Tachoires (32)
Département: Gers, Arrondissement: Mirande, Canton: Pouy-Loubrin - 32

Domus Hospitalis Tachoires
Cette paroisse, très ancienne, posséda longtemps une Commanderie des Chevaliers de Malte, dépendante de Toulouse. Il en est souvent fait mention dans les archives de la Haute-Garonne (préfecture). Elle s'élevait au lieu-dit encore la Commanderie, sur la rive gauche de l'Arratz, à gauche de la route de Seissan à Simorre, à la naissance de la route de Tachoires à Mont-d'Astarac.
Le siège de la paroisse était autrefois à un kilomètre à l'est de l'église actuelle, dédiée à saint Pierre, sur le sommet d'un tumulus qui sert toujours de cimetière. Il fut transféré, il y a une cinquantaine d'années, sur le penchant de la colline où on le voit en ce moment, et qui domine, à l'ouest, la petite vallée de l'Arrats.
L'inscription romane ou patoise gravée sur une pierre encastrée dans le mur méridional de l'église provient de l'ancien édifice du cimetière et rappelle sans doute la date d'une restauration.
On y lit : 1551 e lo 5 ion deu més dé mai (1551 et le cinquième jour du mois de mai).
Sources : Bulletin de la Société archéologique, historique littéraire et scientifique du Gers, page 72. Auch 1956 - BNF
Tachoires
En 1234, un membre de la famille de Lavedan fait don de la seigneurie de Tachoires aux Templiers puis après la dévolution des biens de l'ordre du Temple, Tachoires devient un membre de la commanderie de Bordères des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem au sein du grand prieuré de Toulouse cédé en bail emphytéotique au seigneur Augier d'Ossun dès 1324.
Antoine du Bourg, Ordre de Malte : Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France. - BNF
Tallard (05)
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement et Cantons: Gap - 05

Domus Hospitalis Tallard
Les Templiers avaient des biens dans cette paroisse, entre autres, une maison forte située à l'angle des murailles du bourg qui regarde le cimetière ; dès 1279, elle portait le nom de Temple.
L'ordre de Saint-Antoine en Viennois y possédait également un hôpital nommé la Maison de l'Aumône, il le céda aux chevaliers de Saint-Jean par acte du 16 mai 1311.
L'ordre de Saint-Jean possédait lui-même, à Tallard, dès le XIIIe siècle, un domaine et une chapelle sous le titre de Saint-Martin, qui dépendait de la commanderie de Gap.
Le 23 août 1215, Tibour et Raimbaud d'Orange donnèrent aux chevaliers de Saint-Jean la seigneurie majeure de Tallard ; ces chevaliers absorbèrent, au commencement du
XIVe siècle, toutes les possessions appartenant aux autres ordres hospitaliers, Templiers ou Antonins, et échangèrent, en 1319, leurs possessions de Tallard, Montmellian, Saint-Julien, Montfort et Régusse, contre le comté d'Alife, au royaume de Naples, avec Arnaud de Trians. Cet acte confirmé par le comte de Provence, le 7 mai 1323, fut passé par Elion de Villeneuve, grand-maitre de l'ordre.
En 1667, l'ordre de Saint-Jean ne possédait plus rien dans la paroisse de Tallard.
En 1318 et 1319, un chevalier nommé Bérial de Baux prend le titre de précepteur ou commandeur de Tallard, mais il est douteux qu'il y ait jamais eu une véritable commanderie de Saint-Jean à Tallard, et ce chevalier était probablement un simple administrateur créé à cause de l'importance des possessions de l'ordre de Saint-Jean dans ce mandement.
Tallard dépendait de la commanderie de Gap.
L'ordre de Saint-Antoine possédait à Tallard un hôpital nommé hospital seu eleemosina il le céda, le 16 mai de cette année, aux chevaliers de Saint-Jean.
En 1536, une maladrerie existait dans cette paroisse.
Je renvoie à l'article du mandement de Tallard pour ce qui concerne le bourg de Tallard, siège de l'administration et de la justice de la vicomté. Les chevaliers de Saint-Jean créèrent à Tallard un châtelain ; en 1300, le titulaire se nommait Rostaing de Clermont.
En 1268, le 11 juillet, Féraud de Barras, prieur de Saint-Gilles, de l'ordre de Saint-Jean, concède aux habitants de Tallard une charte de liberté par laquelle il s'engage à ne leur imposer, aucune taxe nouvelle et il règle l'administration de la justice.
1279, 13 février, ces privilèges sont confirmés à Saint-Gilles.
Sources : Roman, Joseph. (Page 164). Tableau historique du département des Hautes-Alpes. Etat ecclésiastique, administratif et féodal antérieur à 1789, histoire, biographie, bibliographie de chacune des communes qui le composent. Paris Grenoble 1887. BNF
Temple-sur-Lot (Le) (47)
Commanderie de Brulhes ou Le Temple-sur-LotDépartement: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Villeneuve-sur-Lot, Canton: Sainte-Livrade-sur-Lot — 47

Commanderie de Brulhes ou Le Temple-sur-Lot
Brulhes de nos jours le Temple-sur-Lot, portait jadis le nom de Temple-de-Brulhes, de Bruillhes ou de Breuil (les trois termes signifiant garenne ou petit bois).
Comme nous pouvons le constater par les titres que prenaient les commandeurs du Temple de Brulhes, ils jouissaient dune sorte de suprématie sur les maisons de lOrdre de la contrée, et cet établissement était devenu le centre dune circonscription administrative, désignée sous le nom de « baillie dAgenais. » Nous avons vu plus haut dans létude sur les commanderies de Castelsarrasin et de Golfech, que cette prérogative amena dans la suite une guerre dans le sein même de lOrdre et comment le chevalier B. del Thor, commandeur de Brulhes, ayant revendiqué à titre de successeur des Maîtres de la baillie dAgen, le membre de Golfech, sen était emparé par la violence et fut obligé par le Grand-Maître à le restituer au commandeur de Castelsarrasin. Malgré cet échec, la commanderie du Temple de Brulhes ne cessait pas dêtre importante, surtout lorsque plus tard on lui adjoignit lhôpital de Salvaignas et ses nombreuses dépendances.
Une discussion contre « noble et puissant homme, Honorat de Savoie, comte de Villars et seigneur de Montpezat », qui disputait au commandeur la haute justice de la ville de Dominipech, fut terminée par une sentence du Présidial dAgen, qui, le 15 novembre 1557, consacra les droits de lOrdre sur cette juridiction.
Grâce à la force de ses murailles, le Temple de Brulhes, situé loin des places protestantes, paraît avoir été préservé de tout désastre pendant la période, des guerres religieuses.
Toutefois si nous navons pas à enregistrer la dévastation de la commanderie, nous pouvons constater que lesprit de révolte et dinsubordination avait commencé à se propager parmi la population. Profitant de labsence des commandeurs, retenus au-delà des mers par le service de la religion, les vassaux sémancipaient, peu à peu ils oubliaient leurs devoirs; des abus menaçaient de se transformer en droits, grâce à la prescription. Aussi quand messire Denys de Polastron la Hillière, commandeur de la Cavalerie, de Bordères, et du Temple de Brulhes et ambassadeur de lOrdre auprès du Saint-Siège, voulut à son retour en France, visiter sa commanderie de lAgenais, fut-il surpris à la vue de ses paysans parcourant ses forêts, « avec des quantités de chiens, lévriers et furets », les mains armées darquebuses, et chassant tout comme de nobles seigneurs. Le chevalier tenta inutilement dinterposer son autorité, pour remédier à ces abus; ses vassaux se mutinèrent et des bandes révoltées allèrent dévaster ses récoltes. Effrayé de ces symptômes, le commandeur réclama la protection royale contre ses turbulents vassaux; le 12 mars 1625 le roi Louis XIII chargeait Jean Rigal, commandeur de Goutz, daller placer sur la terre et juridiction du Temple de Brulhes les panonceaux fleurdelisés.
Les archives font encore mention dune affaire assez étrange qui vint, vers la même époque, solliciter lintervention de ce même Commandeur. Vers le milieu du XVIe siècle, le pape Paul IV avait autorise et encouragé la fondation à Rome dun hôpital, appelé du « Saint-Esprit-en-Saxe », et destiné à servir dasile aux enfants trouvés. Grâce à la protection pontificale, cet établissement ne tarda pas à devenir prospère; des donations dans les différents pays de la catholicité vinrent accroître son importance et lOrdre religieux qui sy fonda pour le service des pauvres tâcha de calquer son organisation sur celle de lOrdre de Saint-Jean. Des Commanderies furent constituées par lui dans divers pays, notamment à Montpellier. Sur ces entrefaites arriva dans nos contrées un Personnage nommé Olivier de Latran, qui prit les titres de chevalier du Saint-Esprit-de-Saxe, commandeur de Montpellier et visiteur général de son Ordre en France; il parcourait le pays, recevant les voeux des personnes qui témoignaient le désir de se consacrer à Dieu et aux pauvres de son hôpital. Non content de cela, il fit signifier à plusieurs commandeurs de Malte dans le Midi, une bulle du pape Grégoire XV, qui abjurait à lhôpital du Saint-Esprit plus de 200 établissements appartenant à dautres Ordres. Le Temple de Brulhes était comprit dans cette liste. Muni de cette pièce, il fit mettre sous séquestre les biens qui lui était adjugés par la bulle. Malgré lassurance de ses prétentions et la bulle qui les appuyait, le sieur de la Terrade ne parvint pas convaincre ceux quil voulait dépouiller. Les autorités civiles et religieuses furent saisies de plaintes contre lui. Les preuves de son imposture et de la fabrication de cette bulle par un faussaire ayant été suffisamment établies, Olivier de la Terrade fut enfermé dans les prisons de Fort-lEvêque. Cest là, « quà travers les grilles de son cachot » lui fut communiqué par les délégués pontificaux une bulle du cardinal Jean Garcia « vicaire général pour le fait des hôpitaux », par laquelle il lui fut interdit de prendre le titre de commandeur du Saint-Esprit et de conférer lhabit de lOrdre à personne (22 juin 1626).
Réunie vers le commencement du XVIe siècle à la Commanderie de la Cavalerie, celle de Brulhes nen fut détachée quau milieu du siècle suivant. On lui adjoignit à la même époque lancienne commanderie de Salvaignas, qui avait été fondue dans celle de Golfech. Cette adjonction rendit au temple de Brulhes son ancienne importance. Ses dépendances étaient nombreuses dans les environs; cétaient Dominipech, paroisse située dans la juridiction de Montpezat, Sainte-Quitterie dAgen et son annexe, Sainte-Foy de Jérusalem, Salvaignas, Saint-Sulpice de Ribalède et Saint-Jean de lHerme, Saint-Caprais et Saint-Jean de Villedieu.
Donnons avant de terminer la description du fort du Temple, telle quelle nous est fournie par le procès-verbal de la visite de 1669:
« Plus pocède et jouit au dict lieu du Temple ung grand et beau chasteau bien logeable; il est attaché par ses murailles à ung fort entouré de murailles; dans lequel fort y a 30 maisons ou logettes; sur le portail duquel fort y a une garite grande et fort eslepvée, bastye de bricques, pour la deffence dicelle; et tout le dict fort est entouré dune muraille de bricques, appartenante au Commandeur. Au coing duquel fort y a une grande tour bastye de bricques; laquelle tour appartient au Commandeur; quantes fois on y faict le service de pigeonnier, et, en temps de guerre, elle sert pour la deffense du fort, estant situé en ung lieu fort avantageux pour ce faire. Dans le dict chasteau, en montant au hault du degré, on y rencontre une petite tour, autour dune chambre faicte en cul de lampe, et une garite qui défend lentrée du dict fort et flanque le chasteau, qui va respondre à une autre des dictes tours, qui est sur le coing du chasteau; doù lon entre aussy dans lautre tour, qui est sur la porte du dict chasteau; laquelle le défend avec les autres tours qui se flanquent lune à lautre; sur lequel hault du chasteau, y a quelques petites chambres que les habitants tiennent pour y entrer en temps de guerre. »
Commandeurs Hospitaliers
1312-1319. Bernard dArles.
1323-1325. Hugues de Lemosi.
1316-1347. Raymond de Labaut.
1348-1349. Bernard de Lautrec.
1358-1372. Bernard del Thor.
1372-1393. Raymond de Belpech.
1462-1473. Bernard de Vellac.
1475-1496. Bernard de Gros.
1408-1506. Tannequin de Bussel.
(De 1508 à 1650, réunion du Temple de Brulhes à la Cavalerie).
(En 1650, rétablissement de la Commanderie du Temple de Brulhes).
1650-1669. François dEsparbès-Lussan.
1675-1681. Pierre du Pont de Gau.
1688-1689. Conrad de Raymond-Pomeyrol.
1693-1705. Jean de G^uérin-Castelet.
1719-1720. Louis-Joseph du Gasc.
1723-1731. Octave de Galléan
1737-1733. Charles de Vignes-Parizot.
1753-1756. François de Pallavicini.
1765-1766. François de Glandevès-Castellar.
1780-1788. Bernard de Polastron-la-Hillière.
Liste des Commandeurs du membre de Dominipech
xxxx-1505. Pierre de Raffin.
xxxx-1509. Hugues dAlbinh.
Liste des Commandeurs du membre de Sainte-Foy
xxxx-1478. François de Mayron.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)
Teyssonge ou Tessonge (01)
Teyssonge ou TessongeDépartement: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Treffort, Commune: Saint-Etienne-du-Bois - 01

Domus Hospitalis Tessonge
Larchiprêtré de Treffort fait partie du diocèse de Lyon entre 1032 et 1515, sauf durant quelques années.
Sur la paroisse de Saint-Etienne-du-Bois, archiprêtré de Treffort, lhôpital de Tessonge dépend de la Commanderie de Laumusse.
Il exerce des droits sur les paroisses de Viriat, Saint-Etienne, Saint-Didier-dAussiat, Dommartin, Etrez, Cuet, Jayat, Saint-Jean-sur-Veyle, Certines, Meillonnas, Jasseron, Bourg, Lent.
Au XVIIe siècle, il ne reste de lhôpital de Tessonge que la chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste.
Sources: Musée du diocèse de Lyon
Hôpital de Tessonge
— Villa Taxoniaci; confinium Tessongiaci; sancta domus Jherosolimitani hospitalis de Tayssongia, Tayssongia, Taxongia, Taissongia, Taissongi, Tayssongi, Teyssongnia, Teissongia, Teyssonge, Teyssonges, Teissonge.
— Maison de lordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, cinquième membre de la commanderie de Laumusse.
— Lacte le plus ancien que je connaisse concernant cette maison est une vente consentie, au mois de janvier 1252, par noble Berard de Beyviers, « au commendeur et aux frères de lhôpital de Jérusalem de Theissonges, » au prix de 9 livres de la monnaie de Mâcon, de cens et de services assignés sur le mas de la Vieille-Ronge, paroisse dEtrez.
— Les possessions des hospitaliers de Tessonge sétendaient sur les communes de Saint-Etienne, de Saint-Didier-dAussiat, de Dommartin, dEtrez, de Cuet, de Jayat, de Saint-Jean-sur-Veyle, de Certines, de Meillonnas, de Jasseron, de Bourg et de Lent.
— Parmi leurs principaux bienfaiteurs on compte Jean de Genost, chevalier, qui leur fit un legs très-important en 1304.
— Au XVIIe siècle, lhôpital de Tessonge ne consistait plus quen une chapelle, sous le vocable de saint Jean-Baptiste.
— Comme village (villa), Tessonge est mentionné dès la fin du XIe siècle. Vers lan 1100, Bérard de Châtillon, évêque de Mâcon, sy rendit, accompagné de ses chanoines, pour traiter avec Hugues de Thoire, qui revendiquait comme siens certains fonds dépendant de léglise épiscopale de Saint-Vincent.
— Archives du Rhône, fonds de Malte, titres Tessonge.
— Visite de Malte de 1650, fº 195.
— Inventaire de 1627, fº 77 et suivant.
— Archives de lAin, terrier Tessonge.
Topographie historique du département de lAin, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée dun précis de lhistoire du département depuis les temps les plus reculés jusquà la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
Teyssonge ou Tessonge

Domus Hospitalis Teyssonge
En 1262, les Templiers possédaient une commanderie à Tessonge.
Que sétait-il passé dans lintervalle ? Une simple substitution. Il est, en effet, fort admissible que les moines de Saint-Claude placèrent leurs domaines de Bresse sous la garde des Templiers, et quils établirent ceux-ci à proximité par la cession de leur prieuré de Tessonge.
La donation aurait eu lieu, entre la bulle de Léon IX et le diplôme de Frédéric Barberousse de 1184, qui ne mentionne plus ce lieu parmi les possessions de labbaye.
Les Templiers se bornèrent à prendre possession du prieuré quils fortifièrent. Ils ne construisirent pas de château.
A leur suppression, Tessonge passa aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Le village portait toujours le nom de Tessonge, en 1563. La population se composait de 25 à 30 habitants, formant dix groupes ou familles, les Chanus, Mangettes, Manissier, Thyvent, Vavre, Rongier, Filiad alias Johanton, Gonin, Mathieu-Conflon, et Tisserand. Les cinq dernières existent encore (1).
Au XVIIe siècle, lhôpital de Tessonge ne consistait plus quen une chapelle, sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, épargnée peut-être, parce quelle était le but dun pèlerinage (2). Il nest rappelé, de nos jours, que par les décombres nivelés de son enceinte, un rectangle allongé denviron 55 mètres sur 30, quentouraient des fossés (3), et par deux lieux dits, les Bois du Commandeur et la Trace du Commandeur, appliqués lun à une section de la forêt, lautre à un chemin qui la recoupe sur toute sa longueur.
1. Archives de lAin, H. 923. Terrier de Tesonge, 1563, tome II, folios 582-679.
2. M. François Gonin, propriétaire aux Petites Mangettes, qui ma donné la plupart des détails qui suivent, na pu préciser lobjet ni lépoque du pèlerinage. On venait y prier, ma-t-il dit, pour « les veaux et dans les premiers jours de mai, » probablement le 6 mai, fête de Saint-Jean-Porte-Latine.
3. Le puits de la commanderie se trouve sous les décombres, lorifice fermé dune dalle, et, près de lenceinte, était le cimetière, où furent, inhumés les religieux et les chevaliers décèdes à Tessonge. On y a découvert de nombreux ossements.
Dautres ossements ont été exhumés sur lemplacement de la chapelle.
De son côté, la chapelle est détruite ; il en reste seulement quelques ruines sans caractère, que la végétation recouvre, dans une prairie, rendue marécageuse par les eaux de la fontaine qui manquent découlement (1).
1. Elle a été démolie vers 1828 ; le propriétaire voulait en utiliser les matériaux. On lappelait encore chapelle de Tessonge. Daprès le calibre des briques, cétait une construction du XIIe siècle.
Le nom ethnique de Tessonge sest effacé à son tour, et le lieu, qui fut la villa Tassonas, na dautre dénomination, parmi les habitants du pays, que celle tout à fait moderne et vulgaire, de Grandes et de Petites Mangettes.
Ces lieux-dits figurent sur la carte de Cassini. Ils sont situés dans le bois de Teysosnge.
Les pèlerins ne continuèrent pas moins de venir prier sur ses ruines. Depuis une quarantaine dannées, le concours sest ralentit beaucoup ; aujourdhui il a définitivement, cessé.
Le marais, qui en avoisine les restes, présente laspect dun ancien bassin.
Les Templiers de Laumusse prétendaient même à la propriété de la maison de La Chaux, située aux portes de Cuisery (6).
LOrdre du Temple avait, à trois kilomètres de Bâgé, à Laumusse (2), sa grande commanderie de Bresse dont dépendaient : les temples dEscopet (Vernoux) (3), de Saint-Martin-du-Châtel (4), de Curtaringe (5) (Viriat).
1. Les Etablissements des Templiers et des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte, par Guigue, dans la Revue de la Société littéraire, historique et archéologique de lAin (tome I, année 1872).
2. Laumusse, commune de Crottet, canton de Pont-de-Veyle (Ain).
3. Escopet, commune de Vernoux, canton de Saint-Trivier-de-Gourtes (Ain), signalé en 1614-1615 dans une visite de Laumusse, comme possédant « une chapelle et une maison » Archives du Rhône, H. 137.
4. Saint-Martin-du-Châtel, « maison de bois et torchis » 1614-1615. Archives du Rhône, H. 137.
5. Curtaringe, commune de Viriat, canton de Bourg (Ain).
6. Anonyme. — Notice sur le pèlerinage de N. D. de la Chaux. Lyon. Chanoine, 1854, page 13.
Lordre de Saint-Jean de Jérusalem avait, dans da paroisse même de Bâgé-la-Ville, limportante commanderie dEpaisse (2), dont dépendaient les maisons de la Vavrette (3) (Bâgé-la-Ville), de Tegssonges (4), de Saint-Etienne-du-Bois, (5), déjà citées en 1225, de Bocarnoz (6) (Coligny), de Saint-Jean-près-Bourg, (7) et de Sémon (8), dans la forêt du Miroir (canton de Cuiseaux - Saône-et-Loire).
Plus tard, les chevaliers de Saint-Jean transportèrent leur chef dOrdre en Bresse, à Laumusse, après la remise à leur Ordre des biens des Templiers, faite par sentence du juge de Bâgé du 5 novembre 1312 (9).
2. Epaisse, commune de Bâgé-la-Ville, canton de Bâgé (Ain).
3. La Vavrette, id. id.
4. Teyssonges, commune de Saint-Etienne-du-Bois, canton de Treffort (Ain).
5. Saint-Etienne-du-Bois, canton de Treffort (Ain).
6. Bocarnoz, commune de Coligny, canton de Coligny (Ain).
7. Tous ces établissements avaient encore chacun une chapelle lors de la visite faite en 1614-1615.
8. Semon, commune de Champagnat (Saône-et-Loire) et de Cuiseaux (Saône-et-Loire).
9. Archives du Rhône, H. 25.
Enfin, en dehors des commanderies environnant lancienne capitale de la Bresse, il faut en ajouter dautres situées sur la limite de la Bresse et des Dombes ou en Dombes même, nous voulons parler :
1. — De la commanderie de Villars (2), de lOrdre du Temple dont dépendaient, entre autres établissements, le temple de Molissole (3) (Druillat). Cette commanderie et ses dépendances furent unies en 1312 à la commanderie des Feuillets.
2. — De la commanderie des Feuillets (4), de lOrdre de Saint-Jean-de-Jérusalem,, dont dépendaient déjà, avant 1312, les maisons de la Cochère (5) (la Tranclière), de Cocieux (6) (Sainte-Croix), de Biolay (7) (commune de Relevant), sans compter plusieurs établissements situés en dehors de la Bresse et des Dombes.
2. Villars, commune de Saint-Trivier-sur-Moignans (Ain).
3. Molissole, commune de Druillat, canton de Pont-dAin (Ain).
4. Les Feuillets, Feuillées, commune de Châtenay, canton de Chalamont (Ain).
5. La Cochère, commune de la Tranclière, canton de Pont-dAin (Ain).
6. Cocieux, commune de Sainte-Croix, canton de Montluel (Ain).
7. Biolay, commune de Relevant, canton de Saint-Trivier-sur-Moignans (Ain).
Sources : Annales de la Société démulation, agriculture, lettres et arts de lAin. Page 147. Bourg-en-Bresse 1906 BNF
Teyssonge
— Hameau commune de Saint-Etienne du Bois.
— In villa Taxoniaco, 11000.
— Villa Tessongiaci, 1186 (Guichon, Bresse et Bugey)
— Domus Hospitalis de Tayssongiis, 1268 (Archives du Rhône, titres de Laumuse, Teyssonge, chap. II, n° 1)
— De Tayssongia, 1272 (Ibidem, chap. II, n° 1)
— Domus Hospitalis Jerosolimitani de Teyssongia, 1292 (Ibidem, cha. I, n° 1)
— Taxongia, 1310 (Ibidem, chap. I, n° 7)
— Teysongia, 1378 (Archives de la Côte-dOr, B 574, folio 29 r°)
Dès le milieu du XIIIe siècle, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédaient dans ce village une maison de leur ordre qui, après la suppression de lordre des Templiers, devin le cinquième membre de la commanderie de Laumusse.
Au XVIIe siècle, lhôpital de Teyssonge ne consistait plus quen une chapelle, sous le vocable de Saint-Jean Baptiste.
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Ain, rédigé par M. Edouard Philipon. Paris, Imprimerie Nationale MDCCCCXI. BNF
Je suis partagé : Teyssonge ou Tessonge était-il un bien des Templiers ou des Hospitaliers ?
Si jen crois le dictionnaire topographique du département de lAin, Teysonnge devrait être une possession des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Et contredit par Annales de la Société démulation, agriculture, lettres et arts de lAin.
Si vous avez des informations précisent qui prouve lappartenance de ce lieu à lun ou lautre des deux ordres, merci de me le faire savoir.
Thévalles (53)
Commanderie de ThévallesDépartement: Mayenne, Arrondissement et Canton: Laval - 53

Domus Hospitalis Thévalles
L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, aussi nommé ordre de Malte, possédait au siècle dernier, dans le diocèse du Mans, dépendant du Grand Prieuré d'Aquitaine, dont le siège était à Poitiers, plusieurs commanderies, dont une des plus importantes parait avoir été celle de Thévalles, fondée par les seigneurs de Laval, et située paroisse d'Avesnière (1).
1. Les autres Commanderies dépendant de l'Ordre de Malte situées dans le diocèse du Mans étaient :
1° Commanderie d'Arteins, dans le Bas-Vendômois.
2° Commanderie de Guéliant, paroisse de Moitron. (Sarthe).
3° Commanderie de Quittay, paroisse de Saint-Georges-de-Buttavent.
4° Commanderie de Launay.
Elle se composait de trois membres Thévalles, chef-lieu de la commanderie.
Le Breil-aux-Francs, ancienne propriété des Templiers, réunie à Thévalles à une époque indéterminée et située paroisse d'Entrammes.
Département: Mayenne, Arrondissement et Canton: Laval - 53
Chevillé, situé paroisse du même nom.
Département: Sarthe, Arrondissement: La Flèche, Canton: Brûlon - 72
Les deux premières, ainsi que celle de Thévailes, étaient données à des Chevaliers ; les deux dernières, moins importantes, étaient réservées aux chapelains et servants d'armes.
Les revenus de cette commanderie s'élevaient, suivant Expilly, à 4.500 livres et à 7.000 livres, en 1696, d'après M. La Beauluère (2).
2. Aux revenus des terres énumérées ci-dessous venaient s'ajouter celui des biens situés à Chevillé ou dans les environs, et le produit des dîmes perçues dans un grand nombre de paroisses dont la liste se trouve dans la déclaration des biens de cette commanderie, faite en 1575, par le titulaire à cette époque, J. Peloquin.
La liste des commandeurs, publiée par Cauvin dans son Supplément à la Topographie du diocèse du Mans (3), contient vingt-six noms qui doivent être réduits à vingt-cinq, les chevaliers Leroux, Henri (1729) et de la Corbinière (1740) n'étant en réalité qu'un seul et même personnage (4).
3. Le Mans, Monnoyer, 1843, in-12, page 67.
4. Victor-Henri de la Corbinière, reçu le 17 octobre 1701, d'azur au lion d'or armé, lampassé et couronné de gueules (abbé Vertot, Histoire des Chevaliers de l'Ordre de Malte, tome VII).
Victor Henri Roux (Montrée de 1727).
Victor le Houx de la Corbinière (Décret de l'ordre de Malte de 1765).
Même observation en ce qui concerne la liste donnée par M. La Boaulière dans sa Notice historique sur la commune d'Entrammes.
(Laval, Godbert, 1855, in-8, pages 30 et 31).
Cette liste est plus complète encore et contient 34 noms, mais les numéros 29, Victor-Henri Le Roux, 1729 ; 30, le Chevalier de la Corbinière, 1741 et 31, Henri le Roux, 1749, sont toujours le même personnage, ainsi que le démontrent les pièces que nous reproduisons ci-dessous.
Les propriétés de cette commanderie situées dans la partie du diocèse du Mans qui forme aujourd'hui le département de la Mayenne, les seules qui doivent nous occuper ici, comprenaient, outre les habitations de Thévalles et du Breil-aux-Francs, un certain nombre de métairies qui se trouvent déjà portées dans la déclaration des biens de la commanderie faite en 1575 par le commandeur J. Peloquin et reproduite par Cauvin. (Locution citée, pages 68 et suivantes)
Le château de Thévalles parait avoir été, pendant plusieurs siècles, le lieu choisi par les commandeurs pour leur résidence, mais l'état de délabrement dans lequel se trouvaient au XVIIe siècle les bâtiments servant d'habitation aux chevaliers pourvus de cette commanderie, les détermina à aller se loger au château du Breil-aux-Francs, où décédait, en 1702, le commandeur Gabriel Dubois de la Ferté, enterré dans la chapelle où se voit encore aujourd'hui sa pierre tombale portant son épitaphe et ses armoiries (5). Nous en donnons plus loin la reproduction estampée avec la plus grande exactitude.
5. La vie de messire Gabriel Dubois de la Ferté, gentilhomme angevin, chevalier de Malthe, commandeur de Théval près Laval, a été publiée par Joseph Grandet, curé de Sainte-Croix d'Angers. 1 volume in-12 de xx-177 pages, plus 6 folios non numérotés pour la table et le privilège. Paris, Pierre de Launay, 1712, avec un portrait de F. Chéreau.
Au bas de ce portrait est gravé le quatrain suivant.
De la croix du Sauveur je tire ma noblesse.
J'en fus le Religieux, l'Enfant et le Soldat.
J'en fis tous mes plaisirs et toute ma richesse.
Par elle je vainquis le Grand Turc aux combats.
Cet ouvrage a été analysé par M. Célestin Port pour la rédaction de l'article qu'il a consacré au chevalier de la Ferté dans son Dictionnaire Historique, Géographique et Biographique de Maine-et-Loire, tome II, page 70.
Dubois de la Ferté (Gabriel), fils d'Antoine D., sieur des Forges et de la Bizolière, et de Marie Guaisdon, né à Angers, le 10 août 1644, fut, par suite d'une difficulté de parole qui l'éloignait du monde, destiné à l'ordre de Malte. Il y fut reçu le 26 octobre 1660, n'ayant pas même les 16 ans exigés pour l'inscription, revint le mois suivant en France et y fit trois campagnes à titre de gendarme de la maison du roi, retourna à Malte seulement en 1669, d'où le Grand Maître l'envoya au siège de Candie, revint en France en 1674, où il assista à la bataille de Sénef, retourna faire ses vœux en 1678 et suivit dès lors la vie régulière de l'ordre, tenant la mer le plus souvent contre les infidèles. En 1685, il fut nommé provéditeur, puis capitaine de vaisseau jusqu'en 1696 où il vint prendre du repos en la commanderie de Théval près Laval. Il mourut le 27 décembre 1702 dans un séjour de passage au Breil-aux-Francs, annexe de sa commanderie, où on a retrouvé sa tombe.
Gabriel Dubois de la Ferté, reçu le 26 octobre 1660, de gueules à trois croix pattées d'argent. Diocèse d'Angers.
(Abbé Vertot. Histoire des Chevaliers de l'ordre de Malthe, tome VII.)
Nous ignorons si son successeur, Charles Charbonneau de la Forte-Ecuyère, se décida à venir habiter ce logis qui lui-même était en fort mauvais état. Mais, à la mort de celui-ci, le chevalier Victor Henri de la Corbinière, devenu titulaire de la commanderie, s'empressait, avant d'en prendre possession, de faire constater sa situation par des experts.
Le procès-verbal de montrée, que nous possédons, se compose de 44 folios. Il est écrit sur papier timbré et débute ainsi :
« Le lundi dixième jour de mars mil sept cent vingt-sept.
« Nous, Jean Hesnard, maçon, René Coquillard, charpentier, et François Gaultier, couvreur, demeurant à Laval, paroisse de la Trinité, certifions à tous qu'il appartiendra, qu'à la requête de frère Victor Henri Roux, commandeur de Thévalles, en présence de Louis Frin, de l'ordre de Malte (6), son procureur général, suivant sa procuration attestée de Rozières, notaire royal, le premier janvier mil sept cent vingt-sept, experts commis par le sieur Charles (sic) Frin, en ladite qualité de procureur dudit sieur commandeur de Thévalles, maisons et terres en dépendant, pour procéder à la montrée et visite des bâtiments et terres dépendant de ladite commanderie de Thévalles, avons vu et remarqué, etc... »
6. Sans doute le chapelain de la commanderie. Celui-ci devait célébrer la messe dans la chapelle tous les jours sauf le dimanche et recevait pour cet office des émoluments s'élevant à la somme annuelle de 150 livres. (Abbé Foucault. Les Seigneurs de Laval, page 88).
Suit la description des divers bâtiments dépendant de la commanderie situés aux environs de la ville de Laval, avec l'estimation des travaux à exécuter pour les mettre en état.
Le château de Thévalles, comprenant l'habitation du commandeur, avec chapelle et sacristie, le cimetière, la prison et les bâtiments de service, étables, fournil, cellier et pigeonnier, est tellement délabré que l'ensemble des travaux qui devront y être faits pour le rendre logeable, s'élèveront à la somme de 5,512 livres, 16 sous, 12 deniers. En effet, les pignons tombent, les murs sont lézardés, les carrelages sont pourris, et c'est à peine s'il en reste des vestiges. Les portes, même celles de la prison, n'ont plus de serrures ; les fenêtres n'ont plus de vitres et la toiture doit être refaite presqu'en entier ; enfin les murs de clôture, notamment celui du cimetière, sont en grande partie écroulés.
Pierre tombale
Reproduction d'après un estampage
HIC IACET
GABRIEL DV BOIS DE LA FERTÉ
EQVES ORD.S. IOANN. HEROSOLIM.
COMMANDATOR DE THEVALE,
QVEM TERRA MARIQVE ZELVS FIDEI
ET MORVM SANCTITAS
COMMENDABILEM FECERE.
5EMPER SIBI PARCVS,
PAVPERIBVS NVNQVAM,
VERE PAVPERVM PATER.
PIERRE TOMBALE DE GABRIEL DU BOYS DE LA FERTÉ
Au Breil-aux-Francs, près Laval - BNF
Les experts visitent ensuite la métairie voisine de la Chouannière pour laquelle les dépenses s'élèveront à la somme de 546 livres 19 sous (7).
7. La Chaurimyère (Déclaration de 1575). - La Chouannière (Dictionnaire topographique du département de la Mayenne).
Le 11 mars ils se transportent au Breil-aux-Francs.
Bien que le château, comprenant la tour de l'escalier au rez-de-chaussée, la grande salle, la cuisine et la cave ; au premier étage trois chambres, dont une est dite chambre du trésor, et diverses autres constructions, savoir une chapelle avec sacristie, l'écurie, le chenil, le pigeonnier, le cellier et les bâtiments de la ferme, paraisse en meilleur état, les travaux à exécuter atteindront le chiffre de 8773 livres 11 sous, dont 1883 livres 3 sous applicables à la ferme.
Ils visitent ensuite diverses métairies, la Roussière (8), paroisse de Parné, la Bouhourdière, même paroisse (9), la Cocherie, paroisse de Bonchamp (10), qui ont aussi un besoin urgent de réparations. Les travaux sont estimés à 3641 livres 10 sous pour la première, 800 livres 17 sous pour la seconde, et 2955 livres pour la troisième.
8. (Déclaration de 1575).
9. (Déclaration de 1575).
10. La Rocherie (Déclaration de 1575).
Le 13 mars les experts se rendent à la métairie de l'Eraudière, commune de Quelaines, pour laquelle on devra dépenser 3848 livres. (11)
11. Non comprise dans la déclaration de 1575. Les Raudières Dictionnaire, topographique du département de la Mayenne).
Le 15 mars l'expertise continue, après un jour de repos, sans doute un dimanche, et on se rend à la chapelle Saint-Jean de-l'Hôtellerie, située paroisse de Grenoux (ancienne paroisse : Laval) (12).
La chapelle Saint-Jean n'est pas mieux conservée que les autres bâtiments de la Commanderie. Les murs, tant de la chapelle elle-même que du clocher en pinade, doivent être recrépis, les lambris sont à renouveler en grande partie. Le carrelage est usé et ruiné enfin la toiture est à refaire en entier. Le tout pourra coûter environ 809 livres.
12. Non comprise dans la déclaration de 1575.
Une de nos parentes, décédée en 1880, très âgée, se souvenait d'avoir été conduite, étant enfant, dans cette chapelle où l'on exposait sur l'autel chaque année, le jour de la Saint-Jean, une tête en cire représentant le chef décollé de Saint-Jean-Baptiste.
Cet édifice est compris aujourd'hui dans l'enclos du pensionnat de Haute-Follis. Depuis 50 ans environ il a cessé de servir de chapelle et a été converti en classe (Renseignement fourni par M. l'abbé Jausson, aumônier du pensionnat de Haute-Follis).
D'après M. l'abbé Foucault, cette chapelle aurait été détruite à l'époque de la Révolution. (Les Seigneurs de Laval, page 88).
Le village placé autour de la chapelle fait aujourd'hui partie de la commune de Laval à laquelle celle de Grenoux a été annexée. Mais la rue qui le traversait en a conservé le souvenir et porte encore le nom de rue Saint-Jean.
On visite ensuite la maison dite le Palais de Thévalles, placée en la ville de Laval, paroisse de Saint-Vénérand. Ce palais bien humble, où les officiers de la Commanderie rendaient la justice, comprenait uniquement la salle d'audience et une petite pièce à côté. (13) Les réparations qu'il sera nécessaire d'exécuter s'élèveront à la somme de 407 livres 5 sous, et à 343 livres pour une petite maison attenante.
13. La Juridiction de la Commanderie de Thévalles, qui s'étendait sur plus de 40 paroisses, ressortissait à la barre épiscopale de Touvoie.
Nous n'avons pu retrouver la situation exacte de ce Palais.
Nous lisons dans les Essais historiques sur la ville de Laval et ses environs de M. Duchemin de Villiers (page 250, note 56) que « le Commandeur de Thévalles avait une maison, pour lui-même dans la ville, rue Renaise, à gauche en descendant, en face la rue des Béliers. » Il n'est pas question de cette maison dans le procès-verbal de montrée que nous venons d'analyser, soit que cette habitation n'appartînt plus au XVIIe siècle aux Commandeurs de Thévalles, soit qu'ils ne l'aient jamais occupée qu'à titre de locataires. Elle n'est du reste pas comprise dans la Déclaration de 1575.
Les experts s'aperçoivent qu'ils ont négligé de visiter les étangs dépendant de la Commanderie et situés près de Thévalles et du Breil-aux-Francs. Ils s'empressent de faire cette visite et fixent à 1802 livres les sommes à dépenser pour la réfection tant des conduites d'eau que des chaussées.
Puis ils closent, le 5 avril 1727, leur procès-verbal qui est signé René Coquillard, F. Gaultier, Jean Hesnard et L. Frin, de l'ordre de Malte.
Le surlendemain, 7 avril, ils affirment la régularité de leurs opérations devant le sénéchal de la Commanderie.
« Du dix-septième jour d'avril mil sept cent vingt-sept, par devant nous, François Leballeur, sénéchal des Commanderies de Thévalles, sont comparus en leurs personnes, Jean Hesnard, maçon, René Coquillard, charpentier, et François Gaultier, couvreur, tous experts, auxquels nous avons fait donner par nous, Pierre Chatizel, greffier des dites Commanderies, lecture de leur procès-verbal de montrée ci-dessus et des autres parties, en présence de M. François le Clerc, sieur du Moullin, procureur fiscal des dites Commanderies, et, le serment pris d'iceux tels experts, ont dit qu'il contenait vérité et ont signé avec nous, juge susdit et soussigné, les dits jour, mois et an que dessus. »
Signé: « Le Balleur, Chatizel, Jean Hesnard, François Gaultier, F. Clerc. »
Le chiffre total des dépenses que devait entraîner la mise en état des bâtiments dépendant de la Commanderie de Thévalles s'élevait à la somme énorme pour l'époque de 23.440 livres, trois sous. Aussi le nouveau commandeur dut-il renoncer à faire exécuter tous ces travaux.
Il se borna à faire dans les fermes les réparations les plus urgentes et à rendre le château du Breil-aux-Francs susceptible d'être habité. Quant au château de Thévalles, dont la destruction avançait chaque jour, il n'entreprit même pas de l'entretenir, laissant le temps compléter sa ruine.
A la mort de Victor le Roux de la Corbinière, la Commanderie de Thévalles fut donnée au chevalier Alexis Binet de Montifroy qui, à son tour, de concert avec le Commandeur Jacques de Brémond, Receveur du Grand Prieuré d'Aquitaine, fit procéder, au mois d'août 1763, à une expertise dont furent chargés deux autres chevaliers, Claude Eugène de Beaureau et François-Louis de Cumont (14).
14. François-Louis-Auguste de Cumont, chevalier profès de Saint-Jean-de-Jérusalem, commandeur de Saint-Jean et de Sainte-Catherine de Nantes, inhumé à Angers, le 6 septembre 1779, âgé de 72 ans.
Ceux-ci, prenant en considération l'état de ruine dans lequel se trouvait le château de Thévalles, furent d'avis qu'il y avait lieu de l'abandonner, afin de pouvoir consacrer les revenus modiques de la Commanderie à l'entretien de celui du Breil-aux-Francs, devenu depuis longtemps déjà la résidence des commandeurs.
C'est seulement le 14 août 1765 que le chevalier Binet de Montifroy sollicita du Grand Maître de l'Ordre de Malte l'autorisation nécessaire. Sa requête, soumise au Grand conseil de l'Ordre, fut répondue favorablement par un décret que nous reproduisons ci-dessous. Il est écrit sur une feuille de papier in-folio, laquelle porte encore des traces du sceau de cire noire qui y avait été apposé.
FRATER EMMANUEL PINTO
Originale
TRADUCTION
Frère Emmanuel Pinto, par la grâce de Dieu humble Grand Maitre de la maison sacrée des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et de l'Ordre Militaire du Saint-Sépulcre de Notre Seigneur et protecteur des Pauvres de Jésus-Christ, à tous et à chacun de ceux qui verront, liront ou entendront nos présentes lettres, salut :
Nous faisons savoir et attestons que le décret ci-dessous transcrit a été extrait du registre des délibérations, conservé en notre chancellerie, sur lequel les décrets de même nature sont d'ordinaire notés et enregistrés. Nous avons ordonné d'extraire et rédiger celui-ci sous cette forme authentique pour que la même foi pleine et entière lui soit accordée en tous lieux, tant en justice qu'autrement, dont la teneur est ainsi qu'il suit :
Le quatorzième jour d'août 1765, lecture faite de la lettre suppliante du commandeur Frère Alexis Binet de Montifroy, de la vénérable langue française et du Prieuré militaire d'Aquitaine, dont la teneur est ainsi qu'il suit :
Altesse éminentissime.
Le Chevalier Frère Alexis Binet de Montifroy, commandeur de la Commanderie de Thévalles, très humble serviteur et très obéissant religieux de votre Altesse éminentissime, expose révérencieusement que, quand cette commanderie fut devenue vacante par la mort du commandeur frère Victor le Roux de la Corbinière, le receveur du vénérable prieuré d'Aquitaine, le commandeur Jacques de Bremond, ayant appris par le fermier de ladite commanderie l'état dans lequel elle se trouvait, il se crut, pour remplir sa mission, dans l'obligation de faire visiter la susdite commanderie et de faire dresser un procès-verbal de cet état, ce qu'il fit exécuter au mois d'août 1763 par les chevaliers commandeurs, frère Claude Eugène de Beaureau et frère François-Ludovic de Cumont, avec l'assistance de l'agent Ragot. Desquels visite et procès-verbal, il résulte que le vieux château de Thévalles se trouve dans le plus déplorable état, presqu'entièrement ruiné et depuis de longues années abandonné, de telle sorte que les commissaires susdits conseillèrent la suppression de ce château, à la réserve de l'habitation du régisseur et de la chapelle, avec d'autant plus de raison que depuis près de cent ans les commandeurs de cette commanderie ont préféré prendre pour leur résidence un autre château [dit] le Breuil (le Breil-aux-Francs) dépendant de cette commanderie comme mieux conservé, ainsi qu'il résulte du procès-verbal annexé à cette lettre. C'est pourquoi le suppliant se permet de recourir a la bienveillance de Votre Altesse Eminentissime pour vous supplier humblement de daigner, ainsi que votre sacré conseil, lui accorder l'autorisation nécessaire pour la suppression de la partie susdite de ladite commanderie, afin de pouvoir, avec plus d'utilité, employer son faible produit à réparer les autres biens de cette commanderie notablement détériorés et de votre grace...
Nous, Grand Maitre des Hospitaliers de Jérusalem, ordonnons que cette supplique soit communiquée à notre procureur du Trésor commun et de la vénérable langue française. Donné en notre palais le 19e jour de juillet 1765. G. Belli, auditeur.
Nous, Grand Maître des Hospitaliers de Jérusalem, ordonnons que cette supplique soit transmise à notre Conseil vénérable. Donné en notre palais, le douzième jour d'août 1765. Frère Charles Ferruggia, auditeur.
Nous, Eminentissime et Révérendissime seigneur Grand Maître, et notre Conseil vénérable, vu la délibération de langue vénérable prise le trentième jour du mois de juillet dernier, et aussi le chirographe des vénérables procureurs du Trésor commun, déposé le cinquième jour du mois courant, avons accordé et octroyé d'un vote unanime la faculté demandée, de façon toutefois à ce que la chapelle et l'habitation du régisseur demeurent intactes.
Et parce que telle est la vérité. C'est pourquoi, en témoignage de cette décision, notre Bulle magistrale en cire noire a été apposée sur le présent décret.
Donné à Malte, en notre Conseil, les jours, mois et an sus-indiqués.
Enregistré en la Chancellerie
Le porteur de l'Aigle, François Guedes, vice-chancelier.
En exécution de ce décret, le commandeur Alexis Binet de Montifroy abandonna complètement le château de Thévalles dont la destruction avançait rapidement faute d'entretien. Ses successeurs, les chevaliers Achille-Charles-Alexis de Kérouard, 1768, et Jean-Henri de la Laurencie, 1775, imitèrent son exemple. De telle sorte qu'à l'époque de la Révolution, le château, vendu comme bien national, se trouvait vraisemblablement déjà dans l'état où nous le voyons aujourd'hui, à la sortie du village du même nom, sur la droite de la route d'Angers, et ne comprenant plus que les pièces réservées pour l'habitation du fermier ou régisseur.
Suivant M. l'abbé Foucault (Les Seigneurs de Laval, pages 88 et suivantes) la chapelle, qui existait encore en 1789, aurait été détruite pendant la Révolution.
Sources : E. Querdau-Lamerie. Procès-verbaux et documents. Département de la Mayenne, Commission historique et archéologique, tome II, page 235 à 248. Laval 1883. - BNF
Commanderie de Thévalle
L'acte le plus ancien connu, quoique non daté, qui concerne les Hospitaliers de Thévalle est le don fait par Guy, fils d'Adam, Agnès, sa femme, Jean et Jeanne, ses enfants, de tout ce qu'il possédaient au-delà du ruisseau de Thévalle, ultra aquam (et non agnam) de Thévalla.
A cette époque, la commanderie est dite de Laval, peut-être l'établissement primitif était-il à Saint-Jean de l'Hôtellerie ; le don qui précède aurait décidé de la fondation de Thévalle. Guénard, seigneur du lieu, ratifia l'acte de son vassal.
Guy V de Laval au XIIe siècle créa en faveur du nouvel hôpital une foire de trois jours à la fête de la Décollation de Saint-Jean-Baptiste, lui laissant la moitié de toutes les recettes et le droit d'étalage. Un officier du seigneur percevait la taxe, et celui des Hospitaliers portait la bourse.
Les religieuses d'Avesnières furent obligées en 1169 de reconnaître l'exemption dont jouissait dans leur fief comme ailleurs les terres des chevaliers en vertu des privilèges de leur ordre, se contentant de recevoir chaque année deux setiers de seigle, un setier d'avoine, et une livre d'encens.
On connait quelques autres libéralités:
— Don fait aux frères hospitaliers par Philippe de Saint-Denis, chevalier, de tout le droit de dîme que lui et son père possédaient dans les paroisses de Meslay et du Bignon, 1220.
— Don fait aux mêmes par Mathieu du Verger et Jeanne sa femme, de cinq sols de cens et de deux setiers de seigle à prendre sur le tenement de Bois-Gamast, etc. Mai 1237.
— Des droits sur l'étang et le moulin de Jouanneau, sur l'écluse d'Etrogné, et sur le moulin que les frères y pourraient établie, 1237.
— Acte par lequel Thibault de Mondamer assigne sur la métairie de la Haye-Guyon, en la paroisse d'Arquenay, une rente de dix sols qu'il devait au commandeur du Breil aux Francs ; septembre 1274.
— Don d'une rente de trois sols aux Templiers du Breil aux Francs, 1293.
— Plaintes du commandeur de Thévalle contre les violences et les entreprises da seigneur de Laval sur sa juridiction ; sans date (fin du XIIIe siècle) en français.
Mais ce qu'on connait ainsi par des actes isolés n'est rien à comparer aux rentes, aux domaines, aux fiefs qui formèrent plus tard la dotation de la commanderie de Thévalle, après l'annexion de la commanderie du Breil-aux-Francs et de la commanderie de Chevillé.
La commanderie de Thévalle avait des domaines dans quarante paroisses. Ses revenus, suivant Expilly, étaient estimés 4 500 livres.
Commandeurs: Avant 1312
Gervais, qui avec Jean, commandeur d'Artins, reçut le don de Guy, fils d'Adam, XIIe siècle.
Bernard de la Rochère, du temps de Guy VI de Laval.
Commandeurs: Après 1312
Jean Lemoine, 1353-1360.
Nicolas Séguin, 1395.
Guillaume Levoyer, 1411.
Alain de Boiséon, 1452.
Jacques de Chasteau Challon, 1477.
Guytereau, 1488-1493.
Léon Jau, 1512.
Louis Gourdeau, 1521.
François de Sousselles, 1527.
Léon Goullard, 1533.
René Lecirier, 1564.
Louis de la Roche dit la Boullaye, 1570.
Bertrand Peloquin, 1575.
Jean Grignon, 1578.
Claude de Liniers, 1592.
Adam Bellanger, 1594-1619.
Urbain de Salles, sieur de l'Escoublère, 1620.
Antoine Thomasset, sieur de la Boislinière, 1653.
Charles de Villiers, sieur de Lauberdière, 1668.
Charles du Plantis Landereau, 1675.
Charles Charbonneau de la Forte Ecuyère, 1704.
Victor-Henri Leroux, 1729.
Le chevalier de la Corbinière, 1741.
Alexis Binet de Montiffroy, 1765.
Achille-Charles-Alexis de Keronard, 1768.
Jean-Henri de la Laurencie, 1775.
On ne sait pas à quelle date la commanderie de Chevillé fut rattachée à celle de Thévalle. En 1353, Jean Lemoine était commandeur de l'une et de l'autre.
Sources: Commanderie de Thévalle, dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 — Sources numériques: Wikipedia
L'argilière de Thévalle
La fabrication des vases à l'oeil de perdrix eut certainement plusieurs centres, car la matière, les types, l'ornementation des spécimens que nous connaissons, ne se ressemblent pas.
M. E. Moreau, à la suite d'une découverte de nombreux fragments faite par M. Léon Delaunay au lieu de la Hardelière, près de l'écluse de Cumont, désigna avec raison le village de Thévalle comme le principal atelier de cette industrie. Le village est ancien, chef-lieu d'une commanderie de l'ordre du Temple (ce doit-être une erreur), connu de temps immémorial par l'exploitation d'un banc d'argile, que surmontaient aussi le bourg et l'église romane de Saint-Pierre-le-Potier, et les fours des Gaudinieres. La terre à l'état de cuisson parfaite est rouge, sans mica.
Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, IIe série, tome XXVI, page 358. Le Mans 1911
Thairé (17)
Commanderie de ThairéDépartement: Charente-Maritime, Arrondissement et Canton: La Rochelle - 17

Domus Hospitalis Thairé
LExploitation seigneuriale au XVIIIe siècle dans la commanderie de Thairé-dAunis
Résumé
Dans une paroisse de lAunis, Thairé, les Chevaliers de Malte possédaient une commanderie dont une importante partie était tenue par un vassal, le seigneur de Dirac.
Par létablissement, à intervalles plus ou moins réguliers, de papiers terriers, le Commandeur se bornait à la défense de ses droits seigneuriaux. Cest la bourgeoisie du village ou de la ville voisine, La Rochelle, qui, détenant la majeure partie des tenures, tirait le profit de lexploitation du sol à laide de journaliers.
Au contraire, les seigneurs vassaux veillaient personnellement à lexploitation de leur domaine. Lun deux, au milieu du XVIIIe siècle, fera preuve dun remarquable esprit dentreprise en faisant assécher en quelques mois cent vingt hectares de marais pour y fonder deux nouvelles métairies.
A la veille de la Révolution ce sont des intendants qui géreront le domaine déserté par le dernier seigneur de Dirac.
Thairé-dAunis était une paroisse mouvante de la châtellenie de Rochefort-sur-Charente. Elle sétendait sur le versant sud de lanticlinal qui sépare le marais poitevin des marais littoraux de lAunis.
Une population denviron 800 habitants se répartissait en de rares fermes, métairies ou « cabanes », en un hameau : La Fondelaye ; en un village : Mortagne la Vieille ; en un bourg : Thairé-dAunis.
La commanderie de Thairé-dAunis
Ce domaine appartenait aux Chevaliers de Malte, héritiers de lordre de Saint-Jean de Jérusalem à qui avaient été dévolus les biens des Templiers, lors de labolition de cet ordre.
Aux archives départementales de La Rochelle est déposé un terrier, avec plans coloriés, qui a été établi en 1785 (1). Il apporte des précisions sur létendue des terres relevant directement de la commanderie, sur celles relevant de seigneuries vassales, sur le parcellaire, la nature des cultures, les bâtiments dexploitation, les habitats et enfin sur les redevances seigneuriales et les devoirs des vassaux. Des fragments dun papier terrier précédent permettent dutiles comparaisons (2).
étendue du domaine
Les fiefs dont la Commanderie avait perdu la seigneurie utile pour ne conserver que la directe, avec les droits honorifiques qui y étaient attachés, ne sont pas représentés sur les plans qui accompagnent le terrier. De ce fait, la mouvance de la seigneurie ne peut être délimitée avec exactitude. Il serait dailleurs vain den rechercher les limites précises puisque les auteurs du terrier reconnaissent eux-mêmes (3) : « Il est certain que beaucoup de domaines se trouvent hors de la possession de la commanderie. »
La récapitulation des surfaces des différentes tenures figurant sur les plans donne environ 250 hectares. Certains indices permettent destimer que les fiefs en possession des seigneurs vassaux devaient dépasser cette quantité.
Le parcellaire
Ne saccommodant pas dun paysage bocager, les vignes sétendaient en openfield, en parcelles de faible étendue, de formes géométriques généralement rectangulaires. A louest, dans la vallée humide dun petit ruisseau, le Pontreau, le bocage sétablissait en petites parcelles aux formes sinueuses.
Les cultures
Le terrier montre la place prépondérante de la culture de la vigne.
Il faut noter labsence de fermes ou de métairies. Le moulin à eau du Pontreau est le seul écart quon puisse mentionner. Dans certains fiefs, les tenanciers étaient tenus de cultiver la vigne à lexclusion de tout autre production. Le terrier, à propos du Fief-le-Roy, précise : « Ce canton est sujet au septein des fruits y croissant pour droits de terrage et de complant dus (....) à chaque levée de récolte annuelle et sans chaumage, comme nature de fief de vigne ou la culture doit être permanente. »
Les bâtiments dexploitation
Cest dans le bourg même de Thairé que se trouvaient les bâtiments dexploitation et les habitats. Une feuille du terrier donne le plan détaillé du village, très resserré sur lui-même, aux ruelles tortueuses, aboutissant à des queureux, cest-à-dire à des cours communes autour desquelles se distribuaient les habitats. Les bâtiments dexploitation agricole, très rares, comportaient essentiellement des chais pour loger les récoltes de vin et les bâtiments annexes nécessaires à la vinification et à la distillation, ou bien encore des écuries pour les chevaux utilisés pour les transports, plus comme bêtes de somme que comme animaux de trait.
Laissant de côté les logements attachés aux bâtiments dexploitation, domicile de ceux que le terrier qualifie de marchand ou de sieur, attardons-nous aux habitats où vivait la classe la plus nombreuse, celle des « laboureurs à bras. » Ce terme désigne les journaliers travaillant à la culture de la vigne qui seffectuait alors exclusivement à la main. Leur logement ne comportait généralement quune pièce où la famille vivait pêle-mêle avec quelques animaux domestiques. Un rapport très circonstancié dun médecin, chargé denquêter sur une maladie épidémique qui avait décimé la population au milieu du XVIIIe siècle fournit les détails réalistes sur linconfort, le manque total dhygiène et la grande misère qui régnaient en ces « tanières » (4).
Les tenanciers
La distinction que nous venons détablir entre les rares logements joints aux bâtiments dexploitation et les nombreux taudis des laboureurs à bras, témoigne dune inégalité dans la distribution des tenures.
Quelques bourgeois de Thairé, ou des bourgeois rochelais ayant dans le village une résidence secondaire, détenaient la plupart des terres accensées. Cependant, il convient de noter que la majorité des laboureurs à bras, malgré leur dénuement, possédaient quelques lopins de terres ou douches où, mettant à profit les temps morts de la culture de la vigne, ils tiraient une partie de la subsistance de leur famille.
Les redevances seigneuriales
Les cens et terrages nétaient pas uniformes. On est frappé par la diversité de la nature de ces redevances et par la disparité des taux, même pour des parcelles voisines ; elles étaient payables, tantôt en espèces, tantôt en nature, parfois en espèces et en nature. Pour la vigne, le complant était généralement du sixième ou du septième des fruits. Certaines tenures franches de fruits nétaient soumises quà un cens léger en argent. Dans un préambule, les auteurs du terrier constatent quil ny a aucune base pour fixer les droits de la commanderie. A défaut du premier terrier dont ils ne connaissent pas lorigine, ils sappuient pour vérifier les déclarations des tenanciers sur le plus ancien en leur possession, celui de 1654.
Le rôle de la commanderie dans lexploitation des terres.
Il apparaît, daprès le terrier, que le rôle de la commanderie dans lexploitation du domaine était purement passif, se bornant à la perception des cens, terrages et complants et à létablissement, à intervalles plus ou moins réguliers, de papiers terriers pour asseoir ses droits, les défendre et au besoin les améliorer. Une fois le terrier arrêté, le commandeur nétait plus représenté que par un mandataire remplissant les fonctions de receveur dun lointain bénéficiaire.
Cest la bourgeoisie, tant villageoise quurbaine, qui, possédant la majeure partie des tenures, les exploitait et tirait le profit du domaine en faisant cultiver la vigne par une main-dœuvre salariée, chichement payée, celle des laboureurs à bras.
La châtellenie de Dirac
Avec la châtellenie de Dirac, apparaît un autre aspect de lexploitation des domaines où les seigneurs jouaient un rôle plus actif.
Ce domaine était tenu depuis le XVIe siècle pour une famille de Saint-Georges dont plusieurs représentants à Thairé ont porté le titre de comte. Un descendant, à la fin du XVIIIe siècle, fera ériger cette terre au rang de marquisat.
Cette famille possédait de nombreuses seigneuries en Aunis et Saintonge et notamment celle de Saint-Vivien dans une paroisse voisine. Dans cette étude ne sera retenue que lexploitation des terres de Thairé.
Lors de létablissement du terrier de 1785, le marquis de Dirac avait refusé de fournir, non seulement le dénombrement des domaines quil tenait à foi et hommage lige, mais aussi les déclarations des tenures roturières. Dans les observations qui accompagnent le terrier il est précisé : « Le marquis de Dirac paraissait en 1785 vouloir saffranchir de toute vassalité envers la commanderie et il navait voulu fournir aucun titre, aucune déclaration pour létablissement du nouveau terrier », pour pallier cette carence, le terrier rappelle le dénombrement qui avait été rendu dans un terrier précédent.
Ce dénombrement comprenait :
— la châtellenie de Dirac, tenue « à foy et hommage lige, au devoir dun marc dargent à muance de seigneur, et au tiers dyceluy à muance de vassal »
— les fiefs du moulin de Dirac.
— le fief de dessus la Cour.
— le fief des Vieilles-Boinotes.
— le fief Jarry.
— les fiefs de lHoué.
— le tiers des fiefs de la Grande et de la Petite Couture.
— le tiers du fief de Thairé.
— la Collinerie.
— le tiers de la Halle.
A titre roturier le seigneur de Dirac détenait dautres pièces de vignes dans le domaine de la commanderie, dont 7 hectares dun seul tenant au fief Bouribeau.
Enfin, au Sud de la paroisse de Thairé sétendait un marais de 120 hectares, appelé le fief des Arennes, mouvant de la seigneurie de Voutron et tenu à foi et hommage lige au devoir dun lévrier blanc. Ce fief jouxtait aussi la seigneurie de Saint-Vivien appartenant aux Saint-Georges.
A quelle date et en quelles circonstances les Templiers ou les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ont-ils été amenés à concéder la vassalité de la terre de Dirac et des autres fiefs ? Le caractère archaïque de certains devoirs autorise à remonter à une période assez haute : tel le devoir dune maille dor apprécié 22 sols 6 deniers à muance dhomme, dont étaient chargés les fiefs de lHoué, etc. (6), qui laisse supposer que linféodation remonte au XIVe siècle (7).
Comment se présente lexploitation des domaines tenus par les seigneurs de Dirac ?
Une partie des terres échappait à lexploitation directe : ce sont celles des tenanciers. Labsence de papier terrier de la châtellenie de Dirac ne permet pas den apprécier limportance, mais le dépouillement du registre du contrôle des actes (8) révèle un nombre non négligeable de déclarations de censitaires.
A linstar des bourgeois, les Saint-Georges exploitaient directement leur domaine libre. Bien des faits le prouvent, notamment les terres tenues roturièrement dans le domaine direct de la Commanderie. En outre, le témoignage dune exploitation à grande échelle nous est apporté par linventaire dressé lors de la vente du château de Dirac comme bien national (9).
Dans les servitudes, les bâtiments réservés à lexploitation vinicole comportaient : deux grands chais avec pressoirs et treuil à « fût », deux grands foudres de bois (....) contenant 350 barriques, une cave voûtée, une brûlerie propre à placer quatre chaudières, un timbre (10) en pierre, doublé de plomb, contenant 53 barriques servant à remplir les pipes des chaudières, etc.
Enfin les registres paroissiaux (11) livrent les noms et les professions des personnes attachées au service des Saint-Georges : on y relève des intendants, des hommes daffaires (surtout à la fin du XVIIIe siècle), mais pas de domestiques agricoles gagés ou de métayers. Les Saint-Georges, comme les bourgeois, utilisaient des laboureurs à bras, payés à la journée ou à la tâche.
Au début du XVIIIe siècle les seigneurs de Saint-Georges gèrent personnellement leurs terres. Lun deux, le comte Hector de Saint-Georges a fait preuve dun esprit dentreprise remarquable en procédant, en 1739, à lassèchement du fief des Arennes, marais couvrant 120 hectares. Sept lettres permettent de suivre lexécution de ce travail (12).
Au préalable, il lui fallait obtenir un arrêt du Conseil détat pour mettre fin à une longue procédure qui avait opposé le seigneur de Voutron aux ancêtres des Saint-Georges, et aussi « linertie des bureaux » cest-à-dire les lenteurs administratives. Il sy emploie avec bonheur. Bien en cour, il fait des démarches personnelles auprès du Chancelier et auprès du contrôleur général, M. dOrmesson.
Le 13 mai il expose ses projets dans une lettre à M. de Barentin, intendant de la généralité de La Rochelle : « Il conviendrait que tout puisse être consommé au commencement de juin ; je ferai incontinent rendre sur place les matériaux (...). Je compte employer deux cents hommes, au moyen de quoi, tout pourra être fini le 1er novembre »
Dans une autre lettre, il morigène son notaire qui a fait preuve de négligence, en des termes qui évoquent le vers de Molière : « Comme en termes galants ces choses-là sont dites. »
Le 24 octobre, à 4 heures du matin, il écrit à M. de Barentin : « Jaurais besoin que ce jour fût de 60 heures (...) mon écluse est finie ; nous enverrons leau douce à lOcéan ; on commencera à labourer lundi ; mes colons emménagent aujourdhui. »
Selon un commentateur de la coutume de La Rochelle, un seigneur ne déroge pas en cultivant ses terres. Certes Hector de Saint-Georges, qui fut un grand seigneur, na pas dérogé en soccupant de lexploitation de son domaine. A travers ses lettres, nous voyons apparaître un fin lettré (il cite Horace), un seigneur bien en cour et un homme daction. On sémerveille de voir que, en quelques mois, 120 hectares de marais ont été asséchés par le creusement de canaux et de fossés, quune écluse a été construite pour régulariser le cours de leau, que des ponts et deux métairies ont été édifiés et les terres ensemencées. Veillant aux moindres détails, on comprend que le comte ait exprimé le souhait que les journées fussent de 60 heures et formulé le désir de mettre sa tête « à lombre de ses charmilles, à la fraîcheur de ses fontaines. »
Il y aurait beaucoup à dire sur son petit-fils, le marquis de Dirac, capitaine au régiment de Royal-Cavalerie. A 25 ans il est si couvert de dettes que son père, pour sauvegarder le patrimoine familial, fera établir un testament en « substitution »
A la fin du XVIIIe siècle, ce sont des intendants et des fermiers généraux, ces derniers choisis généralement parmi les bourgeois de Thairé, qui gèrent le domaine. Sous la Révolution, les procès-verbaux dressés lors de ladjudication du fermage du domaine montrent des bâtiments et du matériel en mauvais état. Enfin, le fait que les fermiers généraux, qui appartenaient à la bourgeoisie locale, aient acquis des terres lors de leur vente comme biens nationaux, prouve bien que, à la fin du XVIIIe siècle, le véritable profit de lexploitation des terres seigneuriales des Saint-Georges avait été accaparé par les bourgeois.
A Thairé, tout au long du XVIIIe siècle, on assiste à une main mise progressive de cette bourgeoisie sur lexploitation des terres, soit par exploitation directe, soit en affermant les revenus des terres seigneuriales. La culture de la vigne facilitait, par ailleurs, leur entreprise.
Sources : GABET Camille. Actes du 93e Congrès national des sociétés savantes : Tours, 1968. Section dhistoire moderne et contemporaine. Agriculture, industrie, commerce, études diverses, tome III, pages 15 à 22. Tours 1968. BNF
Vous pouvez voir sur le site des Archives départementale de Charente-Maritime, le terrier de Thairé
Notes
Sur la carte de lIGN, il y a une du Temple à Thairé, est-ce une rue qui représente lordre du Temple ?
1. Archives départementale de Charente-Maritime, E 7 ; Terrier de la commanderie de Bourneuf et Thairé, grand in-folio, 1058 pages et 73 plans coloriés, dont 304 pages et 17 plans pour Thairé.
2. Archives départementale Charente-Maritime, E 8; Terrier de la commanderie de Thairé, in-folio 52 feuillets papier.
3. Terrier de 1785, opuscule cité, note sur le fief du Bois-des-Mottes de Bouribeau.
4. Archives départementales Charente-Maritime, D 12, folio 36 : rapport du médecin Destraydieux en date du 26 décembre 1771.
6. Terrier.
7. Les mailles furent frappées de 1308 à 1411.
8. Archives départementales de Charente-Maritime, C 5046-5047 : contrôle des actes des notaires et écritures privées, bureau de Thairé, 1712-1715.
9. Archives départementales de Charente-Maritime, Q 107, 5e registre, 2e affiche.
10. Timbre : bassin taillé dans la pierre ; très commun en Aunis et Saintonge.
11. Archives départementales de Charente-Maritime, registres paroissiaux de Thairé, années 1772, 1774, 1777, 1778.
12. Archives départementales de Charente-Maritime, C 175 : Intendance, marais de Vourron : lettres du seigneur de Saint-Georges (7 pièces).
Themines (46)
Hôpital de Beaulieu à ThéminesDépartement: Lot, Arrondissement: Figeac, Commune: Espédaillac - 46

Hôpital de Beaulieu
Château ou commanderie dhospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem
La seigneurie est partagée de longue date entre le commandeur de lHôpital et un seigneur laïque plus puissant, les Barasc au 13e siècle, puis les Cardaillac-Thémines, les Penne et les Lauzières de Thémines (E. Albe, 2005).
Les étapes de la fondation de la commanderie dEspédaillac sont cependant mal connues. Cette « domus » de lordre de lHôpital de Saint-Jean de Jérusalem apparaît pour la première fois dans la documentation en 1257, dans une sentence arbitrale liée au contentieux qui oppose le commandeur Pierre Martel à Déodat de Barasc, seigneur dEspédaillac. La maison hospitalière est alors déjà juridiquement instituée : elle est essentiellement documentée durant toute la seconde moitié du 13e siècle à travers une série de transactions ou de litiges. Elle abrite en 1299 une petite communauté de frères composée dau moins quatre religieux et dun donat, gouvernée par Bernard Mauri.
Les commandeurs quittent Espédaillac pour sinstaller dans leur métairie de la Salle Durbans (actuelle commune de Durbans) après 1344 (E. Albe, 2005, p. 146).
Le logis du commandeur est encore mentionné au 17e siècle : en 1666, il est fait état du patus appelé « la tour de Saint-Jean », joignant léglise, sur lequel se trouvait autrefois la tour du seigneur commandeur (E. Albe, p. 151). Est-ce le « château » rasé avant 1590 par les huguenots, avant quils ne ruinent léglise ? (E. Albe, 2005, p. 156)
Le seigneur laïque possédait aussi un château à Espédaillac.
Lors dune transaction de 1450, le seigneur se réserve le château et les fortifications du lieu (E. Cadiergues, 1937, p. 216).
En 1519, Loys de Lauzières-Thémines hommage pour le lieu et château dEspédaillac, dans lequel se retire en 1568 Jean de Lagrange, seigneur de Rouffilhac (qui a alors sans doute la seule la directe de la seigneurie) ; il lui est permis dy rester avec le nombre de soldats quil voudrait (E. Albe, 2005, p. 159).
Lédifice élevé à côté de léglise pourrait être le logis du commandeur. Son état le plus ancien peut dater du 14e siècle. Des croisées témoignent de travaux réalisés au 16e puis au 17e siècle.
Lédifice se compose de deux corps de bâtiment en L. Les façades sur cour gardent au premier étage des vestiges de fenêtres couvertes par des arcs à claveaux longs qui seraient en faveur dune datation tardive. Dans lélévation orientale de laile nord, lembrasure dune porte murée, couverte dun arc segmentaire, laisse penser que le bâtiment se prolongeait jusquà léglise ; cette circulation au niveau de létage sest maintenue puisquune porte moderne, placée un peu plus bas, sest substituée à la porte médiévale. Dans lélévation nord, une croisée moulurée et les vestiges de croisées à arêtes vives témoignent des travaux réalisés aux 16e et 17e siècles. A louest, deux arrachements de murs indiquent lemplacement dun corps de bâtiment disparu ; une partie des maçonneries médiévales est peut-être conservée dans les élévations ouest et sud de laile sud, dont lélévation sud conserve en outre deux croisées à arêtes vives du 17e siècle, celle du premier étage à létat de vestiges.
Sources : La plateforme ouverte du patrimoine BNF
Thémines ou Hôpital de Beaulieu
Département : Lot, Arrondissement et Canton : Figeac - 46
2669. — 1254
Mars 1254 (1). Guibert de Themines confirme la fondation dun hôpital, situé entre Thémines et Gramat, quil avait institué quinze ans auparavant (2).
Paris : Bibliothèque nationale, collection Doat, volume 123, folio 196 (copie certifiée de 1667, daprès les Archives de Saint Gilles).
1. Si le style du 1 mars, suivi à Figeac et dans le Haut Quercy à la fin du XIIIe siècle, a été employé ici, lacte est de mars 1254 ; si, au contraire, comme dans la plupart des chartes de cette région, lacte de Guibert de Thémines est daté daprès le style de lannonciation (25 mars), la présente confirmation se place soit du 25 au 31 mars 1253, soit du 1 au 24 mars 1254.
2. Cet hôpital, connu par la suite sous le nom de Beaulieu, fut donné par Guibert de Thémines aux Hospitaliers le 19 juillet 1259.
3. Acta sunt hec anno Domini millesimo ducentesimo quinquagesimo tertio, mense martio.
Belver
Département : Lot, Arrondissement : Figeac, Commune : Espédaillac - 46
La Maison de Belver ou de Beaulieu dans son origine, nétait quun Hôpital fondé par les Seigneurs de la Maison de Thémines vers lan 1220, entre Figeac et Rocamadour, en faveur des pauvres et des pèlerins qui y passaient pour aller à la Terre Sainte.
En 1259, un Seigneur de Thémines appelle Guibert et Aigline sa femme, donnèrent à lOrdre de saint Jean de Jérusalem cette Maison avec tous les biens qui y étaient attachez (1).
Cette donation fut acceptée de la part de lOrdre par Frère Pierre Gérard, Commandeur des Maisons de Quercy, et Frère Géraud de Baras, Grand Commandeur des Maisons du côté de la mer, ainsi que porte le titre de cette donation : ce qui se doit entendre apparemment de la première dignité de lOrdre après la Grande Maîtrise, et attachée par préférence à la Langue de Provence. Ce fut dans le Chapitre de la Tronquière que Guillaume de Villaret devenu Grand Maître, donna lHabit et la Croix de lOrdre à plusieurs filles de qualité qui sétaient dévouées dans cet Hôpital au service des pauvres, et à y établit pour Prieure, Aigline de Thémines fille des Fondateurs. Ce Grand Maître soumit cette Maison a la visite du Grand Prieur de saint Gilles, et fit plusieurs autres règlements auxquels Aigline et quatre autres Dames députées de la Communauté, à qui sétaient rendues à la Tronquière, se soumirent : ce qui fut depuis ratifié dans une assemblée particulière de leur Chapitre.
1. Lancienne Maison de Thémines après être fondue successivement dans celles de Cardaillac et de Penne, est passée dans celle de Lauzières, doù est sorti à la fin du seizième siècle Pons de Lauzières-Thémines, Chevalier des Ordres du Roi, Maréchal de France, Sénéchal et Gouverneur de la Province de Quercy.
Belver
Le repaire noble de Belver ou Belverium était avant 1450 une dépendance de la Commanderie Templière du Soulet (Grand Brassac) et elle passa ensuite aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Beauvais
— Hameau commune de Lussas.
— Repayre de Belver, 1456.
— Belverium, 1492 (O.S.J.)
— Repaire noble.
— Dépendance de la Maison du Temple de Soulet.
Sources : M. Le Vicomte de Gourgues - Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne - Paris Imprimerie Nationale - M DCCC LXXIII.
Thémines
Département : Lot, Arrondissement : Figeac, Commune : Espédaillac - 46
Historique.
Pendant la Révolution.
— Commune du canton dAynac et du district de Figeac.
Avant la Révolution.
— Commune de la subdélégation et de lélection de Figeac.
Paroisse sous linvocation de Saintt Eutrope.
Cette cité payait 6617 livres dimpositions ; ses charges locales ordinaires étaient de 151 livres ; sa population de 505 habitants
— Le château de Thémines existait dans le XIe siècle. La famille de Thémines, après sêtre fondue successivement dans celles de Cardaillac et de Penne, sallia à celle de Lauzières, doù sortit à la fin du XVIe siècle, Pons de Lauzières-Thémines, maréchal de France, sénéchal et gouverneur du Quercy. La maison de Thémines a joué un rôle important dans les annales du Quercy et plusieurs membres de cette famille se sont trouvés mêlés aux grands événements de lhistoire.
Thémines fut hypothéqué aux Anglais en 1287.
La terre de Thémines avait titre de marquisat.
Antiquités
— Vestiges de lancien château.
— Hommes célèbres Pons de Lauzières, marquis de Thémines-Cardaillac, maréchal de France, dont nous avons parlé
plus haut, vit le jour à Thémines (1553-1627).
Alvignac
Département : Lot, Arrondissement : Gourdon, Canton : Souillac - 46
Alvignac était une dépendance de la seigneurie de Castelnau et devait hommage à lévêque de Cahors.
Le monastère de Fieux, dont il reste encore des ruines, fut fondé en 1203 par Gerbert de Thémines.
En 1296 le couvent des dames hospitalières de Saint-Jean de Fieux était gouverné par Jourdaine de Villaret,
sœur de Guillaume de Villaret, grand maître des chevaliers de lHôpital.
Plus tard la maison de Fieux fut réunie à lHôpital-Beaulieu.
Une bulle du pape Alexandre III (1175) mentionne léglise dAlvignac comme possession du Prieuré de Carennac.
Cras
Département : Lot, Arrondissement : Gourdon, Canton : Cœur de Causse - 46
Cras était le siège dune commanderie des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
— Le château de Cras fut détruit au XIVe siècle par les Anglais qui voulaient se venger dune défaite que leur avait fait éprouver le seigneur de Thémines, propriétaire de ce château.
En 1385, Cras était occupé par le capitaine anglais Huc de Turenne.
Les Templiers et les Hospitaliers de Crac
En 1255, Barthélémy, évêque de Cahors fait don de léglise de Cras et de celle de Saint-Laurent à frère Raimbaut de Caromb, maître de la province templière de Provence.
Compte tenu de son emplacement et du fait que cette charte figure dans les archives de Carnac, on pourrait supposer quelle a dépendu à un moment donné de la maison du Temple de Carnac, elle-même rattachée à celle de Cahors. Pourtant les templiers possédaient entre autres un moulin près du pont de Marquefave que lon voit inféodé cinq ans plus tôt par le commandeur de la baillie du Temple de La Capelle-Livron car il était désaffecté, ceci avec lapprobation du commandeur templier de Cras.
Puis on trouve en 1276-1277 un commandeur templier des maisons du Bastit et de Cras.
Au XVIIIe siècle, Cras appartenait toujours au Bastit du Causse, une autre commanderie devenue hospitalière depuis la dévolution des biens de lordre du Temple. Cette dernière faisant alors partie du grand prieuré de Saint-Gilles et de la langue de Provence.
En 1741, la propriété des Hospitaliers faisant une vingtaine dhectares et comprenait le château, léglise, la basse-cour ainsi que des granges et les champs et prés dits de Laborie, Pré Redon et La Raymondie.
Sources : Antoine du Bourg, Ordre de Malte : Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France.
Issendolus
Département : Lot, Arrondissement et Canton : Figeac - 46
Issendolus, appelé aussi lHôpital-Issendolus ou lHôpital-Beaulieu, avait un très riche monastère de religieuses de lordre de Malte, sous linvocation de la Sainte-Vierge et de Saint-Jean-Baptiste.
— Ce monastère avait pour origine un hospice que les seigneurs de la maison de Thémines avaient fondé vers lan 1220.
— En 1726, la supérieure des hospitalières dIssendolus était élue à vie et prenait le titre de grande-prieure ; avant la Révolution de 1789, le monastère renfermait 16 religieuses.
Antiquités.
— Restes dune voie romaine désignée dans des actes sous le nom de Comi roumiou.
— Restes des bâtiments de lancienne Abbaye de lHôpital-Beaulieu.
Sources : Combarieu, L. Dictionnaire des communes du Lot. Cahors, 1881
Thoreilles-le-Defend (21)
Domus Hospitalis Thoreilles-le-DéfendDépartement: Côte-dOr, Arrondissement: Beaune, Canton: Arnay-le-Duc, commune: Viévy — 21

Domus Hospitalis Thoreilles-le-Défend
En 1271, Ponce de Saulx, chevalier, et sa femme Isabelle, dame du Défend, donnent aux Hospitaliers de Champignolles des rentes en bleds assignées sur les fonds quils possédaient à Thoreilles.
La commanderie de Beaune, eu outre des membres décrits ci-dessus, possédait un tiers des seigneuries de « Painblanc », de « Pasquier » et de « Villeneuve-les-Voudenay », des rentes en grains assignées par lun de nos ducs sur le « meix de lhôpital de Velars », près Pouilly-en-Auxois, sur les moulins de « Bourguignon, dAignay et Badet », près Beaune sur la rivière de « la Bouzoise », des droits de dîmes sur « Thury » et sur « Mursanges », des terres écartées sur « Montceau », « Cussy-la-Colonne » et « Thomirey »; et enfin des rentes en vin sur « Vollenay », « Bligny-sous-Beaune » et « Pernant. »
Fond de la commanderie de Beaune H 1224: Tarreilles, Terrreilles, 1272.
Sources: César Lavirotte — Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne — Membre de la Société française pour la conservation des Monuments — 1852.
Thoreilles-le-Défend, hameau sur la commune de Viévy.
— Torrelle, 1265 (La Ferté, H 567)
— Tarreilles, 1272 (Fonds de la commanderie de Beaune, H 1224)
— Thorroille, 1275 (La Ferté, H 567)
— Tourroilles, 1327 (Ibidem)
— Torrailles, 1331 (Ibidem)
— Tourrailles, 1345 (Ibidem)
— Terroilles, 1397 (B 11513)
— Torroilles, 1442 (B 11515)
— Torroillot, 1461 (B 11517)
— Torroillottes, 1470 (B 11518, folio 148 vº)
— Toirillotte, 1574 (C 5128 bis, folio 57 vº)
— Thoralles, Thorelles, 1578 (B 10671)
— Theurrailles, 1625 (C 4739, folio 18 vº)
— Thorey le Deffend, Thoreille le Deffend, Thureil le Deffend, 1689 (B 10871)
— Thoreil-le-Défend, 1783 (Nouveaux Etats Généraux, folio 332 vº)
— Toreille-le-Deffend, XVIIIe siècle (Carte de Cassini)
— Thoreilles et le Deffend sont distincts.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-dOr, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.
Tigery (91)
Domus Hospitalis TigeryDépartement: Essonne, Arrondissement: évry, Canton: Epinay-sous-Sénart, Commune: Lieusaint — 91

Domus Hospitalis Tigery
La maison quon appelait le plus souvent lHôpital de Tigery, était un fief où lOrdre avait la haute, moyenne et basse justice. Le domaine se composait dune ferme située sur le chemin de Tigery à Sénart avec cent arpents de terre. Il sy trouvait une chapelle nommée la chapelle de Saint-Genefort, où lon disait la messe une fois par semaine.
Tigery était le plus ancien membre du Prieuré de Saint-Jean-en-LIsle. Dans la bulle du Pape Honoré qui confirme, en 1225, la réunion de cette maison au prieuré quon venait de fonder; il est dit que Tigery était alors tenu par un frère de lOrdre du nom de Durand qui devait en jouir jusquà son décès.
Le revenu de la maison de Tigery était en 1757 de 500 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Chapelle de Tigery
Ce Hameau considérable du Doyenné du vieux Corbeil est situé sur deux Paroisses ; savoir celle de Saint Germain de Corbeil et celle dEthioles. Il est environ à sept lieues de Paris, et à une seulement de Corbeil, vers le levant dété de cette dernière ville, dans une plaine où lon ne voit que des terres labourables. Il ny a point de vignes. Dans les bonnes années larpent porte jusquà 160 gerbes, il est fort peu éloigné de la forêt de Sénart, nétant quà un quart de lieue de la grande route de Paris à Melun, laquelle traverse cette forêt.
Il y a sur le territoire de Tigery deux Chapelles. La plus ancienne appartient à la Commanderie de Saint Jean-de-Corbeil, dans une ferme de laquelle elle se trouve. Cétait un petit Hôpital de lOrdre des Hospitaliers, dont François Guérin de Montaigu, Grand Maître de lOrdre confirma la possession aux Prêtres de lHôpital Saint-Jean-de-Corbeil vers lan 1228. Sa situation est dans la pente douce du vallon qui regarde le septentrion. On la dit titrée de Saint Guinefort quils prononcent Genefort dans le lieu. On ny fait point doffice ; mais le Fermier est chargé dy faire dire quelques Messes, on ny célèbre point non plus la fête du Saint. Derrière cette Chapelle, à la distance de huit ou dix toises, est une fontaine dans une petite profondeur. On y vient en pèlerinage et on en trouve leau bonne contre la fièvre.
Lautre Chapelle est beaucoup plus considérable mais aussi plus nouvelle. Elle est dans le Village à lentrée dune avenue darbres qui conduit au Château, toute bâtie de belles pierres de taille et couverte dardoise, fort élevée et isolée, ayant nombre égal de fenêtres de chaque côté. LAutel est isolé, et sur le retable est en relief de hauteur naturelle, lAnnonciation de la Sainte Vierge qui est aussi représentée aux vitres. Il y a de plus un autre Autel dans le fond, adossé au mur. Au-dessus de cet Autel est une statue de Sainte Anne soutenue par une pierre ornée dun écusson supporté par deux Anges, et entouré dune branche de palmier et dune dolivier, ayant dans son champ une porte de Ville ou de Château, avec la herse, trois tours au-dessus et trois étoiles au-dessus des tours. Cette belle Chapelle est de même que le Château sur la partie du territoire de Tigery, comprise dans létendue de la Paroisse dEthioles. La tradition porte quelle avait été destinée pour quelques Religieux Récollets, ou autres, auxquels on voulait en donner la desserte, et que le dessein de ceux qui lont fait bâtir était dy mettre leur Couvent à côté, et quelle aurait été Chapelle castrale comme en dautres Châteaux ; mais quaujourdhui elle nest que Chapelle domestique du Château de Tigery. En ce cas il faut avouer quelle est la belle et la plus vaste de toutes les Chapelles de ce genre, qui soient dans le Diocèse.
Le Château de Tigery est très beau et a plusieurs marques de la bâtisse des anciens temps ; aussi les Seigneurs de Tigery sont-ils Vicomtes de Corbeil, dignité qui dans les siècles reculés avait été attachée aux Seigneurs de Fontenay au-dessus de Corbeil, doù lui reste le nom de Fontenay-le-Vicomte. Le premier Seigneur qui paraisse dans les titres, est Richer de Tigery, qui vivait sous le Roi Henri I, vers lan 1050.
La Tour de Tigery est une seconde Seigneurie située à Tigery, et Fief mouvant de la Vicomté de Corbeil.
Sources: Dictionnaire Historique De La Ville De Paris Et De Ses Environs: Dans lequel on trouve la Description des Monumens et Curiosités de cette Capitale, létablissement des Maisons Religieuses, celui des Communautés dArtistes et dArtisans, le nombre des Rues et leur détail historique, page 712. - Livres numériques Google
Tombe-Issoire (La) (75)
Fief de lHôpital La Tombe-IssoireDépartement: Paris, Arrondissement et Canton: Paris, Quartier: Parc-de-Montsouris, Petit-Montrouge, 14e arrondissement 75014 — 75

Localisation: Fief de lHôpital La Tombe-Issoire
Cétait, dès le principe, une simple grange, que lHôpital avait là pour y renfermer les récoltes dune partie de ses terres aux environs de Paris. Il est probable que cette grange fut celle que Guillaume Des Barres donna, en 1191 au frère Anselme, prieur de lHôpital de France, par des lettres qui sont rappelées plus haut.
Nous trouvons après, un autre seigneur du nom dHugues Pilet de Beauvoir, « de Bello videre », qui déclare dans une charte de lofficial de Paris, du mois doctobre 1231, vendre et donner en partie, aux frères de lHôpital de Jérusalem, à Paris, tout ce quil possédait à Lourcines, « apud Lorcines », sur ce territoire, et autour de la grange de lHôpital, située contre la Tombe-Issoire, « circa granchiam Hospitalis sitam juxta Tumbam Isaure »
Cette grange, devenue ensuite une ferme, se transforma en un domaine seigneurial, lorsquelle fut séparée, comme nous lavons dit, du fief de Lourcines. Elle était située près du grand chemin de Paris à Montlhéry, et ses terres se trouvaient en grande partie sur le territoire de Montrouge.
Dans un bail de 1466, Renaud Gorre, commandeur de lHôpital, déclare affermer pour neuf ans à Germain Amaury, laboureur à Chassenay, « la maison hostel et métairie de la Tombe Isoire; laquelle maison avec étables, grange, cour, jardin fermé de murs, située près le moulin à vant, avec sept vingts arpens de terre labourable; icelles terres sises en un clos qui est audit hostel, au terrouer diceluy et de Montrouge et à lenviron, avec dix arpens de prez à Chantilly et Savigni-sur-Orge, au fermage de quatre muids de grains, scavoir: deux muids et demi de blé et un muid et demi davoine, un septier de grosses fèves et quatre douzaines de pigeons, sous la réserve, par le bailleur, de la jouissance dune petite maisonnette dans le clos de lHostel. »
Détruite par un incendie, en 1490, la maison de la Tombe-Issoire ne fut point reconstruite. Les terres qui en dépendaient furent données partie à bail, partie à cens ou rente perpétuelle, et lancien domaine reçut alors le nom de Seigneurie du Petit-Montrouge.
La plus grande partie de ces terres était en vigne au XVI siècle. Elles étaient situées aux divers chantiers ou lieux dits Piquehouc, Chassegnay, Haute-bonne, lOrme au Maire, Auxerre, les creuses voies, la carrière verte, les closeaux, les joncs marins, les marjolaines, le petit clos Morisse, le grand clos Morisse, le froid cul du Gorrol, le clos Mignon, la croix Saint-Jacques, et les Reculelles (Terrier de 1520, Archives nationales S 5681.)
Le fief de Lourcines et la seigneurie du Petit-Montrouge rapportaient, en 1783, 1250 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Tor-Boulbonne (31)
Commanderie de Tor et BoulbonneDépartement: Haute-Garonne, Arrondissement: Muret, Canton: Cintegabelle — 31

Commanderie de Tor et Boulbonne
On pourrait situer les biens des Hospitaliers de Saint-Jean en Cintegabelle et en Mazères, on peut voir sur la carte de Cassini au sud-ouest de Cintegabelle, labbaye de Boulbonne. Près de Mazères le hameau de « Le Tor le Haut » et au sud « Le Thor le bas. »
Il ne reste visiblement auvune trace du passage des Hospitaliers, je situe Boulbonne, puisque les possessions devaient être pas très éloignées de cette abbaye.
Dans la plaine formée par les alluvions de lHers et de lAriège, qui lenserrent et vont se réunir à son extrémité, sélevait jadis un modeste établissement de lOrdre de Saint-Jean, non loin de la célèbre abbaye cistercienne de Boulbonne.
Lacte de fondation nexiste pas dans les archives, mais, grâce à certaines indications recueillies dans des documents postérieurs, nous pouvons reconstituer en partie lhistoire de son origine.
Sous la suzeraineté des comtes de Foix, plusieurs grands seigneurs, quun acte désigne, en se servant du nom du plus connu dentre eux, « Viri Jordaneuses », Jourdain de lIsle, Izarn de Verfeil, Othon et Augier de Calmont, possédaient dans ce territoire une immense étendue de pacages et de bois.
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, ils accordèrent aux Hospitaliers la liberté pleine et entière de faire paître leurs troupeaux, de couper du bois, de défricher les forêts dans toute létendue de « la bolbone (peut-être Boulbène (1) » et dy construire des maisons et une ville.
1. Terre composée principalement dargile et de sable, composant le sol de la région du Sud-Ouest de la France, plus particulièrement de la vallée de la Garonne
Les Hospitaliers sempressèrent de créer sur les lieux un établissement dexploitation qui prit le nom de « Boulbarme » comme sa puissante voisine, labbaye ; ils se proposaient sans doute de profiter du dernier privilège qui leur avait été concédé ; et de fonder une ville pour y attirer les vassaux dont ils avaient besoin.
Sources : Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France (Toulouse): 1883
Voir la commanderie de Tor et Boulbonne par M. Du Bourg, Antoine.
Tortebesse (63)
Commanderie de TortebesseDépartement: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Herment — 63

Commanderie de Tortebesse
1. Chef.
— Tortebesse, dans lAuvergne, à une lieue dHerment, ressort de Riom. « Revenu 2200 livres »
Tortebesse
— Tortabessa (1239-1321), cest-à-dire, bessa (bois de bouleau) torta (tort);
— La « sainte maison de lhôpital de Saint-Jean de Jérusalem de Tortabessa » (1266).
— Commanderie de lordre de Malte de la langue dAuvergne.
— En 1189, Wautier, sire de Villemontée (de la maison dAutier), voulant aller en Terre-Sainte, vendit la seigneurie de Tortebesse aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. En conséquence, dès cette époque, lesdits chevaliers en firent le chef-lieu dune commanderie qualifiée dans le principe hôpital, selon lusage des temps (1239, 1246).
Les membres
Cest-à-dire les dépendances de cette commanderie étaient:
— 1. Traslaigues, (canton de Pontaumur).
— 2. La Forest, (même canton).
— 3. Glavent, près dOlby (canton de Rochefort).
— 4. La Mazière aux Bons-Hommes (Creuse).
— 5. Courteix, près de Dontreix (Canton de Pontaumur).
— 6. Lastic (canton de Bourg-Lastic).
— 7. Saint-Julien-Puy-la-Vèze (canton de Bourg-Lastic).
— 8. Les Martres de Veyre.
Les biens de cette commanderie comprenaient
— Un domaine à Tortebesse (affermé 100 livres en 1698; 370 livres en 1765; 1,100 livres tournois en 1770);
— Les bois de Saint-Jean-Calixte et du Clergeat, dans les environs de Tortebesse;
— Plusieurs cens, rentes sur Tortebesse, Lastic, Le Droulet, Le Blanchier, Saint-Julien-Puy-la-Vèze, Montsepy, Ribieras, Coussat, Le Malard, Arfeuilholes (Chez Empette), la Vilatte (près Crocq, Creuze), les Villevaux, Heume-le-Franc, Feydet, etc.
— En 1728, tous les domaines de la commanderie et leurs dépendances étaient affermés 3,900 livres tournois.
Bienfaiteurs de la commanderie
— P. Chalvetz, chapelain de Sauvagnat (1239).
— Robert de Bort (1246).
— Guillaume dEbbes et sa femme (1245).
— Guillaume de Plagnes (vers 1250).
— Guillaume de Rochedagoux, seigneur dudit lieu (1257).
— Guillaume de Chaslus, chevalier, (1257).
— Richard de Chaslus et son frère (1260).
— Albert de Chaslus, chevalier, seigneur de Cisternes (avant 1283).
— Jean, comte de Dreux, seigneur de Montpensier, dHerment, du Montel-de-Gelat (1324); etc.
— La commanderie de Tortebesse avait une chapelle à Chamalière en 1658. Elle avait droit de justice haute, moyenne et basse. On montre encore la croix, dite de la justice, où sélevait le gibet avant 1789.
Châtelains (baillis) de Tortebesse
— Jean Textorix, lieutenant de la sénéchaussée dAuvergne, 1573.
— Jean Mangot, 1620.
— François Deseymards, 1668.
— Antoine Mège, 1670-1698.
— Annet Mège, 1720-1738.
— Antoine-Marien Mège, 1752-1753.
— Jean-Marien Peyronnet, 1768.
— Etienne Tardif, 1779.
— Au N.-E. de Tortebesse, on remarque une fontaine très-ancienne, à construction à plein-cintre, dite de Saint-Jean; dans le cimetière, belle croix en pierre portant, à sa base, les armoiries du commandeur Raymond de Foudras (1661-1680) qui offrent 3 fasces dargent sur fonds dazur et, dans la partie supérieure, une magnifique croix de Malte.
Léglise

Eglise de Tortebesse — Sources: Notre-Famille.com
— Elle est en style roman et du XIe siècle. Le clocher a été refait en entier avec flèche en 1868; antérieurement, il ny avait quun campanille à deux cloches: lune de 1685, lautre de 1713. On voyait, dans léglise, de curieuses tombes aux armes des commandeurs quun curé fit disparaître sous prétexte de réparations. On avait trouvé, sous lune delles, une épée de chevalier de Malte, des écus dor à la couronne du temps de Louis XI et une pièce de même métal frappée aux armes de David de Bourgogne, évêque dUtrech (1470). Le commandeur de Tortebesse nommait à la cure du lieu.
Commanderie de Tortebesse
Tortebesse, chef-lieu de la commanderie de ce nom, était situé en Auvergne et dans le diocèse de Clermont ; cest aujourdhui une commune du canton dHerment.
Un de ses membres, appelé Courleix ou Corleix, était compris dans le diocèse de Limoges et appartenait à la Combraille.
Il était situé entre le Cher et la Pampeluze, à un quart de lieue dAuzances, et consistait en une église paroissiale, dédiée à saint Eustache, dont le commandeur de Tortebesse avait la collation, et en une petite chapelle, placée sous le vocable de saint Jean.
Léglise était couverte en chaume il y pleuvait partout. Elle était desservie par un curé moyennant une maigre pension de cinq setiers de seigle, mesure dAuzances. Le commandeur ne percevait que le quart des dîmes ; il en tirait quatre setiers de seigle et huit setiers davoine. Les rentes produisaient dix livres, dix-neuf setiers de seigle, treize setiers davoine, etc.
Elles se levaient sur les villages de Courleix, de la Chaumette, de Courdemange, du Replat, etc. La haute justice de Courleix appartenait à Mlle de
Montpensier.
Ce membre rapportait, en 1617, quatre-vingt-quatre livres.
La Mazière-aux-Bons-Hommes
De la commanderie de Tortebesse dépendait également le membre de La Mazière-aux-Bons-Hommes, qui était alors compris dans le diocèse de Clermont, mais qui appartient aujourdhui à la Creuse et par conséquent au diocèse de Limoges. Lordre de Malte possédait là une église paroissiale, trois étangs, une métairie, la justice haute, moyenne et basse et des cens et des rentes.
Sources : A. Vayssière. Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze. Tulle 1884. - BNF
Anciens curés
— Michel Jarle, 1573-1600.
— Jean Bellot, 1602-1606.
— Annet Barrier, 1633-1637.
— Charles Mège, 1669-1673.
— Jacques Ribeyrolle 1674, mort en 1722.
— Gabriel Ravel, 1723, mort en 1729.
— Antoine Barbat, 1729-1733.
— Jean Bosse, 1734-1762.
— Antoine Ribbes, 1762-1779.
— François Romane, 1781-1789.
— En 1591, il y eut à Tortebesse un coup de main des ligueurs qui aurait mieux convenu à des chefs de bandits quà des guerriers dont le nom avait acquis du renom.
— Tortebesse fut longtemps la résidence dun notaire, résidence qui a été transférée à Herment en 1865.
Voyez
— Archives départent, du Puy-de-Dôme. Inventaire des titres des comraanderies de la langue dAuvergne.
— Archives départent, du Rhône, titres de la commanderie de Tortebesse.
— Statistique monument du Puy-de-Dôme, par Bouillet, le dessin de la croix de Tortebesse.
— Ambroise Tardieu, Histoire dHerment.
— Imberdis, Histoire des guerres religieuses en Auvergne.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
2. Membre — Hôpital de La Forêt-du-Temple
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Bonnat — 23

Commanderie La Forêt-du-Temple
— La Forest-du-Temple, en Basse-Auvergne, à 3 lieues dHerment, à une lieue de Pontaumur, à demi-lieue du château de Cisterne, diocèse de Clermont, ressort de Riom. « Revenu 660 livres »
La Forêt-du-Temple
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Bonnat — 23
— Cette commune avait été supprimée par ordonnance du 20 juin 1836, et son territoire réuni à celle de Mortroux, mais elle a été de nouveau érigée en 1883.
— Domus fracrum de Templo a la Forest, vers 1185. (Chartier dAubepierre)
— Capella de la Forest, 1282. Ordre du Temple (Archives de la Haute-Vienne, carton O Domina, fol. 70 vº)
— Paroisse de la Forest, 1692, de la Forest du Temple, 1691. (Registres paroissiaux)
— La Foret du Temple était en 1282 de la paroisse de Nouziers, dans lancien archiprêtré dAnzème; elle fut ensuite érigée en cure, dont le patron était saint Biaise.
— Le commandeur de Vivier y faisait les nominations. A la fin du siècle dernier on y comptait 230 communiants ce qui suppose environ 310 habitants. La cure était desservie par les Cordeliers de Boisferu.
— Léglise qui est du XIe siècle avait perdu sa voûte en 1616.
— Par une convention du 23 juin 1282 entre Gilbert de Malemort, évêque de Limoges, et lordre des Templiers, il fut réglé que la chapelle de La Forêt, qui de toute antiquité avait dépendu de léglise matrice de Nouziers, continuerait à lui être soumise aux conditions suivantes: chaque année la chapelle payerait cinq sols à léglise matrice le jour de Noël, et que les habitants iraient processionnellement à cette église tous les ans, le lendemain de Pâques, pour y faire les offrandes que leur dicterait leur piété.
— Le curé qui desservait léglise de La Foret recevait, à titre de gages, huit setiers de blé mesure dAigurande et trente livres.
— Le commandeur possédait en ce lieu: une maison, une grange, des terres, une forêt, un étang appelé létang du Vivier, et le moulin de La Forêt.
Sources: Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de La Creuse, par A. Lecler, Limoges 1902
3. Membre — Domus Hospitalis La Mazière
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Crocq, Commune: La Mazière-aux-Bons-Hommes — 23

Domus Hospitalis La Mazière
— La Mazière (La Mazière-aux-Bons-Hommes), à 4 lieues du chef, à une de la ville de Crocq. « Revenu 660 livres »
La Mazière-aux-Bons-Hommes
— La Mazière-aux-Bons Hommes est le chef-lieu dune commune dans le canton de Crocq, arrondissement dAubusson.
— On trouve ce nom écrit exactement comme aujourdhui, dans le Terrier de Saint-Bard en 1533, et dans les registres paroissiaux de Chard en 1675. Le qualificatif de aux Bons-Hommes donné à ce lieu, vient de ce que, anciennement, les moines de Grandmont habitant le château voisin de Cherbaudy, étaient appelés les Bons-Hommes.
— Avant le Concordat, cette paroisse était du diocèse de Clermont et de larohiprêtré dHerment. Son patron était saint Jean. Le commandeur du lieu avait droit de présentation pour la cure.
— Michel Gilbert était curé de la Mazière-aux-Bons-Hommes en 1713.
— Après la Révolution, cette paroisse fut jointe à celle de Basville. Léonard-Jean-Baptiste— Léopold Périgaud en fut nommé curé en 1846. Pierre Sagnardon en 1871. Pierre Filleul en 1876. Lucien Soucliard en 1890.
— La Mazière-aux-Bons-Hommes était un membre de la commanderie de Tortebesse.
— Lordre de Malte possédait là léglise paroissiale, trois étangs, une métairie, la justice haute, moyenne et basse.
Liste de ses commandeurs dressée par M Ambroise Tardieu
— Amblard de lHorme, 1247.
— Guillaume de Saint-Didier, 1253.
— Hugues de Chaslus, 1283.
— Ponce de Faye, 1293-1308.
— Robert Bertrand 1306-1311.
— Raynald de Laschamps, 1321-1325.
— Robert de Chaslus, 1344-1349.
— Jean dEntremont, 1365-1371.
— Pierre Merle 1403.
— Jean de Vauzé ou de Veauce, 1409-1445.
— Jacques de Milly, 1145.
— Pierre de Bouillé du Charriol, 1447-1457.
— Béraud dAndieu, 1470-1472.
— André Rolland, 1472-1530.
— Guy de Blanchefort, 1499.
— Gabriel du Chier, 1537-1543.
— Guillaume Coppier, 1546-1555.
— Hugues de Viliars de Blancfossé, 1559.
— Guy de Thianges, dit du Crozet, 1570-1573.
— Jacques de Chauvigny de Blot, 1573-1594.
— Louis de Sauzet, dit dEstignères, 1604-1612.
— Jean-Louis d Estaing, 1612.
— Guillaume le Groing, 1612.
— Philibert le Groing de Villebouche, 1616.
— Carles de Fassion de Sainte-Jav, 1627— 1635.
— François Foucaud de Beaupoil de Sainte-Aulaire, 1642-1658.
— Raymond de Foudras de Coutanson, 1661-1680.
— Léon de Charry des Gouttes, 1681-1688.
— Garnaud, 1689.
— Louis Claude de Lesiang, 1689-1713.
— Antoine de Pons, 1716-1729.
— Léonard dUssel, 1730-1739.
— Joseph de Fassion de Sainte-Jav, 1740-1747.
— Annet-Joseph de Beaumont-Brizon, 1748-1750.
— Antoine-Joseph de Laube, 1750-1758.
— Nicolas-Claude Martin dAutier, 1772.
— Claude-Marie de Sainte-Colombe de Laubépin, 1764-1770.
— Charles-Abel de Lorras, 1771-1780.
— Du Peyroux, 1784.
— Armand-Jean-Louis de La Queuille, 1788.
Sources: Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de La Creuse, par A. Lecler, Limoges 1902
4. Membre — Domus Hospitalis Tralaigues
— Tralaigues ou Traslaygue, dans les montagnes de la Basse-Auvergne, diocèse de Clermont, à demi-lieue du Monteil de Gelat. « Revenu 216 »
Tralaigues
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Riom, Canton: Pontaumur — 63

Seigneurie de Trailaigues
— Terlège, (1266).
— Traslaigues, (1789)
— La cure était à la nomination du commandeur de Tortebesse avant 1789.
— Saint-Jean était le patron de la paroisse.
Seigneurs
— La seigneurie de Trailaigues appartenait des lannée 1245, à la commanderie des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Tortebesse qui lont possédée jusquen 1789.
— En 1245, Guillaume dEbbes et sa femme donnent « à la maison de Traslaigue », (cest-à-dire à la commanderie de Tortebesse qui avait une maison à Tralaigue) tous les droits quils avaient dans le village de Tralaigues.
— En 1260, Richard de Chaslus et son frère firent échange de tout le droit quils avaient sur létang de Tralaigue au profit de la commanderie de Tortebesse qui leur céda dautres droits.
— Jean de Dreux, seigneur dHerment, de Montpensier et du Montel-de-Gelat, accorda « à la maison de Traslaigue » (à la commanderie de Tortebesse), en 1324, un droit dusage et de chauffage et celui de glandage pour vingt cochons dans la forêt de Roches.
— Jacques de Chaslus, seigneur de Vialleveloux, vendit la dîme de Tralaigue vers 1486.
— Voyez Ambroise Tardieu, Histoire dHerment, pages 102, 251.
Sources: Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de La Creuse, par A. Lecler, Limoges 1902
5. Membre — Domus Hospitalis Courleix
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Auzances — 23

Domus Hospitalis Courleix
— Coreleys, en Combrailles, diocèse de Limoges, à demi-quart de lieue de la ville dAuzance. « Revenu 110 livres »
Coreleys
— Courleix (moulin), commune dAuzances.
— Paroisse de Coreleys.
— Courelleix près Auzances, 1504 (terrier dEvaux).
— Paroisse de Courlais, 1661 (Registre dEvaux).
— Courleix, paroisse, 1726 (F. et boni, de Combr.).
— 1761, 1781 (Archives dAuzance).
— Courleix ou Corlet était, dès 1211, une annexe de la commanderie de Tortebesse, près dHerment, Puy-de-Dôme.
— Le 21 mars 1473, le commandeur de Tortebesse la donna en jouissance à Jean Challamel, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem.
— Il y avait une église paroissiale, dont il reste à peine quelques vestiges près du pont. Elle était dédiée à saint Eustache.
— Le 7 septembre 1784, un décret dunion supprima la paroisse de Courleix et lunit à celle dAuzances.
— Il y avait aussi une petite chapelle sous le vocable de saint Jean.
— En 1616 léglise était couverte en chaume.
— Le commandeur de Tortebesse avait la collation de la cure.
— La haute justice appartenait au seigneur dAuzances.
Sources: Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de La Creuse, par A. Lecler, Limoges 1902
6 Membre — Domus Hospitaliss Martres-de-Veyre
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Veyre-Monton — 63

Domus Hospitalis de Martres-de-Veyre
— Saint-Jean-les-Martres-de-Veyre, dans la Limagne, à 9 lieues du chef, à 2 lieues de Clermont. « Revenu 360 livres »
Les-Martres-de-Veyre
— Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem avaient des droits féodaux aux Martres-de-Veyre dès lan 1457.
— Ils possédaient par indivis avec le seigneur du lieu, les moulins banaux, dont les produits se partageaient, en 1757, entre M. De Tane, seigneur de Martres-de-Veyre.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
7. Membre — Domus Hospitalis Glavin
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Rochefort-Montagne, Commune: Olby — 63

Domus Hospitalis Glavin
— Glavent, à 6 lieues des Martres, à une lieue et demie du chef. « Revenu 50 livres »
Glavin ou Glaves, hameau, commune dOlby.
— Glavant (1510).
— Lieu inconnu à Chabrol (Coutumes dAuvergne).
— En 1253, Guillaume de Saint-Didier, précepteur de Tortebesse, transigea avec Marguerite, veuve dAmblard de Plagnes (de Planis), chevalier, touchant deux setiers de seigle légués à la préceptorerie de Tortebesse sur la dîme du Montel, près de Glavent, par Guillaume de Plagnes.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
8. Membre — Domus Hospitalis Lastic
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Clermont-Ferrand, Canton: Bourg-Lastic — 63

Domus Hospitalis Lastic
Lastic, à demi-lieue du chef en la paroisse du Bourg de Lastic.
Lastic
— Lastic, chef-lieu de commune (depuis 1872); village, auquel le chef-lieu de canton dont il depend (Bourg-Lastic), a pris le nom, depuis le XVIe siècle, en qualité de voisin et pour avoir une dénomination qui empêche de le confondre avec dautres bourgs.
— En 1850, on a trouvé des briques à rebord de lépoque gallo-romaine, dans un champ placé au nord de ce village, près de lancien chemin dHerment.
La chapelle
— Cétait une annexe de léglise paroissiale de Bourg-Lastic qui possédaient les fonts baptismaux; mais comme cette chapelle avait été bâtie par les commandeurs de Tortebesse, seigneurs du lieu, ils la faisaient desservir par un prêtre de leur choix; toutefois, en 1741, le curé de Bourg-Lastic prétendit avoir usé de ce droit, ce qui donna lieu à un procès qui, en 1745, était pendant devant le parlement de Paris; mais le 26 mai de cette année, un arrêt du Conseil donna gain de cause au commandeur de Tortebesse.
— Voici les noms de quelques prêtres chapelains de Lastic
— Michel Tixier, 1708; Michel Passelaigue, 1725-1728; Flayat, 1734; Pierre de Bal, 1741-1763; Tixier, 1791.
— En 1415, Jacques Pradinat, curé de Bort (Corrèze), renonça à cette chapelle en faveur de la commanderie de Tortebesse.
— En 1700, lévêque de Clermont visita cet oratoire quil trouva couvert dune charpente et sans voûte. Le prélat ordonna aux habitants du lieu dy faire une voûte, ce qui fut mis à exécution et terminé en 1702, ainsi que le prouve la même date placée au-dessus de la porte dentrée.
— La chapelle de Lastic a été érigée en église paroissiale à lépoque du Concordat (1802).
Seigneurs
— Les commandeurs de Tortebesse de lordre de Malte, ont été seigneurs de Lastic; en cette qualité, ils y percevaient la dîme.
— En 1789, le seigneur de Préchonnet levait des percières dans la paroisse, redevance qui sélevait alors à 24 setiers.
— En 1253, Bertrand de Granges, chevalier, rendit foi-hommage au chapitre cathedral de Clermont, pour les droits féodaux quil prélevait à Lastic.
— Il y avait, dans ce village, une dîme appelée, avant 1789, la dîme des Mangot (parce quelle provenait de la famille Mangot) et qui, en 1698, appartenait à Gabriel Johannel, bourgeois de la ville dHerment, et en 1745 à ànnet Peyronnet, seigneur du Puy-Vidal, bourgeois de la même ville.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
9. Membre — Domus Hospitalis La Peize
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Riom, Canton: Saint-Gervais-dAuvergne — 63

Domus Hospitalis La Peize
— La Peyse, à une lieue de Saint-Gervais à 8 lieues du chef, en pays de Combraille.
— Sur la carte de Cassini il y a un lieu qui pourrait être celui là: M. Léopold Niepce, La Peyse — Cassini, La Peize ce trouve à la gauche de Saint-Gervais-dAuvergne, son nom actuel est La Peize
Annexe de Tortebesse — Domus Hospitalis Beauffessoux
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Riom, Canton: Saint-Gervais-dAuvergne, commune: Saint-Priest-des-Champs — 63

Domus Hospitalis Beauffessoux
— Cétait une dépendance de la commanderie des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Malte), de Tortebesse (près dHerment, Puy-de-Dôme) et de son annexe de la Peize (voir la Peize).
En 1365 Jean dEntremont ou dAutremone, commandeur de Tortebesse, obtînt du roi Charles V, une lettre de maintenue pour percevoir le droit de mortaille, dans le mas de Beauffessoux, sur les biens de Plumage et Huguette de Beauffessoux, morts sans hoirs.
Sources: Ambroise Tardieu, Grand Dictionnaire du Département du Puy-de-Dôme — Moulins, 1877
Charges. 842 livres »
Toul (54)
Commanderie de ToulDépartement: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement et Canton: Toul — 54

Commanderie de Toul
Loratoire de Saint-Jean était desservi autrefois par un prêtre de lordre de Malte. Il fut bâti près de lhôtel de ce nom pour la commodité des commandeurs, qui, sennuyant à la campagne, se retirèrent dans la ville et transférèrent à cet oratoire loffice qui se faisait auparavant dans la chapelle de Libdeau
Domus Hospitalis Libdeau.On lit dans le Dictionnaire Topographique du département de la Meurthe-et-Moselle: Il y avait à Toul, une commanderie de lOrdre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Malheureusement, il ny a pas plus dindication.
Sources: Henri Lepage — Communes de la Meurthe, journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et censes de ce département. Volume II, Nancy 1853. (Livre numérique Google)
Le commandeur Frère de Pernes
Le Baume du commandeur apparaît en France en 1694 dans lHistoire générale des drogues, traitant des plantes, des animaux et des minéraux de Pierre Pomet (1658-1699). Celui-ci tient la formule de M. de Pimodan, lieutenant du roi de France à Toul. Or Toul est le siège dune commanderie de lOrdre de Malte dont le commandeur est M. de Pernes, à qui linvention du Baume est classiquement attribuée par les ouvrages sur les médicaments et ceux sur lOrdre de Malte. Cest donc vraisemblablement à Toul que sest effectué un premier échange de la formule.
Toutefois, quavons-nous comme preuves de linvention du baume par le commandeur ? La composition du médicament, plusieurs de ses autres noms, lorigine géographique de la majorité des plantes et drogues qui constituent la formule initialement publiée, lappartenance de son inventeur présumé à Ordre de Malte, dont on sait les activités en Terre Sainte et en Méditerranée, me laissent penser que lorigine du Baume est peut-être toute autre.
Quest ce quun baume ?
Le nom de baume paraît avoir été donné à lorigine à des compositions auxquelles étaient attribuées des vertus souveraines, cest-à-dire quelles possédaient au plus haut degré. Puis le nom sest étendu à des préparations liquides odorantes généralement alcooliques, et plus tard encore à des substances naturelles odoriférantes. Dusage externe, les baumes sont vulnéraires, fondants et résolutifs, cest-à-dire quils sont destinés à hâter la guérison des plaies, des blessures et des ulcères, à amollir, dissoudre, dissiper et évacuer les humeurs, et à faire disparaître linflammation.
La préparation et les indications du Baume du commandeur
Pomet écrit: « Prenez: baume sec 1 once; storax en larmes 2 onces; benjoin en larmes 3 onces; aloës cicotrin, myrrhe tryée, oliban en larmes, racines dangélique de Boëme, fleur de millepertuis, de chacun demi-once; lesprit de vin 2 livres, le tout battu et mis dans une bouteille bien bouchée au soleil pendant la canicule. Et, au bout de ce temps, on passe le tout au travers dun linge et on sen sert pour les maladies ci-dessous déclarées. »
La première indication mérite dêtre détaillée: « Premièrement il ny a point de coup de fer ou de feu, pourvu que la plaie ne soit pas mortelle quon ne guérisse dans huit jours, en y mettant de ce baume, soit avec une plume, cotton ou injection; pourvu encore que lon pense la playe avec baume, et quil ny ait point eu dautres appareils [...] il ne sy fera point de pus [...] il fait grande douleur, mais cela ne dure pas un Ave Maria, et puis on nen sent plus. » Le Baume est donc dabord un médicament vulnéraire.
Les autres indications sont les plaies et les traumatismes, mais aussi: « la colique, la goutte, la petite vérole, les hémorroïdes, les fluxions, les maux des yeux et de lestomac », et encore; « Il provoque les ordinaires aux femmes et arrête leurs pertes de sang, [...] », enfin « les fistules, les flux de ventre et de sang, enfin lencloueure des chevaux [...] » Les indications du Baume sont donc multiples, surtout en usage externe et pour les blessures et les plaies. Cest sans doute une des conséquences de son origine. Mais il a aussi des usages internes comme on vient de le voir, à la dose de cinq ou six gouttes dans du vin ou du bouillon.
Le Commandeur de Pernes et Monsieur de Pimodan
Dans les publications quil a consacrées au Baume, Bouvet indique avoir identifié celui qui est considéré comme linventeur de ce médicament: Frère Gaspard de Pernes (vers 1634-avant 1696), commandeur de lOrdre de Malte, approximativement entre 1680 et 1690, pour les commanderies de Xugney et de Libdeau, dont le siège est à Toul. Lobtention dune commanderie nécessite une certaine ancienneté et davoir servi sur les navires de lOrdre pendant léquivalent de deux années contre les Turcs et les Barbaresques, ce qui est bien sûr loccasion dêtre blessé et donc davoir besoin des soins des chirurgiens et des médicaments préparés par les apothicaires de lOrdre.
Comment tenter dexpliquer la transmission de la formule du Baume, de lOrdre de Malte à M. de Pimodan, lieutenant du roi de France à Toul de 1673 à sa mort en 1718, puis de ce dernier à M. Pomet à Toul, il nest pas étonnant que des personnages officiels comme Charles-Christophe de Rarécourt de La Vallée de Pimodan (1640-1718) et Gaspard de Pernes se connaissent. Leurs hôtels sont dans la même rue. Des membres de la famille Pimodan entreront dans lOrdre, et le lieutenant du roi a pu sinformer des conditions dentrée et de la vie des chevaliers, des malades et des blessés, puis des traitements et des médicaments. Quelquun de son entourage a pu se blesser et il aurait pu avoir alors recours à la pharmacopée de lOrdre... Quant à M. Pomet, il écrit tenir la recette de M. de Pimodan, mais nous ignorons comment ils ont pu se connaître. Leur relation se situe sans doute à Paris. Mais ceci nexplique ni le lieu, ni la raison de leur rencontre.
Sources: Extrait dun article sur la pharmacie réalisé par M. Pierre Labrude — Réflexions et hypothèses sur lorigine possible du Baume du commandeur de Pernes
Toulouse Grand-Prieuré (31)
Grand Prieuré de ToulouseDépartement: Haute-Garonne, Arrondissement et Canton: Toulouse — 31

Sources: Photo J.-F. Peiré, Drac Midi-Pyrénées Hôtel Saint-Jean de Toulouse
Prieurés de lOrdre de Saint-Jean dépendant du Grand-Prieuré de Saint-Gilles, avant lérection de celui de Toulouse.
Les domaines que les Hospitaliers reçurent dans le principe, furent organisés par eux en commanderies confiées pour un temps plus ou moins long à des religieux de lOrdre, qui étaient chargés den surveiller ladministration et den faire passer une partie des revenus au trésor commun. Mais léloignement de la Palestine, la difficulté des communications, amenèrent bientôt une modification dans cette organisation primitive. Dès les premières années du XIIe siècle, nous voyons quà Saint-Gilles, une des plus anciennes et des plus importantes maisons de lOrdre sur le continent, résidait un lieutenant du prieur de Jérusalem; et vers 1113, son autorité, complètement organisée, sétendait sur tous les domaines de lOrdre compris entre le Rhône et lOcéan. Le résultat de la création du Prieuré de Saint-Gilles, fut de provoquer immédiatement un développement très considérable de la puissance des Hospitaliers dans nos contrées. Les comtes de Toulouse leur témoignèrent depuis ce moment une faveur qui ne se démentit point dans la suite, exemple qui fut suivi par la plupart de leurs principaux vassaux.
Comme preuve de limmense développement que prit lOrdre dans la contrée dès son origine, nous publions parmi les pièces justificatives, les extraits dun vieux cartulaire de ses possessions datant des premières années du XIIe siècle. On y remarque que la plupart des donations consistent en églises dont les noms nexistent plus de nos jours, avec des espaces de terrains plus ou moins considérables pour y construire des villes ou « salvetats. » Ce cartulaire conservé dans les archives de la commanderie de Saint-Clar, concerne principalement la contrée avoisinante et surtout le pays de Comminges
Le Grand-prieuré de Saint-Gilles, fut divisé dans le principe en autant de prieurés partiels quil comprenait de contrées différentes. Cest ainsi que nous trouvons des prieurs du Carcasses, du Toulousain, du Rouergue, de lAgenais, du Bordelais, du Quercy, du Périgord, etc., mesure décentralisatrice nécessitée par la difficulté des communications à cette époque. Chacune de ces circonscriptions était partagée en un certain nombre de préceptoreries « Le mot Préceptorerie était synonyme de Commanderie. Il était même employé plus ordinairement dans le principe et ne disparut quau XVIe siècle », dont le nombre allait toujours en croissant, avec celui des villes ou châteaux donnés à lOrdre et dont ladministration était confiée, comme nous lavons dit plus haut, à des Hospitaliers; ces précepteurs étaient, ou des chevaliers revenus de leurs expéditions dOutremer, ou des chapelains, ou des frères servants. Ces deux dernières classes étaient même les plus nombreuses dans les premiers temps; car la guerre Sainte réclamait un très grand nombre de bras, et les chevaliers étaient, immédiatement après leur entrée dans la sainte milice, envoyés rejoindre leurs frères de Palestine.
Dans ces temps de foi vive et de vitalité profonde, on dirait que la faiblesse est chose inconnue; tout y revêt un caractère dénergie et de virilité qui peut surprendre à juste titre des siècles plus civilisés, mais moins forts. Dans cette foule que le désir de visiter les saints lieux, jetait sans cesse dOccident en Orient, on pouvait compter un grand nombre de femmes, qui sarmaient elles aussi du bourdon des pèlerins et nétaient arrêtées dans leur entreprise, ni par les fatigues ni par les périls qui semblaient devoir la leur interdire. Aussi, pendant que se fondait lhôpital de Saint-Jean, une noble dame romaine du nom dAgnès, créait dans son voisinage un établissement analogue et soumis au premier, pour servir dasile aux femmes chrétiennes qui voudraient y chercher un refuge. Cet exemple avait été suivi sur le continent, et la plupart des maisons de lOrdre comptèrent dans leur sein un certain nombre de soeurs Hospitalières. Elles étaient employées au service des pauvres femmes, et, sous lautorité du prieur ou du commandeur, formaient une catégorie complètement distincte dans le personnel de lhôpital. Elles faisaient en général partie de la classe des religieux de lOrdre, quon désignait sous le nom de « donats » et soeurs données; cétaient des personnes de lun ou lautre sexe, qui, en même temps quelles faisaient donation dune certaine partie de leurs biens, promettaient de ne pas entrer dans un autre Ordre que dans celui de lhôpital, à qui on accordait dattendre dans une vie moitié séculière, moitié religieuse, le moment où elles désireraient revêtir le manteau dHospitalier et quon admettait dans la participation de tous les biens spirituels et temporels de lOrdre en deçà et au-delà de la mer. Exceptionnellement les « donats » pouvaient parvenir aux dignités de lOrdre; nous voyons même en certaines circonstances figurer à la tête des circonscriptions des soeurs commanderesses, quand leur illustre origine leur donnait une véritable influence dans le pays et que lOrdre voulait témoigner sa reconnaissance pour les bienfaits quil en avait reçus.
Le précepteur était obligé de payer au Trésor de lOrdre, une rente annuelle dont le taux était fixé proportionnellement aux revenus de sa commanderie, et quon désignait sous le nom de « responsion »; il était de plus chargé dinstruire dans les devoirs de leur profession les religieux nouvellement admis dans lOrdre; au-dessous de lui, dans chaque maison un peu importante, nous trouvons dautres dignitaires, dont les principaux étaient le chapelain et le chambrier.
Les principales questions dadministration étaient réglées dans des chapitres, ou assemblées de précepteurs, tenus tous les ans à époque fixe dans la maison prieurale de Saint-Gilles. Mais les distances trop considérables et la difficulté des communications empêchaient la plupart du temps les précepteurs de se rendre à ces chapitres. Aussi voyons-nous les Grands-Prieurs, occupés sans cesse à se transporter dans les différentes circonscriptions soumises à leur autorité, en faire la visite et convoquer sur divers points des chapitres partiels composés des précepteurs de la contrée.
La seule modification que nous ayons à signaler dans cette organisation jusquau XIVe siècle, est la suppression du titre de Prieur dans les provinces du Grand-Prieuré de Saint-Gilles, titre qui fut remplacé par celui de Vice-Prieur donné au précepteur le plus ancien ou le plus considéré dans chaque circonscription.
Devenus plus puissants, les Frères de Saint-Jean, cherchaient à augmenter leurs privilèges dans le domaine spirituel, et à se soustraire plus complètement à la juridiction épiscopale. Lévêque de Toulouse, après avoir essayé vainement de sopposer à ces empiétements, porta ses plaintes au Saint-Siège. Une bulle dAlexandre IV, vint ordonner à Féraud de Baras, Grand-Prieur de Saint-Gilles, et aux Frères de la Langue de Provence, de mettre un terme par une transaction, aux discussions quils avaient déjà depuis longtemps, avec Raymond évêque de Toulouse et son chapitre . En conséquence, les deux parties remirent la décision de laffaire à larbitrage de Guillaume lécrivain, précepteur de Montpellier et vice-prieur du Toulousain, et de Guillaume dYsarny, archiprêtre de Rieux. Dans leur sentence rendue le 4 mai 1254, ces arbitres désignèrent les églises qui devaient être soumises à la juridiction ecclésiastique de lOrdre; cétaient: Sainte-Marie de Puysiuran, Saint-Martin de Pébrens, Gaulège, Saint-Antoine du Pin, Saint-Saturnin de Renneville, Saint-Etienne de Caignac, Saint-Jean de Caprescorjade, Rival, Saint-Remy de Toulouse, Saint-Jean de Garidech, Saint-Bibian, Saint-Thomas, Saint-Boisse de Bersac, Saint-Jean de Lèguevin, Sainte-Foy de Bozelaigue, Saint-Jean de Fronton, Saint-Saturnin de Noye, Saint-Jean de Montaigut, Saint-Pierre de Bousquet, Sainte-Marie de Reyniès, Sainte-Raffinie, Saint-Saturnin de Montpelerin, Saint-Jean de Vaysse, Saint-Pierre de Clermont, Saint-Jean et Saint-Thomas dOrgueil, Saint-Saturnin de Verlhac, Saint-Jacques de Castelsarrasin, Sainte-Marie de « Lima », Saint-Médard, Saint-Jean de lIsle; Mauza, Fajolles, Saint-André de Cortibals, Saint-Léonard du Burgaud, Saint-Michel de Bociac, Sainte-Marie de Onez, Sainte-Marie de Belleserre, Sainte-Anastasie, Saint-Pierre de Pelleporc, Saint-Martin de Poucharamet, Sainte-Marie de Campbernard, Saint-Pierre et Sainte-Barbe près de Castelnau-de-Picampeau, Sainte-Marie de Plagne, Saint-Jean de Fonsorbes, Saint-Jean de Condomol, Serres, Saint-Martin de Marignac, Saint-Pierre et Saint-Jean de Cunans, Saint-Jean de Bolbone, Saint-Vandille-dAignes, Saint-Laurent de Gabre, Saint-Sulpice, Saint-Etienne de Caumont (près de Saint-Sulpice); Sainte-Marie dAderulède (id).
Les Hospitaliers, possédaient en outre, des portions de la dîme dans les paroisses de Marienville, Sainte-Marie de Cortelles, Sainte-Colombe de Vecinac, Sainte-Boisse (sous Avignonet); Sainte-Marie de Venastville, Saint-André de Berelles, Graville, Saint-Julien, Saint-Michel de Lanès, Campferrand, etc.
Les arbitres décidèrent que lévêque ni ses successeurs ne pourraient prétendre à aucun droit canonique sur les paroisses de la première catégorie, conformément aux privilèges de lOrdre mais que de leur côté, les Hospitaliers devraient renoncera certaines de leurs prétentions contraires aux règlements ecclésiastiques, tels que linstitution des curés.
Ne terminons pas cet aperçu rapide, sur les Prieurés de lOrdre de Saint-Jean dans le Midi, sans dire un mot dune charte concédée par Alphonse de Poitiers comte de Toulouse. Cétait au moment où ce prince, accompagné de sa femme la comtesse Jeanne, préparait à Aymargues, près dAigues-Mortes, son départ pour la croisade, où ils devaient finir leurs jours; voulant attirer sur leur expédition les bénédictions du ciel, il adressa à son aimé Guillaume de Villaret, Drapier de la maison de Saint-Jean de Jérusalem, et lieutenant du grand-maître dans le prieuré de Saint-Gilles, une charte dans laquelle il confirme les donations octroyées à lOrdre, ou les acquisitions faites par lui dans le Toulousain, lAgenais, le Quercy, lAlbigeois, le Rouergue et dans les autres parties du comté de Toulouse, ne se réservant sur ces possessions que lIncours des biens des hérétiques, le droit de « cavalcade », et le « ressort » cest-à-dire, le droit de pouvoir recevoir les appels des causes jugés par les tribunaux suprêmes du Prieuré. Le comte avait eu des discussions avec les Hospitaliers au sujet des juridictions de Renneville, de Fronton, de Noye et de Saint-Sulpice de Lézat. La dernière partie de la charte contient labandon que fait le comte de toutes ses prétentions à ce sujet. Sassociant à la pieuse libéralité de son noble époux la comtesse Jeanne approuva toutes ses dispositions et son sceau fut appendu à côté de celui du comte. (Juin 1270).
Baillies de lOrdre du Temple, dépendant de la maîtrise de Saint-Gilles, avant la suppression des Templiers.
Comme nous venons de le voir pour les Hospitaliers, les Templiers établirent le centre de leur autorité dans le midi de la France, à Saint-Gilles où ils possédaient une maison et qui leur présentait des avantages sous le rapport des communications avec lOrient. Du reste leur organisation provinciale semble avoir été calquée sur celle des Hospitaliers. Ils partagèrent leur maîtrise de Provence en un certain nombre de baillies, à la tête desquelles se trouvaient placés les maîtres du Toulousain, de lAgenais, etc. La même modification que nous venons de signaler -pour lOrdre de lhôpital, se produisit précisément à la même époque dans celui du Temple: vers 1250, en même temps que les prieurs partiels des provinces de lhôpital, nous voyons disparaître les maîtres des baillies du Temple, et être remplacés par des lieutenants du maître de Saint-Gilles.
Grand-Prieuré de Toulouse (1315-1790).
Ainsi que nous lavons fait remarquer plus haut, les deux Ordres du Temple et de lHôpital étaient trop semblables, trop également puissants et trop en présence sur tous les points pour ne pas se nuire réciproquement. Tant que la guerre de Palestine avait duré, tant quil y avait eu des pèlerins à protéger et à recueillir, des croisés à seconder dans leur entreprise, tant quon avait eu lespoir maintenant déçu de conserver à la chrétienté le berceau de sa foi, la reconnaissance pour les services rendus par ces chevaliers, avait empêché de mettre en question leur utilité. On voyait les deux milices se partager les postes les plus dangereux et lutter ensemble à qui sexposerait davantage, à qui répandrait le plus de sang pour le service de la foi; on ne sétait pas demandé si une seule naurait pas suffi à la tâche. Mais les guerres saintes prirent fin; lEurope avait dépensé un enthousiasme et une énergie incroyables dans ces expéditions immenses quelle avait jetées successivement depuis près de deux siècles en Orient; elle avait déjà beaucoup perdu de sa foi et paraissait se résigner à la perte de ses illusions sur la conquête de Jérusalem. Dès lors on sentit que pour contenir les Musulmans dans lOrient, dont on renonçait à leur disputer désormais la possession, un seul des deux Ordres était bien suffisant; il devait arriver infailliblement que lun dentre eux fût absorbé par lautre.
On a accusé les chevaliers de Saint-Jean, davoir intrigué pour obtenir la perte de leurs rivaux dont ils auraient convoité les dépouilles. Mais il me semble que beaucoup dautres causes indépendantes de toute participation de leur part, devaient amener ce résultat et quil est complètement inutile, pour lexpliquer, de faire peser sur cet Ordre une accusation contre laquelle vient protester le noble caractère du grand-maître qui était alors à sa tête. « Foulques de Villaret avait même combattu dans un mémoire envoyé au Pape le projet de réunion des deux Ordres, réunion quil savait devoir se faire en sa faveur (Vertot, livre IV) »
Après avoir vaillamment arrosé de leur sang le champ de bataille de la Mansourah, les Templiers avaient considéré leur mission comme terminée en Orient. Laissant à peine quelques garnisons au-delà des mers, ils sétaient retirés sur le continent, où, derrière les murailles de leurs nombreuses citadelles ils jouissaient des immenses richesses accumulées dans leurs trésors. Cette molle oisiveté, succédant brusquement à leur vie de luttes héroïques, avait fait dégénérer lOrdre de sa pureté primitive.
« Soldats délaissés, sentinelles perdues; sécrie Michelet, faut-il sétonner si, au soir de cette bataille de deux siècles, les bras leur tombèrent. »
« La chute est grave après les grands efforts. Lâme, montée si haut dans lhéroïsme et la sainteté, tombe bien lourde en terre... »
« Malade et aigrie, elle se plonge dans le mal avec une faim sauvage, comme pour se venger davoir cru. (Histoire de France, livre V, chapitre III) »
Quoiquil en soit le peuple était naturellement conduit à comparer ces chevaliers arrogants, qui faisaient servir à leur ambition ou à leurs jouissances les donations pieuses des fidèles et dont lexistence restait enveloppée dun sombre mystère, aux Hospitaliers, à qui ils avaient abandonné presque entièrement le poids de la guerre contre les infidèles et que leurs luttes incessantes protégeaient contre les défaillances des Templiers. Dailleurs soumis à lautorité absolue de leur grand-maître et ne reconnaissant dautre pouvoir temporel que le sien, ces derniers formaient en France, où avait été transporté le siège de lOrdre, une puissance assez considérable pour inspirer de lombrage à la royauté.
Nous ne nous arrêterons pas sur cette sombre tragédie qui ne rentre pas dans le cadre de cette étude toute spéciale et dont les lugubres épisodes sont dans toutes les mémoires. Un grand nombre de Templiers échappèrent à limmense holocauste de tout leur Ordre; ils furent, quand le calme se fut rétabli, repartis dans différents monastères. Nous trouvons en effet dans les archives, une bulle que le pape Jean XXII, adressa dAvignon le 16e jour des kalendes de janvier de la 3e année de son pontificat (15 décembre 1318) aux évêques de France, pour les avertir quun certain nombre de Frères de lOrdre supprimé du Temple, « avaient repris les vêtements laïques et que quelques-uns, se plongeant dans les voluptés du monde, avaient pris des femmes avec lesquelles ils vivaient publiquement » et pour leur ordonner demployer contre eux, sils ne se soumettaient pas au premier avertissement, la censure ecclésiastique, de supprimer la pension quon leur fournissait pour leur entretien et enfin de les faire entrer, soit comme frères, soit comme pénitents dans différents monastères.
Lâpreté avec laquelle le roi, Philippe-le-bel sempara tout dabord de largent contenu dans les trésors du Temple et le triste état de ses finances ont fait douter à beaucoup que, dans cette affaire, lamour de la justice, la haine du crime et le zèle de la religion eussent été les seuls mobiles qui leussent déchaîné dune manière si impitoyable contre un Ordre, que la veille encore il couvrait de sa plus éclatante protection.
En 1310, nous le voyons dépêcher dAvignon son chambellan, Enguerrand de Marigny, qui se rendit à Carcassonne, pour se faire remettre tout largent des trésors des maisons du Temple dans le midi et revint vers son maître avec cette riche proie. Mais ce nétaient pas de simples revenus, cétaient les domaines des Templiers qui faisaient lobjet de ses convoitises et il les avait fait mettre tout dabord sous le séquestre royal. Aussi ce fut avec un désappointement, quil ne chercha pas à dissimuler, quil vit le concile de Vienne adjuger cette riche dépouille à lOrdre de Saint-Jean. Ce ne fut quaprès bien des tergiversations et des pourparlers que les Hospitaliers purent en obtenir la remise par les employés royaux; encore furent-ils obligés pour cela de verser au trésor de la couronne de fortes sommes, sous le prétexte de lindemniser des frais du long procès des Templiers. Ce ne fut guère, quen 1330, que la question fut définitivement conclue, et que lordre de Saint-Jean put jouir sans conteste des biens immenses qui venaient de lui être adjugés.
Cet accroissement de possessions dût forcément amener une division dans les circonscriptions de lOrdre de Saint-Jean. Le Grand prieuré de Saint-Gilles, trop considérable désormais pour être confié à une seule administration fut divisé en deux parties; la partie occidentale en fut détachée pour former le Grand prieuré de Toulouse (1315). Cette nouvelle circonscription comprenait les domaines de lOrdre situés dans le haut Languedoc, la Guyenne, la Gascogne, la Bigorre, la Biscaye, le comté de Foix; tandis que la Provence, le bas Languedoc, lAlbigeois, le Rouergue, le Quercy continuaient à faire partie du Grand-Prieuré de Saint-Gilles. « La bulle dérection du Grand-Prieuré de Toulouse nexiste pas dans ses archives. »
Le premier Grand-Prieur de Toulouse fut Pierre de lOngle, chancelier de lOrdre, un des membres les plus distingués et les plus dévoués de son conseil. Pendant toute la durée de sa charge, il eut à lutter de tous côtés pour faire rentrer dans le domaine de lOrdre les biens des Templiers. Les administrateurs séculiers, à qui ils avaient été confiés pendant la durée du séquestre, noubliaient rien pour convertir en propriétés définitives les biens dont ils nétaient que les fermiers temporaires. Forcé par les plaintes du Grand-Prieur de Toulouse et du Grand-Maître, Elyon de Villeneuve, de mettre un terme à des abus, quil tolérait sans peine en faveur de ses courtisans, détenteurs des principaux fiefs en question, Charles IV accorda le 31 mai 1324 des lettres patentes, ordonnant la remise de toutes ces possessions, notamment de la maison de Toulouse avec ses dépendances, régie par Raymond de Soubiran et celle de Vahours qui létait par Bertrand de Roquenégade, chevalier.
Outre ces difficultés, les Hospitaliers en rencontrèrent bien dautres, avant de jouir paisiblement de lhéritage quon venait de leur attribuer. Le procès des Templiers et son dénouement avaient excité bien des convoitises, tous ces seigneurs laïques ou même ecclésiastiques, qui avaient assisté au partage de la riche dépouille, étaient mis en goût. Ils trouvaient que la ruine dun Ordre puissant était chose profitable, et nauraient pas mieux demandé que détendre une opération qui avait paru si fructueuse. Cest ce qui peut expliquer le déchaînement de haines et de jalousies qui eut lieu à cette époque contre lOrdre de Saint-Jean et qui se traduisit par des agressions de toute nature. Le pape Jean XXII, à la requête du grand-maître, sempressa de porter secours aux Hospitaliers par une bulle datée du 27 septembre 1316:
« Ayant appris, dit-il, que quelques archevêques, évêques, clercs, personnes ecclésiastiques, tant régulières que séculières, ainsi que des marquis, des ducs, des comtes, des barons, des nobles, des chevaliers et des universités de cités, de villes, de villages et autres laïques, ont fait occuper les possessions, terres et droits des Hospitaliers, tuer les vassaux, les hommes et les personnes de cet hôpital ou les emmener prisonniers, » le Souverain Pontife délégua lévêque dAgen, labbé de Moyssac, et le Prévôt du chapitre de Nîmes, pour protéger en son nom les chevaliers de la Langue de Provence et leur faire restituer ce quon leur avait enlevé; il enjoint, en terminant, à ses commissaires demployer contre les récalcitrants lexcommunication et sil était nécessaire, le recours au bras séculier.
Nous venons de voir que la succession des Templiers avait été chèrement achetée par lOrdre de Saint-Jean, si chèrement même que son trésor sen trouvait pour le moment complètement épuisé. Et pourtant il approchait alors dune crise, qui allait nécessiter lexercice de toutes ses forces vives. Linvasion musulmane, arrêtée et réprimée quelque temps par leffort des croisades, allait recommencer son mouvement formidable. LEurope, déchirée en tous sens par des guerres incessantes, était hors détat de prêter une oreille bien attentive au bruit de ce flot lointain, qui menaçait dengloutir à la fois la chrétienté et la civilisation. Cest alors que commença le rôle héroïque et vraiment admirable des chevaliers de Saint-Jean. Jusquici leur dévouement sest trouvé perdu au milieu de tant dautres, quil a pu passer inaperçu. Mais maintenant, seuls sur leur rocher, ces enfants perdus de lEurope ne se laissent pas effrayer par la grandeur de la tâche. Constamment en lutte avec les forces écrasantes dune puissante nation, ils ne cèdent quà la dernière extrémité. Chassés de leur poste avancé, ils ne se découragent pas et vont reformer en arrière leurs rangs éclaircis, mais sans cesse reconstitués, et soutiennent, pendant toute la durée du moyen-âge, une lutte héroïque, qui sauve le monde civilisé de la barbarie hurlant à ses portes.
A la vue de la pénurie du Trésor, le grand-maître de Villeneuve sadressa à ses chevaliers pour augmenter les « responsions » sur tous les biens de lOrdre et au Pape, qui lui accorda lautorisation daliéner une portion de ces domaines pour la somme de 193,000 florins dor. Voyant la difficulté dexécuter immédiatement ces mesures et la détresse de lOrdre, Pierre de lOngle, Grand-Prieur de Toulouse, Emmery de Thurey, Grand-Prieur de Saint-Gilles, et Odon de Montaigut, Grand-Prieur dAuvergne, offrirent généreusement en 1318 les revenus entiers de leurs Prieurés pendant 2 ans, ce qui permit au Grand-Maître de pourvoir aux dépenses les plus urgentes.
Ce fut peu de temps après que ce même Grand-Maître vint visiter le Prieuré de Toulouse et tint à son retour un Chapitre général à Montpellier (1330). Il y modifia divers statuts de lOrdre au sujet de la discipline intérieure des couvents, et réforma un grand nombre dabus qui sétaient introduits chez les chevaliers de Saint-Jean. Un registre en langue romane conservé aux archives du Prieuré contient ces diverses ordonnances; il commence par ces mots:
« In nomine Domini. Amen. Aïsso les establimens fayt et ordenat al Capitol de Montpellier per lhonorable Religios Helio de Vilanova e per lo cosselh delos prodes homes de la mayso. En lan de la Incarnacion de Nostre Senhor XIII cent et XXX, à XXIV jorns del mes de otobret.
Le Grand-Maître profita aussi de la tenue du Chapitre général pour y organiser les circonscriptions et les commanderies du nouveau Grand-Prieuré. La commanderie de Puysubran fut déclarée « Chambre magistrale »; cest-à-dire quelle appartenait au Grand-Maître, qui la faisait administrer par un procureur. Le Grand-Prieur neut dans son apanage primitif que la commanderie de Toulouse à laquelle on avait adjoint plusieurs dépendances du Temple de cette ville, et qui forma ainsi la première Chambre Prieurale. Dans la suite, on modifia cet ordre de choses en augmentant le nombre des Chambres Prieurales ainsi que nous le verrons dans le courant de cette étude.
Pour récompenser les services rendus par un homme quil aimait et estimait, Elyon de Villeneuve avait nommé Pierre de lOngle au Grand-Prieuré de Saint-Gilles, vacant par la mort dEmmery de Thurey, de sorte que cette immense étendue de possessions se trouva de nouveau réunie dans les mains du Chancelier. Après la mort de Pierre de lOngle, arrivée en 1334, le Pape écrivit au Grand-Maître pour lengager à ne plus réunir les deux Prieurés sous la même main, de peur des inconvénients qui avaient motivé leur séparation.
Ce ne fut que sous le successeur de Pierre de lOngle que fut complètement terminée laffaire des biens des Templiers, car nous voyons le Grand-Prieur, Aycard de Miramont, déléguer le précepteur de la maison de Toulouse pour aller prendre possession de quelques fiefs du Temple détenus encore par les officiers royaux (1339).
Signalons, parmi les chevaliers qui gouvernèrent le Grand-Prieuré de Toulouse, Raymond de Lescure, qui joua un rôle important dans lhistoire de son Ordre. Doué dune grande prudence et dune bravoure à toute épreuve, il fut employé par le Grand-Maître dans plusieurs missions diplomatiques et se signala par de brillants faits darmes. Ses services lui valurent les dignités de Grand-Commandeur, Grand-Prieur de Toulouse, lieutenant du Grand-Maître et administrateur du trésor de lOrdre. Il signala son administration dans le Prieuré par les soins quil prit de faire élever ou réparer et agrandir les fortifications dun grand nombre des villes soumises à son autorité. Se conformant à lesprit de son Ordre, ce fut lui qui demanda et obtint, comme nous le verrons ailleurs, lérection de lancien Temple de Toulouse en un hôpital destiné aux pauvres pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Quelques années après, Raymond de Lescure terminait glorieusement sa carrière dans une expédition quil commandait contre la garnison turque de Macri (1411).
Son successeur, Bertrand dArpajon, qui, malgré les prescriptions précédentes, réunit les deux Prieurés de Toulouse et de Saint-Gilles, soccupa activement de faire respecter les anciens privilèges de lOrdre. A sa requête, le nouveau Parlement de Toulouse rendit un arrêt qui déclara les Hospitaliers exempts de tous droits de péage, de leude et autres impositions, tant dans les villes que dans les ports de rivières ou de mer (13 mai 1429).
Le 29 mai 1453, un événement formidable vint jeter le trouble et la stupeur parmi les nations européennes. Les Turcs, sélançant des côtes de lAsie, venaient de planter le croissant sur les murs de Constantinople. Désormais lennemi de la chrétienté avait pris pied sur son territoire et de sa nouvelle position il était une perpétuelle menace pour sa sécurité. Il semblait, du reste, quelle fût une proie bien facile à saisir dans létat de déchirement où nous venons de la voir plongée. Parmi tous ses états ébranlés sur leurs bases, pas un ne pouvait se lever pour la défense de tous et offrir une barrière sérieuse à lIslamisme vainqueur. Dans cette détresse universelle, tous les regards se tournèrent vers cette petite île, poste perdu au milieu des mers, où une poignée de chevaliers de toutes les nations, oubliant leurs querelles particulières pour ne plus songer quà la défense de la chrétienté, attendait bravement le flot terrible de linvasion musulmane. Pour lui procurer les moyens de repousser lennemi, les Papes ne cessent à cette époque de prodiguer à lOrdre de Saint-Jean les témoignages de leur faveur. Cest ainsi quEugène IV, pour faciliter la rentrée des « responsions » dans le trésor de lOrdre, charge les évêques de surveiller par eux-mêmes cette opération (1440), que Sixte IV accorda aux Français toutes les indulgences quon gagne à Rome lannée sainte, à la condition de donner à lOrdre le quart des sommes quils auraient dépensé pour faire ce pèlerinage. Charles VII, qui venait de reconquérir la plus grande partie de son royaume, voulut lui aussi, malgré lépuisement de ses finances, contribuer à une oeuvre dont il comprenait lintérêt véritablement européen. Par ses lettres patentes du 1er avril 1445, il exempta les biens de lOrdre de la taxe consentie à Bourges en 1440 par lAssemblée générale du clergé sur toutes les possessions ecclésiastiques.
« Il fait cette concession, est-il dit dans lacte, en considération les grandes pertes et dommatges que nos bien aimés les Beligieux de lOrdre de Saint-Jehan, fondé en nostre Royaulme ont eu et soustenu à loccasion des guerres et divisions dicelluy nostre Royaulme, à loccasion desquelles leurs rentes, revenus et possessions sont moult diminués et amoyndris et aussy leurs esglises, hospitaulx, maysons et métairies, tournées en grandes ruynes et désolation... »
Mais la véritable raison était le danger qui menaçait Rhodes dans ce temps-là plutôt que les désastres de la guerre qui avaient frappé les autres biens du clergé de France tout aussi bien que ceux de Saint-Jean. Au nombre des privilèges les plus précieux des religieux de Saint-Jean était le droit de nêtre justiciables que des tribunaux de leur Ordre; faveur qui leur avait été concédée dans lorigine et confirmée plusieurs fois dans la suite, quils conservaient avec un soin jaloux, mais quils étaient souvent obligés de défendre contre les empiétements de la magistrature du royaume. Nous trouvons dans les archives de cette époque plusieurs témoignages de ces luttes. Ainsi en 1430, Durand du Faur, chevalier, viguier de Narbonne, Pierre dYssault, juge de cette môme ville, Jean Spondelherii, bailli dOuveilhan, et Raymond Valentin, notaire et officier du roi, firent saisir frère Jean de Raymond, précepteur de Peyrusse (commanderie située dans leur juridiction et dépendant à cette époque du Prieuré de Toulouse), qui était accusé de certains crimes, et le firent enfermer dans la prison du roi; requis par lOrdre davoir à le remettre à son tribunal, ils sy refusèrent, sempressèrent dinstruire son procès, et, après sa condamnation, de le faire suspendre à un gibet. Pierre de Rota, doyen de Saint-Agricole à Avignon, chargé par le pape de veiller aux intérêts de lOrdre dans toute létendue de la Langue de Provence, enjoignit à ces officiers, sous peine dexcommunication et en requérant même au besoin le concours du bras séculier, denlever de leurs propres mains le corps du frère de Raymond du gibet, où il était resté attaché, de le faire ensevelir décemment et avec honneur et de faire satisfaction à lOrdre pour cette offense. Le viguier et ses assesseurs, ayant refusé dobtempérer à cet ordre furent frappés dinterdit par P. de Rota; ils en appelèrent au pape Martin V, qui évoqua laffaire à son tribunal. Malheureusement les archives ne contiennent pas la sentence; mais il est à supposer que la Cour de Rome dut saisir avec empressement cette occasion de proclamer les immunités ecclésiastiques, si contestées à cette époque, et sanctionner les foudres de son délégué contre les juges récalcitrants.
Quelques années plus tard, le Grand-Prieur Pons de Malevielle vit se renouveler ce débat sous une forme analogue et parvint à faire respecter ses privilèges. Il sagissait dun religieux, R. Gétule, qui, sétant rendu coupable de quelques excès et violences à Fontenille en Périgord avait été traduit devant le Parlement de Bordeaux. Le Grand-Prieur réclama énergiquement contre la compétence de ce tribunal et obtint en effet la remise de laccusé dans les prisons de lOrdre; après quoi, cet accusé sétant évadé et refusant de comparaître devant le chapitre provincial pour y être jugé, Pons de Malevielle ordonna à tous les frères de lOrdre de semparer de la personne du fugitif, partout où ils le rencontreraient.
Ladministration du fisc faisait aussi des tentatives souvent renouvelées pour prélever des impositions sur les possessions de lOrdre, malgré les privilèges concédés; et ce ne fut que grâce à la vigilance et à lénergie des divers Grands-Prieurs, que les droits de lHôpital ne furent pas entamés. Lun dentre eux, François Flotte, obtint du roi François Ier la confirmation des privilèges de lOrdre par lettres patentes du 5 janvier 1518.
Du reste toutes les ressources de lOrdre de Saint-Jean allaient lui devenir indispensables. Après sêtre relevés de leur premier échec contre Rhodes, les Turcs aspiraient à prendre leur revanche et à laver leur honte dans le sang de ces chevaliers. A la nouvelle de larmement formidable qui se préparait, le Grand-Maître, Philippe de Villiers de lIsle-Adam, appela tous ses chevaliers au poste dhonneur et de péril et on y vit accourir aussitôt tous ceux qui étaient en état de porter les armes. Nous navons pas à faire ici lhistorique de ce siège mémorable, après lequel le Grand-Maître suivi des quelques survivants de cette lutte héroïque nabandonna à lennemi quun monceau de décombres arrosés de sang. Nous dirons seulement que parmi les chevaliers dont les noms sont inscrits à cette belle page de lhistoire brille au premier rang le Grand-Prieur de Toulouse, Gabriel de Murât de Lestang-Pomeyrol, grand commandeur, lieutenant du Grand-Maître; on le distinguait toujours, soit dans le conseil, soit dans le combat; il pérît dune chute dans une tranchée, le 4 septembre 1522.
Son successeur fut frère Désiré de Tholon le Saint-Jal, bailli de Manosque, qui sétait grandement distingué comme chef de lartillerie pendant le siège. Il gouverna le Grand-Prieuré de Toulouse jusquà sa nomination à la Grande-Maîtrise, qui eut lieu le 1er novembre 1535. Il était à Toulouse quand il reçut la nouvelle de son élection; il se mit en route pour se rendre à Malte, tomba malade à Montpellier et y mourut le 26 septembre 1536.
Si le courage des chevaliers avait été admirable pendant cette terrible période, il nen est pas moins vrai que la discipline sétait relâchée de sa sévérité primitive. Lesprit dindépendance sétait propagé parmi ces religieux que nous venons de voir si prodigues de leur sang et de leur dévouement, de nombreux abus sétaient glissés, principalement parmi les Hospitaliers de la Langue de Provence, si nous en pouvons juger daprès une bulle adressée le 23 décembre 1526 à lofficial de Saint-Etienne par le pape Clément VII, à la requête du Grand-Maître de lIsle-Adam. Ce dernier sétait plaint de ce que, contrairement aux statuts qui défendaient aux frères et aux précepteurs de voyager sans la permission de leur supérieur, plusieurs Hospitaliers des prieurés de Saint-Gilles et de Toulouse, portant lhabit de lordre et jouissant de ses privilèges, « ne craignaient pas denfreindre cette prescription et de mener une vie fort éloignée de la religion, refusant dobéir aux juges délégués par le Saint-Siège... » Le Pape, considérant que là ou la discipline est méprisée, la religion est exposée au naufrage, ordonna demployer lexcommunication contre les délinquants, chevaliers, chapelains, ou servants darmes, quelque fut leur rang, fussent-ils même pourvus de bénéfices ecclésiastiques.
Diverses modifications dans les commanderies du Prieuré, opérées à cette époque, de nombreux membres détachés des circonscriptions existantes pour être affermés séparément et augmenter ainsi les revenus de lordre, témoignent du zèle des grands-prieurs et de la pénurie du trésor, alors épuisé par les dépenses du siège de Rhodes et un peu plus tard par celles de la prise de possession de Malte et de la mise en état de défense de cette île, jusque-là complètement ouverte à toutes les attaques des ennemis. La nécessité de ces fortifications ne tarda pas à se faire sentir, car, en 1565, les Turcs vinrent mettre le siège devant le nouvel établissement des Hospitaliers. Grâce à la valeur du Grand-Maître de la Valette et de ses chevaliers, les infidèles furent forcés, après un siège long et meurtrier, de regagner leurs vaisseaux.
Ce fut du reste le dernier choc que les chevaliers eurent à supporter de linvasion musulmane. Réduit à une décrépitude hâtive par ses moeurs, son gouvernement et sa religion, lEmpire turc vit de jour en jour sa vitalité et ses forces sévanouir et ne tarda pas à cesser dêtre un épouvantail pour le reste de lEurope. Dès lors le rôle de lOrdre de Saint-Jean va se réduire beaucoup; son action se bornera désormais à capturer quelques navires turcs et à faire la chasse aux corsaires de la Méditerranée. Avec le sentiment de la haute mission quil avait à remplir, il nest pas longtemps avant de perdre son ancien esprit. Pleins comme leurs devanciers dune bravoure qui ne cherchait quune occasion pour se démontrer, les chevaliers ne trouvaient pas dans les luttes désormais insignifiantes de lOrdre de quoi satisfaire leur activité. Après avoir passé quelques années de leur jeunesse à faire des courses sur les vaisseaux de la Religion, ils retournaient sur le continent pour jouir des revenus de leurs commanderies et navaient plus de rapports avec lOrdre que pour obtenir de nouvelles faveurs. Cest alors que lon vit les souverains de la chrétienté simmiscer dans le gouvernement de Malte et faire distribuer les grandes dignités de lOrdre à leurs courtisans ou aux membres de leurs familles.
Du reste, lutilité de cette institution ayant ainsi diminué, on ne tarda pas à vouloir lui retirer une partie de ses privilèges concédés précédemment. Mais la noblesse était tout entière trop intéressée à la conservation dun Ordre qui nouvrait ses portes que pour elle, pour ne pas prendre énergiquement sa défense. Elle préférait pour ses fils le manteau à la croix rouge de chevalier de Malte, fort peu gênant du reste à cette époque, à la robe de bure de moine. Les considérations, les honneurs et les riches commanderies attendaient le pauvre cadet de famille dont le plus clair du patrimoine consistait en parchemins suffisants pour lui donner entrée dans la milice de Saint-Jean. Aussi dans le cahier présenté par les députés de la noblesse du Languedoc aux Etats généraux de 1614, pouvons-nous lire une supplique très-pressante à ce sujet avec lexposé naïf de leurs motifs:
« Votre Majesté est aussi très-humblement suppliée de vouloir bien maintenir et conserver ceux de lOrdre et Religion de Saint-Jean de Jérusalem en la jouissance de leurs biens et privilèges et faire lever et cesser tous les troubles et empêchements qui leur sont donnés au préjudice de leurs dits privilèges, successivement confirmés par les Rois vos prédécesseurs et même par Votre Majesté, tant pour les grands et signalés services quils rendent à la République chrétienne, comme aussi par la décharge dune infinité de maisons nobles de votre royaume, qui se trouvent grandement décorées et relevées par les grandes et belles charges, à quoi la piété et la vaillance font arriver journellement leurs enfants et avec un grand avantage sur toutes les autres nations. »
Cette requête fut couronnée de succès puisque nous trouvons les privilèges de lOrdre confirmés par Louis XIII, en 1621 et plus tard par Louis XIV en 1651.
A cette époque le Grand-prieuré de Toulouse était passé par une crise très agitée. La terrible période des guerres religieuses, si désastreuse pour toute la France, lavait été surtout pour nos provinces du Midi, où les protestants avaient leurs principaux centres. Naturellement les chevaliers de Saint-Jean étaient les champions les plus dévoués de la grande cause catholique et les places fortes de lOrdre jouèrent un rôle important dans cette période tourmentée. A la tète du Grand-prieuré, nous trouvons un homme qui sest conquis une place dans lhistoire. Cest Antoine-Scipion de Joyeuse, dont la famille était à la tête du parti catholique et qui avait lui-même inspiré la terreur aux huguenots du Languedoc. Après la mort de son frère aîné Anne duc de Joyeuse, à Coutras, pour empêcher lextinction dune race illustre et chère à lEglise, le pape Sixte V le délia de ses engagements dans lordre de Malte, et le rendit à la vie séculière et au commandement des armées catholiques du Midi.
La Ligue rencontrait de vives sympathies parmi les Hospitaliers. Nous en donnerons comme preuve le passage suivant que nous traduisons dans la relation latine de la mort du président Duranti (1589), publiée par un témoin occulaire et citée par Dom Vaissette.
« Ayant résolu de le faire périr misérablement dans un bref délai et ne pouvant accomplir assez commodément leur dessein chez les Dominicains, ils résolurent de le conduire dans la grande tour (immanent turrim) de Saint-Jean, appartenant aux chevaliers de Malte, pour le soumettre à une garde plus sévère et plus sûre..., ils disaient pour prétexte quil vivait trop librement chez les Jacobins, qui, touchés par le malheur de ce grand homme, le visitaient plus fréquemment quil ne convient à des geôliers. »
On comprend sans peine avec quel acharnement les Huguenots tâchaient de nuire aux chevaliers de Saint-Jean et dévastaient leurs possessions, quand les circonstances le leur permettaient. Aussi la désolation était-elle générale dans les domaines de lOrdre, surtout quand dans le voisinage sélevait quelque place protestante. Les villages étaient brûlés, les moissons saccagées, les habitants massacrés. Cest ce lugubre tableau que vient dérouler devant nos yeux messire André de Puylobrier, chevalier de Saint-Jean, Commandeur de Condat et receveur de lOrdre au Grand-Prieuré de Toulouse, dans les réclamations quil adresse à Jean de la Valette-Cornusson, sénéchal de Toulouse, le 14 mars 1588.
« LAssemblée générale du clergé de France avait voté dans sa séance du 3 juin 1586 un subside de 1, 300,000 livres tournois, impôt dans lequel les « Rhodiens » figuraient pour 37,857 livres. Le Receveur demanda un dégrèvement pour la commanderie de Condat, dévastée par les garnisons de Turenne, Bergerac, Sainte-Foy-la-Grande et Castillon; pour la commanderic dArgenteins, ravagée par les protestants de Nérac et de Casteljaloux; pour celle de Caignac, ruinée par les hérétiques de Pamiers, Mazères et Saverdun; pour celles de Golfech, de Renneville, de Caubins et Morlas, de Gouts, de Gabre et de Capoulet, qui avaient été aussi mises à sac par les garnisons des environs. Cette réclamation, dont la vérité fut affirmée par un grand nombre de témoins, fut accueillie favorablement et un jugement rendu le 16 mars 1588 par MM. les Trésoriers généraux de France déchargeait les commandeurs de ces circonscriptions de leurs parts dans cet impôt.
Citons parmi les Grands-prieurs de Toulouse, Alexandre de Vendôme, fils dHenri IV et de Gabrielle dEstrée, prince doué, comme son frère César, dun esprit inquiet, de talents assez remarquables et dune ambition qui fit son malheur; sa naissance et ses mérites lavaient fait revêtir malgré sa jeunesse des premières dignités de lOrdre. Il avait été nommé général des galères de la Religion et envoyé, en 1615, comme ambassadeur dobédience auprès du pape Paul V. En 1619, il échangea le Grand-Prieuré de Toulouse contre celui de France, dignité qui lui permettait le séjour de la cour de son frère, quil croyait devoir être favorable à ses desseins ambitieux et qui devait emmener sa perte quelques années plus tard.
Cétaient du reste de riches et puissants seigneurs que ces Grand-Prieurs de Toulouse, appartenant tous aux principales familles du royaume, ils exerçaient leur juridiction sur une grande province et jouissaient dénormes revenus. Petit à petit, le nombre des fiefs, qui, sous le nom de chambres prieurales, composaient leur domaine particulier, sétait augmenté et avait atteint des proportions si considérables que le Conseil de lOrdre sen préoccupa vers le milieu du XVIIIe siècle et en détacha quelques commanderies.
Le Grand-Prieuré de Toulouse était possédé par le baron de Sade au moment de la révolution française dont le flot niveleur emporta cette institution avec un si grand nombre dautres. Cet Ordre, français par son origine, tirant de la France son lustre et ses revenus, fut mortellement frappé par ce coup; il sentait ses destinées liées à celles de la monarchie et de la noblesse française. Retirés sur leurs rochers de Malte, les chevaliers attendaient avec un sombre découragement leur fin quils sentaient approcher. Elle ne se fit pas longtemps attendre. Quand en 1799, Bonaparte, en allant en Egypte, voulut semparer de Malte et porter le dernier coup à ce respectable vestige dun passé héroïque, il y eut un simulacre de résistance contre cette inqualifiable tentative. Après en être sorties pour la forme, toutes ces épées rentrèrent dans le fourreau; tous ces fronts se courbèrent sous le coup qui les frappait avec une résignation quils nauraient point connue dans les siècles précédents.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
Liste des Prieurs du Toulousain (1115-1315)
1106-1121. Gérard, diacre.
--------1134. Bernard Hugo.
1145-1146. Forton.
1147-1143. Bernard de Puysiuran.
1154-1161. Bernard dAzillan.
1162-1163. Pons de Lordat.
1163-1160. Guiraud de Corneillan.
1166-116S. Raymond Petit.
1168-1169. Foulques de Nesse.
1169-1170. Guiraud de Saint-André.
1170-1171. Raymond de Clavel.
1172-1173. Raymond de Verdun.
1174-1175. Pierre de Saint-André.
1177-1180. Pierre dAlsen.
1181-1183. P. de St-André. (2e fois).
1184-1185. Raymond Garsie.
1185-1183. Pons de Lordat (2e fois).
1186-1188. R. Garsie. (2e fois).
1188-1191. Guillaume Raymond.
1193-1194. Sicred de Léran.
1194-1195. Aymeric (2e fois).
1195-1198. Pierre dHélie.
1198-1199. Guill. Raymond (2e fois).
1199-1201. Sanche Garsie dAure.
1201-1202. Aymeric. (3e fois).
1202-1203. G. Raymond. (2e fois).
--------1205. Sanche Garsie dAure. (2e fois).
1206-1207. Bertrand de St-André.
1207-1209. Pierre Barravi.
1210-1211. Sanche Garsie dAure (3e fois).
1212-1215. Bernard de Capoulège.
1215-1219. Guillaume lEcrivain.
1219-1225. Bertrand de Cobirac.
1227-1236. Sanche de lEpée.
1236-1240. Pierre de Cayrane.
1240-1244. Guillaume de Barége.
1245-1246. Pierre de Cayrane (2e fois)
1247-1248. Jourdain de Saint-André.
1250. (Etablissement des Vices-Prieurs du Toulousain).
1250-1255. Guillaume LEcrivain, précepteur de Montpellier.
1256-1260. Pierre de Montbrun.
1260-1266. Bernard dAure, précepteur de Rayneville.
1267-1272. Pierre du Port, précepteur de Saint-Sulpice.
1272-1278. Albert de Roset, précepteur de Poucharamet.
1278-1280. Pierre de Corneillan, précepteur de Bolbone.
1280-1282. Guillaume Arnaldi, précepteur de Toulouse.
1282-1309. Pierre de Florence, précepteur de Toulouse.
1309-1310. Bernard do Maurin précepteur de Toulouse
1310-1311. Aymeric de Tarin, précepteur de Toulouse.
1311-1313. Pierre de Caylus.
1313-1315. Guillaume de Rotbald.
Liste des Prieurs de lAgenais et du Bordelais.
--------1155. Etienne Ayquilin.
--------1202. Wilhelm de Montmaureu.
1215-1220. Wilhelm Amanieu de Bouglon.
1220-1221. Hélie de Marinhac.
--------1223. Hélie de la Rivière.
1225-1228. Pierre de Loupe.
1235-1236. Sans-Arcis.
1243-1251. Jourdain de St-André.
--------1257. Arnaud de Botenac.
1265-1284. Ermengaud des Aguilhiers, vice-prieur.
1288-1289. Raymond Prévost.
1301-1306. Bertrand de Savinhac, vice-prieur.
Maîtres du Temple dans la baillie de Toulouse.
--------1134. Gérard de Nocura.
--------1148. Deus de Hugo.
--------1150. Guillaume de Verdun.
--------1162. Dieudonné de Girbert.
--------1164. Durand.
1165-1167. Pierre dAstugue.
1167-1179. Pierre de Toulouse.
1180-1183. Pierre Bérenger.
1184-1191. Raymond Oalric.
1192-1198. Guillaume de la Mothe.
1201-1204. Fourtanier dAstiage.
1204-1205. Bermond.
1205-1208. Bertrand de la Salle.
1211-1212. Pierre de Castelnau.
1212-1213. Bermond (2e fois).
1213-1214. R. Guizoard ou Chézoard.
1214-1215. Guillaume de la Roque.
1215-1218. Guillaume Catel.
1218-1219. Bertrand de la Roque.
1221-1224. Arnaud de Toulouse.
1225-1228. Raymond Focald.
1228-1229. Pierre de Dieu.
1229-1230. Hugues Carbonnel.
1230-1232. Rigald des Roches.
1233-1236. Martin de Nesse.
1237-1244. Guillaume de Bruguières.
1244-1245. Hugues de Marmande.
1245-1250. G. de Bruguières (2e fois)
En 1250 suppression de la maîtrise de Toulouse.
Maîtres du Temple Baillie dAgen.
--------11... Fort Sans de Vidalhac.
1155-1158. Augier de Bédeisan.
1159-1165. Hélie de Focald.
1l65-1170. Pierre de Stugues.
1170-1175. Jourdain de Corbarrieu.
1176-1180. Gaston de Castelmaurou.
1230-1236. Forlamer do Séados.
1233-1213. Arn. Raymond de la Mothe.
1245-1262. Guillaume-Bernard dAspet
1233-1275. Arnaud dAuron.
1276-1285. Pierre de Sombrun.
1286-1290. Cenebrun de Pins.
1290-1295. Bertrand de la Selve. Lieutenant du maître.
1298-1300. G. de Bernard. Lieutenant du maître.
1305-1306. Ratier de Lemosin.
Maîtres du Temple Baillie du Périgord
--------1223. Hélie de la Barthe.
--------1240. Raymond Ayz.
--------1273-1306. Géraud de Lavergne.
Liste de la baillie du Temple Bordelais
--------1170. Wilhelm Panet.
--------1264. Guy de Basemville.
--------1269. Jean Le Français.
Liste des Grands-Prieurs de Toulouse
1315-1332. Pierre de lOngle, chancelier de lOrdre, grand-prieur de Saint-Gilles.
1332-1339. Aycart de Miramont.
1340-1316. Marquiot de Gozon (1e fois)
1346-1347. Esconte de Ryaterio, grand-prieur de Navarre.
1347-1360. Marquiot de Gozon (2e fois)
1360-1368. Raymond de Saviu.
1371-1380. Gaucher de la Bastide-Rolland.
1390-1390. Pierre dHauterive.
1391-1395. Jean de Lautar.
1395-1411. Raymond de Lescure, grand commandeur.
1412-1427. Pierre du Tilleuil, grand commandeur.
1127-1431. Galhot de Montot.
1432-1435. Hugues Ricard.
1436-1448. Bertrand dArpajon, grand prieur de Saint-Gilles.
1418-1453. Bérenger de Gozon.
1453-1475. Pierre de Montlezun.
1475-1476. Pierre de Raffin.
1476-1484. Pierre de Ferrand.
1484-1483. Pons de Malavitulae, grand commandeur.
1490-1512. Jean de Ranguis, grand commandeur.
1512-1520. François Flotte.
1520-1521. Jean de Johanis.
1521-1522. Gabriel de Murât de Lestang de Pomeyrols, grand commandeur.
1523-1536. Didier de Tholon de Saint-Jal, Grand-Maître en 1536.
1536-1541. Pierre de Grâce.
1514-1532. Foulques de Charitad.
1552-1555. Claude de Gruel de la Bourelh.
1555-1559. Pierre de Beaulac-Tres-bons.
1570-1575. Balthazar des Comtes de Vintimille.
1575-1581. Mathurin do Lescur-Romegas, Prieur dIrlande, général des Galères.
1581-1589. Ant.-Scipion de Joyeuse.
1591-1595. J.-Pierre de Montauban Viguedenar.
1595-1597. Jean de Soubiran Arifat.
1597-1610. Raymond de Gozon Melac.
1613-1619. Alexandre de Vendôme frère naturel de Louis XIII.
1620-1622. Jean de Mars Livière.
1622-1630. Joachim de Montaigut-Fromijières, Gouverneur de Metz et du pays Messin.
1630-1645. Georges de Castellane dAluys.
1646-1655. Henri de Merles-Beauchamp.
1656-1662. Denys de Polastron-la-Hillière.
1664-1668. Horace de Blacas dAups.
1668-1672. Antoine de Roubin-Granson.
1673-1688. François Paul de Béon-Masses-Cazaux.
1689-1701. Frédéric de Berre-Collongue.
1702-1708. Gaspard de Pontèves-Bargène.
1719-1731. Octave de Galléan.
1732-1734. René du Pré.
1735-1743. Charles dAyguières-Frignand.
1744-1746. Antoine de Robin Barbentane.
1747-1748. Chnrles de Roquefort Marquein, général des Galères.
1749-1756. Henri-Louis de Chalvet-Rochemontès.
1757-1767. François-Antoine dAlbertas, dauphin de St-Mayme.
1768-1772. Louis-Hippolyte de Varagne-Belesta-Gardouch.
1773-1786. René de Léaumont.
1788-1792. Richard Jérôme, baron de Sade.
Liste des Receveurs Généraux de lOrdre dans le Grand Prieuré de Toulouse.
« Ces dignitaires jouaient un rôle important dans ladministration du Prieuré, jusques vers le milieu du XVe siècle, on les désignait sous le nom de Trésoriers. »
Trésoriers
1315-1330. Bernard de Gironde.
1330-1350. Jean des Affaires.
1351-1360. Pons de Raffaud.
1360-1375. Arnaud-Bern. Ebrard.
1377-1380. Bernard de Lupia.
1330-1388. Pierre de Salinier.
1400-1410. Arnaud de Vise.
1419-1420. Durand de Maljean.
1421-1438. Etienne de Raffin.
1440-1450. Arnaud de Piton.
1451-1452. Pierre du Puy.
1453-1464. Antoine de la Font.
Receveurs Généraux
1477-1490. Oddet de las Graulas.
1497-1502. Bertrand dEsparvès de Lussan.
1511-1514. Bernard de Goulard.
1524-1530. Géraud de Massas.
1537-1545. Philippe du Broc.
1547-1548. P. de Beaulac Tresbons.
155S-1582. François de Doncet Massaguet.
1563-1566. Hugues de Loubens-Verdalle.
1569-1570. Etienne dArzac.
1570-1579. Jean de Maignant-Montégut.
1586-1583. A. de Martin Puylobrier.
1600-1605. René de Chabaud-Tourette.
1614-1615. Pierre de Blancard Naites.
1618-1620. Georges de Castellane.
1626-1627. Denis de Polastron la Hillière.
1628-1638. Phil.-Emmanuel de Chaubaud-Tourette.
1640-1646. Melchior de Barras-Clamens.
1648-1650. Jacques de Pichon.
1653 1656. J. Paul de Béon-Masses-Cazaux.
1661-1663. J. Paul de Cardailhac dOuzon.
1664-1615. François des comtes de Vintimille.
1671-1673. L. dEstuard de Besaure.
1678-1694. J. F. de Robin Barbentane.
1696-1712. Claude de Seignoret de Fabrezan.
1730-1733. Octave de Galléan.
1740-1750. Joseph de Chalvet Rochemontès.
1750-1775. J. Sébastien de Varagne Gardouch Bélesta.
1780-1789. J. Gabriel de Lordat.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de lordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883
Tourny (58)
Domus Hospitalis TournyDépartement: Nièvre, Arrondissement: Château-Chinon, Canton: Luzy, commune: Fléty — 58

Domus Hospitalis Tourny
Tourny, dans la Nièvre, membre de Beugnet, est maintenant un hameau de la commune de Fléty. Il a toujours appartenu aux hospitaliers. Daprès la tradition orale, un bâtiment surmonté dun toit à la Mansart serait un des restes bien remanié de la commanderie.
Sources: Georges CHATARD — Bulletin de la Société dEmulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.
Tours-sur-Marne (51)
Domus Hospitalis Tours-sur-MarneDépartement: Marne, Arrondissement: Reims, Canton: Beine-Nauroy — 51

Domus Hospitalis Tours-sur-Marne
Il dépendait de la maison de Prunay un petit domaine à Tours-sur-Marne. Cétait une ferme avec quelques terres et des bois.
Un noble personnage, du nom dEustache de Conflans, avait donné en 1195, aux frères de lHôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, quatorze journaux de terre arable quil avait à Tours-sur-Marne, « apud Turres super Matronam », et tous les bois quil possédait à Bouzy
Domus Hospitalis Bouzy, « apud Bozeias », et à Ambonnay
Domus Hospitalis Ambonnay « apud Ambonai » avec tous ses droits de justice et de seigneurie.La ferme qui était une grange dès lorigine, leur avait été concédée par un chanoine de Reims, Pierre de Grenons, ainsi quil résulte de ses lettres du mois de décembre 1247.
Le domaine de Tours cessa dappartenir à lHôpital, qui laccorda au XVe siècle, à cens et rente perpétuelle à diverses personnes.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)
Bouzy, canton dAy.
— Ecclesia de Bauseis, 1299 (Fonds de La Neuville-au-Temple, C, 5)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Marne, par Auguste Longnon. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. XCI
Commanderie de Crilly

Commanderie de Crilly
Crilly, ferme commune dArbonnay
— Cest une ancienne maison de lOrdre de Saint-Jean de Jérusalem
— Domus Hospitalis de Cliveio, 1224 (Archives Nationales S 5037, 14)
— Domus Hospitalis Jherosolomitani Clinii, Remensis dyosesis, 1248 (Ibidem, 20)
— Cliveyum, 1270 (Avenay, c, 2)
— Clineyum, 1282 (Archives Nationales S 5037, 4)
— Clini, 1316 (Ibidem, S5035, 12)
— Cliny de lez Ambonnay, 1366 (Ibidem 15)
— Crilly le Moulin, 1720 (Saugrain, tome I, page 469)
— Clivet, Crilly, 1830 (Cornet-Paulus)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Marne, par Auguste Longnon. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. XCI
Tracy-le-Mont (60)
Tracy-le-MontDépartement: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Attichy - 60

Domus Hospitalis Tracy-le-Mont
Tracy-le-Mont est une commune importante, bien bâtie, et située au sommet dune colline, à 118 mètres daltitude.
La terre de Tracy était une dépendance de la seigneurie de Tracy-le-Val, et qui relevait de la commanderie dEterpigny, près de
Péronne. Lautel avait été donné aux Hospitaliers, par Simon, évêque de Noyon.
Dans une ferme, on voit les restes dune construction gothique du XVe siècle, que lon considère comme une ancienne propriété des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Les titulaires à la cure de Tracy, nommés par le commandeur dEterpigny, devaient faire profession dans lordre de Malte. Ils
étaient tenus de donner, chaque année, un repas au seigneur ; cette obligation ayant été négligée, une sentence rendue à Compiègne, le 14 avril 1598, condamna le curé à payer sept années darrérages (Graves).
Tracy a été érigé en cure de deuxième classe, par ordonnance du 7 décembre 1828 ; elle navait que le titre de succursale.
Léglise paroissiale est une construction du XVIe siècle ; le chœur est voûté et les arcs reposent sur des consoles sculptées ; les collatéraux ont des pendentifs décorés des armoiries des seigneurs de Nesle-Offémont. La chaire à prêcher, qui porte la date de 1662, est remarquable par ses sculptures.
Sources : CÖET EMILE. Notice historique et statistique sur les communes de larrondissement de Compiègne BNF
Trausse (11)
Département: Aude, Arrondissement et Canton: Carcassonne, Commune: Caunes-Minervois - 11

Domus Hospitalis Trausse
« Au terroir de La Trausse (alias la Troce) Campi de Traucia (1196).
In loco vocato Trausa (1295).
Trauso (1600) proche Narbonne »
L'hôpital Saint Jean avait acheté en 1146 « la troisième partie de deux tiers d'un champ »
En 1291, le Commandeur acheta « encore « toute la condomine sise au terroir de Narbonne, local dit « à La Troce, pour le prix de 7,000 sols tournois » (4).
L'acquisition, à en juger par le prix d'achat, était importante ; les faveurs du roi vinrent en augmenter la valeur.
4. Narbonne, Inventaire archives de Saint-Jean, I, 3 et II, 8.
En 1290 en effet, Philippe, roi de France « amortit la susdite condamine franche et allodiale en la possession de laquelle le Commandeur fut confirmé, moyennant la finance payée au roi. »
Pierre Arnaud de Fraysse, juge « de Narbonne reçut au nom du roi et donna quittance de cinquante-quatre livres tournois » (1).
1. Narbonne, inventaire archives de Saint-Jean, I. 9 et 10. — Ce malheureux officier de justice fut condamné à être noyé dans la rivière d'Aude et ses biens furent confisqués, à suite de vols, concussions, corruptions et empoisonnements.
Les biens de l'Ordre dans ce terroir furent inféodés. Le 14 juin 1642, Maître Jean Sarda, chanoine de Saint-Paul, chapelain et fermier des droits seigneuriaux de la Commanderie Saint Jean de Narbonne, donnait au sieur Daudé « quittance de 80 livres, savoir 40 livres pour le droit de lods et vente d'une pièce de terre de la contenance de quatre moujades, située au terroir de Narbonne, terme anciennement appelée Trausse, acquize par M. de Lastours lors de l'achat de la métairie de Condom et par lui vendue au sieur Daudé. » (2)
2. Archives Favatier, Bessières notaire à Narbonne, liasse unique.
Sources : Abbé Sabarthès. Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, tome VII. Carcassonne 1894. - BNF
Treconnas (01)
Domus Hospitalis TreconnasDépartement: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Ceyzériat, Commune: Ceyzériat — 01

Domus Hospitalis Treconnas
— Homines de Tracona, Trecona, Treconas.
— Ce hameau existait déjà au XIIIe siècle. Les hospitaliers de Tessonges y étaient possessionnés.
— Archives de lAin, titres de Ceyzériat.
— Inventaire de Laumusse de 1627, fº 158.
Topographie historique du département de lAin, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée dun précis de lhistoire du département depuis les temps les plus reculés jusquà la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.
Trignan (07)
Département: Ardèche, Arrondissement: Privas, Canton: Saint-Marcel-d'Ardèche - 07

Plus d'informations sur la chapelle de Trigan
La baronnie d'Aiguèse, au nord-est du domaine de Saint-Paulet-de-Caisson, sur les flancs de riches coteaux, s'étagent les hameaux de Trignan (Artignan), anciennes possessions de la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem, dans la vallée du Merlangon, et le village de
Saint-Just, le Legenate gaulois.
Sources: L. Bruguier-Roure — Dans le Gard — Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, page 155. Paris 1890. — Bnf
Chapelle Saint-Sulpice de Trignan

Chapelle Saint-Sulpice de Trignan
L'histoire de cette chapelle est mal connue, peu de documents ayant été trouvés. Elle aurait été construite au XIIe siècle par les seigneurs de Baladun (ou Balazuc, famille de Pons de Balazuc, chroniqueur de la première croisade), sur l'emplacement d'un lieu de culte du VIIIe ou IXe siècle duquel proviendraient la plupart des pierres de remploi.
Dès le XIIIe siècle, elle est passée sous la dépendance des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui avaient installé, à la fin du XIIe siècle, une commanderie à Saint-Jean d'Artignan, à un kilomètre au sud-est.
Cette commanderie se trouvait près d'un gîte d'étape des pèlerins du Puy à Saint-Gilles. Elle a été réunie, en 1383 à celle de Jalès, jadis tenue par les Templiers dont l'ordre avait été supprimé par le pape en 1312, et le commandeur s'est alors installé à Jalès.
Maisons ou Hôpitaux