de Cavalès, que les susdits biens contiennent en total 175 salmées, 6 émines, 21 dextres ; la dite révision faite par le sieur Imbert, géomètre et arpenteur juré, par devant Me Jean-Jacques Vergier, avocat à la cour, commissaire à ce député par M. le sénéchal de Nîmes.
Signé Gros, archivaire, et de Coriolis. »

Jean Raybaud
Tome II - Pages 221 à 225
— Page 221 : Le Conseil donna commission, en 1656, à frère Jacques de Castellane-Montméjan, commandeur de Puimoisson, et Jean-François de Verdelin, commandeur de Saint-Jean de Barante, de signer les membres du Grand Prieuré de Saint-Gilles, qui devaient former les deux commanderies qu’on en avait démembrées, pour la délibération de la Langue de 1654. Ceux-ci en détachèrent, par leur verbal du 10 mai 1656, les métairies du Petit-Argence et de Cavalès, et les firent en même temps borner.
— Page 222 : Dès 1645, le Grand Prieur Forbin de Bonneval se réserve l’ensemble des revenus du Grand prieuré jusqu’à sa mort. Ainsi, les commanderies nouvellement démembrées, ne furent pourvues à des commandeurs qu’après le 12 juillet 1661.
— Page 225 : Le Conseil conféra, le 15 juillet 1661, les commanderies qui avaient été formées du démembrement du Grand prieuré fait aux années 1645 et 1654. Le Petit-Argence fut donné au bailly Balthazar de Demandols, et Cavalès à frère Jacques de Chavary.

Roseline Jéolas
Association d’Histoire, d’Archéologie et de Sauvegarde de Saint-Gilles
Extrait du Rapport des Expositions du mois d’Août 1987 (Daté du 5 août 1987)
« Domaines Rhodaniens d’origine médiévale »
Pages 19-20


Cavalès
En 1255, et le 8 mars, Féraud de Barras, prieur de Saint-Gilles, acheta une partie de la métairie noble de Cavalet. Par la suite, il acquit le reste de ce domaine.
Nous ne savons pas qui fut le vendeur. Peut-être l’abbé de Saint-Gilles ? Cavalet est dite « métairie noble ». et l’abbé est, en 1255, seul seigneur du terroir (1). Mais nous n’avons pas de preuves. »
1. — Note de Ph. Ritter : Voir l’Histoire du Château des Arènes, par Félix Mazauric, page 168.
— Les Fasian ou Faisan ont donné plusieurs Chevaliers des Arènes de 1142 à 1256.
— Par les Archives des BDR, on apprend qu’un Bertrand Fasian vend son domaine noble de Cavaletz au GP de Saint Gilles le 8 mars 1225.


En 1674, Cavalet est un « membre » du Grand Prieuré de Saint-Gilles (2).
2. — Note de Ph. Ritter : Voir Jean Raybaud, Tome II, page 221.
— « Petit-Argence et Cavalès, membres du GP de Saint-Gilles, ont été démembrés par délibération de la « Langue de Provence » de 1654. Le conseil des chevaliers, en date du 10 mai 1656 ordonna de les détacher en commanderies et de les faire borner. »


Les bâtiments sont de forme longue, de surface soixante et dix cannes carrées. Au « premier étage », il y a quatre chambres. Les bâtiments d’habitation sont complétés par une écurie, basse-cour, une « vanade », (hangar) un pigeonnier à trois étages en forme de tour carrée. Le bas de ce pigeonnier est un volailler. L’étage intermédiaire sert à renfermer les outils, et le haut est occupé par les pigeons. Il y a un puits. On y élève 300 bêtes à laine.

La visite de mai 1713 nous apprend que le fermier de Cavalet est Jacques Baulès de Saint-Gilles. Dans la cuisine, il y a un four à cuire le pain. L’écurie, de 7 cannes sur 3 et demie, voit son toit soutenu par deux piliers en pierre de taille. Au-dessus est un grenier à foin. Elle est garnie de deux crèches et de deux râteliers. Son toit est de tuiles, suite (illisible).
Le puits a un garde-fou en pierre de taille.

On sème 40 charges de blé, mesure de Saint-Gilles. Les prés occupent 40 seterées. Il existe un petit bois où les arbres sont fort éloignés les uns des autres. Les herbages, ce sont les « restoubles », les « ribes », et une lisière de terre hors la chaussée.
Un énorme souci : du chemin du port à l’herbage du Contrat (Contras), les gens font un chemin, même avec les charrettes, dans les terres de semence, au milieu, au lieu de passer au chemin.

Aucun procès n’est en cours. Mais Troudet a fait construire un bâtiment au port (passage du Rhône), en partie sur les terres de la commanderie, pour y loger ses employés. Il doit s’agir, pour ces constructions, de l’équivalent, en rive languedocienne, des « Cabanettes du Port » de la rive provençale, et qui, elles, dépendent de la commanderie de Saliers.

Il semble bien qu’il s’agisse soit du Maire Troudet, soit de quelqu’un de sa famille. En effet, à peu près à la même date (tout de même un peu plus tard, vers 1740) Jean-François Troudet, Maire de Saint-Gilles, possède une maison servant de bureau, un pailler et un jardin au port. Les terres mitoyennes au couchant et au Nord sont des terres de Cavalet.

Les « avis », « conseils », ordres » donnés par les visiteurs : s’efforcer de terminer à l’amiable le différend avec Troudet. Faire réparer l’étable à cochons. Récurer tous les fossés. Empêcher les passages. Et surtout, raccommoder l’abreuvoir, pour y aller commodément.
Sources : Nemausensis


Sylvéréal ou Plan-de-La-Peyre   (30)

Commanderie de Sylvéréal ou Plan-de-La-Peyre
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Vauvert - 30


Domus Hospitalis Plan-de-La-Peyre
Domus Hospitalis Plan-de-La-Peyre


Le Plan de La Peyre est l’ancien nom de l’actuel mas de Sylvéréal.
Un plan d’eau voisin de Sylvéréal porte encore le nom de Plan de La Peyre.
Cette commanderie se situe sur le Petit Rhône, près de La Vernède, entre Aigues-Mortes et Les Saintes-Maries-de-la-Mer. Elle est le point de départ, au Sud, de ce que nous appelons « La Route des Commandeurs »
En effet, ce chemin suit la digue du Petit Rhône vers le Nord jusqu’à Saint-Gilles, puis se poursuit vers Fourques, et rejoint Beaucaire. De Sylvéréal à Astros (Saint-Pierre de Campublic, commune de Beaucaire), cette route traverse pratiquement sans discontinuité les terres, métairies et commanderies de l’Ordre de Malte. Elle servait à l’entretien des digues du Petit Rhône, facilitait l’accès aux différents domaines, et permettait des visites régulières par les Commandeurs. C’est grâce à ces « Visites » que les biens ont été parfaitement entretenus, et leurs compte-rendu rédigés systématiquement, nous rapportent aujourd’hui énormément d’informations assez précises.
Les Archives Départementales des Bouches du Rhône, à Marseille, nous confirment que L’Ordre des Templiers et celui des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédaient déjà des biens contigus sur le terroir du Plan de La Peyre.
Le Concile de Vienne, en 1312, n’a fait qu’accroître les biens des Hospitaliers, en Camargue. Le Plan de La Peyre en fait partie.

Dépendante du Grand Prieuré de Saint Gilles, elle est démembrée en 1654, pour devenir Commanderie, à part entière, en même temps que ses voisines, Capette, Cavalet et Sainte-Anne-d’Argence, situées sur la « Route des Commandeurs »

En 1762, elle ne consiste qu’en un bâtiment avec un appartement pour le fermier et un pour le commandeur, puis les terres attenantes au domaine et des droits de dépaissance dans la Sylve godesque.
Le domaine est traversé partiellement par le canal de Pécays, qui le délimite en partie de la commanderie mitoyenne de la Vernède. Cette dernière ayant été rattachée très longtemps au Grand Prieuré établi en Arles, fera partie du département des Bouches-du-Rhône, contrairement au domaine du Plan de Peyre, qui lui, reste dans le Gard ; d’où cette enclave qui existe encore aujourd’hui.
Comme tous les biens de l’Ordre, elle sera aliénée aux Biens Nationaux, en 1793, et vendue par lots aux « Citoyens »

Extrait des Archives du Gard 1916. Par Bligny-Bondurand
H. 889 (Portefeuille). 847 feuillets écrits, papiers. 1759-1763

— Grand prieuré de Saint-Gilles. Premier tome des visites de 1761, provenant de Mathieu Beuf, notaire royal et secrétaire de l’Ordre de Malte. Ce recueil se compose de cahiers in-f°, dont chacun est consacré à la visite d’une commanderie, et a sa pagination ou foliation séparée, quand elle existe.

Folios 116-121.
— Visite générale de la commanderie du Plan de La Peyre, possédée par Jean-Joseph-Gabriel de Thomas-Gignac (20-26 novembre 1762). Les visiteurs sont le chevalier de Piolenc et le prêtre Baud.
Le revenu est de 3.342 livres, 5 sols, 7 deniers.
Ordonnances.

Extrait de l’inventaire sommaire des Archives Départementales des Bouches du Rhône 1869. Par Mr de GRASSET (Pages 43-44)
XVI. — Commanderies de Montpellier, Narbonne, Pézenas et Plan de la Peyre.
IV. — Plan de la Peyre, sur le Petit Rhône, près de la Vernède, diocèse de Nîmes.
— Cette commanderie ne consistait qu’au chef ou métairie du Plan de La Peyre, traversé par le Canal de Pécays, avec terres, pâturages, herbages, droits de dépaissance dans la Sylve godesque, et une pension de 300 livres, tournois (1)
1. Les titres de cette commanderie ont été retrouvés : c’était un démembrement du grand prieuré de Saint-Gilles décrété vers le milieu du XVI siècle.

Jean Raybaud
Tome III. Pages 57-58.
Compte Rendu des visites de commanderies entre 1761 et 1762.

La visite du Plan de La Peyre est faite, le 20 novembre 1762, par frère Pierre-Paul de Piolenc et Me Baud, prêtre du diocèse de Nîmes, dont la commission est signée par le grand prieur de Piolenc, le 25 octobre 1762.
La commanderie du Plan de La Peyre est jouie par frère Jean-Joseph-Gabriel de Thomas-Gignac, chevalier, commandeur du Plan de la Peyre et de Cagnac, elle est située en Languedoc, terroir de la ville de Saint-Gilles, diocèse de Nîmes, le long du petit Rhône, éloignée de la Vernède d’un quart de lieue et de la ville de Saint-Gilles d’environ quatre lieues. Sieur Antoine Maurizet, bourgeois de la ville d’Arles, est le procureur dudit commandeur de Gignac, qui a dit que la commanderie du plan de La Peyre ne consiste qu’en un bâtiment et un tènement de terres labourables et herbages.
D’après l’enquête, le commandeur de Gignac fait sa résidence ordinaire en la ville d’Apt, en Provence, et vient de temps en temps à Saint-Gilles pour les affaires de sa commanderie. Il vit en bon religieux et administre sa commanderie en bon père de famille.
Le revenu général est de : 4.600 livres.
Les charges de : 1.257 livres, 14 sols, 5 deniers.
Le revenu net est de : 3.342 livres, 5 sols, 7 deniers.
L’avis de clôture est daté du 26 novembre 1762.

Jean Raybaud
Tome III. Page 150
Pendant son priorat, le grand prieur de Galéan passa aussi deux arrentements par devant Me Roquelain, notaire à Saint-Gilles, l’un de la commanderie du Plan de La Peyre et l’autre de porte-Arnaud, membre dépendant de la commanderie de la Favillane.
Le premier, qui fut passé le 3 juin 1782, porte que Antoine Lions, bourgeois, habitant de la ville d’Arles, en qualité de procureur fondé de Messire Honoré de Thomas-Chateauneuf, chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de la commanderie du Plan de la Peyre, par acte de procuration reçu par Me Laurent-Paul Morini, notaire de la Valette dans l’ile de Malte, en date du 4 avril 1776, duement contrôlé au bureau de la ville d’Arles, le 4 avril 1777, arrente à Jean Aurillon, ménager, habitant de cette ville de Saint-Gilles, la dite commanderie du Plan de La Peyre, située dans le terroir dudit Saint-Gilles, prés le port de Sylvéréal, pour cinq ans, à raison de 5.800 l. chaque année.
Le second arrentement concerne la commanderie de la Favillane.

Jean Raybaud
Tome III. Page 191
(Préparation de l’aliénation des biens nationaux)
Déclaration des biens de l’Ordre devant la municipalité de Saint-Gilles.
Par les commandeurs ou leurs représentants « Du 1er juin 1790, s’est présenté sieur Laurent Lions, bourgeois, habitant d’Arles, par procuration de M. le chevalier de Tressemanes-Bonnet, commandeur du Plan de la Peyre. »

Inventaire sommaire des Archives Départementales du Gard
Série E. Notariat de Saint-Gilles
E 939, (page 474)

Jean Robert (1510-1512)
— Arrentement passé par Jean Vorilhon, commandeur d’Aubais, maître de la maison prieurale ou maître d’hôtel du grand prieur, des pêcheries du Plan de La Peyre et de Fontanilles, et de toutes celles situées entre les pêcheries de Coute et le rivage de la mer, moyennant 22 florins (2 mars 1511).

E 943, (page 483)
— Arrentement passé par Jean Boniface, commandeur de Rayssac, Saint-Maurice et Saint-Christol, vicaire du grand prieur, à un habitant d’Aigues-Mortes, des pêcheries de Fontanilles du Plan de La Peyre, depuis le bois de l’Escalle jusqu’au vallat ou fossé de Mr de Bane, moyennant 24 florins et 1 quintal de carpes (4 mai 1518).
Sources : Dossier réalisé par Philippe Ritter et Georges Mathon. Nemausensis


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