Département de l'Oise
Abbaye-aux-Bois (60)
Abbaye-aux-BoisDépartement: Oise, Arrondissement: Clermont, Commune: Saint-Martin-aux-Bois - 60
En 1150, Ansel, ministre général de lordre des Hospitaliers de France, reconnut que léglise dEterpigny devait, au jour de Pâques, à léglise Notre-Dame de Ham, cinq sols, monnaie de Nesle, pour la menue dîme de Libermont, quelle tenait de la libéralité du Drogon de Viri.
En juin 1410, les religieux de Saint-Jean-de-Jérusalem dEterpigny firent bail de la maison sur du Temple des bois, avec la prétendue (ferme), à Aubert de Biencourt, écuyer, et à Marie de Fourques, sa femme, avec toutes les terres labourables et les dépendances, à lexception toutefois, » de la chambre estant deseure le porche de la maison » que le Commandeur se réservait.
Les tenanciers de lhôtel de lHôpital du Temple ou Hôpital-au-Bois, faisaient laveu et le dénombrement de leurs terres au Commandeur dEterpigny.
Au mois doctobre 1630, le lieutenant général des eaux et forêts de France, fit la visite de létat des bois de la Censé de lHôpital du Temple.
Une sentence des requêtes du Palais, rendues en faveur du chevalier de La Salle, Commandeur dEterpigny, condamna labbesse de lAbbaye-aux-Bois, à payer une rente de dix setiers de blé, perceptibles sur les dîmes de Libermont.
En 1738, il fut fait un arpentage des pièces de terres de la ferme de lHôpital, on y voit des pièces dire : Grant-Essart, le Quemin blanc, le champ Masson, le champ de Boilieux, champ de la Porte, champ du Pont, la Motte-aux-Moulins, le champ du Quigniaux, la terre dErcheu, etc.
Jean Patte acheta, le 2 juillet 1739, à la commanderie dEterpigny, un moulin avec les bâtiments, établis sur une pièce de terre, au lieu-dit : La Motte, sur le terroir de lHôpital de Libermont.
Raoul, comte, de Vermandois, donna vers 1134, aux religieux de Notre-Dame-de-Cuissy, une terre sise à Bonneuil. Ce lieu consiste
aujourdhui en une ferme située près de la fontaine qui bout, et qui dépend dEmery-Hallon.
Dans la paroisse de Libermont, il y avait une chapelle dite : Notre-Dame de Bizencourt, qui fut transférée dans léglise paroissiale. Les revenus consistaient en soixante-dix setiers de blé, mesure de Nesle, que touchait le chapelain nommé par lévêque diocésain, à la charge de dire une messe-basse par semaine.
Dépendances et écarts : Hameau de Cachy et ferme de lHôpital.
Contenance territoriale, 1 135 hectares. Population, 359 habitants.
Sources : CÖET EMILE. Notice historique et statistique sur les communes de larrondissement de Compiègne BNF
Beauvais (St-Pantaléon) (60)
Biens du Temple puis de l'Hôpital à BeauvaisDépartement: Oise, Arrondissement et Canton: Beauvais — 60

Domus Hospitalis Saint-Pantaléon
Eglise de Saint-Pantaléon de Beauvais
Au sud-est, également sur le rempart, ou du moins contre le rempart, fut construite l'église Saint- Pantaléon qui depuis 1819, a fait place à une caserne de gendarmerie.
Elle fut d'abord désservie par les chanoines. Louvet rapporte que pendant le Xe siècle, sous l'épiscopat d'Hildégaire, on y porta un jeune homme atteint du feu sacré, dans l'espoir d'obtenir sa guérison de l'intercession du saint martyr auquel elle était consacrée (1).
1. Louvet, Histoire des antiquités du diocèse de Beauvais, tome II, page 173.
Vers le commencement du XIIe siècle, les chanoines Hugues et garnier la donnèrent à Saint-Martin-des-Champs de Paris, à la condition qu'ils y établiraient une communauté de moines, et cette donation fut confirmée en 1108, par le pape Pascal II.
Elle fut en tout premier lieu entre les mains de l'Ordre du temple, elle passat ensuite à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui la fit dépendre de la Maison du Temple de Sommereux. On voyait dans cette église deux tombes remarquables. L'une avait pour inscription:
Cy gist frère Lancelot dit Poule, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Laigneville, du Saussoy, de Sommereux et de céans, qui trépassat l'an mil trois cent quatre-vingt et deux.
On lisait sur l'autre:
Cy gist Jean Perrin, chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Martigne et Sommereux, qui décédat l'an mil quatre cent-vingt et neuf.
Sources: M. l'Abbé Barraud, Beauvais et ses monuments, pendant l'ere Gallo-Romaine et sous la domination franque. Page 217. Paris 1861. Bnf
Bellicourt (60)
Commanderie de BellicourtDépartement: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Cuvilly - 60

Domus Hospitalis Bellicourt
Cette importante mutation de propriété consécutive à la Révolution, avait été précédée, à partir de janvier 1791, d'une série d'aliénations de Biens Nationaux de « première origine » provenant du Clergé, qui représentaient pas moins de 184 ha à Cuvilly, soit quelque 21,4 % de la superficie de la commune : il s'agissait de terres, prés et bois appartenant à l'abbaye de Monchy, à la Congrégation de Versailles, à la cure et à la fabrique paroissiale.
Mais surtout à la commanderie de Fontaine-sous-Montdidier (80), de l'Ordre de Malte, possédant la grosse ferme de Bellicourt (le), qui comptait près de 155 ha de terres et fut achetée le 1er brumaire an VI (22 octobre 1797) par un nommé Gravet de Paris ; les biens de moindre importance firent le bonheur d'autochtones, tels Louis Barbier, François Baudouin, J.M. Vigneron, Louis Fraillon, Thomas Lanvin, ce dernier étant acquéreur du presbytère, le 25 pluviôse an V (13 février 1797).
Aujourd'hui ferme La Malcampée, bourg de Ressons-sur-Matz
Grâce à son oncle Thibault Guilbert, le maître d'école du village, Julie Billiart put apprendre à lire et à écrire. A sept ou huit ans, elle réunissait déjà les petites filles du village pour leur enseigner le catéchisme. Monsieur Potier, curé du lieu vieillissant et perclus de douleurs, appela auprès de lui son neveu Dangicourt, en juin 1759, pour l'assister comme vicaire. Ce jeune prêtre allait jouer un rôle considérable auprès de Julie Billiart, en la guidant spirituellement et surtout en lui administrant secrètement la communion pendant trois ans.
Le 4 juin 1764, Julie recevait avec les enfants du village la confirmation de l'évêque de Beauvais, qui bénissait la nouvelle chapelle des hospitaliers de
Saint-Jean de Jérusalem sise à Bellicourt, un hameau de Cuvilly.
L'un des chevaliers offrit à Julie un reliquaire contenant une parcelle de la vraie croix et quelques autres reliques, pour la récompenser de sa conduite exemplaire. Elle en fit don à la paroisse, qui l'exposa tous les ans jusqu'à la Révolution.
9 - 13 juin 1918. En fin de matinée, les débris de la 58e division d'infanterie, stationnent à Lataule et à la ferme de Bellicourt. A droite, Ressons-sur-Matz est pris.
Sources : Annales historiques compiégnoises, page 26. Compiegne 2007 BNF
Berogne (60)
Seigneurie de Hôpital de BérogneDépartement: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Attichy, comune: Chelles — 60

Hôpital de Bérogne
La terre et seigneurie de Bérogne appartenait, au commencement du XIIIe siècle, aux frères de lHôpital de Senlis. Guarnot, seigneur de Bérogne, et Marie, sa femme, par diverses lettres délivrées sous le sceau de Garin, évêque de Senlis, et de son official en 1215 et 1224, avaient donné au dit Hôpital, pour nen jouir toutefois quaprès leur mort, 34 arpents de terre, puis leur maison et leur grange de Berogne, « domum suam et granchiam de Berrone », avec des cens et des rentes seigneuriales, à la condition que les Hospitaliers recevraient le seigneur Guarnot et sa femme dans leur confraternité, en leur accordant lhabit de la religion et la sépulture dans la chapelle de lHôpital de Senlis, lorsquils viendraient à mourir.
Mais en 1478, Jean Foulon, commandeur de Senlis, voyant létat de ruine où se trouvait la maison de Bérogne, à cause des guerres qui avaient eu lieu, accorda en arrentement perpétuel à un nommé Flumart-Lulli, « la masure appelée lHospital, où souloit avoir deux maisons, séans à Berron, tenant à la rue de Triere, pardevant et parderriere à la rue des Rosieres, dun costé à léglise de Barron, au canon annuel de huict sous parisis. »
Il nest pas question des terres et des revenus seigneuriaux qui auront été sans doute aussi aliénés, car aucun terrier ni censier nen fait mention à partir du XVIe siècle.
Comme les Hospitaliers, les Templiers possédaient des établissements dans le Valois.
Nous en avons trouvé à :
Senlis
Domaine de lHôpital de Senlis
Barbery
Domaine de lHôpital de Barbery
Verberie
Domaine de lHôpital de Verberie
Pont-Sainte-Maxence
Hôpital de Pont-Sainte-Maxence
A Senlis, ils avaient une maison. Elle est mentionnée dans une charte du mois de janvier 1258, par laquelle frère Barthélemy, commandeur du Temple à Paris, céda à Pierre de Boucel, commandeur de Lagny-le-Sec, outre des cens quil possédait à Senlis et à Barbery, un bois « Aulmont (Aumont) », et une maison dans la ville de Senlis tenant, y est-il dit, à celle des frères du Temple.
La maison du Temple de Senlis, devenue plus tard la propriété de lHôpital, fut donnée avec dautres maisons, en arrentement perpétuel. Elle est désignée dans un censier de 1495, « par la maison qui fet le coing de la rue du Temple en rue Parisie. »
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Clairoix (60)
ClairoixDépartement: Oise, Arrondissement et Canton: Compiègne - 60

Domus Hospitalis Clairoix
La commanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem dIvry-le-Temple, à laquelle étaient réunies les commanderies de Compiègne et de La Landelle, possédait une maison, avec un jardin et des dépendances en la Villa de Clairoix ; le 2 juin 1357, les frères firent bail dudit immeuble, moyennant quatre livres dix sols parisis de loyer.
Ces mêmes chevaliers firent bail à vie, à Henriet Toumet de Clairoix, à Jeanne sa femme et à ses trois enfants, dune place près de la rivière dOise, sur laquelle il y avait un moulin à tan et un moulin à couteaux, moyennant huit livres parisis, à la charge dy faire un moulin à blé. (6 juin 1396).
Sources : CÖET EMILE. Notice historique et statistique sur les communes de larrondissement de Compiègne BNF
Crisolles (60)
CrisollesDépartement: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Noyon - 60

Domaine du Temple de Crisolles
Au Moyen Âge, une maison forte et un château, appartenant aux Templiers de la commanderie dEterpigny protégeaient le village, qui appartenait en grande part à lordre religieux. Lors de la dévolution des biens de lordre du Temple la maison forte et le château reviennent aux Hospitaliers de lordre de Saint-Jean de Jérusalem. Léglise, détruite pendant la Première Guerre mondiale, était considérée comme une ancienne chapelle templière.
Sources : Histoire de Crisolles BNF
Lalandelle (60)
Commanderie de LalandelleDépartement: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton: Le Coudray-Saint-Germer — 60

Commanderie de Lalandelle
Lalandelle, ancienne commanderie de lHôpital, à trois lieues de Beauvais. La maison de Lalandelle était fort ancienne, car elle existait en 1168, alors que Hugues, doyen de léglise de Beauvais, par une charte de cette date, déclarait que devant lui sétait présenté Hugues dAilly, « de Alliaco », qui avait dit avoir donné à lHôpital de la maison de Lalandelle, « Hospitali domus de Landella », une maison quil possédait à Beauvais au Dellier, « in Dellerio », près de léglise de Saint-Hyppolite ; et que du consentement de sa femme, il en avait fait don, par lentremise de lévêque, à frère Guillaume, alors commandeur de Lalandelle. Celui-ci, de son côté, avait admis le donateur et sa femme à participer aux bienfaits spirituels de lHôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, et leur avait remis de laumône de lHôpital, sept livres de monnaie de Beauvais.
La maison de Lalandelle était située près de léglise du lieu, dont la cure était à la présentation du Commandeur. Celui-ci avait à Lalandelle toute justice et seigneurie, droits de cens et de champart, une rente dun muid de blé sur le moulin de Lessier, près de Clermont; et une autre de 24 setiers, faisant un muid de vin sur la terre de Berville.
Il appartenait encore au Commandeur le patronage de la cure de Chepoix, qui était à sa nomination, et dont il jouissait dune partie de la dune.
1373. Campeaux

Domus Hospitalis Campeaux
En 1373, la commanderie de Lalandelle avait pour membre: la maison de Campeaux, qui en fut détachée plus tard pour être adjointe, comme nous le verrons, à la commanderie de Villedieu-la-Montagne.
Villedieu-la-Montagne
Département: Seine-Maritime, Arrondissement: Dieppe, Canton: Gaillefontaine - 76

Domus Hospitalis Villedieu-la-Montagne
Le revenu de Lalandelle qui nétait, en 1373, que de 113 livres 6 sols 4 deniers ; et en 1495, de 145 livres, sélevait en 1757, à 850 livres ; et en 1783, à 1,400 livres.
Anciens commandeurs de La Landelle
1357. Le chevalier Henri de Rochetaillée.
1370. Le chevalier Nicole dAndelou.
1371. Le chevalier Jean de Fontaines.
1375. Frère Jean Dujardin.
1381. Le chevalier Guillaume du Poule.
1413. Frère Noel Lentequin.
1422. Frère Jean le Dangereux.
1457. Frère Guillaume le Cauchois.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Libermont (60)
LibermontDépartement: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Noyon - 60

Domus Hospitalis Libermont
La paroisse de Libermont était du doyenné de Nesle et de lévêché de Noyon ; du bailliage et de lélection de cette ville.
La cure sous le vocable de saint Eloi, dont la fête se célébrait le 25 juin, était à la nomination de lévêque de Noyon, et valait, avec Cachy succursale, sept cents livres au titulaire.
Léglise paroissiale a le chœur bâti en pierres de taille, et la nef en briques ; elle a été reconstruite, en partie, vers 1688.
Il y avait une chapellenie de sainte Madeleine, à la nomination du commandeur dEterpigny, fondée dans lantique et vaste église qui subsiste encore dans la ferme de la Commanderie ; en 1772, on ny disait plus que deux messes basses par semaine, bien que cette chapelle fut dotée de plus de quatre mille livres.
Le surplus de ces revenus était affecté à un hôpital desservi primitivement par les Templiers.
Cet hôpital existait sur lemplacement de la ferme, situé sur le chemin de Libermont à Emery-Hallon. Lancienne chapelle fut convertie en grange ; cest une construction solide, « de lépoque du gothique à rosace, elle était éclairée par trois fenêtres de chaque côté. »
En 1772, on lisait encore dans cette chapelle, linscription suivante : Cy gist Robert Vingnon de Gonyencourt, chevalier, quant estre frère du temple, qui trespassa le 13 avril, lan de lincarnation mil trois cent sept.
Cet établissement appartenait depuis longtemps à la commanderie dEterpigny.
Sources : CÖET EMILE. Notice historique et statistique sur les communes de larrondissement de Compiègne BNF
Senlis (60)
Commanderie de SenlisDépartement: Oise, Arrondissement et Canton: Senlis — 60

Commanderie de Senlis
Les guerres du XVe siècle avaient tellement diminué les revenus de la commanderie de lHôpital de Senlis, quil ne restait plus de quoi entretenir et faire vivre son commandeur. Cest pourquoi lOrdre jugea à propos de supprimer cette commanderie, et de faire de la maison de Senlis un membre de celle de Lagny-le-Sec.
Cest en 1180, que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem vinrent sétablir à Senlis, dans une maison que leur donna Guy dErmenonville, boutillier du Roi, avec trois muids de mouture et un muid dhivernage à prendre tous les ans dans le moulin de lEtang, « in molendino de Stagno », plus un pré, nommé le Pré de La Bretonnerie, « pratum de Britonia », et un droit dusage dans le bois du Chenay-dOrry, « in nemore de Chesneio de Ory (commune dOry-la-Ville) », consistant en une charretée de bois à un cheval chaque jour, et une autre par semaine quils pouvaient vendre, et dont le prix servait à entretenir et à réparer la charrette et la ferrure du cheval, « equi ferratura. » La charte de donation est datée dErmenonville, « apud Ermenonvillam », lan 1180.
Une autre donation faite en 1194, par Pierre Choisel, sous le sceau de Gaudefroy, évêque de Senlis, porte que ce seigneur, pour le salut de son père et de sa mère, et aussi pour célébrer leur anniversaire, a accordé à la maison de lHôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, située dans le faubourg ou la banlieue de Senlis, « in suburbio Silvanectensi », un cens de dix sols et de trois chapons, avec les droits de justice sur une maison qui avait appartenu à Bernier Fournier, « Furnarius », et sur une autre à Roger Lefebvre, « Faber », contigue à celle de lHôpital de Senlis. Le donateur fit observer que, aussi longtemps que lHôpital naurait point de moulin ni de four, ceux qui habiteraient ces maisons devraient faire moudre leur blé et cuire leur pain au moulin et au four de Pierre Choisel, sous le cens dusage.
Par dautres lettres du même évêque et de la même année, Simon de Malgeneste

Domus Hospitalis Malgeneste, « de Malagenesta (à une lieue de Senlis, près dOgnon, carte de Cassini) », concéda aux frères de lHôpital de Jérusalem à Senlis, un bois, nommé le Bois-Renaut, « nemus Benoldi », comme aussi Robert de Garlande leur confirma la donation à eux faite par son père, de dix arpents de terre, au Sablon de Senlis, « in Sabulo Silvanectensi », à la charge de lui payer une rente de cinq sols parisis. Cette charte de confirmation est datée de lannée 1197, au temps, y est-il dit, où lHôpital de Senlis avait pour commandeur, magister, un frère, nommé Pierre Pilot.
Les donations et les cessions se succédèrent dans le XIIIe siècle, au profit des frères de lHôpital:
Cétaient labandon en 1212, par Pierre, seigneur de « Chauerci (commune de Trumilly) », de 52 sols de cens sur des maisons à Senlis, devant léglise de Sainte-Geneviève.
La donation en 1214, par Pierre, seigneur de Rocquemont, dautres cens au dit Senlis.
La cession dans la même année, par Pierre, seigneur dOignon, dun bois, près dOgnon.
Le don en 1215, par Richard dAngicourt, « de Angicuria », dune maison, près le Pont-Perrin, « juxta pontem Petrinum (le Pont-Perrin était près de Senlis) ».
Lacquisition faite en 1217, dEnguerran, seigneur de Sery, « de Seriaco », dune rente de seize muids de blé, quil tenait du Roi, sur le moulin de « Sery (Sery-Maigneval) ».
Celle faite en 1219, de Guy de Borret, de tous ses héritages au dit lieu.
La cession en 1220, par Roger, seigneur de Ris (peut-être Rieux) et dAsceline, sa femme, de tous leurs acquêts de communauté.
Labandon dans la même année par Guillaume, seigneur de Vaux, « de Vallibus », de toute sa terre à Morancy, « apud Moranciacum Morancy
Domus Hospitalis Morancy » (commune de Boran-sur-Oise)Une charte de Garin, évêque de Senlis, du mois de mai 1220, porte quun nommé Simon, fils de Guibert, sétait présenté devant son officiai, à qui il avait déclaré que, avec lassentiment de son père qui lavait émancipé, il abandonnait tout ce quil pouvait donner de son héritage à la maison de lHôpital de Jérusalem, établie à Senlis, en lui vendant le reste pour 80 livres parisis, qui devaient servir à payer ses dettes.
La même charte mentionne en outre que le dit Simon, avec le consentement des frères de lHôpital, a accordé à sa soeur la moitié de son héritage, bien que daprès la loi elle nen put avoir que le tiers, « licet de consuetudine régis Francie non debet habere nisi tertiam partem. » Toutefois cette donation devait être déclarée nulle et non avenue, si la soeur voulait empêcher lordination de son frère; et, dans ce cas, les biens donnés devaient revenir à lHôpital.
En 1222, une noble dame, nommée Elisabeth, veuve de Guy, autrefois boutillier de Senlis, donna aux Hospitaliers de Senlis et aux frères de la chevalerie du Temple, la moitié du moulin de Chantilly, « de Chantilliaco » dans la terre de
Saint-Leu-dEsserent
Domus Hospitalis Saint-Leu-dEsserent, « in terra sancti Lupi de Escerento », et aussi la moitié du moulin de lAunay ou de Launette, « de Alneto », situé au territoire dErmenonville, « in territorio de Ermenovilla. » Cette donation faite sous le sceau de lofficiai de Senlis, est datée dErmenonville, au mois de février 1222.Daprès un censier de lannée 1304, nous voyons que lHôpital de Saint-Jean de Senlis possédait un grand nombre de cens et de rentes foncières sur des maisons dans la ville:
En la Place aux Charons.
Au Marché au Samedi.
En la rue de la Hésete.
En la rue de la Congnié.
Au Clos-Hérouart.
En la rue au Lyon.
En la Hérengerie.
En la rue Pié-de-Buef.
Autour Saint-Vincent.
A la Porte-au-Pain.
Derrière Lescanges.
En la Poissonnerie.
En la rue Haubergière.
En rue Parisie.
En Faigne.
De lez La Blan-cloche ou Bancloche.
Au Pont-Perrin.
En la Claie.
A la Croix-Saint-Gilles.
Rue Sainte-Geneviève.
Devant la Halle.
Et sur des terres ou héritages dans la banlieue ou aux environs de Senlis:
A La Victoire.
A Villemetrie.
A La Bretonnerie.
Aux Abuvrouers.
Au Pont-Gemer.
A Sotemont.
A la Croutte-Henri.
Au bois de La Saussoie.
A la fontaine Saint-Riule de lez la Croute-Henri.
En la Champaigne.
Au Boutonnier.
Au Buat.
Au Buisson de Barbery.
Au Pommeret.
A la Folie-Riquedon.
A la Croix-Renouart.
A lEpinette.
A la Voie de Balagny.
Aux terroirs dOgnon.
Plailly.
Borest.
A Trumilly.
A Cornefroy.
A Montepilloy.
Mont Eppelouer, etc., etc.
Le domaine de lHôpital se composait de la maison avec la chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, bâtie sur un arpent de terre clos de murs dans la grande rue, à Senlis, vis-à-vis le beffroi; dune grange, appelée la Grange de lHôpital, hors de la ville, avec une cinquantaine darpents de terre; dautres terres encore sur les territoires dOgnon, Barbery, Mont-lEvêque, Rully, Sacy, Abilly, Troisy, comprenant plus de 150 arpents; et enfin denviron 40 arpents de bois dans la forêt dHalatte avec le moulin du Thiery, sur la rivière de Launette. Son revenu, qui était de 142 livres en 1495, montait à 2.300 livres en 1757; et à 3.000 livres en 1782.
Noublions pas de mentionner ici que les Hospitaliers de Senlis possédaient, au XIIIe siècle, dans le Valois, plusieurs domaines:
Celui de la Chapelle-Notre-Dame ou de Bourg-Fontaine
Domus Hospitalis Bourgfontaine (commune de Silly-la-Poterie ou Oigny-en-Valois, Aisne).La terre et seigneurie de Bérogne
seigneurie de Bérogne (commune de Chelles, Oise).Anciens Commandeurs de Senlis
1197. Pierre Pilot, hospitalis silvanectensis magister.
1302. Frère François Guoit.
1304. Frère Jehan de Pringy.
1309. Frère Jehan du Maroel.
1364. Frère Jacques de Rampillon.
1371. Frère Hue Le Parquier.
1380. Frère Simon de Hesdin.
1409. Frère Richard Bernard.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Tracy-le-Mont (60)
Tracy-le-MontDépartement: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Attichy - 60

Domus Hospitalis Tracy-le-Mont
Tracy-le-Mont est une commune importante, bien bâtie, et située au sommet dune colline, à 118 mètres daltitude.
La terre de Tracy était une dépendance de la seigneurie de Tracy-le-Val, et qui relevait de la commanderie dEterpigny, près de
Péronne. Lautel avait été donné aux Hospitaliers, par Simon, évêque de Noyon.
Dans une ferme, on voit les restes dune construction gothique du XVe siècle, que lon considère comme une ancienne propriété des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Les titulaires à la cure de Tracy, nommés par le commandeur dEterpigny, devaient faire profession dans lordre de Malte. Ils
étaient tenus de donner, chaque année, un repas au seigneur ; cette obligation ayant été négligée, une sentence rendue à Compiègne, le 14 avril 1598, condamna le curé à payer sept années darrérages (Graves).
Tracy a été érigé en cure de deuxième classe, par ordonnance du 7 décembre 1828 ; elle navait que le titre de succursale.
Léglise paroissiale est une construction du XVIe siècle ; le chœur est voûté et les arcs reposent sur des consoles sculptées ; les collatéraux ont des pendentifs décorés des armoiries des seigneurs de Nesle-Offémont. La chaire à prêcher, qui porte la date de 1662, est remarquable par ses sculptures.
Sources : CÖET EMILE. Notice historique et statistique sur les communes de larrondissement de Compiègne BNF
Maisons ou Hôpitaux