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Etudes sur les Ordres des Hospitaliers, Malte et Rhodes
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Église de la commanderie Saint-Georges de Lyon
Département: Rhône, Arrondissement et Canton: Lyon - 69

commanderie Saint-Georges
commanderie Saint-Georges

L’Eglise et l’ancienne commanderie de Saint-Georges, dont notre gravure, due au burin de Drevet, M. J, reproduit un dessin au crayon, fait en 1852, par Gabillot, sont au nombre des monuments les plus dignes d’intérêt de notre ville.
Fondée au VIe siècle par saint Sacerdos, évêque de Lyon, l’église de Saint-Georges fut dédiée d’abord à sainte Eulalie (1). Détruite au VIIIe siècle par les Sarrasins, elle fut relevée de ses ruines par l’archevêque Leydrade, qui nous apprend, dans sa lettre à Charlemagne, que, de cette église, dépendait un monastère de filles, placé sous le vocable de saint Georges (2), qui devint, plus tard, le patron de l’église elle-même.
Réunie, au commencement du XIVe siècle à la Commanderie de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, cette église garda néanmoins son titre d’église paroissiale. Son clergé se composait d’un prieur curé et de quatre prêtres chapelains, dont l’un avait le titre de doyen et un autre celui de syndic. L’hôpital de Saint-Laurent, à la Quarantaine, fut placé sous sa dépendance en 1504, la chapelle de Saint-Roch, à Choulans, en 1629 et le monastère des Dames religieuses du Verbe incarné, en 1655. Sept confréries ou associations pieuses y possédaient chacune une chapelle pour y tenir leurs réunions, et c’est dans l’une de ces chapelles que la famille de Langes, alliée aux Bellièvre, avait sa sépulture. Enfin, le Chapitre de l’église primatiale de Saint-Jean avait la coutume d’aller chanter, chaque année, dans cette église, les secondes Vêpres de Sainte-Eulalie, dont la fête se célèbre le 10 décembre. Et c’est, sans doute, en souvenir de cet antique usage, que, jusqu’à nos jours, le clergé métropolitain s’est rendu en procession à Saint-Georges, le dimanche des Rameaux, pour y faire la bénédiction des palmes (3).

L’ancienne église n’avait de remarquable que son sanctuaire construit à la fin du XVe siècle, et dont la voûte était ornée de curieux pendentifs (4).
Son Trésor, renfermait plusieurs œuvres d’art, qui n’étaient pas sans mérite (5). A la Révolution tous ces précieux objets furent confisqués et l’église convertie en fenil. Le Concordat la rendit au culte.
Mais ce ne fut qu’en 1844 que l’on entreprit sa reconstruction, sur les dessins de M. Bossan, architecte. A cette époque furent élevés le chœur, le sanctuaire et le clocher, ainsi que le transept septentrional. Quelques années plus tard, la construction du transept méridional et de la nef vint compléter ce monument, dont la flèche se fait remarquer au loin par ses heureuses proportions, et sa forme élégante et élancée.

La Commanderie de Saint-Georges, démolie depuis trente ans, avait été élevée, comme l’église, à la fin du XVe siècle. D’après le Père de Colonia, et tous ceux qui l’ont suivi, les comtes de Savoie possédaient, au commencement du XIVe siècle, sur son emplacement, un hôtel, qu’ils cédèrent aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, en échange de la Commanderie du Temple située sur la rive gauche de la Saône et dont les Hospitaliers étaient devenus possesseurs, en 1313, à la suite de la suppression de l’ordre des Templiers (6).
D’autres documents nous apprennent, au contraire, que les biens cédés, le 15 juillet 1315, par Amédée V, comte de Savoie, en échange de la maison du Temple, consistaient seulement en rentes et divers droits seigneuriaux à la Verpillière et dans le mandement de Falavier, en Dauphiné (7).

Quoi qu’il en soit, les chevaliers Hospitaliers étaient établis depuis près de deux siècles près de l’église de Saint-Georges, quand la Commanderie, que nos contemporains ont vu démolir, fut construite, en 1498, par les soins du commandeur Humbert de Beauvoir, qui fit placer sur la porte d’entrée l’inscription suivante, que nous a conservé le P. Menestrier : C’est l’entrée de la maison Monsieur Sainct Jean Baptiste et du bon chevalier Sainct Georges, laquelle maison a été faicte et accomplie par messire Humbert de Beauvoir, chevalier de l’Ordre dudict Monsieur Sainct Jean Baptiste de Jérusalem et commandeur de céans. Faict le Ier jour d’octobre, l’an 1498 (8).

Cette Commanderie était composée d’un vaste bâtiment, à plusieurs étages, flanqué de deux grosses tours cylindriques, surmontées, à l’origine, de toits coniques, qui figurent encore sur le plan scénographique de 1550, mais qui furent abattus à une époque inconnue. La salle du Chapitre en était la pièce principale. Près de cette salle, et dans la tour du Nord, existait une tribune s’ouvrant sur le chœur de l’église et dans laquelle le commandeur pouvait assister aux offices. Un bâtiment contigu, composé de deux salles assez vastes, renfermait les Archives.

Après avoir succédé d’abord à Devesset (Ardèche), comme chef-lieu du grand bailliage de la Langue d’Auvergne, la Commanderie de Saint-Georges devint, en 1750, le siège du Grand Prieuré de la même Langue, qui avait été établi successivement à Lureuil (Indre), puis à Bourganeuf (Creuse (9). Et c’est ainsi que furent transférées dans notre ville toutes les Archives de l’Ordre de Malte de la Langue d’Auvergne, qui forment encore aujourd’hui, malgré l’enlèvement de nombreuses pièces, l’un des fonds les plus importants de nos archives départementales.

A la Révolution, les bâtiments de la Commanderie de Saint-Georges furent vendus comme biens nationaux à M. Layat, ancien magistrat, qui éleva d’un étage le principal corps de logis et fit même construire de nouveaux bâtiments dans les jardins (10). Mais cette ancienne demeure des chevaliers de Malte n’était plus habitée que par des ouvriers tisseurs, quand elle fut détruite, en grande partie, par un incendie, au mois de septembre 1854, ce qui entraina bientôt après sa démolition.
1. Severt. Chonologia historica, édition in-4°, page 50.
2. In eadem civitate alias restauravi ecclesias. Unam quidem in honorem sancte Eulalie, ubi fuit monasterium puellarum in honore sancti Georgii, quant de novo operui et ex parte macherias ejus de fundamentis erexi. (Mazures de l’Isle-Barbe. Supplément. Epislola Leydradi. Circa 807.
— Voir Colonia. Histoire littéraire de Lyon. II, page 85.
3. Léopold Niepce, Le grand prieuré d’Auvergne, page 109 et suivantes.
— Meynis. Les anciennes églises de Lyon, page 120.
— Almanach historique de Lyon de page 32.
4. Lyon ancien et moderne, II, page 78.
— Péricaud. Notes et documents, année 1492.
5. Léopold Niepce. Le grand prieuré d’Auvergne, page 112.
6. Colonia. Histoire littéraire de Lyon, II, page 457.
— Lyon ancien et moderne, H, page 75.
— Meynis. Anciennes églises de Lyon, page 118.
7. De Valbonnais, Preuves de l’Histoire du Dauphiné, page 158.
— Léopold Niepce. Le grand prieuré d’Auvergne, page 115.
— Almanach historique de Lyon, de 1762, page 37.
8. Péricaud, notes et documents, année 1498.
— Colonia, Histoire littéraire, de Lyon, II, 420.
9. Léopold Niepce, Le Grand Prieuré d’Auvergne, pages 93, 99, 101 et 302.
10. Cochard, Description historique de Lyon, 252.
— Péricaud, Notes et documents, année 1492.

Sources : Vachez, Antoine. La Gazette lauragaise : bulletin trimestriel régionaliste des arts, littérature, sciences. BNF

Chronique des fouilles médiévales Lyon en 2006.
En juin 2006, neuf sondages archéologiques ont été réalisés place François Bertras et place de la Commanderie dans le cadre du projet d’aménagement des abords de l’église Saint-Georges. Outre la présence d’une ancienne voie romaine dallée correspondant approximativement au tracé de l’actuelle rue Saint-Georges, ils ont permis de mettre au jour une partie de l’ancien cimetière paroissial. Au nord de l’édifice, les sépultures se situent dans deux remblais distincts. Le niveau supérieur contient de nombreux ossements épars au contact des squelettes en place. Leur présence montre que le creusement des inhumations a perforé des tombes plus anciennes, les ossements remaniés étant associés au comblement des nouvelles fosses. Cet élément indique donc une utilisation intensive de l’espace funéraire et/ou une utilisation du cimetière sur une période relativement longue.

L’absence de mobilier associé aux tombes ne permet cependant pas d’envisager le cadre chronologique des inhumations. L’origine du cimetière attenant à l’église Saint-Georges, demeure inconnue ; elle pourrait remonter au haut Moyen Âge. Son existence, côté nord, est attestée au XVIe siècle, par quelques textes et surtout par le plan de la ville dressé vers 1550. Les découvertes faites dans ce secteur confirment sa présence. De plus, la mise au jour d’une sépulture au sud-ouest de l’église nous amène à penser que le cimetière s’étendait également de ce côté et non pas seulement au nord comme cela sera le cas à partir de l’époque moderne.

L’abandon du cimetière se fera progressivement à partir de la fin du XVe siècle, avec la construction de la commanderie des chevaliers de l’ordre de Malte, dont quelques éléments ont été découverts. Au cours du siècle suivant, un bâtiment, de nature inconnue, vient également empiéter sur la nécropole. Enfin, au XVIIe siècle, plusieurs maisons sont édifiées au nord-est de l’église, réduisant d’autant l’emprise du cimetière, qui est mentionné, au XVIIIe siècle, comme étant disposé derrière le chœur de l’église.
Sources : Emmanuel Bernot, Lyon (5e) (Rhône). Place de la Commanderie, Place François. Emmanuel Bernot

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